Histoire vécue Famille - Enfants > Ecole > Primaire      (1198 témoignages)

Préc.

Suiv.

Qi et passage anticipé....

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
Mail  
| 656 lectures | ratingStar_269165_1ratingStar_269165_2ratingStar_269165_3ratingStar_269165_4
Citation : Non ce n'est pas simpliste, il y a des caractéristiques de la surdouance, je crois que tu ne connais pas bien ton sujet. Ce qui n'empêche pas un enfant dans ce cas d'avoir d'autres problèmes, par exemple familiaux, comme tout un chacun. Des psychologues ont établi des caractéristiques de la surdouance. On peut facilement trouver ça, oui . Ça donne des listes de caractéristiques psychologiques et comportementales. Moi quand je les lis ça me laisse rêveur : on y trouve tout et son contraire, c'est une sorte de fourre tout . Ce qui est intéressant c'est que tu dis que ça n'empêche pas l'enfant d'avoir d'autres problèmes, par exemple familiaux, comme tout un chacun … Mais justement, comment faire un tri dans tout ça ? J'ai collé un article plus haut qui donne un certain éclairage, je vais en coller un autre en dessous, allant plus ou moins dans la même direction. Encore une fois, je suis à fond pour accompagner les enfants surdoués à l'école et au dehors, ce que je dénonce, c'est ce que je rencontre aussi dans mon métier, et de plus en plus fréquemment : dès qu'il y a un problème de comportement c'est "il est peut-être surdoué" avec à la clé ce marché des tests de QI . Voici cet article. A la fin l'auteur donne un exemple de situation "névrotique" passée au compte de la douance . Citation : Hyperactif ? Hyperdoué ? ", telle est la formulation de la récente demande d'une famille pour son enfant. Comme on l'entend tout de suite, il y a du "plus" chez cet enfant et c'est justement cet excès qui provoquerait la consultation, qui ferait symptôme. Mais, dans cette demande d'évaluation laconique et ramassée, où est le sujet ? Où est l'enfant qui se résumerait à l'un de ces deux adjectifs ? Les réflexions et travaux que Jean Bergès, nous-mêmes et l'équipe de l'Unité de Psychopathologie de l'Enfant et de l'Adolescent à l'hôpital Sainte-Anne, avons menés depuis plusieurs années, sont partis de cet étonnement initial qui a pris à revers une équipe habituée à s'occuper des insuffisances de l'enfant. C'est le trop qui questionne, et de plus en plus dans les consultations ce trop est supposé amener des difficultés : comme s'il fallait payer tout excès ? D'ailleurs, il est intéressant de noter que certains collègues préfèrent ne pas recevoir ce genre de demande, autour du surdon, car elle leur paraît inacceptable au regard de leur éthique et de l'idée qu'ils se font de leur métier. La question du surdon - actuellement très médiatisée - a toujours existé, toujours fasciné. Mais le risque, dans notre culture consumériste, est de faire des enfants précoces une entité nosographique qui évacue précisément la question du sujet. La définition de l'enfant surdoué est seulement psychométrique : serait précoce celui dont le Q. I. Au t'est du WISC serait égal ou supérieur à 130 ou 140 selon les écoles, soit 2,5 % de la population générale distribuée sur la courbe de Gauss. Mais cette stricte définition est de plus en plus pervertie autour des difficultés des enfants surdoués (difficultés motrices, graphiques, scolaires, d'intégration sociale, etc…) et entraîne une situation paradoxale puisque les deux champs, celui de l'intelligence et celui des difficultés, se télescopent et se confondent, ce qui opacifie la situation. C'est ainsi que nous voyons arriver dans les consultations, des demandes où ce signifiant "surdoué" est relié, confondu, à une multitude d'explications inattendues et fantaisistes : "il s'agite, donc il est surdoué" ; "il s'ennuie, donc il est surdoué" ; "il est difficile en classe, donc il est surdoué", "il n'écoute pas la maîtresse, donc il est surdoué", "il est ailleurs, donc il est surdoué", etc… Inflation donc de ce signifiant qui devient pour les familles consultantes, "l'objet cause du désir" ou