Histoire vécue Famille - Enfants > Ecole > Collège      (1070 témoignages)

Préc.

Suiv.

De la lumière à l'ombre

Témoignage d'internaute trouvé sur forum-depression
Mail  
| 494 lectures | ratingStar_101214_1ratingStar_101214_2ratingStar_101214_3ratingStar_101214_4

J'ai 16 ans, j'en aurai 17 dans 1 mois, je suis en 1ere S, un lycéen apparemment banal, mais au fond bien malheureux…

Il y a de nombreux événements, plus ou moins marquants, tristes, ou graves qui m'ont affecté, depuis ma 6ème (en Lorraine, un collège de plus de 900 élèves).

J'étais dans un collège un peu difficile, pas autant que certains en banlieue parisienne je le conçois bien, mais quand même un climat pas facile.

Des amis bordéliques pour la grande majorité -_- mais ça ne posait pas beaucoup de problème j'étais parfaitement intégré sans pour autant prendre cette voie !

Un soir alors que je rentrais de cours pour rejoindre le bureau de ma mère, à quelques rues (assez grandes, au centre ville quoi ou presque) , j'ai remarqué que 2 jeunes de 16-17 ans me suivaient (j'en avais 11, c'était en novembre 2003) me suivaient. Ils ont vu que je les avais aperçu, et ils ont accéléré, moi j'étais paniqué, je ne les connaissais pas, jamais vu, et peu de monde dans la rue !

Et puis j'ai couru, je me suis engagé dans une ruelle un peu à l'abandon, et évidemment je me suis fait rattraper. Je me suis retrouvé contre un mur, ils ont sorti des couteaux, m'ont menacé, mais je ne peux pas dire ce qu'ils me demandaient ni ce qu'ils me voulaient, j'avais les yeux fermés, au fond de moi, je sentais qu'ils allaient me tuer. Ils m'ont secoué, je m'en souviens vaguement, mais avant qu'ils ne puissent aller plus loin, 3 jeunes de banlieues, comme ceux qui m'agressaient, m'ont sauvé, je ne sais pas comment, mais en rouvrant les yeux, j'étais sur le trottoir, et ils me parlaient.

Je suis rentré au bureau de ma mère après les avoir remerciés, j'étais en état de choc mais je n'ai rien dit à ma mère ni à personne. J'ai ensuite revu mes "sauveurs" (pas mes agresseurs) même s'ils avaient 4 ou 5 ans de plus que moi, voire 6, je me sentais intégré, bien que je sois un blanc bien français et qu'ils étaient de couleur. Ils n'étaient ni au collège ni au lycée, je ne sais pas ce qu'ils faisaient, mais des fois je faisais des détours en sortant du collège pour aller les voir, j'ai pu voir des jeunes dans la difficulté, un peu des grands frères. J'ai rencontré un jeune de mon âge qui a vu son frère partir au front, j'étais là quand il lui a dit qu'il reviendrait vite… il n'est pas revenu… A la fin de l'année scolaire, juin 2004, je déménage pour le sud ouest, 750 km …

Je n'étais pas encore mature mais si j'avais appris un peu plus la vie avec eux, et mes "3 grands frères" eux, je les ai jamais revu, alors que je leur dois tout, nostalgie, regrets, bref, sentiment de perte immense !

Je me retrouve dans un petit collège de 300 élèves, de campagne, ambiance décontractée, super, la belle vie, de nouveaux amis, une bonne intégration. Une année de 5ème banale, bien que je repensais aux événements passés (que je n'ai toujours pas racontés).

La 4ème s'est révélée plus difficile elle. Il faut dire que je commençais à souffrir d'un trouble de l'identité, je n'ai pas grandi dans la rue, mais je ne me sentais pas à ma place à vrai dire. J'ai eu d'énormes problèmes familiaux, avec mon père notamment. Puis la lassitude du travail, problèmes avec mes amis qui voient que je ne vais pas bien mais je ne leur dis rien comme à mon habitude. Les grandes vacances arrivent, j'étais même désespérément tombé amoureux, mais je n'ai pas assumé et vite oublié.

Pendant les grandes vacances, mes problèmes familiaux se sont concrétisés : ma mère allait mal, mon père avec qui les engueulades étaient quotidiennes, m'a accusé du mauvais état de ma mère. Il s'est trompé, en fait elle était alcoolique et agonisait de beaucoup de choses ! Moi, j'ai plongé dans la dépression, j'ai fugué, dont 1 fois une vraie fugue (sac à dos et Cie) , je me suis mutilé (pas trop encore) et j'ai fait de nombreuses tentatives de suicides. Les fugues, certaines personnes sont au courant, mais les TS, personne, je restais des après-midi entière sur mon lit avec un énorme couteau tranchant sur mon torse pendant les grandes vacances… Je me suis fait souffrir, et puis, à la fin des grandes vacances, j'ai abandonné, je me suis calmé sans pour autant tout oublié, je ne saurais pas donner d'explication concrète à ça mais bon…

