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Mon histoire - besoin d'avis et conseil - viol et abus sexuels

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 14/04/13 | Mis en ligne le 17/06/14
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Bonjour, Après plusieurs hésitations, je viens poster mon histoire ici. J'aimerais recueillir les avis sur la situation. Savoir ce qu'on en pense. J'ai beaucoup hésité et j'avais commencé ce récit il y a quelques semaines mais je ne voulais plus me replonger dedans. Les récents événements m'ont donné envie de le finir et de le poster, en espérant qu'on pourra m'aider. Je préviens par avance que c'est un long texte, bien que j'ai essayé de résumer. Vous m'en voyez désolée et je remercie ceux qui auront le courage de tout lire. ¤¤¤¤¤ Tout d'abord, petite présentation : J'ai aujourd'hui 26 ans, et j'ai grandi seule avec ma mère. Nous pouvons donc nous considérer comme famille parentale, même s'il y a parfois eu la présence d'hommes qui ont partagé la vie de ma mère le temps de quelques mois / années. Je n'ai pas connu mon père. Je sais qu'il avait déjà une famille, qu'il n'a pas voulu me reconnaître, et qu'il est mort aujourd'hui. Petite, j'étais très proche de ma mère, et en grandissant, mes relations sont devenues plus conflictuelles, mais comme celles de la plupart des ados. Elle est toujours restée ma maman et j'ai d'ailleurs toujours espéré qu'elle trouve quelqu'un, car cela m'attristait qu'elle soit toute seule, une fois que je suis partie de la maison, à 19 ans. Quand j'étais petite, ma mère avait une très bonne amie, Sylvaine, en couple avec Francis. Nos familles se voyaient très souvent : au moins une fois par semaine, mais souvent plus. J'allais dans la même école que les filles de Sylvaine et Francis, plus jeunes que moi et il arrivait souvent que Sylvaine et Francis vienne nous chercher, nous ramènent toutes chez eux, où ma mère venait me chercher plus tard, et vice versa (ma mère nous prenait à l'école et Sylvaine et Francis venaient chercher leurs filles chez nous). Je dormais chez eux certains weekends, ou elles dormaient chez nous… Le problème est que, à partir de l'adolescence, quand j'étais au collège, chaque fois que Francis était seul avec moi, il avait une attitude étrange. Il me proposait souvent par exemple un massage, et systématiquement pendant le massage, ses mains dérivaient vers ma poitrine, ou mes fesses. Ce n'est jamais allé plus loin car je m'arrangeais toujours pour m'en aller. Mais je me demande encore aujourd'hui jusqu'où cela serait allé si je n'étais pas partie à chaque fois. J'ai la très nette impression que cela aurait pu aller très loin. J'ai un souvenir particulier le concernant d'ailleurs. C'était un jour où j'étais chez eux. Je sais que les filles n'étaient à ce moment pas dans la maison, même si je ne me souviens plus de la cause (étaient-elles dans le jardin ? A un cours de danse ? ) , Francis m'a appelée dans la pièce qui servait de bureau et buanderie. Elle était sombre, les volets fermés. Il se tenait face au miroir de l'armoire, les mains sur la braguette de son pantalon, et j'ai tout de suite compris qu'il allait le baisser. Je crois qu'il m'a dit "Tu veux voir ? " ou "Tu en as jamais vu, hein ? " et j'ai tout de suite quitté la pièce, choquée, sans doute en disant quelque chose comme "Non mais ça va pas, ça m'intéresse pas" . Je crois qu'il a un peu insisté avec un "Tu es sûre ? C'est intéressant (ou "c'est important" ?) pourtant" et voyant que je ne voulais pas et que je ne comptais pas revenir dans la pièce, il n'est pas allé plus loin et la journée a continué. Le pire dans ces histoires est l'ambiguïté des choses. A côté de ça, quand il était normal, j'aimais bien Francis. J'ai aussi beaucoup douté de la situation. Je me disais que ce n'était pas