objet (a). Les symptômes les plus divers et les plus incompréhensibles s'expliqueraient par la précocité et écoles et familles nous sommes de valider, (ou pas) cette hypothèse par le t'est et la mesure appropriées. La notion de Q. I. Aurait-elle changé de place ? Serait-elle passée de la position d'effet (de l'intelligence) à celle de cause (des troubles) , ce qui mettrait le surdon en position de symptôme (une mère disait récemment : "j'ai un gros problème, mon fils est surdoué"… !). Comment sortir de cette logique de causalité qui nous demande de répondre par oui ou par non à cette question de plus en plus insistante ? D'autant que, sous les coups répétés des médias, des neurosciences, des pressions des associations d'enfants précoces, celles de l'école, et des ambivalences pernicieuses des parents, manipulés mais flattés par l'hypothèse d'une progéniture hors norme, l'évaluation du Q. I., se fait de plus en plus impérieuse et immédiate : sans délai, sans critique, dans une exigence de transparence, sans réflexion sur la place d'objet que cette mesure donne à l'enfant ainsi testé. L'enfant précoce serait-il devenu l'otage, l'enjeu, le "faire valoir" de notre société menée par l'exigence de mesure et où, comme le dit Charles Melman, la jouissance se substitue au désir, le "plus de jouir" au manque qui pourtant nous fonde ? Il ne s'agit pas de nier l'existence d'enfants précoces - ceux que nous ne rencontrons jamais dans les consultations - pour lesquels un fonctionnement cognitif excellent va de pair avec une vie sociale de bonne qualité et une réussite acceptée et sans ambages, mais il s'agit plutôt d'interroger la tyrannie et le totalitarisme réducteur de cette question. Ce totalitarisme est "baladeur", il s'empare d'un signifiant, le fait enfler, l'utilise sans vergogne et le vide ainsi peu à peu de sa substance : c'est ce que nous avons vu, il y a quelques temps, avec le signifiant "hyperactif" ou "THADA" (trouble de l'hyperactivité avec désordre de l'attention) où l'adjonction renouvelée de "facteurs de co-morbidité" aux trois critères du syndrome initialement décrit, en a considérablement étendu la définition, en excluant peu à peu les trois symptômes qui l'avaient constitué et identifié… C'est ce qui semble actuellement arriver avec le terme "dyspraxie" qui avait totalement disparu de la scène pédopsychiatrique au fil des années, depuis J. De Ajuriaguerra et J. Bergès, et qui refleurit maintenant, lourd de toutes nos incompétences. Bien sûr, comme nous le disions, certains enfants sont véritablement précoces et leur hyperfonctionnement intellectuel n'est en rien synonyme d'une quelconque difficulté ou d'un renoncement obligatoire à quoi que ce soit : ils peuvent se déployer dans toutes les directions que leur désir leur impose. Mais ces enfants consultent rarement et leur efficience intellectuelle - quand elle est mesurée - l'est souvent dans un autre contexte. Ceux que nous voyons venir poser cette question inquiète ne sont pas les enfants prétendument précoces - rarement concernés par cette demande, comme toujours en pédopsychiatrie - mais les parents, dépassés, poussés par une école débordée, tous prisonniers d'une idéologie de la performance et de la réussite scolaire et universitaire, faisant, parfois à leur insu, très tôt de leur enfant un cheval de course dans une course contre la montre, dont ils ne mesurent ni les effets sur leur enfant ni les ambivalences et embarras phalliques liés à leur propre parcours scolaire parfois douloureux. Dès la maternelle, l'enfant doit être en avance pour ne pas être en retard ! Il est intéressant de noter que dans une étude de 2002 faite dans l'Unité de Psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent à Sainte-Anne, 29 % des enfants consultant pour une possible précocité, répondaient à la définition psychométrique du surdon (QI = 130) les autres étaient des enfants brillants, curieux, deux étaient du côté de la psychose. Comment désimaginariser cette question de précocité et la fascination qu'elle entraîne ? Comment permettre que les intéressés et leur famille puissent en parler, laisser se dérouler les associations et s'enchaîner les signifiants ? C'est le travail de toute consultation pédopsychiatrique et c'est ce qu'apprend la psychanalyse d'enfants : permettre au signifiant de s'articuler à d'autres signifiants pour faire émerger le sujet : l'enfant ne se réduit pas à ce terme, à ce signifiant "surdoué". En l'étiquetant surdoué, on le réduit à une fonction d'attribut et on l'évacue de sa place de sujet. Plus l'attribut serait scientifique, plus il serait "vrai" - ce que les tests d'intelligence sont censés prouver et attester par la mesure du QI - , plus le sujet disparaît parce que le signifiant n'est alors pas différent de lui-même : "surdoué = surdoué", pas d'écart. C'est ce que Lacan souligne par sa phrase : "un sujet est représenté par un signifiant auprès d'un autre signifiant", mais encore en faut-il un autre ! Comment traiter ces demandes autour de la précocité ? Exactement comme celles de toutes les familles et enfants qui viennent consulter, c'est à dire avant tout en leur permettant de se repérer dans ce qui les mène à leur insu à venir poser cette question : et notamment celle, insistante, du Q. I., ce chiffre-culte, exigé comme un dû certaine fois, manié bien dangereusement et bien maladroitement dans certaines institutions qui réduisent l'enfant à ce chiffre, "l'enfant jivaro"… il est bien délicat d'expliquer à certaines familles, aux enseignants, la fragilité de ce chiffre, ses possibles fluctuations et le risque d'enfermement à vie qu'il peut provoquer, laissant l'enfant, une fois de plus, dans une position d'objet - de brillance ou de déception - mais surtout pas dans un échange de sujet à sujet. Ce déplacement de la question, qui limite nécessairement la jouissance des parents et celle de l'enfant qui fait le travail et l'intérêt de toute consultation de pédopsychiatrie, quel que soit le symptôme mis en avant, est plein d'embûches : c'est ainsi que Yacine nous est amené par sa mère, en tout début de CP, parce qu'il est agité et inattentif en classe, donc probablement surdoué… L'examen montre un enfant brillant, mais pris dans une proximité sexuelle à la mère qui l'empêche de penser et de s'intéresser au savoir qu'école et maîtresse proposent. Yacine est le dernier de la fratrie, seul garçon. C'est le père qui vient la seconde fois, la mère est chez le dentiste mais lui a demandé de "ramener absolument le chiffre de son Q. I." "C'est elle qui a l'autorité", me dit le père, beaucoup plus âge qu'elle, et dépassé par ce garçon qui occupe tout l'intérêt de sa femme : "il va dormir avec elle, moi je dors dans son lit à lui… il me gagne tous les soirs ! ", se plaint-il. Cette demande maternelle insistante autour d'un Q. I. Trophée, ne vient-elle pas prendre la place ou redoubler la question phallique imaginaire qu'incarne Yacine pour la mère : "je suis ce qui te manque", semble-t-il lui dire, en écho, lui faisant faire ainsi l'économie de sa castration symbolique à elle. C'est un travail autour de la place de cet enfant dans la famille et pour ses parents, c'est à dire à une question "banalement oedipienne", que cette demande de Q. I. Va finalement mener…
  Lire la suite de la discussion sur psychologies.com


269165
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Rentree au cp problematique - enfants precoces, enfants surdoues

image

Coucou Malmignatte, J'espère que tu vas bien, j'imagine que tu as encore quelques soucis si tu reviens dans ces lieux. Moi aussi j'ai du mal à travailler, je vais essayer de contribuer occasionnellement. En fait, de bons psy chiatre s'existent,...Lire la suite

Devrais-je consulter? - psychologie et comportement

image

Je ne sais pas trop par ou commencer mon histoire, alors je vais débuter avec la base, soit, mon parcours ! Dès mon tout jeune âge, j'ai été victime d'intimidation et de harcèlement à cause de mon look vestimentaire "coincé" et de ma grande...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages