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Normalement, l'enfance est synonyme de joie, d'insouscience, etc. Pour moi, mon enfance et mon adolescence ont été une époque POURRIE !

Pour tout vous dire, j'ai réellement commencé à vivre à partir de l'âge de 20 ans. Et encore… les séquelles sont là et souvent notre énemi le plus destructeur est nous-même, notre manque de confiance après avoir vécu tout ça et notre capacité à nous descendre.

Tout d'abord, à l'école primaire mes frères et moi étions les parias de nos instituteurs. Pourquoi ? Parce que nous étions 5 enfants et mes parents avaient des idées baba-cools (anciens hyppis oblige ; lol) ; bref nous n'étions pas comme les autres et étions donc considérés comme les gitans du coin.

Mes frères et moi subissions tous les brimades, les coups même de la part de ces institeurs ; et le directeur était le pire de tous.

Je me souviens d'une fois en classe de CE1 nous faisions un exercice de calcul mental. J'ai mal répondu à la question de ma maîtresse et celle-ci me sort devant toute la classe : "mais ça ne m'étonne pas ! Tu t'appelles O… et vous êtes tous barjos dans la famille !!! ".

Mes camarades de classe n'étaient pas très gentils non plus avec moi. Ils me mettaient souvent à part, se moquaient de moi mais par contre j'étais leur copine lorsque j'avais des bonbons à leur offrir.

A l'époque, je me sentais très seule et aurais tout fait pour avoir une copine ; dès que j'en avais une je mettais celle-ci sur un piedestal. Mais bien souvent je me faisais gruger.

Puis vint le collège ; cette période de ma vie que je qualifierais de cauchemar qui a duré pendant 4 ans. Je ne souhaite pour rien au monde revivre ces 4 années de calvaire, et ne le souhaite pas même à mon pire ennemi !

Même s'il ne doit pas y avoir de comparaison, néanmoins face à ce que j'ai vécu au collège je me compare aujourd'hui aux rescapés des camps de concentration, tellement j'ai été détruite.

J'ai subi les brimades, les humiliations, les insultes, les coups physiques même, l'intimidation ("si tu parles, tu vas voir ta gueule à la sortie ! "). On me traitait de "mongole, folle, mocheté, etc." et mon surnom durant ces 4 ans de collège (et même après, lorsque je croisais mes persécuteurs) était ZOMBIE. On ne m'appelait pas par mon prénom ; mon nouveau prénom était devenu ZOMBIE.

La plupart des camarades du collège m'avaient désignée comme tête de turc numéro 1. Bien sûr, il y avait aussi d'autres boucs-émissaires mais je les dépassais de loin et eux aussi me rejetaient.

Heureusement, j'avais tout de même quelques copines (sans elles, je n'aurai pas survécu. Mille merci à elles ! ) , mais elles se comptaient sur la main. Ce n'est rien 5 alliées contre 250 élèves qui me persécutaient ! Aujourd'hui, j'ai gardé des contacts avec 2 d'entre elles et une fait partie de mes meilleurs amies.

Sur ces 250 élèves qui me tiranisaient, les 3/4 le faisaient par bêtise, pour faire comme les autres et ne pas être mis eux-même de côté (on sait bien qu'à l'adolescence il est important d'apparteneir à un groupe ; bref l'âge bête quoi ! ). Ils étaient certes lâches, bêtes mais je ne leur en veux pas ; et ils n'étaient pas les pires.

J'ai un souvenir récurant de certaines personnes qui elles (filles comme garçons) prenaient un réel plaisir à me maltraiter ; à croire qu'ils prenaient ainsi leur pied !!

Ces personnes là m'ont vraiment détruire, mise plus bas que terre et ont enlevé toute estime de moi. Rien que d'écrire ces mots, je sens la colère et une boule dans la gorge monter en moi (et pourtant, j'ai quitté le collège il y a plus de 12 ans déjà) !!

Je n'avais aucun soutien psychologique. Les profs m'aimaient bien (ils disaient de moi que je travaillais bien, mais que j'avais souvent l'air triste et trop sérieuse) , mais se sentaient impuissants. Quelques uns prirent ma défence mais après j'ai subi les répercussions de la part de mes pairs pour avoir cafté. Bref, c'était le cercle vicieux !

