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Contre la suppression de l'enseignement de la géométrie

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Pétition contre la suppression de l'enseignement de la géométrie en classe de seconde.

Citation.

"La géométrie ne figure plus dans le projet du nouveau programme de mathématique en classe de seconde. Il est réduit à la notion de point, de droite, de milieu d'un segment, de distance entre deux points et d'équation d'une droite dans le plan !

Jusqu'ici le programme avait en plus les thèmes fondamentaux suivants : vecteurs, transformations du plan, triangles semblables et géométrie dans l'espace. Dans le projet susmentionné, ces thèmes sont remplacés par des notions, certes intéressantes, telles que les probabilités, les statistiques et quelques méthodes algorithmiques. Cependant, ceci s'est fait au détriment de la géométrie qui a toujours eu une place importante dans les programmes. Et ce n'est pas un hasard : elle donne lieu à des problèmes mathématiques qui font appel à la logique, à l'abstraction, aux connaissances acquises mais aussi aux facultés d'observation et à la prise d'initiative. Elle est une matière idéale pour former l'esprit des élèves à la rigueur et au raisonnement. Elle permet aussi de mieux appréhender le monde géométrique qui nous entoure. Rappelons aussi que la géométrie occupe depuis longtemps une place majeure dans la recherche mathématique française.

Ce projet entraînera une baisse drastique du programme de géométrie en classes de première et terminale et est un grand recul pour la formation des élèves.

Nous demandons la modification du projet de programme de mathématique de la classe de seconde et réclamons la réintégration du programme actuel de géométrie."

Cette pétition contre la suppression de la géométrie dans les projets de programme de seconde lancée par Arnaud Bodin, Valerio Vassallo, Francois Recher, Aziz el Kacimi (Universités de Lille et Valenciennes, acteurs principaux de la Cité des géométries) me semble tout à fait avoir les propriétés nécessaires pour être un (ou le ? ) point d'appui pour un mouvement positif dans le secondaire.

Il est important qu'elle réussisse pour l'objet réduit qu'elle vise, c'est-à-dire qu'au 15 mai, le gouvernement recule et prenne une position qui n'interdit pas la géométrie pure en seconde ; on ne peut guère espérer mieux à court terme.

Mais il est aussi important de considérer les potentialités horizontales et verticales à moyen et long terme de cette pétition. Or elles sont grandes puisqu'elle peut être unificatrice et mobilisatrice non seulement pour les mathématiques en seconde mais pour tous les niveaux du secondaire et pour TOUTES les autres matières :

1) D'un point de vue purement mathématique.

- son objet est très clairement essentiel en mathématiques puisque la démonstration en géométrie pure est centrale dans l'apprentissage de la démonstration[1]

- d'autre part le niveau - seconde - permet aussi de poser la question des programmes de première et terminale comme le fait Valerio dans sa lettre[2] mais surtout ceux de troisième parce que l'abandon de la géométrie en seconde est une conséquence de la dynamique négative engendrée par les programmes du primaire et du collège.

2) D'un point de vue interdisciplinaire, son objet semble a priori assez restreint : j'entends déjà les "Qui va s'intéresser à la géométrie en seconde, truc de matheux de type dinosaure ? ". Mais il ne l'est en fait pas du tout si l'on considère qu'il défend une valeur universelle en tant que contenu - l'idée de démonstration - et en tant que forme d'apprentissage comme apprentissage de la rédaction de raisonnement logiques d'abord dans la langue maternelle. Elle peut, ainsi présentée - ce n'est pas démagogique, c'est ce qu'elle est - être tout à fait défendue bien sûr par les professeurs scientifiques (je pense bien sûr aux profs de physique et aux vecteurs) mais aussi par les littéraires et en particulier les professeurs de français et de philosophie.

On peut cependant constater que 10 jours après son lancement et sans aucun soutien institutionnel (aucun syndicat, aucune association…) , elle est à plus 1100 signatures dont un nombre non négligeable de non-matheux ce qui signifie bien qu'elle est potentiellement très porteuse[3].

* *

*

Diffusée sur liste de discussion de professeurs de français, une excellente remarque :

Bonjour Michel Delord.

[…]

Puisque vous parlez de mathématiques, laissez-moi raconter à tous ce que j'ai appris pas plus tard que ce matin. Déplorant en salle des profs que des 1e S persistassent à employer l'expression absurde "démontrer une opinion", qui pis est, "avec des exemples" (mon dieu ! Si je touchais un euro par connerie entendue, je prendrais ma retraite à taux plein aujourd'hui, avec 20 ans d'avance) , je m'entendis rétorquer par le matheux le plus ancien dans le grade le plus élevé : "Tu sais, maintenant, nous, en maths, on emploie "démontrer" au sens de "persuader par l'exemple". On amène les élèves à constater, c'est cela que nos IG appellent désormais "démontrer"".

Je communique donc officiellement la nouvelle : les mathématiques sont mortes, et nous ne le savions même pas.

M…

Michel Delord.

[1] Nous sommes dans la continuité ce coup-ci comique, puisque l'histoire ne se répète pas, du "A bas Euclide" de l'époque des maths modernes, époque pendant laquelle c'était au nom de "la modernité des mathématiques qui se font" que la "théorie des ensembles" servait à tuer la géométrie de papa. Bien atteinte et rendue inapte à l'apprentissage de la démonstration notamment depuis les programmes de collège Chevènement, la géométrie pure - qui n'est effectivement plus enseignable en seconde à cause du curriculum précédent - reçoit ce coup-ci le coup fatal de manière encore plus moderne qu'à l'époque des mathématiques modernes : ce coup de grâce est donné au nom des mathématiques qui se font maintenant - dites du XXIème siècle -, c'est-à-dire les statistiques / probabilités / ordinateurs (C'est ce que, à l'OCDE, l'on appelle la mathematical literacy * - culture mathématique - qui n'a rien de mathématique et qui est ce que teste PISA).

* Voir.

- Tony Gardiner What is mathematical literacy ? http://dg.icme11.org/document/get/469.

- Michel Delord Programmes de mathématiques de la scolarité obligatoire : Quelques conceptions historiques http://michel.delord.free.fr/comp-fr.pdf (page 5 : XXIe Siècle : PISA).

[2] "S'il n'y a pas de réactions d'ici le 15 mai 2009, ce projet, concocté en seulement 35 jours, deviendra réalité à la rentrée 2009. Il sera alors inévitable de modifier, à la baisse bien sûr, les autres programmes de géométrie dans les classes de première, de terminale et inévitablement à l'université ! " (Mail de Valerio du 2 avril 2009).

[3] Par comparaison, la pétition lancée le même jour par le SNES et l'APMEP est à un peu moins de 2100 signatures alors qu'elle ne porte pas sur une critique des contenus mais surtout sur la forme de la "consultation" .
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60855
b
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