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Alors que certains journaux prennent conscience du malaise régnant dans l'école et s'interrogent sur ses réelles causes (bien éloignées des pistes proposées par des syndicats inféodés) , certaines journalistes mènent un combat d'arrière-garde en compagnie de leurs amis pédagogistes. L'approximation le dispute à la mauvaise foi*.  

 

* On relèvera ainsi ces petites attaques ad hominem qui relèvent effectivement le débat.  

Un quasi-adolescent à la voix aiguë Attaque sur le physique de la personne  

Marc Le Bris, un petit homme brun, sanglé dans un costume sombre, visage rond et humour laborieux. Il est l'archétype de l'instituteur d'autrefois  

 

Que dirait Caroline Brizard si on se permettait d'extrapoler sur la petite moustache de Philippe Meirieu ?  

 

Semaine du jeudi 1 juin 2006 - n°2169 - Notre époque  

 

Ils ont l'oreille du ministre…  

 

L'école dans le rétro  

 

Pour eux, l'enseignement ne forme plus que des ignares. Les pédagos l'ont dénaturé. Et en mettant l'élève au centre du système éducatif, les politiques lui ont donné le coup de grâce  

 

L'Institut de France : un hôtel particulier donnant sur le parc Monceau, dans le "beau" 17e arrondissement de Paris. Escalier de marbre, boiseries dorées, lustres de cristal… C'est dans ce décor que se sont retrouvés, le 17 mai, d'augustes professeurs, des parents bon chic bon genre et quelques beaux esprits réunis pour une commune déploration sur l'école en France. "Rien ne va plus" : à la tribune, un quasi-adolescent à la voix aiguë dénonce d'emblée la destruction programmée de l'Education nationale par des pédagogues jargonnants. Sus à Jospin, Allègre et Meirieu. L'orateur est Laurent Lafforgue, médaille Fields 2002 (l'équivalent du Nobel en mathématiques) et personnalité centrale de ce colloque sur "La finalité de l'école" organisé par l'association Famille Ecole Education. En quelques mois, ce normalien, né dans une famille de normaliens, est devenu une des têtes pensantes de ce courant traditionaliste.  

De grands témoins se succèdent : Marc Le Bris, un petit homme brun, sanglé dans un costume sombre, visage rond et humour laborieux. Il est l'archétype de l'instituteur d'autrefois et l'auteur d' "Et vos enfants ne sauront pas lire… ni compter" ,un livre qui s'est taillé un franc succès en 2004. Haro sur la lecture globale, et vive la méthode Boscher de 1905, ma me mi mo mu, va ve vi vo vu. Il ne surprend pas, mais s'attire des applaudissements nourris. Une professeur d'anglais, vive et drôle, raconte ensuite ses déboires avec des élèves de collège perdus dans la syntaxe : "Ils ne savent pas repérer la fonction des mots, ignorent ce que c'est qu'un auxiliaire." Rires dans la salle. La connivence fonctionne à fond. Une agrégée de philo, belle personne aux yeux bleus, critique l'incapacité de ses terminales à écouter, à réfléchir, à se taire.  

 

 

Résumons la posture générale. L'école actuelle est la mère de tous les maux. Mettre l'élève au centre du système, comme l'a fait Lionel Jospin en 1989, quand il était ministre de l'Education, était une folie. Les instituteurs perdent un temps précieux à faire découvrir à leurs élèves le sens de ce qu'ils apprennent, cette funeste "pédagogie du détour" . Bilan ? Ils ne maîtrisent pas les bases. Ce qui handicape toute leur scolarité. Orthographe indigente, vocabulaire sommaire, manque de connaissances élémentaires, mais aussi absence de discipline, de rigueur… Les conséquences sont accablantes ! Et pour faire bonne mesure, des programmes constamment allégés pour s'adapter à ce nouveau public ! La France des Lumières s'effondre.  

Combien sont-ils à mouliner ces idées noires ? Une petite famille. Quelques milliers de professeurs, surfant sur l'anxiété de milliers de parents aisés, qui s'inquiètent de ne pas reconnaître dans l'école que fréquentent leurs enfants l'institution qu'ils ont connue. Ceux-là mêmes ont fait un triomphe à Jean-Paul Brighelli, un agrégé de lettres modernes à la moustache méridionale, qui a publié en juillet 2005 "la Fabrique du crétin" - c'est ainsi qu'il qualifie l'Education nationale - déjà vendu à 125 000 exemplaires. L'auteur vient de récidiver avec "A bonne école" (60 000 ex-emplaires) , où il détaille son programme qui tient en quelques mots : "On ne consolide pas, on ne rafistolepas une maison réellement ébranlée. On la rase, et on reconstruit." Le 10 mai dernier, il a été débarqué du jury de capes de lettres modernes par le président dudit jury. La mobilisation a été si vive que le ministre Gilles de Robien l'a fait réintégrer vite fait.  

C'est dire si la petite famille commence à peser. Laurent Lafforgue, le jeune médaillé Fields, a choisi l'esclandre. A l'automne dernier, il a bruyamment démissionné du Haut Conseil de l'Education, une instance consultative mise en place par la loi Fillon, après avoir envoyé un mail au président qui aurait dû rester secret et qui a fait le tour de la place. Le mathématicien y assimile les inspecteurs généraux de l'Education nationale à des "Khmers rouges" . Ça n'a pas plu.  

