Histoire vécue Famille - Enfants > Ecole > Autres      (3460 témoignages)

Préc.

Suiv.

Témoignage professeur des ecoles d'un CP en ZEP

Témoignage d'internaute trouvé sur france2
Mail  
| 8134 lectures | ratingStar_2340_1ratingStar_2340_2ratingStar_2340_3ratingStar_2340_4

J'enseigne dans une école ZEP, REP, ZUS (zone urbaine sensible) du XIXè arrondissement de Paris. J'ai actuellement un CP.

Après mon Bac j'ai fais des études d'histoire jusqu'en maîtrise. J'ai passé le concours. Recruté sur liste complémentaire, j'ai effectué la formation à l'IUFM l'année suivante. Evidemment cette formation m'a très peu apporté. Rien sur la manière d'enseigner l'histoire et la géo aux enfants (ben oui vous avez passé l'épreuve au concours) , rien en musique, sport, arts plastique à l'école élémentaire (toute une année à l'enseigner en maternelle) , rien en français et surtout sur l'apprentissage de la lecture sauf une leçon sur les différentes méthodes existantes. Je m'arrête là. Il n'y a qu'en sciences que ma formation a été plutôt bonne même si là encore le contenu m' a manqué (pas de sciences depuis le lycée).

2) J'ai voulu enseigner depuis l'école élémentaire.

3) Je concois mon métier ainsi : apprendre à parler, lire, à écrire, à compter aux enfants. C'est normal j'enseigne au CP. Leur apporter des connaissances scientifiques, géographiques, une culture littéraire, musicale… Mais également leur apprendre à vivre ensemble, à discuter plutôt qu'utiliser les poings.

Le métier présente plus de points positifs que négatifs du moins cette année : des enfants sages, calmes, qui progressent tous et ne posent pas trop de problèmes de discipline. Malheureusement les conditions de travail se dégradent : à 25 enfants par classe, je n'ai pas le temps de m'occuper des enfants qui sont en grandes difficultés et qui n'ont pas les mêmes difficultés. Les autres, même s'ils n'ont pas de problèmes particuliers, ne sont pas autonomes et ne peuvent effectuer un travail seul et se précipitent vers moi à la moindre difficultés. Autre point négatif, d'autres enfants dans l'école présentant de sérieux troubles du comportement.

4) Ma première année, je l'ai effectué dans deux écoles protégées du XIIè. Je complétais deux mi-temps, comme beaucoup de débutants. Maintenant ce serait plutôt des quarts temps.

6) Il n'y a pas vraiment de journée type. Je fais deux séances de lecture par jour. Une plutôt axée sur les textes, l'autre sur le code. Sans compter l'écriture et la lecture d'histoire. Une séance de mathématiques par jour. Puis 3 séances de sport dans la semaine, une d'arts visuels, deux de musique, trois de découverte du monde.

7 - 8) Les conditions de travail se dégradent petit à petit. 25 enfants dans une classe avec un niveau très inégal, cela est très difficilement gérable. Je ne peux pas m'occuper de tout le monde en même temps. Les maîtres du RASED ne peuvent pas non plus de s'occuper de tous les enfants en difficultés, car leur emploi du temps est plein et qu'ils interviennent sur plusieurs écoles.

Les enseignants absents ne sont quasiment plus remplacés car les remplaçants prévus sur les absentes courtes interviennent sur les congés longs et il n'y a plus de recrutement.

Bien sur il n'y a pas que des points négatifs : La violence dans l'école a quasiment disparu depuis quelques années, nous avons d'excellents élèves qui feront de brillantes études, la relation entre les enseignants est très bonne.

9 - 10 - 11) Notre part de liberté est très grande. La seule obligation que nous ayons est d'appliquer les programmes. On ne va pas enseigner les décimaux à une classe cp. Après nous sommes libres des méthodes pédagogiques. Imposer une méthode à tous les enseignants, donc à tous les enfants de marchera pas. Surtout si elle est imposée par des gens qui ne connaissent pas l'école primaire.

Je n'enseigne que depuis 8 ans, je n'ai pas le recul suffisant pour juger l'évolution à travers les réformes. Mais je pense que les réformes qui s'annoncent avec la modification des programmes ne vont pas être bénéfiques pour tous les enfants. Instaurer les quatres opérations dès les cp risque de conduire un grand nombre d' enfants à l'échec. C'est d'ailleurs pour cela que la division avait été repoussée. Maintenant, le ministre propose ni plus ni moins de revenir aux programmes de 1945 pour les mathématiques. Vraiment, je pense que les réformes qui s'annoncent ne sont pas bonnes. Mais c'est pas grave, cela donnera encore l'occasion à certains de casser du prof, alors que le ministre qui aura pondu la réforme sera déjà loin.

12) Le métier va évoluer certes, mais pas dans le bons sens.

13) La relation enfant / enseignant doit être fondé sur le respect mutuel, chacun ayant des droits et des devoirs vis à vis de soi-même et de l'autre. L'enfant doit également comprendre qu'il vient à l'école pour apprendre, travailler, être un élève (c'est très dur pour un cp quittant la maternelle).

14) Mes relations avec les parents sont plutôt bonnes.Certains parents sont un peu plus pénibles quand leur enfant s'est fait tapé par un autre et qui veulent aller voir le gamin en question pour le frapper, mais c'est rare.

Cela ne m'a pas empêcher de porter painte contre un mère d'élève pour menaces et agressions verbales. Cela s'est terminé dans un bureau de la maison du droit et de la justice, étaoe qui précède ou non le tribunal.

15 - 16) Je passe sur l'année sur liste complémentaire (ce2 - MS).

J'ai enseigné au ce2 et au cm1 sur les deux mi-temps.

Puis 3 ans de ce1 dans mon école actuelle, puis un cp que j'ai suivi au ce1, et donc cette année un cp.

Pas de préférence particulière et encore moins de rejet pour un niveau particulier.

17) Mon temps de travail : 27 heures hebdomadaires.

+ 1 heure 15 sur le temps de midi X 4 = 5 heures.

+ temps de travail à la maison = 9 heures.

= 41 heures. C'est une moyenne. Parfois plus, parfois moins.

Je vais être plus rapide pour les autres :

Pour devenir enseignant : il faut déjà appécier les enfants, apprendre à se remettre en question tout le temps, apprendre à changer ses méthodes quand elles ne conviennent pas, être patient, avoir des connaissances assez larges dans toutes les disciplines, accepter même si c'est dur que des enfants n'y arriveront pas malgré tous les efforts de l'école…

Dernière question : être autoritaire tout en étant gentil. Si on ne confond pas autorité avec autoritarisme c'est déjà un pas. Il faut accepter qu'un enfant ne restera pas assis le cul collé à sa chaise toute la journée, qu'un enfant ne restera pas silencieux.

Ëtre autoritaire tout en étant gentil, c'est être juste, expliquer pourquoi il y a rappel aux règles et expliquer pourquoi ces règles doivent être appliquées.

Mais de plus en plus les enfants trouvent que les enseignants sont autoritaires car ils ne comprennent pas le rappel à l'ordre. Mes élèves me disent souvent : oh tu m'as crié dessus.

Je suis souvent très surpris car je ne crie pas, il y a un rappel très calme mais très ferme aux respects des règles de la classe. Mais mes élèves assimilent ça à crier. Il y a des fois où je me dis, tu perds la boule, tu cries, tu ne t"en souviens même pas. Mais quand je demande à ma collègue de classe, elle me répond par la négative.

J'espère t'avoir un peu aidé et bon courage à toi !

Pour le débat sur la lecture, je vais être franc, il n' y a eu aucune modification des programmes. La méthode syllabique n'est pas préconisée dans les programmes. Donc beaucoup de bruits pour rien et une autre manière pour le ministre de dénigrer les enseignants.
  Lire la suite de la discussion sur france2.fr


2340
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Exclusion "abusive" - associations de parents

image

Bien le bonjour, donc je me présente je suis élève dans un lycée (à 20 ans oui…) avec un parcours pas spécialement parfait (pour ne pas dire catastrophique) et j'aurai simplement besoin de certain renseignement à propos d'une exclusion de...Lire la suite

25 ans vie foutue accident handicap fauteuil famille un desastre ... - depression, deprime, stress

image

Bonjour, Je m'appelle Chaynez, j'ai 25 ans. J'ai une vie plutôt compliquée et je ne sais plus quoi faire, je ne vois plus d'issue. Aidez moi !! Je vous raconte ma vie en gros, ça risque d'être l'on. Je suis d'origine Marocaine, ma mère est très...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages