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Sa maitresse m'a proposé de le faire suivre au RASED

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman 23 ans
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Bonjour,

Je voudrais votre avis sur mon loustic.

Mon loulou a aujourd'hui 5 ans (depuis octobre) en GS de maternelle, et il y a environ 1 mois la maitresse (l'une des deux en fait puisqu'elles sont 2 à mi-temps) m'a informée qu'elle souhaitait me proposer de le faire suivre au RASED "parce qu'il ne trouve pas sa place dans le groupe, mais, pas d'inquiétude ses performances scolaires sont normales".

C'était un matin, j'avais les deux enfants avec moi ; j'ai donc demandé un RDV un samedi matin. Voici ce qu'il en ressort :

Les maîtresses de cette année ont remarqué que :

- Quand il est "dans le grand groupe", il est "absent", "dans ses rêves", ne répond que si on l'interpelle "T, est-ce que… ", mais ne.

Répond jamais spontanément.

- Comme nous elles ont remarqué que quand il y a beaucoup de monde et de bruit, il met les mains sur les oreilles et s'éloigne.

- Il a mordu plusieurs enfants et dit des "gros mots" (exemple : "ta gueule ! ", et il y en a d'autres d'après la maitresse…).

Pour elles c'est l'attitude d'un enfant qui parlerait mal ; or, d'après elles il parle très bien avec un bon niveau de vocabulaire et comprend ce qu'on lui.

Explique…

De mon entretien avec la maitresse de l'an dernier (que j'ai été voir aussi car j'avais de très bonnes relations avec elle) , il ressort que :

- L'an dernier il était déjà un peu solitaire, mais elle a considéré cela comme un 'trait de caractère".

- C'est un enfant "anxieux" : "il faudrait qu'il se détende" (en particulier nous nous sommes remémorées ensemble que le temps plein et la cantine 2 jours par semaine en MS avaient été un drame, jusqu'à ce qu'on décoince la situation en s'apercevant pour la cantine qu'il ne voulait plus y aller parce que l'ATSEM l'avait traité de "petit cochon"… Et que les jours sans cantine il "profitait" de sa maitresse 5 minutes de plus le midi puisqu'elle accompagnait après le départ à la cantine ceux (3 ou 4) qui rentraient manger avec leur nounou comme mon fils ou leur maman ; il avait donc l'impression d'être plus chouchouté ces jours-là ; on avait "débloqué" la situation en lui expliquant que l'ATSEM n'avait pas voulu être méchante et par quelques visites "rien que pour lui" de sa gentille maîtresse sur le temps de la cantine).

- D'après elle, il ne s'autorise pas à exprimer ses émotions, sauf quand il est en colère (très peu d'éclats de rire par exemple) ; là mon mari et moi avons été un peu surpris car pour nous il les exprimerait plutôt de manière excessive ! Il sait être très théatral…

- En général, à 5 ans on connaît les prénoms de tous ses copains, le fait qu'il ne les connaisse pas tous (je lui ai raconté une anecdote de début octobre : nous avons rencontré dans la rue un copain de classe qui s'est précipité vers lui en l'appelant et mon fils a su dire qu'il était dans sa classe, mais n'a pas su me dire son prénom… vexant la maman ! ) se recouperait bien avec le fait qu'il ne participe pas vraiment dans les moments où toute la classe est groupée.

(l'appel se fait en groupe).

Suite à ces deux entretiens on a été voir un ORL pour un audiogramme, qui était parfait, puis un pédopsychiatre qui nous a conseillé de l'inscrire à un sport collectif et de revenir le voir dans 2 mois pour faire le point, et, en parallèle de discuter éventuellement encore avec la structure scolaire (maitresses et RASED) pour connaître leur proposition plus détaillée.

1ère question : jusque là, trouvez-vous qu'il y ait lieu de s'inquiéter ?

Ce qui m'embête c'est que je m'inquiète facilement, que mon mari et moi nous sommes inquiétés, avions envisagé cet été de consulter un pédopsy… et que nous trouvions que depuis la rentrée de septembre ça allait beaucoup mieux, au point de renoncer à consulter !

Maintenant je vous explique donc pourquoi nous, parents (et plus moi que mon mari) étions inquiets jusqu'à cet été.

Tout d'abord le contexte médical :

Notre fils a fait des convulsions fébriles vers 11 mois (3 fois en 2 semaines) ; nous avons alors démarré un traitement et plus aucune récidive pendant 18 mois.

Au bout de 18 mois, donc vers 2 ans 1/2, il a commencé à en refaire à un moment où cela ne se passait pas très bien avec une nounou (que nous avons ensuite licenciée) , et nous avons donc augmenté assez rapidement le traitement.

Il en a refait 4 en 3 mois, et depuis ses 3 ans il en a fait 3, dont la dernière en février 2005 suite à un essai de baisse de traitement (que nous avons donc remonté).

En tout on en est donc à 10 convulsions fébriles, donc certainement un risque plus important que la normale de déclencher une épilepsie.

Parlons maintenant de son évolution et de son "comportement" :

Je ne pense pas qu'il ait connu la fameuse "angoisse du 8ème mois" ; en tout cas c'était un bébé hypersociable (à la limite il aurait été avec n'importe qui) … Les deux premières années nous avons fait une "garde partagée", puis à la naissance de sa petite soeur (à ses 2 ans) , nous sommes passés en garde simple, avec 1/2 journée par semaine de halte garderie, pour qu'il ait "son activité de grand". Il n'y a pas eu besoin d'adaptation ; dès le premier jour il était comme un poisson dans l'eau et a participé à toutes les activités (au point que, comme j'étais crevée, 1 semaine après l'accouchement, au bout d'une demie heure la directrice de la garderie m'a dit de rentrer chez moi, qu'elle m'appelerait s'il pleurait ou ne s'amusait plus ; elle ne m'a pas appelée avant midi ! ).

La rentrée en PS de maternelle en septembre 2003, après l'épisode de la nounou licenciée (en mai 2003) , s'est tout aussi bien passée ; il n'allait à l'école que le matin et était super heureux d'y aller.

Il a eu toutes ses "acquisitions" à un âge "normal" (tenu assis vers 6 mois, s'est assis seul vers 8 mois, marche seul à 13 mois, 1er mots vers 15 mois, 1ère phrase de deux mots à 21 mois…) ; la seule acquisition un peu plus tardive que la moyenne étant la propreté : tout juste propre de jour à 3 ans pour rentrer en PS, avec beaucoup d'accidents l'après-midi (en gros, n'allant à l'école que le matin il était capable de bien se retenir jusqu'à 11h30, mais si on oubliait de l'envoyer aux toilettes en rentrant, il y avait une grosse probabilité "d'accident" ; il n'a été vraiment propre de jour qu'à 4 ans (à l'entrée en MS) et à la sieste et la nuit à 4 ans 1/2.

Je peux dater le début de nos inquiétudes sur son comportement au printemps 2004, vers 3 ans 1/2.

En avril 2004, il a fait sa 9ème convulsion, au parc avec sa nounou ; c'était la première fois que ça se passait avec quelqu'un d'autre que nous ou ses grands parents, et je trouve qu'elle a très bien réagi, en éloignant les curieux, mettant la petite soeur "au dos" (elle est africaine) et allongeant Tom dans la poussette pour qu'il récupère tranquillement ; puis elle est rentrée en passant par la pharmacie pour prendre conseil.

La pharmacienne ayant pourtant confirmé qu'il s'agissait bien d'une convulsion fébrile (plus de 39°) , a appelé les pompiers, et la nounou, après nous avoir prévenu et avoir déposé la petite chez une voisine est parti avec lui dans l'ambulance des pompiers à l'hôpital en attendant que mon mari arrive.

Comme ma fille venait aussi de faire à 18 mois une première convulsion fébrile le même mois, et comme j'avais aussi été concernée, nous sommes allés revoir une neurologue qui a commencé à nous parler de GEFS+ (syndrôme familial regroupant des convulsions fébriles et des manifestations épileptiques) ; En 3 mois il a vu trois fois un neurologue et passé un EEG (qui s'est "très mal passé") et on nous a demandé de participer à une étude génétique sur ce fameux syndrôme, je ne me suis donc pas étonnée outre mesure de voir mon loulou devenir "hipochondriaque" (à toujours se croire malade et réclamer des médicaments).

En juin 2004, il a abandonné "sucette et doudou".

L'été il a commencé à nous paraître très vite fatigué et faire des crises quand il était trop fatigué, mais comme la petite soeur n'avait que 20 mois, il a tout simplement suivi le même rythme de siestes qu'elle ; il était incapable de jouer à un jeu de société (mais est-ce anormal à 3 ans 1/2 ?).

Et puis à la rentrée des classes, on a cru vivre "l'apocalypse" (bon j'exagère un peu quand même, mais ça a vraiment été très difficile) …

On avait décidé qu'en MS il irait à l'école matin et après-midi et 2 jours par semaine à la cantine (pour faire comme les copains puisqu'à Paris c'est environ 20 enfants sur 24 qui vont à la cantine en maternelle) ; dès les premiers jours il était tellement crevé le soir que tous les soirs c'était la crise de nerfs et il n'y avait pas d'autre solution que de le coucher, sans parvenir à la faire manger ; on a fini par trouver la méthode : on a fini par lui reproposer le doudou et la sucette pour les grandes fatigues et pour s'endormir… depuis, quand c'est la "crise", il va sur son lit avec son doudou et sa sucette pou "reprendre son souffle" (l'expression est de lui ! ) , et il revient nous voir quand ça va mieux.

Tous les matins de cantine aussi c'était des hurlements pour ne pas y aller : là aussi on a fini par trouver le problème vers les vacances de Toussaints, grâce aux grands-mères et à la maitresse qui ont réussi à le faire "parler" :

- La "dame de cantine" l'avait traité de "petit cochon", et il l'avait très mal pris (pas futée la dame, mais pas méchante non plus…) ,

- Les jours sans cantine, étant autorisé à attendre sa nounou avec la maitresse et très peu d'enfants, il se sentait plus "chouchouté" ; du coup la maitresse est venue exprès 2 ou 3 fois le voir, lui personnellement, à la cantine pour lui marquer son attention aussi ces jours-là.

La petite soeur ayant refait une 2ème convulsion fébrile fin septembre 2004, nous avons revu une neurologue avec les deux enfants, et j'ai demandé qu'on fasse un dosage sanguin du traitement de mon loulou.

Résultat : malgré une dose plus forte que la posologie de la notice, un sous-dosage dans le sang et déjà des effets secondaires sur le foie… Je me suis alors demandé si ce traitement (dont depuis j'ai appris qu'il est aussi donné pour les "troubles bipolaires" ou maniacodépressifs) ne pouvait pas avoir un effet sur l'humeur et être à l'origine de son changement de comportement !

On a donc, avec le neurologue, décidé fin novembre 2004 de tenter de quasiment diviser par deux la dose… sans grand effet sur l'humeur je dois dire…

On a aussi eu une anecdote avec le calendrier des pompiers qui m'a fait penser que c'était peut-être le nombre excessif de visites chez le médecin qui inquiétait mon petit : le pompier qui est venu nous présenter le calendrier se souvenait d'avoir emmené mon fils à l'hôpital en avril et aurait aimé lui dire bonjour, mais il s'est caché et a hurlé quand j'ai voulu lui dire de venir ; j'ai donc pensé qu'il avait peut-être vécu comme traumatisante l'expérience d'aller à l'hôpital avec sa nounou dans l'ambulance des pompiers et qu'il fallait peut-être qu'on l'aide à dédramatiser.

En janvier 2005, on a donc été voir la pédiatre pour voir si un entretien avec un pédopsychiatre lui paraissait souhaitable et sinon si elle pouvait discuter avec lui (il l'adore et prend tout médicament du moment que c'est elle qui l'a prescrit). Elle lui a donné un cocktail de vitamines et magnesium qui nous a paru faire de l'effet (meilleure humeur, plus d'allant) pendant quelques semaines, puis la fatigue est revenue, avec ses crises de nerfs.

En février 2005, nouvelle convulsion fébrile, d'où de nouveau rendez-vous avec une neurologue et EEG.

On a remonté le traitement au niveau antérieur début avril 2005, et… en 2 semaines de nouveau une amélioration de l'humeur + acquisition en 1 nuit de la propreté nocturne (avant de remonter le traitement on avait souvent des fuites de couches, et après, j'ai oublié 1 fois de mettre la couche le soir et depuis refus des couches et très peu d'accidents…).

La fin de l'année scolaire est arrivée bon an, mal an, avec des hauts et des bas ; par exemple en juin 2005 nous avons passé un week-end avec des amis : il y avait 9 enfants de 3 à 8 ans, et mon loulou était le plus "capricieux", "fatigué", visiblement dérangé par la chaleur…

L'été, en famille ne s'est pas trop mal passé, et à presque 5 ans il a commencé à apprendre à jouer à des jeux de société.

Fin août 2005 et début octobre 2005, nous avons eu deux fêtes de familles, où j'ai pu remarquer qu'il avait une certaine tendance à s'isoler, voire à mettre les mains sur les oreilles quand le niveau sonore est trop important, mais globalement, la rentrée en GS s'est bien passé, malgré une classe gérée par deux maitresses (une les lundi/mardi et l'autre les jeudi/vendredi).

Il ne connait toujours pas bien les jours de la semaine, mais a tout de suite compris le système de couleurs qu'elles ont mis en place pour que les enfants s'y retrouvent (jours rouges = vacances / jours jaunes = école) et semble maintenant apprécier ses deux jours par semaine de cantine.

On a donc pensé qu'il avait "passé un cap" avec ses 5 ans, d'où le coup de massue qu'on a pris quand les maitresses nous ont parlé de problèmes…

En résumé, on a pensé à 4 hypothèses :

- C'est son caractère : la dernière qui restera en procédant par élimination…

- Un problème de surdité partielle : hyp éliminée suite à un audiogramme "parfait"

- Des absences épileptiques.

- Un "syndrôme d'asperger" ?

Quand je regarde les descriptions sur internet du syndrôme d'asperger, je trouve indéniablement des points communs avec mon fils :

- anxiété,

- "crises de nerfs" quand il est contrarié ou fatigué ou si on retarde l'heure du repas,

- avis des maitresses sur son manque d'intégration au groupe,

- langage assez "théatral" avec un "abus" de citations de dessins animés par ex.,

- assez "pataud" (mais je l'étais tout autant et le papa n'est pas un grand sportif non plus) ,

- incapacité à admettre d'être en échec (déchire et froisse tout dessin ou bricolage qu'il considère raté et se met à hurler) ,

- va parfois chercher à éviter un bruit en mettant ses mains sur les oreilles,

- va parfois se cacher sous la table si on le gronde,

- a beaucoup de mal à éviter de mordre et taper quand il est contrarié (il sait que c'est inetrdit et quand il se rend compte qu'il l'a fait, il demande pardon assez spontanément) ,

- refuse de mettre certains pulls "qui grattent".

Mais moi je ne trouve plus cela "envahissant" et il n'a que 5 ans et les descriptions que j'ai trouvées concernent les enfants à l'âge du primaire ; il y a donc peut-être un problème de maturité ? La gestion de la "frustration" en particulier cela s'apprend, non ?

C'est aussi un petit garçon plutôt vif intellectuellement, qui s'intéresse à de nombreux sujets (le corps humain, l'Egypte antique, dimanche on a été au Louvre voir des tableaux dont leur avait parlé la maitresse…).

Il me semble aussi qu'il s'entend beaucoup mieux avec la maitresse des jeudi/vendredi qu'avec celle des lundi/mardi.

Malheureusement la titulaire est celle des lundi/mardi… et nous (parents) n'arrivons quasiment pas à établir un contact avec sa collègue ! On avait l'impression qu'elle était nunuche et complètement "dominée" et "cadrée" par la titulaire, mais en fait d'après ce que nous dit notre loustic à la maison il fait vraiment des choses qui lui plaisent avec elle (en ce moment ils élèvent des chenilles ! ) et il voudrait lui confectionner un cadeau pour Noël.

J'ai été très longue (il faut dire que j'ai mis 3 semaines à écrire ce texte) …

Si vous avez eu le courage d'aller au bout, pouvez-vous me dire si VOUS, vous pensez qu'il y a des raisons de s'inquiéter ?

Laurette, maman d'un garçon de 5 ans et d'une fille de 3 ans.
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21742
b
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