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la nouvelle génération paye le prix fort de l'illettrisme

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L'ILLETTRISME, UN COMBAT AU QUOTIDIEN  

Interview  

Marie-Thérèse Geffroy, Agence nationale de lutte contre l'illettrisme  

 

 Le point sur l'illettrisme avec Marie-Thérèse Geffroy, directrice de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme, structure créée en juin 2000 à Lyon pour fédérer et optimiser les moyens affectés par l'Etat, les collectivités territoriales et les entreprises.  

 

Comment définir l'illettrisme ?  

Marie-Thérèse Geffroy : En France, un mot particulier désigne la situation de ceux qui sont allés en classe mais ne savent pas, ou ne savent plus, lire et écrire : c'est l'illettrisme. Les analphabètes sont ceux qui ne sont jamais allés en classe.  

 

Le vécu de ces deux situations est-il différent ?  

Marie-Thérèse Geffroy : Oui. Quand vous n'avez jamais appris, c'est facile à avouer. Tandis que lorsque vous êtes allés à l'école et que vous avez oublié ou perdu, c'est beaucoup plus difficile à vivre parce que la société vous considère comme étant en situation d'échec. Elle vous définit uniquement par rapport à ce qui vous manque.  

 

Que représente l'illettrisme aujourd'hui en France ?  

Marie-Thérèse Geffroy : Depuis 1993, on s'appuyait sur une enquête déclarative de l'INSEE qui répertoriait 2,3 millions d'illettrés. En 2001, nous avons proposé à l'INSEE d'introduire, dans une enquête générale, un module de mesure des bas niveaux de compétence à l'écrit. Sur un premier échantillon, on constate qu'en réalité il y a 5 à 6 millions d'illettrés.  

 

Quelles sont les causes de l'illettrisme ?  

Marie-Thérèse Geffroy : Elles sont aussi multiples que sont diverses les personnes confrontées à ces difficultés. Il peut s'agir d'une mère de famille qui est restée chez elle et qui n'a pas eu recours à l'écrit, une personne ayant un travail ne nécessitant pas l'écrit, des gens qui ont été malades ou au chômage. Il faut d'ailleurs savoir qu'on peut désapprendre. Et puis il y a ceux pour qui les apprentissages n'ont pas été suffisamment ancrés à l'école.  

 

Quelle est la responsabilité de l'école ?  

Marie-Thérèse Geffroy : Elle a une part de responsabilité dans le sens où elle doit s'assurer que les compétences de base soient bien consolidées. Mais certains enfants ne voient pas de rapport entre ce qu'ils font en classe et leur vie parce que, chez eux, il y n'a pas de livres et leurs parents ne manient pas l'écrit… Alors, quand la famille n'est pas en mesure de les aider, les associations peuvent prendre le relais pour créer une familiarité entre eux et l'écrit.  

 

Comment détecter les personnes illettrées ?  

Marie-Thérèse Geffroy : Toute la question est là parce qu'elles ne se manifestent pas. Leur plus grande préoccupation est justement de cacher cette difficulté. Nous essayons de susciter toutes sortes d'initiatives pour les encourager à se révéler. Nous avons aussi créé le numéro indigo 0820 33 34 35 qui leur permet de trouver la solution la plus proche de chez eux.  

 

Comment prévenir l'illettrisme ?  

Marie-Thérèse Geffroy : L'école joue un rôle important en contrôlant régulièrement les apprentissages. Le réseau associatif aussi, en les accompagnant. La prévention se fait également dans le cadre de la formation tout au long de la vie, dans les entreprises, par exemple.  

 

Comment voyez-vous l'avenir en matière de lutte contre l'illettrisme ?  

Marie-Thérèse Geffroy : L'illettrisme est une priorité qui a été affirmée depuis plusieurs années et réaffirmée par le gouvernement actuel. Mais cette priorité doit durer. Tout le travail de prévention qui est engagé autour et au sein de l'école ne portera ses fruits qu'à moyen terme. En ce moment, il doit y avoir 60 à 70 000 personnes illettrées en formation. Il reste donc beaucoup à faire. Il faut garder le cap et le tenir pendant longtemps.
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