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Vécu de harcèlement à l'école

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Bonjour, je remonte ce post qui date déjà un peu, mais j'aimerais y apporter mon témoignage. C'est un peu long, excusez-moi. Ça a commencé en 6è avec notre prof principale, maths et arts plastiques, soit 6h par semaine : c'était une femme non loin de la retraite, violente et hystérique. Elle m'avait particulièrement prise en grippe, me coinçant pendant toute une récréation pour que jerefasse un exercice que je ne comprenais pas, elle me braquait. Je pleurais tellement que mes lunettes étaient couvertes de larmes et de buées, je dis "je vois trouble". Elle l'a compris dans un autre sens, soit l'aggravation d'un problème de vue, comme si elle niait me faire pleurer ! Elle tirait les cheveux et les oreilles (qu'elle attrapait même si on relevait le bras pour se protéger) et pinçait les joues devant tout le monde. Elle était d'autant plus intouchable qu'elle était l'épouse du principal du collège ! Lorsque je l'ai eue qu'1 heure par semaine en dessin/arts plastiques les 3 années suivantes (et qu'il y a eu un autre principal, son mari ayant pris sa retraite) ça allait mieux, mais je n'avais aucun plaisir à aller à ses cours… J'ai appris par la suite qu'elle avait violemment poussé un élève contre le mur à le rendre presque aveugle, inutile de dire que la mère (que je connais d'ailleurs) a porté plainte et exigé le renvoi de cette prof et que son fils en a été définitivement traumatisé aussi… Ensuite, ça continue en 5è avec un bizutage aux escargots initié par un garçon de ma classe qui me détestait sans raison, puis ça s'est calmé en 4è jusque presque en fin d'année scolaire, où des filles de ma classe me rejettent sans explication, puis elles recommencent et continuent pendant toute la 3è où toute la classe est montée contre moi et en fin d'année, je suis quasi-inexistante, redoublante. Comme je vous ai expliqué, j'ai accumulé les dépressions, ce qui a retenti sur mes études (redoublements et échecs) et j'ai honte de l'avouer, mais je n'ai même pas de vie professionnelle ! Toujours mes dépressions, mais aussi la peur de revivre du harcèlement au travail (de +, mon père en a été victime lui-même, ce qui m'a renforcé cette peur). D'ailleurs, les rares stages et CDD que j'ai faits se passaient mal (tâches ingrates, critiques…) , pourtant j'aimerais vivre normalement et travailler comme tout le monde ! (Je n'ai échappé à la rue que grâce à mes parents et grands-parents qui m'aidaient finacièrement). Et également un long célibat difficile à vivre car je craignais les hommes et la sexualité. Mais maintenant, je suis mariée à un homme très gentil, patient, compréhensif et sérieux, ce qui m'a permis au moins de ce côté-là de remonter un peu la pente, mais ça ne résout pas tous les problèmes… Autrement, au collège, j'étais typiquement une élève mignonne physiquement, douce, gentille, pas défensive, fille unique, d'un milieu un peu + élevé, bonne élève, mais nulle en sport. Je confesse néanmoins un défaut qui a peut-être contribué malgré moi à me faire harceler : une passion extrêmmement dévorante pour une célébrité de la télévision, Patrick Roy (décédé depuis d'ailleurs) , que je claironnais à tout va car j'en étais fière et sans penser à mal. Seulement ça lassait tout le monde… Certains événements m'ont incité autrement à me renfermer pas vraiment dans un mutisme, mais une grande discrétion : le bizutage aux escargots, en fin de 5è. Un gros garçon de ma classe, à qui je n'avais pourtant rien fait ni rien dit, n'arêtait pas de me donner des surnoms tels que "la guenon", ou de me dire agressivement "dégage ! " si j'avais le malheur de passer près de lui. Je ne répondais rien simplement car je ne savais pas me défendre, alors je m'en était plainte à la CPE. Aussitôt après, il devient doux comme un agneau, me demande comment je vais, il me paraît changé. Mais j'ai eu le tort d'avouer un jour que j'avais peur des escargots et lors d'une sortie organisée par la prof de biologie, en fin d'année scolaire (le dernier cours) , il commence à me poursuivre avec un escargot. Je ne savais que faire, je ne voulais pas m'éloigner du groupe ni attirer l'attention et je sens quelque chose de froid et humide sur le corps : il avait lancé la bestiole qui avait glissé sur moi ! Les autres élèves, y compris les + sympas et même ma meilleure amie, s'y sont mis aussi ! Et je ne comprendrai jamais non plus l'attitude de Madame C, notre professeur : c'était de ma faute, je les excitais en criant, et à cause de cet "habillage", je marchais bras et jambes écartés, je ressemblais à un épouvantail, j'étais ridicule ! Elle n'a jamais levé le petit doigt pour faire cesser le bordel, se contentant de rares et vagues "calmez-vous ! " Je lui disais que je ne pourrais pas aller en cours suivants dans l'était où j'étais, mais elle m'a enjoint à y aller quand même ! Revenue au collège, je me précipite vers la CPE (qui était très bien, heureusement) , elle a appellé ma mère, qui a évidemment été outrée et m'a défendue bec et ongles, notre prof principal (de français, et père d'un élève de ma classe) a fait une leçon de morale a tout le monde. Je sais que la classe a été punie mais je ne me souviens plus comment. La CPE m'enlève les escargots ou morceaux d'escargots écrasés avec un mouchoir en papier en attendant que ma mère me récupère. Sitôt à la maison, je me jette sous la douche ! Il avait été prévu quelques jours après une sortie de 48h à Paris avec cette même classe de 5è, organisée par notre prof principal et la prof de dessin (qui ne m'aimait pas non plus). Je refuse obstinément d'y venir, de peur de représailles ou d'un autre genre de bizutage. Je n'avais plus confiance ! En milieu de 4è, je me fais filmer lors d'un match de handball par le prof et lorsque la vidéo est retransmise après le match, tout le monde rigole… je ne sais plus où me mettre. Je me savais nulle en sport, je n'aimais déjà pas ça, mais là c'était pire ! A la même époque, un garçon d'une autre classe de 4è qui faisait sport en même temps que ma classe m'interpelle. Je me retourne… Et il m'exhibitionne son sexe ! Personne ne s'en rend compte, ni profs ni élèves. J'en parle vite au principal et à mes parents, heureusement ce garçon est puni et ne se venge pas. Mieux, il est viré ! Lorsque je me présentais aux éléctions des délégués de classe, tout le monde ricanait et je ne récoltais qu'1 ou 2 voix. Une année j'étais tout de même déléguée suppléante. Là, j'avais toutes les voix ! Ils pensaient tous que je profiterais si j'étais élue pour "balancer" tous mes problèmes… ce que j'aurais fait d'ailleurs ! Et ils savaient que ma place de suppléante ne me servirait jamais… En fin de 4è, je me promène en cour de récré avec ma meilleure amie et une autre fille sympa, quand je vois 2 autres filles de la classe qui s'approchent pour nous dire quelque chose. Je m'approche aussi machinalement et elles me rejettent violemment : "Non, toi tu te casses ! " Je reste seule et interdite et lorsqu'on retourne en classe, elles sont à une table voisine de la mienne et j'entends murmurer vers moi "Nunuche, cloche, gourde, bécasse, nouille, gogol… ". L'après-midi, lors de la récré, à peine me suis-je approchée du garçon sur lequel j'avais des vues qu'elles me tombent dessus, me traitant de tous les noms, où ressortaient le fait que j'étais pas dégourdie, trouillarde, nunuche… Peut-être le visaient-elles aussi et étaient jalouses de moi… Je n'en ai pas parlé à la CPE cette fois (c'était une autre, moins bien d'ailleurs) , mais ces 2 ou 3 dernières semaines de classe, j'étais terrorisée à l'idée de les voir. Elles disaient ostensiblement bonjour aux autres filles sauf à moi, m'envoyaient balader dès qu'elles me repéraient de loin. Les 2 mois de vacances d'été n'ont rien calmé puisqu'elles recommençaient ! Progressivement dans l'année, la classe entière ne s'occupait plus de moi, ma meilleure amie me délassait et commençait à copiner avec ces filles. Même les camarades avec qui je m'entendais pourtant très bien primaire me méprisent ou m'ignorent ! Vers la fin de l'année, mes résultats autrefois excellents devenaient catastrophiques et j'avais craqué, je pleurais tout le temps. Mes parents, d'abord surpris par mes changements, comprennent à peu près et je leur fais des pieds et des mains pour aller redoubler en collège privé en internat, ce qu'ils acceptent malgré leurs propres difficultés. J'aurais pu y entrer + tôt (et les choses se seraient sûrement mieux passées) , mais j'avais un peu peur d'être pensionnaire et qu'on me force à manger ! Je leur avais aussi proposé le CNED mais ils ont refusé par contre, de peur que je m'isole trop sans doute. Lorsque la prof principale (de français, avec qui ce n'était pas trop la joie non plus) annonce les passages et redoublements, au moment où elle cite le mien, tout le monde ricane, j'entends des "tu m'étonnes, elle est tellement nulle ! ". Et moi, lorsque j'annonce que je redouble dans le privé, j'en entends des critiques ! Avant cela, en Mai, je me suis malheureusement retrouvée en voyage scolaire en Allemagne avec mon ex-meilleure amie et ces 2 filles qui me pourrissaient la vie. En me forçant à boire de la bière (je hais l'alcool ! ) , heureusement j'ai pu recracher. En s'arrangeant aussi pour me perdre en ville, déjà que je maîtrisais que la langue purement scolaire… En me disputant avec mon amie (nous étions dans la même famille) et en étant après la seule contente de rentrer ! En 3è encore, en sport, une fille d'une autre classe de 3è qui avait sport en même temps, en voyant ma maladresse, m'a dit avec un mépris quelque chose que je n'ai hélas jamais oublié et qui a également gâché ma confiance en moi : "Tu ne sais rien faire, ma pauvre fille, rien de rien ! " J'avais eu la chance dans mon malheur d'être soutenue par ma prof de maths de 5è-4è-3è qui avait même donné des cours particuliers bénévolement (elle refusait l'argent de ma mère) , car j'étais un peu faible dans cette matière, et aussi pour m'avoir aidé à rattraper une absence. Elle avait même défendu fermement mon passage en 2e ! Au collège privé, puis en lycée, je côtoyais beaucoup d'élèves de milieu un peu "Charles-Edouard", gentilles, mais je sentais que là aussi nous n'étions pas du même monde, même si ça se passait mieux. Là, c'était plutôt moi qui venais d'un milieu modeste, alors qu'au collège public, les élèves étaient presque tous enfants d'ouvriers (et j'appris par la suite que leurs parents ne s'en occupaient pas vraiment… mais ça n'excuse pas tout ! ) et moi fille de cadre (architecte). Par les élèves + comme moi, j'étais souvent visée par de petites piques acerbes là aussi, mais c'était des roses à côté de ce que j'ai vécu. Mais j'étais déjà détruite depuis mes 13 ans, allant de psy en psy. J'ai eu mon bac L, mais du 2è coup. J'ai échoué en psycho et me suis rabattue sur le secrétariat. J'ai fini par m'y faire mais ça a été difficile. J'ai aussi une reconnaissance travailleur handicapé. Mariée sans enfant, je suis en recherche d'emploi et toujours fourrée chez le psy… Je pense que j'aurai besoin toute ma vie d'un psy ! Détruite par de petits crétins à un âge où j'aurais dû m'épanouir, avoir confiance en moi, réussir ma vie professionnelle… Y arriverai-je enfin un jour ? Mes parents me disent d'oublier, de surmonter ça, d'arrêter de ressasser ces histoires. Mais ces choses-là, si ça ne marque pas à vie, ça marque du moins très longtemps. Comme ça fait partie de mon passé, je ne pourrai l'éviter, je voudrais pouvoir réussir à l'accepter, à vivre avec, sans subir… Et d'éviter ça aux enfants que j'aurai j'espère un jour…
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269155
b
Moi aussi !
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