possible, qu'il était comme un oncle, que je devais me faire des idées… Mais pourquoi alors ces sensations de malaises dans ce genre de situation ? Je pense vraiment aujourd'hui que la situation était étrange. J'essayais de lui parler quand je pouvais. "Mais tu ne fais pas ce genre de choses à tes filles" . Il me disait que c'était étrange. J'ai l'impression aujourd'hui d'avoir maintenu l'ambigüité et de l'avoir encouragé dans ses délires à l'époque mais toute la difficulté de la chose est que je l'aimais bien et que j'avais l'impression qu'à part ça, c'était quelqu'un de bien. Aujourd'hui je me demande s'il n'en avait pas conscience et n'abusait pas de la situation. Un abus de pouvoir en quelque sorte. Je n'ai jamais parlé de cela à ma mère, car j'avais peur des proportions que ça prendrait. Je ne crois pas avoir douté qu'elle me croie, contrairement à beaucoup de personnes dans mon cas, mais je me disais au contraire qu'en le sachant, elle irait porter plainte, et que ses filles et sa femme n'avaient rien fait, et ne méritaient pas de voir leur père traîné en justice ou que sais-je. J'en ai juste parlé à un ami au lycée, qui avait appelé un numéro vert d'aide à l'enfance je crois, mais cela n'a rien donné de concluant. Puis ma mère a perdu de vue Sylvaine et Francis (ça devait être quand j'étais au lycée : fin seconde / début première). J'ai donc laissé ça de côté dans un coin de mon esprit. Jusqu'à Noël 2011. Je le passais, comme les dernières années précédentes, chez les cousins de ma mère, avec ma mère. Petit topo sur les cousins : - Le cousin de ma mère : Phil. - Sa femme : Karine. - Leur enfants : Mathilde, ma petite cousine âgée à l'époque de 17 ans, et ses petits frères et soeurs : Alex et Aurélie. La nuit du 24 décembre, je dors dans la chambre de Mathilde. Elle me parle de sa tante, la soeur de sa mère, Christie, et de son mari Fred. Elle m'apprend que Fred et elle sont souvent en contact, et j'ai directement une intuition qui me fait lui dire : "Ne me dis pas qu'il te drague au moins ? " De là, elle a l'air gêné, et me dit que si. Je lui tire les vers du nez et apprend qu'il a déjà essayé de l'embrasser, lui a déclaré avoir rêvé d'elle, et je vous en passe. En clair > relation très bizarre. Il faut avouer que la première fois que j'ai vu Fred, il m'a tout de suite fait penser à Francis. Très sympa, plein de tchatche, mais une impression pas nette derrière, sous la surface. J'ai voulu aider ma cousine, la sortir de là. Je voulais lui éviter ce que j'avais vécu. Je crois que quand j'ai moi-même vécu cette situation, j'aurais aimé que quelqu'un le remarque ainsi, et me force à parler. Avec mon copain, on l'a donc poussé à dévoiler les choses à ses parents. Pour rassurer ses parents, je leur ai expliqué ma situation, leur ai dit qu'il ne fallait pas s'en vouloir de n'avoir rien vu et que si je l'avais décelé, c'était sans doute à cause de mon expérience. Quelques temps plus tard, ma mère m'annonce au téléphone avoir trouvé quelqu'un. J'étais très contente. Elle m'a ensuite annoncé qu'il s'agissait de Francis, qui avait (ou était en train de ? ) divorcé avec sa femme. Je me prends une claque ! Je suis tout de suite moins enthousiaste et elle le sent. - Qu'est-ce qu'il y a ? Tu n'es pas contente pour moi ? Je ne sais pas trop quoi dire. Elle a l'air très amoureuse. A l'écouter, c'est l'homme de sa vie. Je me sens coincée. Je ne suis pas heureuse, c'est sûr, mais comment lui expliquer la raison, alors qu'elle a l'air si éprise ? Très vite, je décide d'appeler Francis. Pas vraiment de gaité de coeur. Mais il faut prendre le taureau par les cornes. Je récupère son numéro auprès de ma mère, lui passe un coup de fil et restant très froide avec lui au téléphone, attaque, après avoir expédié les politesses de routine ("ça va bien ? " et autre blabla) : - Tu sais pourquoi je t'appelle ? - Euh… oui, je crois. - Pourquoi ? - Parce que je suis avec ta mère ? - Non. Une autre idée ? - Parce que j'ai déjà été avec elle ? (Parce qu'il faut savoir qu'à l'époque où il avait cette attitude déplacée avec moi, il trompait sa femme avec ma mère, et je l'avais découvert… Je vous passe les détails (la maman qui tombe de son piédestal, le questionnement sur lui "Quoi ? Il veut se faire la mère et la fille ? "). - Non plus. Une autre idée ? - Euh oui… Je crois… Mais bon… Je ne veux pas tourner autour du pot. Je continue, d'un ton froid. - Tu te rends compte qu'à l'époque tu as été super bizarre avec moi ? - Euh, comment ça ? Non, je vois pas… De là, s'ensuit un blabla dont je ne me souviens plus précisément. Je sais juste qu'il m'a sorti un "je ne vais pas te demander de pas le dire à ta mère mais bon, tu sais… à son âge, c'est difficile de trouver quelqu'un… Puis tu viens pas souvent la voir alors… Je dis pas ça pour te le reprocher hein ! " (Bien sûr… comme s'il ne voulait pas me faire culpabiliser… Finalement, ce doit bel et bien être un manipulateur.). Je m'étais promis, avant de l'appeler, que s'il avait des remords, je lui donnerais sa chance, mais que s'il ne montrait pas de regret, ce serait pas de quartier, et je balancerais tout. Mais dès que je récupère ma mère au téléphone, et que je l'entends à nouveau sur son petit nuage, mes bonnes résolutions s'estompent. Elle n'arrête pas avec ses "il est vraiment bien" et "Je le connais bien, il prendra bien soin de moi" ça en devient même énervant et je finis par lâcher : "Ouais ben moi aussi je le connais, et il est pas comme tu crois" . Là-dessus, l'air vaguement inquiète, elle me demande ce que je veux dire et je lui réponds un "T'as qu'à voir avec lui" avant d'abréger la conversation. Le lendemain, la mère de ma cousine Mathilde, Karine, m'appelle. Elle me dit : - Tu sais que ta mère a rencontré quelqu'un ? - Oui… (ma réponse). - Et tu en penses quoi de lui ? - Ah bah justement. J'aimerais que vous le rencontriez, et vous me direz. Je ne voulais pas raconter ce qui s'était passé. J'avais envie qu'ils le voient sans avoir déjà une idée sur lui, pour voir ce qu'ils ressentiraient. Mais Karine insiste : - Non mais… j'aimerais que tu me dises ce que tu penses de lui. - Pourquoi ? - Parce que Phil (son mari donc) se souvient de lui et qu'il m'a dit "attention, ça a l'air d'être le genre à aimer les petites filles" Nouvelle claque ! Notre cousin Phil a sans doute vu Francis à mes communions, professions de foi et autre grand rendez-vous, et ce dernier semble l'avoir marqué. Pour la petite info, il faut savoir que le cousin Phil n'est pas vraiment quelqu'un qui prête attention à ce qui l'entoure. J'ai vraiment l'impression que si lui, si peu à l'écoute des autres, a eu cette sensation à propos de Francis, c'est qu'il doit vraiment y avoir un problème avec Francis. Je prends du coup conscience que, contrairement à ce que j'ai plus ou moins toujours cru, Francis n'a peut-être pas juste fait une fixette bizarre sur moi, mais a un réel problème. Je lâche à Karine : "Je t'avoue que c'est lui, qui a eu le comportement bizarre avec moi." Elle me répond qu'elle s'en doutait. Là-dessus, Karine continue en me disant qu'il est hors de question que ce mec mette les pieds chez elle, et qu'elle ne veut pas me forcer à expliquer les choses à ma mère, mais que ce sera plus compliqué pour elle si elle ne peut pas expliquer pourquoi elle ne veut pas le rencontrer. Ma décision était déjà prise avant qu'elle me dise cela : cette histoire va plus loin que moi. Je pense à mes cousines… Je décide de parler à ma mère. Je l'appelle donc et lui raconte tout ce que j'ai décrit plus haut. Réponse de ma mère : "Je vais voir avec lui" Nouvelle claque ! Je pense que j'ai toujours envisagé plein de