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Temoignage crise existentielle - depression, deprime, stress

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 26/05/13 | Mis en ligne le 13/06/14
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Je vous écris sous forme d'appel à l'aide. Je suis dépressif et souffre énormément intérieurement, et ce, depuis longtemps. Mes parents ont tout fait pour moi. J'ai pu donner, jusque là, l'illusion que j'allais assez bien, malgré le fait que, depuis le départ de la maison pour mes études, dans un institut d'études politiques, je n'arrive plus à être sincère avec moi-même, comme si ma personnalité ultraémotive prenait le dessus. Alors que je me suis fait des amis au lycée, qui m'ont fait comprendre que l'on pouvait m'apprécier malgré mes défauts, j'ai très mal vécu la fin de l'école primaire et le collège. J'ai mal vécu mes déterminismes, qui, loin d'être dramatiques, m'ont un peu éloigné de la moyenne des enfants et adolescents de mon âge. Epileptique entre l'âge de 6 ans et l'âge de 14 ans, j'ai, sur ce point là, aussi eu la "chance" de ne connaître ces épilepsies qu'au petit matin, et ne pas avoir à les subir la journée. Mais, la journée aussi, je me sentais différent. J'ai toujours eu beaucoup de mal à discerner ce qui me plaisait de ce qui ne me plaisait pas, et même si j'ai des goûts et des convictions, j'ai du mal à les exprimer. Ces crises m'ont rendu angoissé et peureux face à la vie, comme si celle-ci était plus un effort qu'une récompense. Il faut ajouter à cela le fait que j'ai un certain déficit moteur d'un pied, qui ne me handicape pas énormément, mais qui m'empoisonne la vie. Ça m'empêche de faire sereinement certains sports (comme le ski) , et ça m'a surtout empêché de me sentir à la hauteur des autres, avec du coup, un sentiment d'être très différent d'eux et un peu parano. Le "pire" avec ce défaut, c'est qu'il est presque invisible, mais aujourd ‘hui, j'ai l'impression qu'il m'a construit, dans toutes les craintes que j'avais de faire certains sports (comme l'escalade) , et dans tous les doutes et les angoisses mentales que j'ai. Je me sens du coup extrêmement mal dans ma peau, alors que j'ai un physique pas ingrat du tout. Aujourd'hui, je me dis que cela ne sert à rien de rabâcher le passé, mais je me suis fait largué par une fille, qui, par railleurs, était une narcissique toujours dans la séduction. J'ai peur qu'elle m'ait largué à cause de ma névrose, et du fait que j'ai du mal à contrôler mes émotions (je rougis beaucoup en public, et même si je me suis battu dans ma scolarité pour faire malgré cette peur mal maîtrisée du regard de l'autre, cela me hante sans cesse). Je n'arrive du coup pas à me projeter, et ma séparation, n'a fait que ranimer toutes les plaies qui sont en moi. Je fais des études dans une grande école, mais je me suis battu pour en arriver là parce que tout le monde m'a dit de le faire. J'ai presque tout fait, soit par automatisme (venant de la culture générale engrangée pendant toutes les années où je lisait des bouquins pendant que les autres jouaient au foot) , soit en bossant à la dernière minute, en passant mes exams au forceps, et en bossant mes oraux et exposés la veille, sans être foutu de m'organiser ou de rectifier le tir, mais sans profiter non plus du temps libre que ce fonctionnement aurait pu me laisser pour faire de la musique (pourtant, j'en fait parfois beaucoup, mais sans méthode) ou du sport (je ne suis bon qu'en endurance, car mes dysfonctionnements moteurs ne m'empêchent pas de courir, et me donnent surtout une distance et un sentiment d'infériorité par rapport à la "moyenne" des gens qui sont plus à l'aise que moi avec leur corps). J'ai jusque là essayé d'exprimer ma force de vie et ma joie autrement, mais je n'y arrive plus, je n'ai pas fait le deuil et accepter des frustrations passées et présentes. Bref, j'ai l'impression, à 23 ans, de ne pas être un adulte, de n'avoir pas su grandir, encore blessé dans mon égo par le fait que je n'ai jamais pu aller au bout de certaines limites physiques, comme le font bon nombre d'ados, et de n'avoir su faire qu'un peu de musique (je fais beaucoup de jazz, de la guitare et du saxo, mais j'abandonne tous les projets ambitieux trop vite). Je me sens très vulnérable, alors que mes parents ont tout fait pour me mettre dans un milieu protégé (genre ils me payent les études, et, en dehors de quelques jobs d'été, ils subviennent encore à presque tous mes besoins). Je me sens une victime de mes déterminismes physiques mais