Heureusement qu'il y avait l'assistance-sociale du collège, qui venait une fois par semaine dans l'établissement. J'allais souvent lui parler ; de ma souffrance vécue dans ce collège, mais aussi de mes autres soucis plus personnels ; elle a un peu joué le rôle de psy (pour mes parents, il était à l'époque hors de question que je consulte un psy ! ). C'est elle qui m'a permi de survivre dans ce "camp de la mort".

De la part de mes parents, je n'ai eu aucun soutien. Au contraire, ils me culpabilisaient en me disant que c'était de ma faute que mes camarades me traitent ainsi, car j'étais chiante et avais un sale caractètre ; bref c'était mon prix à payer et je n'avais rien à dire !

Presque tous les jours, je rentrais en pleurs. Même une fois, j'en avais tellement marre que durant le trajet de retour, j'avais serré mon foulard autour du coup de telle façon que je frôlais l'asphixie. En arrivant à la maison, j'étais toute rouge et prête à tomber dans les pommes. Mais au lieu de me réconforter, ma mère m'a engueulée comme du poisson pourri, en me culpabilisant.

Avant d'entrer en 4ième, j'ai supplié mes parents pour qu'ils me changent de collège car je n'en pouvais plus de toutes ces brimades. J'étais même prète à aller en pension. Mes parents refusèrent catégoriquement en me disant que ça ne servirait à rien, que ça serait pareil où que j'aille ; étant donné que j'étais chiante et que je le cherchais.

Bon soutien de ma famille !!

Mais il faut dire qu'à l'époque, ce n'était pas le Pérou à la maison non plus. Je ne m'entendais pas du tout avec mon père (mais bon, ce n'est pas mieux aujourd'hui) , qui lui buvait comme un trou et était ivre tous les WE. Bref, une ambiance de… à la maison !

De plus, dans mon enfance j'ai subi un problème d'inceste de la part de mon frère aîné (j'y reviendrai plus tard).

Voilà pourquoi je dis que mon enfance et mon adolescence ont été pourris !!

Le seul soutien que j'avais de ma famille, c'était de la part de mes frères qui me défendaient. Mais en entrant en 4ième, ils n'étaient plus là désormais pour me défendre.

Bref, j'ai dû subir 2 années de plus de calvaire dans ce p***** de collège.

Parfois, pour ne pas dire souvent, je ne me défendais même plus ; de toute façon je n'aurais pas fait le poid étant donné que tous étaient contre moi. Je ne vivais pas, je survivais. Parfois, leur méchanceté ne me touchait même plus ; je m'étais enfermée dans une sorte de mutisme ; c'était ma façon de me protéger.

Mes le contre-coup (quelques années plus tard, et encore un peu aujourd'hui) fît beaucoup de dégâts psychologiques.

Quelqu'un un jour me parlait d'une attitude masochiste. Je comprends tout à fait ce qu'il a voulu dire par là. En effet, moi-même je me montrais souvent maladroite, comme si je le faisais exprès pour atiser leur haine. Mais je ne savais plus où j'en étais.

Après, je suis allée dans un lycée (ou j'ai préparé mon BEP Sanitaire et Social) où je ne connaissais personne. J'avais très peur que je sois à nouveau la tête de turc. Avant la rentrée de septembre, je me suis jurée de mettre fin à mes jour si j'étais amenée à nouveau à être souffre-douleur ; je ne pouvais plus le supporter !

Heureusement, les choses se passèrent mieux qu'au collège. Bien sûr, il y avait certaines personnes qui ne m'aimaient pas (comme à tout le monde, mais on ne peut plaire à tout le monde). Mais j'étais respectée et considérée comme un être humain.

Aujourd'hui, je commence tout doucement à voir le bout du tunnel, et à m'aimer.

Pendant toutes ces années, puis après (ce jusqu'il y a peu de temps) je me sentais nulle, inutile et avais parfois envie de mourir. Encore aujourd'hui lorsque je me remémore ces insultes, ce quolibet ZOMBIE, lorsque je me remémore toutes ces brimades tant physiques que morales, je me sens nulle et surtout très triste.

Aujourd'hui, grâce à l'aide d'un psy et de mes amis, je commence tout doucement à m'en sortir, à vivre tout simplement. C'est une seconde naissance qui s'offre à moi.

A l'époque du collège, j'enviais beaucoup ceux et celles qui me persécutaient ; ils/elles étaient si populaires et avaient un succés fou. Je voulais être comme elles.

Mais aujourd'hui lorsque je croise mes anciens persécuteurs dans la rue, soit ils baissent la tête en me voyant, soit ils me disent combien j'ai changé avec des yeux envieux.

Je peux vous assurer qu'aujourd'hui ces personnes n'ont rien à envier. Certains ont fini toxicos, en taules ou même au cimetière. Lorsque je les croise aujourd'hui, ils n'ont pas du tout évolué depuis le collège : ils traînent dans la rue, se font chier avec un mec qui se bourre la gueule à la bière devant le foot, qui les tabassent, etc.

Bref, pour ma part j'ai évolué, ai des ambitions et ai réalisé certains de mes rêves. Est-ce ma revanche ?

Je ne sais pas si je dois leur dire "bien fait pour vous ! " ou bien les plaindre.

MON FRERE AINE :

Concernant mon frère aîné, je n'ai rien dit à mes parents pour ne pas foutre la… dans la famille (seuls mon frère-jumeau et ma marraine ont été mis au courant il y a 2 ans. Je précise que mon frère-jumeau et moi sommes très proches).

La question que je me pose aujourd'hui : se doutaient-ils de quelques choses ou non ? Perso, je pense que toute mère a un 6ième sens et sent donc quand qque chose ne va pas pour son/ses enfant/s. Se doutaient-ils de quelque chose ou bien avaient-ils des oeillères (la politique de l'autruche quoi ! ) ?

Mes parents ont toujours aspiré à une certaine tranquillité, ils ont toujours voulu leur paix et ne voulaient donc pas gérer d'autres problèmes. Pendant 14 ans j'ai refoulé ce que m'a fait mon frère aîné, en me disant : "mais ce n'est pas si grave que ça ! J'ai peut-être rêvé ! Etc." mais je me voilais la fasse plus qu'autre chose.

De l'âge de 6 ans à 12 ans j'ai subi des atouchements de la part de ce frère (de 3 ans mon aîné).

Au début, c'était plus du "touche-pipi" comme font tous les gamins entre eux.

Mais ça devenait de plus en plu glauque et il me forçais à faire des trucs que je ne voulais pas.

Puis à 12 ans, il a commis l'irréparable. Nous étions tous les 2 dans un bois, et là à un moment donné il s'est jeté sur moi, a baissé ma culotte, m'a mis un doigt dans le vagin et a tenté d'aller plus loin.

Et a tenté de le faire par derrière.

J'ai été blessée physiquement à cet endroit.

Puis il m'a forcée à lui faire une fellation.

Moi je pleurais et étais pétrifiée ; ce qui fait que je ne me suis pas défendue (je me suis longtemps sentie coupable à cause de ça).

Après, il m'a dit : "ça t'apprendra ! "; comme si c'était moi qui l'avais "allumé".

Inutile de vous dire qu'après ça, mon corps et mon âme ont été détruits !

Par la suite, j'ai eu de graves problèmes sexuels ; pour moi la sexualité c'était sale, c'était vulgaire. J'ai eu beaucoup de bloquages d'ordre sexuels.

Pendant des années, j'ai tenté de refouler de qui s'est passé. Mais je n'en étais pas moins traumatisée.

Pourtant, avec mes autres frères et mes cousins on a aussi "joué au docteur" mais ça ne m'a pas traumatisée plus que ça. C'est donc là qu'il y a un problème !!

Il y a 3 ans environ, cette évidence m'est resurgie en pleine gueule et ça m'a fait très mal.

A force de tenter de noyer la balle dans un seau d'eau, celle-ci resurgit inéluctablement aussi violemment avec toute l'énergie que nous mettons pour tenter de noyer cette balle.

Encore aujourd'hui j'ai du mal à mettre le mot "inceste" ou "viol" sur ce que m'a fait subir mon frère aîné pendant toutes ces années.

Une amie m'a dit un jour (il y a 2 ans de celà) , après lui avoir raconté ce qui s'est passé à 12 ans, que c'était un viol ; que j'ai été bel et bien victime d'un viol (même s'il n'y a pas eu pénétration de son pénis).

Personne de ma famille n'est au courant de ça (mis à part mon frère-jumeau avec qui je suis très proche, et ma marraine elle aussi victime d'un viol de la part de son père) ; encore moins mes parents et mon frère concerné.