On compte aussi beaucoup de gens bien appris, regroupés dans des associations comme SOS Education ou Reconstruire l'Ecole - tout un programme -, qui mélangent justes constats critiques et analyses discrètement tendancieuses pour en arriver à des conclusions irrecevables. Parmi leurs écrits, on trouve pêle-mêle : "Qui a eu cette idée folle un jour de casser l'école ? " ,de Fanny Capel, une jeune agrégée de lettres modernes qui décrit "unecatastrophe culturelle" , "Des professeurs accusent" , du collectif Sauver les Lettres qui s'insurge contre la planification d' "une mutilation en masse du savoir et des capacités réflexives" , "Ignare Academy" , d'Isabel Weiss et Claire Laux, deux jeunes agrégées, l'une de philo, l'autre d'histoire, qui racontent l'ère "de l'élève-roi enfin libéré du joug de ses professeurs… père (s) fouettard (s) toujours plus préoccupé (s) par (leur) pouvoir castrateur dont la transmission de connaissances est l'instrument" . Ou encore "Journal d'une institutrice clandestine" , par Rachel Boutonnet, ou les malheurs d'une élève-professeur dans un IUFM (institut de formation des maîtres) , où l'année se passe essentiellement à raffiner "les stratégies d'apprentissage des apprenants" au point d'en oublier tout bêtement ce qu'il convient d'enseigner. Un livre plutôt drôle tant les exagérations y sont nombreuses.  

On rit moins quand on voit le ministre de l'Education, Gilles de Robien, se faire l'écho de ces remises en question et tout à trac se fendre en janvier dernier d'une circulaire sur l'impérieuse nécessité de bannir la méthode globale pour enseigner la lecture à l'école. Un rappel à l'ordre qui semblait plutôt enfoncer les portes ouvertes - puisque cette méthode n'a plus cours depuis longtemps - mais qui a révélé que ces Cassandre avaient l'oreille du ministre. Ces agitateurs grattent là où ça fait mal. Force est de reconnaître que les inégalités scolaires s'accroissent, que l'orientation marche mal, que l'université claudique. Mais il faut relativiser. Dans les enquêtes internationales conduites par l'OCDE auprès des élèves de 15 ans, la France est encore au-dessus de la moyenne des pays développés.  

Quant aux thèmes abordés… L'école primaire à la botte des pédagogues ? "On ne peut plus enseigner comme il y a trente ans. Ça ne marche plus" , explique fermement une inspectrice générale de l'éducation. "Pour intéresser des élèves d'horizons très divers, peu préparés à l'école, il s'est avéré plus efficace de les rendre actifs en classe, de leur faire découvrir le sensde ce qu'ils apprennent. Le maître finit toujours, au bout du compte, par enseigner systématiquement les tables de multiplication, les conjugaisons" , poursuit-elle. Le dire, lire, écrire, compter, comme autrefois. Peut-être pas assez. "Nous avons moins de temps pour entraîner les élèves et les faire répéter" , concède Jean-Louis Auduc, vice-président de l'IUFM de Créteil, qui fait office de porte-parole de la profession. Les syndicats prennent aussi leurs distances. "Il y a trente ans, la moitié d'une classe d'âge n'entrait pas au collège. Aujourd'hui, tout le monde y va. C'est un progrès, tranche Gisèle Jean, au SNES. On doit cesser de se lamenter sur le fait que les élèves ne savent pas, ou alors on change de boulot."  

Ces traditionalistes, obnubilés par la défense de leur discipline, se trompent sans doute de combat. L'école a connu sa révolution culturelle. Mais le collège attend encore la sienne. "Les élèves fragiles sont terriblement abîmés par le collège. En rentrant en sixième, ils passent d'une classe où ils étaient mobilisés, actifs, à un cours magistral à l'ancienne. Et ils perdent pied" , constate Bertrand Rivière, agrégé de maths. Une pédagogie rétro qui nous vaut de tristes records : de tous les pays de l'OCDE, les petits Français font partie de ceux qui ont le moins confiance en eux-mêmes. Violence et ennui en découlent parfois. Ce n'est pas contre les pédagogues que nos conservateurs poil-à-gratter devraient entrer en guerre, mais plutôt contre tous ceux qui résistent à la réalité, tous ceux qui, au nom d'un âge d'or révolu, refusent de s'adapter à un public d'élèves qui a changé.  

 

Laurent Lafforgue : "Nous sommes hostiles aux sciences de l'éducation, principales responsables de la destruction de l'école." Paris, 12 mai 2006.  

 

Marc Le Bris : "L'Education nationale a été confiée à des cuistres et des incapables." Paris, 17 mai 2006.  

 

Isabel Weiss : "La transmission du savoir est la clé d'une vraie égalité des chances." Paris, 17 mai 2006.  

 

Jean-Paul Brighelli : "L'élève est là pour apprendre. Avec modestie au moins, sinon avec humilité. (…) Il est une matière brute à laquelle l'instruction va donner forme." "A bonne école" Gausewitch Ed.  

 

Fanny Capel : "On a orchestré la baisse graduelle des exigences en voulant accélérer le cursus d'élèves à qui l'on a inculqué davantage de lacunes que de connaissances." "Qui a eu cette idée folle… " , Ramsay.  

 

Caroline Brizard  
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b
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