aussi des autres … je suis très peu sûr de moi puisque peu sûr de mes capacités physiques. Aux moments où je vais mieux, je ne suis qu'un suiveur, et je me plie aux désirs des autres … J'ai l'impression de ne rien mériter, d'être moins bon que les autres, puisque toujours très mal dans ma peau … En somme, c'est comme s'il y avait un décalage énorme entre mes phantasmes et ma réalité, dans laquelle je souffre énormément, au point d'être en décrochage complet au niveau des études, au niveau master 1. Je n'arrive pas à m'accepter comme je suis, avec mes tares qui m'ont empêché de m'affirmer et de prendre pleinement conscience de mes capacités physiques (pas au sens de force, puisque j'ai compensé en me musclant, mais au sens de contrôle et de placement dans l'espace) , comme si cela conditionnait tout (la capacité de se sentir suffisamment fort physiquement et mentalement, sans avoir à rougir) , et surtout me condamnait à ne pas savoir comment profiter de la vie. Aujourd'hui, je ne me sent même plus légitime à parler et a affirmer des trucs, car dès que j'essaye de défendre un point de vue, en m'affirmant (en dehors du cadre très normé d'un exposé pour lequel, dans tous les cas, le boulot doit être fait) , je me dis "t'es qu'une merde, de toute façon, t'as même pas grandi et été ado comme les autres, t'as même pas réussi à t'affirmer comme un homme capable de sauter, de franchir des barrières (je parle de barrières physiques, réelles, type des grillages, comme tous les enfants ou les ados qui font les cons). Tout cela provoque une extrême douleur morale en moi, et m'empêche de me sentir à l'aise, de me sentir un minimum libre et de pouvoir partager mes sensations avec celle des autres, comme si j'étais étranger à ce que les autres pouvaient ressentir, dans leur différences certes, mais aussi dans leur point en commun. Cette espèce de jalousie de voir des potes s'éclater en faisant du foot entre eux ou avec des inconnus, de pouvoir glisser sur des patins à glaces ou à roulette, de pouvoir faire du skate, de pouvoir glisser en chaussettes sur du parquet, toutes ces sensations qui m'ont depuis toujours été fermées. Je sais que tout cela est en partie une vue de l'esprit, je dramatise le réel, et mes amis me disent "si tu ne sais pas faire du sport, fais autre chose" . C'est ce que j'ai fait aujourd'hui, mais j' n'arrive pas à faire le deuil de ce manque de contrôle corporel, si bien que je me dis … qu'apprendre telle ou telle théorie, apprendre l'histoire (alors que j'ai toujours eu un rapport de passion désintéressé à la connaissance depuis tout petit) … ne sert plus à rien, car cela ne me rend pas heureux. Aujourd'hui, j'en suis à errer dans mon studio (après 4 ans de colocs diverses et variées dont une durant un an à l'étranger) , je me sens mieux tout seul … en réalité, c'est que, loin d'être totalement misanthrope, je me sent de plus en plus mal à l'aise avec des gens, avec les mêmes adultes qui se seraient moqués de moi étant enfants et ados, par rapport à mon défaut physique, cette. J'ai l'impression, en ce moment, de régresser, et de ne plus savoir quoi faire, alors que j'aime chanter, j'aime lire, rire, danser (même si de manière très gauche, encore une fois à cause de mon manque de contrôle physique). Je suis de plus en plus timide, et j'ai une fâcheuse tendance à m'isoler, comme si je portais une honte en moi qui s'autoalimentait. L'on m'a parfois lancé comme argument : "mais t'es pas non plus en chaise roulante, et ton défaut ne se voit pas quand tu marche ou quand tu cours, donc tu devrais te satisfaire de ça" . Certes … mais je n'ai pas vraiment adapté ma construction mentale et ma personnalité sur l'acceptation de ce défaut, et aujourd ‘hui je suis face à un mur, une parano, une peur de me retrouver sans cesse devant cette situation où les autres pourront s'amuser via certains sports, alors que moi je serai contraint de faire semblant de savoir faire ces choses là, alors qu'en pratique, je suis très limité. Je précise, pour finir, que je suis allé voir mon médecin qui m'a dit "tu fais ta fine bouche, je te connais depuis petit, et tes crises d'épilepsie ou quoi que ce soit d'autre, en dehors d'une minuscule hypertonie du pied droit, ne t'ont pas donné de handicap grave. L'examen neurologique de base est bon, RAS au niveau de l'EEG et de l'IRM, même si ton pied droit tremblote un peu en position intermédiaire, tu arrive plus ou moins à marche à cloche pied et à te tenir sur une jambe quelques secondes. Tu ne sais pas faire de mouvements fins avec ton pied