Pour moi, il y a mon frère avant (quand il me faisait subir tout ça) et mon frère maintenant.

J'ai tenté de lui pardonner pour ce qu'il m'a fait ; en lui trouvant des circonstances atténuantes (rôle d'aîné pas évident, surtout avec un père alcoolique qui s'en prenait parfois physiquement à lui ; il devait être bien mal dans sa peau) ; mais malheureuesement lui pardonner est au dessus de mes forces.

Je pensais lui avoir pardonné ; mais en vérité le Pardon doit venir de plus haut, d'une force divine comme Dieu par exemple.

Je n'arrive pas à lui pardonner de m'avoir ainsi détruite ; même si j'aime mon frère et qu'aujourd'hui nous avons des rapports normaux. C'est au dessus de mes forces.

Je me sentais coupable de lui résister, de faire ce qu'il voulait. Mais avec du recul, je comprends mon attitude : c'était une manière de me rapprocher de mon frère, de me sentir aimée (en tant que soeur) dans ces moments là. Autrment, mon frère avait des comportements bizarres : mon frère-jumeau et moi étions ses souffres-douleur et de ce fait il prenait un malin plaisir à nous frapper et à nous ligoter.

Comme je vous l'ai dit, je suis suivie par un psy entre autre pour ça (et pour d'autres choses encore ; mais c'est forcément lié).

Mon psy et des amis intimes à qui j'ai parlé de ça m'ont suggéré d'en parler en apparté avec mon frère et même de porter plainte. Mais je ne peux pas ! Je ne demande pas mieux qu'un "pardon ! " de sa part ; mais j'ai bien peur qu'en lui relatant ces souvenirs il ne me prenne pour une folle, pour une afabulatrice. De plus, il est avec une femme et a 2 enfants ; je n'ai pas envie de foutre la… dans son couple, ni dans la famille.

De plus, j'adore mes neveux et m'entends très bien avec ma belle-soeur.

J'ai eu très peur au début pour mes neveux (quand j'ai eu ma prise de conscience il y a 3 ans) , qu'il leur fasse la même chose. Mais ayant un 6ième sens très aigu et ayant observé mes neveux, j'ai constater (à mon grand soulagement ! Ouf !! ) que c'est un très bon père pour eux. De plus, s'il y avait quelque chose de bizarre, mes neveux en auraient parlé à ma mère ou à leur maîtresse d'école (on dit bien que "la vérité sort de la bouche des enfants" et qu'il n'y a pas plus spontanés que les enfants). Mon frère est normal à présent.

Je garderai donc ce lourd secret en moi et l'emporterai dans ma tombe.

C'est comme ça !

Mais aujourd'hui, je me reconstruis par rapport à ça.

Longtemps, je ne comprenais pas pourquoi j'étais si bloquée et avais une telle aversion pour la sexualité ; aujourd'hui j'ai la réponse !

Je me reconstruis petit-à-petit, et même si la partie n'est pas encore gagnée j'ai le sentiment d'avoir fait un grand pas en avant.

Et puis, je ne considère plus la sexuelité comme quelque chose de sale et de vulgaire à présent.

Je sais que beaucoup de gens ne me comprendraient pas, me diraient : "si j'étais à ta place et si j'avais vécu ça ; je lui aurais arraché les yeux à ce frère ! J'aurais porté plainte ! L'aurais foutu dans la… pour qu'il paie ce qu'il a fait ce fumier ! Etc." Idem concernant mes parents.

Mais je me dis que si je m'étais "vengée" de la sorte cela n'aurait en aucun cas résolu mon problème, ça remuerait encore plus toute cette souffrance.

Même si je fais preuve de tant de "philosophie" face à tout ça aujourd'hui, je n'en souffre pas moins ; c'est pourquoi j'ai eu pendant toutes ces années cette rage et des idées noires.

J'ai voulu plusieurs fois mourir.

A 19 ans, dans un accés de rage et de souffrance, je me suis ouverte le poignet gauche avec un cuter. On m'a amenée aux urgences pour que je me fasse recoudre. Ce jour-là, mes parents, ma famille ont été très boulversés et se sont montrés très attentionnés et compréhensifs avec moi (mon père m'a gifflée en voyant mon bras coupé et le sang couler). Mais aujourd'hui ils ne me comprennent pas plus.

Aujourd'hui, je porte 2 cicatrices très voyantes sur mon poignet et dès que je les vois (au moins 100 fois par jour) je me remémore ce jour douloureux.

Lan dernier, à Pâques, mon frère aîné m'a dit (je ne sais plus ce qu'il l'a amené à dire ça) : "mais toi qui recherche un mec normal, dis-toi que malheureusement un mec normal ce n'est pas pour toi. Tu as un grain, car tu as un problème avec tes nerfs. Un mec normal ne te suportera pas et aura vite fait de t'en mettre une" puis d'ajouter après : "mais bon, si tu es comme ça aujourd'hui c'est sans doute lié à ton enfance, tu as peut-être vécu des choses" et là j'ai été à deux doigts de lui sortir que si j'étais comme ça aujourd'hui c'était en grande partie grâce à lui !! Mais je me suis tue ; il y avait ma soeur, ma mère et ma belle-soeur à côté (avec qui je suis très proche) et par conséquent je ne voulais pas fouttre la…

Je sais, c'est absurde. Mais bon… comme je vous l'ai dit plus haut j'emporterai ce secret dans ma tombe. Mais je me libère, me reconstruis par la psychothérapie, un travail personnel et l'écriture. De plus mes amis intimes me soutiennent beaucoup et comprennent mon choix.

MES PARENTS et MA GRAND-MERE :

Pendant longtemps, je pensais que mes parents ne m'aimaient pas et cela me rendait très triste.

Aujourd'hui, je sais qu'ils m'aiment, même s'ils se montrent maladroits et pas très compréhensifs. Mais ils m'aiment.

Que je vous dise avant tout (afin de replacer tout ça dans un contexte) : j'ai 3 frères et une soeur de 4 ans ma cadette. Mon frère aîné à 3 ans de plus que moi, mon second frère 1 et ai un frère-jumeau.

Que je vous fasse un bref résumé : mes parents se sont mariés très jeunes et nous ont eu très jeunes également. Ma mère avait 24 ans quand mon frère-jumeau et moi sommes nés et il y avait déjà 2 frères avant.

Mes 2 frères ainsi que ma petite soeur (de 4 ans ma cadette) ont tous été désirés à la base. Sauf mon frère-jumeau et moi.

Mes parents étaient des baba-cools à l'époque et s'étaient installés au fin fond des Alpes dans un trou perdu au milieu des montagnes à élever des chèvres pour vendre leur fromage sur les marchés (c'était de vrais baba-cools ; lorsque je regarde les photos c'est assez folklorique ; lol). Ils vivaient sans confort, mais étaient heureux ainsi : en parfaite communion avec la nature.

Mon frère jumeau et moi sommes nés prématurément (soit à 6 mois au lieu de 9) ; ce qui fait que nous sommes restés plusieurs mois en couveuse. Etant plus petite et plus faible que mon frère (à ma naissance, je pesais 950g pour 29cm ; une crevette quoi ; lol) , je suis restée plus longtemps en couveuse (soit 4 ou 5 mois).

Pendant tout ce temps là, ma mère n'était autorisée à nous voir qu'à travers une vitre, sans tout autre contact. Ce devait être très dur pour elle.

La 1ière fois que ma mère m'a prise dans ses bras, j'avoisinais les 5 mois.

Notre état de santé ne nous permettait pas de vivre dans les Alpes aux conditions difficiles de mes parents et de la communauté. Ce qui fait que mes parents ont dû quitter leurs montagnes et revenir en Alsace vers plus de confort.

Ils regrettent encore aujourd'hui d'avoir quitté leur vie de "bergers".

Lorsque nous étions petits mon frère et moi, nous étions fragiles. Ce qui fait que nos parents nous ont laissé passer beaucoup de caprices et nous gâtaient. Puis ma soeur est arrivée quand j'avais 4 ans. C'était elle désormais la vedette. L'attention n'était que pour elle désormais (oui, quand j'étais petite j'étais jalouse de ma petite soeur et n'étais pas toujours gentille avec elle ; et je m'en veux beaucoup aujourd'hui. J'essaie de faire mon méaculpa).

Pendant toute mon enfance, il n'y en avait que pour ma soeur et un de mes frères (mon frère du "milieu") ; tandis que mon frère-jumeau et moi étions les idiots de la famille, les caractériels et les chiants.