scénarios à l'idée de lui raconter, mais jamais ça. J'ai eu l'impression qu'il fallait qu'elle vérifie auprès de lui, voir si je disais bien la vérité. Je rappelle la cousine Karine, et lui dit un "Je l'ai dit à ma mère, mais je crois qu'elle ne m'a pas cru" Et là je craque, moi qui essaie de ne jamais pleurer devant les gens, et éclate en sanglots au téléphone. La cousine me dit "Attends, je vais l'appeler" . Un moment plus tard, ma mère m'appelle (la cousine lui a mis les points sur les i : "Mais tu te rends compte, c'est ta fille, tu la crois pas" etc) : "Tu penses que je ne t'ai pas cru ? Mais si." Et elle enchaine sur les questions. Il a fait quoi ? Comment ? Quand où ? Quels gestes exactement. J'avais l'impression d'être au commissariat, et pire encore. Elle a beau maintenir qu'elle me croit, ses questions me font penser le contraire. Je mets le haut-parleur. Mon copain est à côte et écoute. J'essaie d'expliquer à ma mère "Quand exactement ? Je ne vais pas te dire le jour et l'heure, ce sont des choses que j'ai voulu oublier. C'est flou" Elle n'en démord pas, veut les détails. Quand je m'énerve ("Mais tu ne me crois pas ou quoi ? ") elle me dit que si, mais persiste 30s plus tard à me reposer les questions. Mon copain me prend le téléphone des mains et raccroche. Pour lui aussi, c'est clair : elle ne me croit pas. De là s'ensuit une semaine où je ne parle plus à ma mère. Je suis vraiment blessée. Je n'aurais jamais imaginé ça. Nous qui avons grandi seules toutes les deux. Elle qui a toujours dit qu'elle me ferait passer avant tout… Elle me plante un poignard dans le dos. J'ai l'impression, après avoir été abandonnée par mon mère, de l'être par ma mère. Je me sens vraiment trahie, orpheline. Je pleure tous les jours. Ma mère me laisse des messages vocaux, des SMS, me rappelle qu'on était censées se voir la semaine suivante et me demande ce qu'on fait. Au bout d'une semaine sans lui parler donc, je décide de maintenir le rendez-vous de la semaine suivante. Après tout c'est ma mère, et puis peut-être que ça ira mieux en se voyant. Je ne sais pas vraiment ce que j'espère… Une nouvelle semaine passe sans qu'on se parle trop. Arrivent le weekend et notre rendez-vous. Elle doit venir voir mon nouvel appartement. Je prévois des activités à faire, je veux y croire. Mais dès que je la voie, c'est plus fort que moi. Je ne sais pas faire semblant, j'ai besoin de régler les conflits, de comprendre. Surtout qu'il s'agit de quelque chose d'important. J'attaque donc et on parle de lui. L'un des pires après-midi de ma vie. La conversation tourne en rond. Elle dit qu'elle me croit. Elle veut des détails. Elle me dit qu'il n'est pas comme ça. Elle me dit qu'il a changé. Elle se contredit elle-même. Elle arrive également à me glisser qu'ils sont en train de visiter des maisons. Pour quelqu'un qui me disait, sur les messages vocaux, être mal, ne pas savoir quoi faire avec lui, j'ai du mal à saisir… On tourne toujours en rond. Je m'énerve, je pleure. Elle me demande ce qu'elle doit faire. J'essaie de lui expliquer qu'elle devrait savoir quoi faire, que c'est elle la mère, la plus adulte, et que ce n'est pas à moi de lui dicter sa conduite (je ne voulais pas lui dire "quitte le" , j'estimais que ça aurait dû couler de source pur elle). On tourne toujours en rond et je finis par lui demander de partir et de rentrer chez elle. Suite à ça, plus de nouvelles pendant environ 3 jours puis un e-mail. Ma mère est (ou prétend être ? ) croyante. Elle me dit dans son e-mail qu'elle ne peut pas choisir entre lui et moi. Que si elle tranche en faveur de l'un ou de l'autre, elle se demandera toujours si elle a pris la bonne décision et qu'elle a donc demandé à Dieu de choisir par la prière suivante (que je copie/colle) : "Seigneur aide moi […] si c'est ta volonté que Francis m'est destiné fait que l'achat de cette maison puisse se faire par nous deux dans le cas contraire retarde la vente de la maison de Francis afin que la maison qui est déjà réservée pour nous soit vendue à d'autres personnes. Si l'achat de cette maison se fait par nous je considère que tu es avec nous et que cette homme m'est destiné. Je ne te demanderai pas d'autre signe." Je ne me considère pas vraiment comme croyante, mais pas non plus athée. La prière me choque. N'étant pas une grande croyante pratiquante, je demande conseil à des gens plus versés que moi dans la religion. Personne ne comprend ni ne cautionne une telle prière. Je réponds à ma mère. Je passe les détails, de là s'en sont suivis plusieurs échanges d'e-mails mais nous ne nous sommes jamais comprises. J'ai essayé de relever point par point les incohérences de ses propos (exemple : sa prière que personne ne cautionne, additionnée au fait que la maison qu'ils voulaient acheter était vendue bradée par un ami de Francis, et que donc ils avaient toutes les chances de l'avoir, ce qui montrait bien que sa prière soit distant "juste" ne l'était de toute façon pas). Je vais mal. Je pleure pratiquement tous les jours. J'ai envie de laisser tomber, de ne plus lui parler. Un ami me dit que Francis a vraiment l'air d'être un type pas net et que s'il était à ma place, il essaierait de sortir sa mère de là. Ça me fait tilt. Je décide de faire ce que je ne voulais pas faire : la pousser à le quitter. J'avais besoin que la décision vienne d'elle, qu'elle se pose en tant que maman mais les paroles de mon ami me font réaliser qu'elle est peut-être complètement aveugle et qu'il faut que je la sorte de là car elle regrettera un jour. J'utilise la seule chose qui selon moi pourrait la faire réfléchir : je l'appelle et lui pose un ultimatum : lui ou moi, il faut choisir. Elle me dit qu'elle ne peut pas. J'insiste. "Si tu ne dis rien, je considère que c'est lui. T'as 5 minutes" Elle insiste, qu'elle ne peut pas, qu'elle ne dira rien. Je continue "Alors ce sera lui mais je te préviens, une fois ce téléphone raccroché, ce sera fini, tu n'entendras plus jamais parler de moi" J'ai l'impression d'être la méchante de l'histoire alors qu'à la base c'est moi la victime (enfin, je crois ? ). Elle ne tranche pas, je raccroche. Depuis, je n'ai quasiment plus eu de contact avec elle. Elle m'a écrit une première lettre. Entre les "je t'aime" et les "je voudrais qu'on se reparle" , elle me demandait de venir chercher mes affaires, car ils allaient déménager. Je suis passée vider les lieux quand elle était en vacances. Ma tante devait passer plus tard récupérer d'autres affaires, plus mon chat en même temps, car, bien que ma mère l'ait gardé quand j'ai quitté la maison, et m'ait dit non quand j'ai voulu le reprendre plus tard, ce chat était mon chat. Comme je ne répondais pas, bien que je m'organisais de mon côté pour accueillir ce chat chez moi, j'ai eu la bonne surprise d'apprendre, quand j'ai enfin été prête à le récupérer que ma mère l'avait donné à quelqu'un. Ça a été la dernière fois que je l'ai contacté, en lui laissant un message incendiaire sur son répondeur ("Tu crois pas que tu pouvais me demander mon avis ? Tu te prends pour qui ? " etc) , ce à quoi ma mère a par la suite répondu que je ne répondais pas et donc qu'elle ne savait pas quoi faire (ce qui ne m'empêche de maintenir qu'elle aurait pu me prévenir. Si j'avais été mise au courant, je lui aurais fait savoir que j'allais récupérer ce chat. Le fait que je ne lui parle pas ne l'a par ailleurs jamais empêché de me faire passer les infos qu'elle voulait que j'aie, par des moyens comme les mails, SMS, messages vocaux…). Je n'ai jamais répondu. A quoi bon débattre sans arrêt. Chaque fois que j'ai débattu avec elle, elle en a profité pour essayer de me rallier à sa cause ("Tu devrais parler avec Francis." "Tu veux voir la maison ? ") m'enfonçant un peu plus le poignard, sans même le voir. Ma propre famille m'a conseillé de couper définitivement les ponts, au moins le temps qu'elle réalise, car il semblerait qu'elle dise à tout le monde que je reviendrais. Je me sens incomprise, trahie, mal. A l'époque où j'essayais encore de discuter avec elle, j'ai été au plus mal. Je n'avais plus envie de rien. Le médecin m'a arrêté une semaine. Aujourd'hui ça va mieux et j'avoue que, même si ce n'est pas gai tous les jours, on peut dire que je me porte mieux à ne pas lui parler qu'à lui parler. Aujourd'hui je me demande surtout ce que je devrais faire vis-à-vis de lui. Maintenant que je me rends compte que ce n'était peut-être pas une fixette sur moi, qu'il a peut-être un problème de pédophilie, qu'il pourrait faire ça à d'autre et que ça pourrait déraper, comme pour ma cousine (ils sont aujourd'hui en procédure judiciaire contre l'oncle) , je me dis que je dois faire quelque chose. Faut-il porter plainte ? Mais en même temps, il y a sans doute prescription. Et puis, me croira-t-on ? Ce que j'ai vécu reste bénin face à d'autres histoires bien plus terribles. En parlant de bénin d'ailleurs, ai-je vraiment le droit d'être mal, de me plaindre, alors qu'au final je suis plutôt chanceuse car il ne s'est rien passé. Je m'en veux d'en parler, d'attirer l'attention là-dessus mais en même temps j'ai envie/besoin d'en parler, besoin d'avoir des avis. Quand le médecin m'avait arrêté, il m'avait dit que c'était plutôt bien que j'aie craqué à ce moment, car ça serait forcément ressorti plus tard. Du coup j'ai peur que ça ressorte un jour. Une amie me conseille d'aller voir un psy mais j'ai peur de franchir le cap. J'ai toujours l'impression qu'en plus ça reste une petite histoire sur laquelle il n'est pas nécessaire d'en faire des tonnes. J'aimerais des avis ; que pensez-vous de lui ? De moi ? De ma mère ? De la situation ? Que devrais-je faire ? Derniers éléments : J'ai reçu hier une lettre de ma mère où elle m'annonçait qu'il lui avait offert une bague de fiançailles et qu'ils allaient se marier d'ici deux ans. Elle écrivait également qu'elle se rendait compte que certains de ses propos m'avaient blessée, qu'elle regrettait. Qu'elle se rendait compte que c'était à moi et pas à lui que j'en voulais, pour le choix qu'elle avait fait. Elle m'écrivait également que depuis un an qu'elle vivait avec lui, elle pouvait m'assurer qu'il était attentionné envers elle, qu'il lui donnait beaucoup d'amour et se montrait très présent. En lisant sa lettre, j'ai vraiment l'impression qu'elle n'a même pas compris le fond du problème. C'est ce genre de nouvelles qui me met toujours au plus bas et me conforte dans ma décision de ne pas lui parler. D'une, j'ai l'impression que ça ne sert à rien, qu'elle ne veut pas comprendre. De deux, chaque fois que je lui parle, où qu'elle me parle comme ça, c'est là que je suis le plus mal. Je peux toujours le reste du temps, mettre ça dans un coin de ma tête et y penser le moins possible mais ce genre d'événements remet cette histoire au premier plan et je me rends bien compte que rien n'est cicatrisé. Je me demande même si j'arriverais à m'en remettre. Je pouvais encore à peu près gérer Francis. Il m'a fait du mal mais il n'est rien pour moi et ne peut m'atteindre plus. Mais ma mère en qui j'ai toujours eu confiance, c'est bien trop douloureux. ¤¤¤¤¤ Je vous remercie d'avoir lu jusqu'ici. J'espère que je pourrais récolter un maximum d'avis, même si c'est pour me dire "tu te fais des films, il ne s'est rien passé". Je précise enfin que j'ai changé le noms de tout le monde dans ce récit, au cas où…
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531580
b
Moi aussi !
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