droit, il déconne un peu, tu as du mal à te mettre à croupi sans lever les talons ce n'est pas grave, fais avec" . Ouais, et comment je fais si je veux pratiquer des sports de combat, si je veux me sentir en possession de mes moyens, si je veux conduire (je n'ai pas mon permis, mais je me suis entraîné sur un parking avec mon père) sans avoir à me concentrer comme un porc pour contrôler mes mouvements de cheville de manière précise ? Comment je fais pour ne pas passer pour un mec un peu handicapé, sans constat médical de cela, comment je fais pour me construire comme un mec normal et bien dans sa peau alors que l'un de mes pieds me répond anarchiquement ? Questions sans réponse. Aujourd'hui, je m'aperçoit que je me suis construit, plutôt dans des angoisses, des frustrations, des peines, et des sentiments d'infériorité absolue (puisque physique, et surement dues à la naissance ou à l'enfance) , avec une peur extrême des sports d'adresse et/où de balle où les jambes interviennent, un espèce de sentiment de ne rien savoir faire avec mon corps, que dans une impression de maitrise et de progression par rapport à une constitution physique "normale" . Pour ceux qui auront eu le courage de lire mon témoignage de dépressif prisonnier de soi-même, avez-vous des solutions, des pistes, pour m'apprendre à aller mieux et à m'accepter comme je suis ? A me sortir de cette image de moi-même si éloignée du djeun, qui se force à être "cool" , bien dans son corps et "rider" , à la fois intelligent, éclairé, et à fond physiquement (non pas par choix mais par impossibilité physique) ? A ne plus subir la vie, mais à en être acteur, pleinement conscient de ce que je suis ? J'ai l'impression d'être passé à côté des nécessaires conneries de gamin, de ne pas avoir fait de crise d'ado (pour s'affirmer, encore faut-il se sentir légitime et relativement en possession de ses moyens physiques) , de ne pas su avoir dire, je ne fais pas se sport avec toi, parce que je n'y arrive pas, ne pas voir la réalité en face … J'ai l'impression de ne jamais avoir su vivre l'instant présent, de ne jamais avoir été serein avec moi-même, de manquer aujourd'hui d'imagination après avoir vécu trop de frustrations … de ne pas arriver à me construire car trop déçu par mon corps, par moi-même, par l'image que j'ai de moi-même, et par le manque total de confiance en moi. Plus j'ai ce type de pensées, plus j'ai l'impression que la vie et que le réel m'échappent, comme si je n'arrivais pas à composer, et à me projeter dans mon existence en acceptant mes limites, et en regardant la joie immense quand je vois des enfants et des ados faire des trucs que je serait pour toujours incapable de faire, je me sent immensément frustré et je complexe du coup sur mon infériorité. J'aimerais pouvoir trouver un lieu où je puisse enfin apprendre à franchir des barrières, des grillages etc … en sachant comment faire. Ma séparation m'a donc fait retomber dans une dépression quasi-totale, comme si j'avais fait un mini burn-out, incapable d'adapter ma crise existentielle à un rythme de boulot de plus en plus élevé, et cette phobie scolaire et sociale que j'ai partiellement refoulé au lycée reprend petit à petit le dessus depuis le début de mes études (4 ans) … j'ai de moins en moins la force de vivre, et passe mon temps dans mon lit. J'ai un mal énorme à me concentrer et à penser à autre chose qu'à ma mélancolie et à mon mal-être. Je n'arrive plus à imprimer ce qui se passe autour de moi, à profiter, ne serais-ce que d'un film … Je vois tout à travers un miroir déformant. J'ai l'impression de ne pas pouvoir faire face aux assauts de la vie, je suis apathique et de plus en plus distant de tout … j'espère me retaper cet été, mais c'est bien mon mal être "perpétuel" et la mauvaise image de moi (qui frise le néant) que je veux soigner … Avec cette rechute (j'ai déjà eu une grosse phase dépressive il y a trois ans) , l'impression que mon manque latent d'envie de vivre remonte en fait à ma plus tendre enfance … comme si je passais à côté de trop de choses et m'interdisait trop de chose en lien avec le fait que mon corps m'interdisait lui-aussi de m'épanouir dans un tas d'activités. Qu'en pensez-vous ? J'ai donc un rendez-vous avec un TCC la semaine prochaine, mais, vu que mon affection psychologique est en lien avec une frustration liée à un trouble "psychomoteur" , ne pensez vous pas qu'il est mieux d'aller dans un CMP ?
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531241
b
Moi aussi !
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