Il n'y avait aucun signe de maltraitance à notre égard de la part de nos parents, ni aucun signe de négligeance. Mais c'était les réflexions bien piquantes, certaines humiliations.

Pour mes parents et notre grand-mère maternelle, nous étions les idiots et les gogols de la famille.

Nous passions tous les ans 2 mois d'été chez nos grands-parents maternels en Bretagne. J'adorais aller en Bretagne et voir mes grands-parents. Mais au bout de 2 semaines après notre arrivée, mon frère jumeau et moi étions les têtes de turc de notre grand-mère. Elle laissait passer tous les caprices à nos autres frères, à notre soeur et à nos cousins-cousines ; tandis que mon frère-jumeau et moi nous ne cessions de nous faire engueuler comme du poisson pourri ; tout était prétexe à une engueulade, à une humiliation, à une punition.

Elle faisait elle-même le pain à l'époque. Les autres avaient droits au pain frais, tandis que mon frère et moi avions le pain de la veille, soit du pain moins frais et plus sec. Je me souviens d'une fois où au petit-déjeuner mon frère et moi prenions du pain ; notre grand-mère nous a pris le pain frais des mains pour nous donner du pain sec à la place.

Plein d'exemples comme ça !!

Cela m'a beaucoup marquée, traumatisée même.

Aujourd'hui, cette grand-mère vit dans la maison voisine de mes parents ; ce qui fait que je la vois souvent.

Aujourd'hui, elle reconnait qu'elle n'a pas toujours été très gentille avec nous et je pense qu'elle le regrette. Nos rapports se sont nettement améliorés avec ma grand-mère ; mais il y a toujours une différence. Par exemple lorsque nous sommes invités pour un repas de famille ou autre, elle me surveille pour que je ne boive pas trop, comme si j'avais 15 ans (alors que j'en ai bientôt 29; nom d'un chien !! ) , alors que les autres elle les laisse tranquille.

Mais ça va beaucoup mieux avec elle.

Je crois que si c'était à refaire, je ne supporterais plus tout ce qu'elle me faisait subir (à mon frère-jumeau et à moi) quand j'étais petite.

Quand j'étais petite puis ado, pour ma grand-mère je n'étais qu'une fénéante et je n'arriverai à rien. Elle reprochait souvent mon sale caractère, que j'étais chiante et nous disait souvent (à mon frère et à moi) que mes parents au lieu de nous gâter ainsi auraient mieux fait de nous fouttre quelques raclées ; ainsi nous ne serions pas aussi chiants aujourd'hui. Elle me disait souvent : "toi, ce qu'il te faudrait tous les matins en te levant : une bonne fessée, même si tu n'as rien fait mais au moins tu ne serait pas comme ça aujourd'hui", "Tu n'as pas honte ? De te comporter ainsi ? ", "Tu es un poids pour ta mère qui se tue pour vous ; un jour elle crèvera par ta faute et celle de ton frère", "De toute façon, tu n'arriveras jamais à rien ; et puis le jour où tu te marieras ton mari te mettra à la porte au bout de 3 jours en te disant de retourner chez ta mère" etc.

Un souvenir qui m'a beaucoup marquée et qui me fait beaucoup de mal encore aujourd'hui lorsque j'y pense : je devais avoir 7-8 ans, mes grands-parents étaient en vacances chez nous en Alsace. Ma grand-mère vantait les qualités de mon second frère (lui et ma soeur ont toujours été les chouchous de ma grand-mère et de mes parents) , du fait qu'il avait des facilités à l'école. Quant à moi, j'étais plutôt moyenne. Ce jour-là j'ai dit que je voulais être comme mon frère, être intelligente et avoir de bonnes notes comme lui à l'école. Mais ma grand-mère m'a répondu : "toi, de toute façon, tu n'arriveras jamais à rien ! Tu n'es qu'une punaise qui pue ! ". 20 ans après, je me souviens encore de cette phrase ; c'est pour dire combien elle m'a marquée.

Aujourd'hui, heureusement ça va nettement mieux avec ma grand-mère. Lorsque je vais lui rendre visite elle est très contente de me voir. Elle est fière de ce que je fais aujourd'hui (alors que pour ell.
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12534
b
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