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Les projets en classe

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Quand j'étais étudiante, je suis allée dans une classe de ZEP où le projet de la classe était de participer à un festival de danse.

Presque toutes les activités étaient construites autour de ça : demandes de matériel à l'administration (rédiger les lettres - comprendre le fonctionnement de l'Etat) - lecture du courrier reçu, problèmes de math, rédaction des invitations, des affiches…

Il s'agissait d'une classe de CM mais ils ne faisaient jamais de grammaire, de conjugaison ou d'activités dites "traditionnelles".

En gros, le discours de l'instit, c'était : "ils ont trop de difficultés, si je leur fais faire un travail classique, ils seront en échec et il y aura des problèmes de discipline. Ca ne sert à rien."

Quelque part, il a raison mais c'est aussi les condamner d'avance à l'échec. Lorsqu'ils arriveront au collège, ils n'auront pas acquis les bases qu'on attend d'eux. C'est les condamner d'avance à ne pas apprendre leur métier d'élève parce qu'il supposait qu'ils n'en étaient pas capable.

En ce qui concerne la pédagogie du projet, je n'ai jamais rien lu à ce sujet (et puis je séchais beaucoup à l'iufm…) mais je crois que c'est un non-sens à la base. Je m'explique :

Le projet doit venir de problèmes rencontrés dans la vie de la classe (à mon avis, ça doit naître sur une situation problème). Si on arrive en disant "je vais faire de la pédagogie de projet", c'est qu'on va les imposer.

C'est ce que j'ai fait mes premières années. J'avais pour projet de faire écrire les enfants (maternelle) et je me suis dit qu'il fallait faire de la correspondance scolaire. Un fiasco total. Ils n'en avaient rien à cirer de leurs correspondants. C'était mon projet et c'est moi qui ai correspondu avec les autres parce qu'ils ne s'investissaient pas du tout (sauf les deux ou trois qui avaient bien intégré leur métier d'élève et qui participaient parce qu'ils savaient que c'est ça que j'attendais d'eux).

Maintenant, je suis beaucoup plus modeste et je ne fais plus de tels projets. C'est plus simple : quand il n'y a plus de kleenex, je dis "il faut qu'on écrive un mot aux parents, nous n'avons plus de kleenex". Et on s'y colle ensemble à écrire le mot. Tout le monde signe et on l'affiche devant la classe. Bien plus efficace que la correspondance : on sait pourquoi on écrit, on donne du sens au contenu et on sait à qui on s'adresse, parfaite situation de communication écrite. C'est sûr, ça en jette moins que la correspondance scolaire !

Peut-on considérer ça comme un mini-projet ? Ça part d'une situation problème, ça permet de la résoudre et ça permet de mener un apprentissage (rédiger des phrases dans la langue de l'écrit - maîtriser les enjeux de la communication écrite).

Autre projet :

Nous devions aller en pique-nique. Pour éviter que les enfants soient trop chargés, j'ai demandé de l'argent aux parents pour acheter les deux goûters de la journée.

Oui mais, keske je vais acheter ? C'est la situation-problème de départ.

- séance de langage de départ pour savoir quels étaient les 4 ou 5 goûters préférés. On les écrit au tableau.

- Construction d'un tableau à 2 entrées pour savoir qui veut quoi, chacun vient mettre sa croix.

- Le lendemain : "j'ai effacé le tableau mais j'ai oublié de noter les goûters". Faisons un jeu. Vous allez vous transformer en serveur de restaurant et vous allez prendre la commande auprès des copains (chacun remplit un tableau à 2 entrées pour noter ce que veulent manger les copains).

- Le jour du pique-nique, lecture du tableau pour savoir qui veut quoi.

- Comptage des euros récoltés pour acheter le goûter.

J'essaie de faire beaucoup de projets en fait mais en partant toujours d'une situation-problème. Pour répondre à une des questions posées, oui, cela permet de faire passer des apprentissages en leur donnant du sens.

En maternelle, on ne peut pas faire dans le grandiose tout simplement parce que les enfants ne maîtrisent pas encore bien les notions de temps. Quand on leur parle d'un projet pour la fin de l'année, ça le fait pas. Quand on leur parle d'un pique-nique dans une semaine (on arrive à conmpter les jours) , cela les motive.

A l'école élémentaire, c'est autre chose. Les enfants peuvent se projeter plus, se jeter plus loin en avant. Là aussi, je ne te parle que de mon expérience tout à fait criticable.

J'ai eu des cycle 3 et je leur ai donné plusieurs fois des sketches à lire et à préparer en lecture. Ce genre d'activité leur plaît toutjours beaucoup car ils peuvent jouer devant les autres. Je leur ai demandé s'ils voulaient que nous préparions un spectacle pour la fin de l'année. Cela a évidemment été l'enthousiasme général et le projet fut adopté. Nous avons planifié nos tâches (lire des pièces et en choisir, apprendre, faire les décors etc…).

Deux enfants n'ont pas du tout adhéré à ce projet. Cela ne les intéressait pas. Que faire dans ce cas ? On se sent un peu mal parce qu'on est censé motiver tous les élèves… Je crois qu'il faut reconnaitre qu'on n'est pas responsable de tout. X ou Y a le droit de ne pas aimer le théâtre après tout. Je me suis contentée de parler avec eux et de leur faire comprendre que c'était la décision du groupe, qu'ils pourraient ne pas participer mais que leurs parents ne comprendraient pas, qu'ils n'auraient pas la joie de les voir jouer en fin d'année.

Il faut savoir négocier aussi. En compensation, l'un d'eux a pu emmener en classe ses jeux vidéo préférés pour les expliquer aux autres ; il ne s'agissait pas d'une récompense mais d'une façon d'exprimer lui-aussi ses motivations dans la vie.

En ce qui concerne les projets d'école, là aussi, quand ils sont faits par les deux adultes intello de l'école, c'est un trou dans l'eau.

Il faudrait que ces projets partent de réels besoins, de problèmes observés. Cette année, on commence à l'entrevoir. Tous les enseigants commencent à craquer face au langage ordurier qui apparait de plus en plus tôt. Cela ne suffit plus de faire copier dix lignes de "je ne dois pas dire de gros mots". Il y a vraiment quelque chose à faire avec les parents. Nous devons vraiment nous y coller ensemble et avoir un projet commun là-dessus.

Suite au prochain épisode…
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b
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