En 3ème, ça allait un peu mieux. L'age des premières fêtes mais moi-même si j'avais un excellent groupe d'amis, je n'y allais que rarement, et j'étais toujours mystérieux, nostalgique, sourire à l'extérieur, mal être à l'intérieur. J'ai refusé d'aller voir un psy, à noël (2006 quand j'étais en 3ème donc) j'ai rencontré un homme qui aidait les gens, notamment les adolescentes en mal de vivre, il était scoot, un gars sympa, mais il m'a raconté des choses sur le diable et satan, je ne le méprise pas, mais voilà moi mes problèmes étaient concrets. Donc une 3ème banale, et au cours de l'année j'ai raconté ma vie sur un forum dédié à l'aide psychologique en générale, qui a fermé aujourd'hui, afin d'essayer de sortir de l'ombre, et de ne pas replonger malgré les problèmes familiaux, le mal de vivre, la démotivation… ça m'a aidé mais sans plus, les grandes vacances suivantes, brevet avec mention TB en poche (j'étais assez bon élève ! ) j'allais passer des journées seul encore une fois. Mon père ne vient plus avec nous quand on part 2/3 fois par ans voir la famille du côté de ma mère alors qu'il les côtoyait depuis 20 ans. Il les critique, insulte presque, et néglige d'ailleurs tout le monde, le maître du monde quoi, honte de lui…

En seconde, nouvelle vie, lycée très sympa, nouveaux amis en plus, bon niveau scolaire… que demander de plus ?

Je ne bosse pas trop mais j'ai d'assez bons résultats, bons potes, bonne ambiance, sourire la journée, mais chez moi, c'est autre chose, je vais mal parfois, je me guéris de musique de plus en plus, de solitude beaucoup, je sors assez peu, faire la fête, c'est génial, mais je ne peux pas expliquer pourquoi je m'y sens bien au début, et très mal au bout .

Mon c&oelig ; ur est fermé, enfin bloqué plutôt, (mal dans ma peau, je ne me trouve pas très laid, mais je suis assez timide, et pas du genre à draguer toutes les filles que je vois ! ) de moins en moins envie de bosser, et puis le passé revient. Toutes les nuits, jusqu'à l'année dernière où ça s'est atténué, j'ai fait des cauchemars de ce jour où j'aurais pu être tué, puis des malheurs du monde (je suis devenu quelqu'un de conscient, j'écoute pas mal de rap raisonné, avec des textes réfléchis sur tous les sujets imaginables ! ). La mélancolie me prend, je pense faire 1ere S, ce sont mes v&oelig ; ux de fin de seconde…

Nouveauté, je commence à écrire, poésie et textes poétiques en juin, jusqu'à aujourd'hui (avec des coupures) que j'expose sur un site (pas de pub je suppose ! ) de poésie francophone. J'y ai trouvé une superbe communauté ! Je ne suis presque pas sorti ces grandes vacances, parti seul avec ma mère et mon frère voir la famille, quelques engueulades au passage bien sûr… rien de grave.

Mais j'avais pris l'habitude d'aider les gens, et du coup je veux devenir psychologue, une 1ere S se révèle donc inutile pour moi.

Bref, regrets, résultats très en baisse, et tout qui suit de plus en plus en ce moment : nostalgie des 5 dernières années où j'ai l'impression d'avoir vécu autour du point 0 de ma vie, quasiment pas de bonheur, pas d'amour (enfin 1 fois) , amitié peu concrète par ma faute (je sors peu et je ne parle pas de ma vie passée et personnelle) , échec scolaire qui arrive, grosse dépression en ce moment, je reprends à écrire depuis quelques jours, j'essaye de voir la lumière, pas l'ombre, mais encore aujourd'hui j'ai pris 0.5 et 1 en français (certes avec une prof interdite de noter au bac ! ) mes TPE ont presque pas avancé car je suis avec un dyslexique qui a 6 de moyenne et qui est un peu paumé (on était 3, mais un ami a fait une phobie scolaire et prend ses cours chez lui par le CNED maintenant) , j'ai la rencontre parents jeudi, le stress du bac blanc de lundi prochain, et tout le reste qui me fait cogiter, pleurer souvent (et oui…. J'ai pleuré des nuits blanches entières déjà) , parce que je ne vois pas le bout de tout ça !

Je suis perdu, au bord du gouffre, je peux craquer à tout moment car je n'ai personne sur qui vraiment compter.
  Lire la suite de la discussion sur forum-depression.com


101214
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Ancien souffre douleurs - timidite, confiance en soi, complexes

image

Bonsoir tout le monde ! Je fait ressortir un topic vieux de 3 ans maintenant, mais suite à l'émission Toute une Histoire, diffusée le 17/01, consacrée aux souffre-douleur, j'ai décidé de franchir le pas et de témoigner de ce que j'ai vécu...Lire la suite

Peur d'aller au lycee suite a des moqueries - le coin des ados

image

Je vous invite a lire mon histoire si vous le souhaitez. Merci pour vos messages. Pourquoi tant d'acharnement envers moi ? Suis je si différent ? Je ne sais pas … J'ai décidé d'écrire pour évacuer ces pressions quasi- quotidiennes . Si cela...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages