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l'accueil des enfants

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman 30 ans
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Les besoins relationnels du jeune enfant.

Le très jeune enfant (troisième ou quatrième année) reste fondamentalement dépendant de l'adulte (cf. Notion piagétienne d'hétéronomie). Les autres enfants sont pour lui essentiellement des rivaux dans la conquête de l'adulte. Même les jeux restent pris dans ce cadre. L'enfant préfère, si possible, jouer avec l'adulte, ou tout du moins pour lui, sous son regard. A défaut, l'enfant jouera surtout seul. Les "jeux collectifs" restent le plus souvent des activités parallèles.

L'idée de socialiser l'enfant reste illusoire avant la Moyenne Section. Plus exactement, il ne s'agit encore avec lui que d'une socialisation "en creux" , par l'imposition d'une distanciation par rapport à l'adulte - processus de séparation qui est effectivement la condition préalable à toute socialisation. Pour le reste, la socialisation, à cet âge, n'est guère que l'apprentissage, sous un mode nécessairement contraignant, des disciplines indispensables à la vie collective (laquelle ne sera que plus tard une réelle vie collective, subjectivement perçue et désirée comme telle par les enfants plus âgés).

L'entrée de l'enfant à l'école, le premier jour, mais aussi au matin de chaque jour, est le point de cristallisation inéluctable de cette problématique de la séparation.

Ce processus de séparation est une des grandes tragédies de l'existence (cf. Dolto, et bien d'autres analystes). Tout être humain reste définitivement, consciemment ou non, nostalgique de l'Âge d'Or d'avant. Nombreux sont ceux qui se défendent de cette blessure intime en occultant totalement cela dans leur rapport à leur propre enfant, ou dans leur rapport à leurs très jeunes élèves, déniant jusqu'à l'existence même de ce vécu tragique de l'enfant. Le plus sûr moyen d'invalider l'expérience de l'enfant est d'ailleurs peut-être, non pas la brutalité, mais l'attendrissement, ou la dérision, toutes attitudes qui renvoient ce drame à une pure "puérilité" dont l'adulte serait totalement protégé.

Le principe de toute attitude réfléchie par rapport aux réactions à la séparation du jeune enfant est la reconnaissance du sérieux et de l'authenticité des sentiments de l'enfant. Le minimum d'humanité dans nos actes est de lui signifier que ses émotions font écho en nous, quelles que soient les attitudes que nous adoptons par ailleurs.

Quelques indications.

Le très jeune enfant a besoin de retrouver à l'école maternelle quelque chose de l'ancrage fort à l'adulte qu'il trouve en milieu familial. Cela implique qu'on lui offre une relation personnalisée. L'accueil doit donc être personnalisé, même si les contraintes du grand groupe ne permettent de le faire que de façon minimaliste. Cela implique :

*possibilité laissée aux parents d'accompagner leur enfant dans la classe, de façon à faire le lien avec le milieu familial ;

*possibilité laissée à l'enfant d'apporter des objets familiers dans la mesure où il le souhaite (mais l'objet transitionnel obligatoire est une aberration ! ) ;

*attribution à l'enfant de lieux propres, clairement et facilement identifiables par lui. Il peut d'abord s'agir, bien sûr, du portemanteau. Malheureusement, celui-ci est presque toujours situé à l'extérieur à la classe, si bien que nombre de jeunes enfants ont la fâcheuse impression de devoir littéralement y "laisser leur peau" avant de franchir le seuil de la classe. Il serait donc plus pertinent de les mettre dans la classe. Après tout, à la maison, les portemanteaux ne sont pas sur le palier ! Il serait bon, de plus, que les enfants puissent disposer d'un lieu propre à l'intérieur même de la classe, toujours directement accessible, un casier à eux par exemple ;

*saluer l'enfant personnellement à son arrivée, et l'enfant d'abord, avant les adultes qui l'accompagnent, et indépendamment des salutations adressées aux adultes. Les salutations collectives aux enfants sont totalement inadéquates à cet âge. Traiter un enfant si jeune comme élément d'un ensemble est perçu par lui comme une négation de son existence même. C'est une violence symbolique extrême.

Au-delà de l'accueil stricto sensu, c'est un ensemble d'attitudes accueillantes qui doivent imprégner les conduites quotidiennes des adultes qui ont la charge de l'enfant, et lui signifier de façon constante qu'il est personnellement reconnu par les adultes présents, même si ces adultes sont peu disponibles individuellement :

*la nomination de l'enfant doit tendre à prendre le pas sur les adressages collectifs ;

*la guidance doit être aussi individualisée que possible ;

*les moments de "grand collectif" doivent être aussi restreints que possible ;

*l'enfant doit avoir une large possibilité d'activités individuelles (cf. Pédagogie montessorienne).
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