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Les dangers de la garde alternée!

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"J''ai vécu une garde alternée avant 1993, à une époque où cela ne se pratiquait pas, mes parents ont instauré une garde alternée "sauvage" , d'un commun accord, pensant bien faire pour nous. J'avais déjà 8 ans, de plus je n'étais pas seule puisque ma petite s&oelig ; ur et notre chien effectuaient les transits avec moi. Malgré ce contexte qui semblait plutôt propice, j'ai extrêmement mal vécu cette situation, comme un cauchemar et le souvenir de cette époque est toujours malheureusement très douloureux pour moi. Les conséquences ont été nombreuses : ce qui me vient en premier lieu à l'esprit, c'est le sentiment d'avoir été sans arrêt déracinée, sans arrêt baladée d'un point à un autre, toujours avec un sac de voyage, avec le sentiment de n'être nulle part chez moi, et puis l'angoisse d'oublier sans arrêt mes affaires de classe. Je ne pouvais pas avoir une vraie vie sociale, ne pouvais pas assister aux anniversaires… Je ne savais plus où était ma maison. Je ressentais bien que j'aurais préféré "nicher" chez ma mère, non pas que j'éprouvais moins d'amour pour mon père, mais je ne me l'explique pas, ma base de sécurité affective était naturellement là. Ce n'est certainement pas parce que j'aurais préféré avoir une maison fixe que j'en aurais moins aimé mon père. Cependant l'organisation et ma détermination à ne pas manifester de préférences, la crainte de blesser ou de risquer le désamour d'un de mes parents, n'ont pas permis que je leur demande à m'installer à un endroit plus qu'à un autre. J'aimais mes deux parents mais j'étais particulièrement attachée affectivement à ma mère. Chaque séparation était douloureuse et vécue comme une déchirure, j'étais arrachée ou peut-être, je devais m'arracher à sa tendresse, à ce qui me rassurait, avec toujours la crainte de la perdre, et la peur panique que quelque chose n'arrive et qu'elle ne puisse pas revenir. Et même si elle me rassurait et tentait de m'apaiser sur le fait qu'elle allait très bien, j'étais sans arrêt inquiète qu'il arrive quelque chose. Elle me manquait tellement que je n'avais jamais l'esprit libre. Je vivais en permanence avec un fond d'angoisse d'abandon, du manque d'elle et de la perte d'elle, j'avais le sentiment que s'il lui arrivait quelque chose, je mourrais. J'ai développé des sortes de tocs, je me répétais sans discontinuer au cours de la journée des petites phrases rituelles qui me rassuraient, je prenais systématiquement le même chemin pour rentrer de l'école, sans même changer de trottoir par crainte… d'un mauvais sort. J'avais besoin chaque jour, d'échanger de nombreux appels téléphoniques avec ma mère qui ne savait plus comment m'apaiser. Je passais mes nuits à grincer des dents, j'étais sans arrêt malade, et espérais ainsi rester à la maison avec elle, je me glissais toutes les nuits dans son lit. Mais je crois qu'elle n'imaginait pas ou ne mesurait pas l'ampleur de ma souffrance. Je me rappelle également que chaque retrouvaille avec elle, était douloureuse, difficile et conflictuelle : je lui en voulais et lui faisais payer le fait de m'avoir laissée, je n'arrivais pas lui exprimer autrement mon chagrin. Enfin, ces symptômes ont été nombreux et ont duré longtemps. Tout ceci m'a empêché d'avoir l'esprit libre et notamment à l'école pour apprendre. J'ai été en échec scolaire jusqu'à la seconde, où finalement une orientation en arts appliqués m'a sauvée et m'a permis de redémarrer des études. Cette situation a eu une incidence sur toute ma construction, toutes mes bases ont été touchées, j'ai vécue une vraie perte de confiance en moi, bien que j'aie pu être suivie par un thérapeute pendant plusieurs années lorsque j'étais enfant. Cela m'a permis de verbaliser mes angoisses, d'oser exprimer dans un lieu neutre ce qui me faisait souffrir. Je garde malgré tout aujourd'hui encore un fond d'angoisse permanent de cette expérience et je commence seulement à 35 ans grâce à un long travail sur moi à découvrir ce que signifient les mots s'épanouir, se détendre. Je retiens de cette expérience si douloureuse et si lourde de conséquences sur ma vie que le droit des enfants est prioritaire sur les droits des adultes, père ou mère. Je pense qu'il est important de favoriser et de respecter le rapport des enfants avec chacun de ses parents. Chacun a un rôle essentiel à exercer auprès de son enfant. Mais la résidence alternée peut être très nocive pour un enfant. À ; mon sens, il me semble que j'aurais moins mal vécu un mode de garde élargie. Il ne faut pas de rythmes trop espacés, il ne faut pas non plus que les périodes soient trop hachées, cependant il faut que l'enfant ait la possibilité d'avoir une base, une sorte de camp de base et ne vive pas cet écartèlement permanent. Lorsqu'on a une base solide, on peut aller de l'avant et se sentir bien partout. Je pense qu'il est impossible d'investir deux maisons, de se sentir chez soi de manière égale dans deux endroits en même en temps, et c'est pourtant bien ce que l'on m'a demandé et qu'on demande à ces enfants avec en plus, des rythmes de vie et de façon de vivre très différentes d'un lieu à l'autre. Mes parents s'entendaient bien pourtant, mais comment font les enfants qui ont des parents qui ne s'entendent pas du tout ? Les enfants aiment leurs parents au point de consentir de réels sacrifices, parce qu'ils refusent souvent d'exprimer leurs préférences ou leurs désirs, se condamnent pour la plupart à supporter dans le mutisme et parfois même avec le sourire toutes ces déchirures, par crainte de les blesser, par crainte du désamour, et parfois par peur, condamnés à un conflit de loyauté. Ils refusent de devoir faire un choix parce qu'il n'y a pas de choix à faire entre ses deux parents. Choisir un lieu de vie ne revient pas à renoncer à une relation riche avec l'autre parent et ne lui fait pas perdre ses droits ou son statut. Pourtant aujourd'hui la loi sur la résidence alternée a installé une société d'égalitarisme qui n'a aucun sens pour un enfant et je peux en témoigner. C'est une solution qui donne bonne conscience à la Justice, moitié-moitié. On divise son enfant en deux comme on partage un territoire, l'enfant devient alors "la chose" d'un accord ou d'une ordonnance de juge. La justice répond aux modes et à une permanente illusion moderniste que suivent les politiciens. Elle répond aux besoins des parents, des adultes, mais certainement pas aux besoins des enfants et encore moins aux besoins des jeunes enfants. Marie Bunel.
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