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Du bien fait des contes qui font frissoner

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Du bienfait des contes qui font frissonner.

Parmi les cadeaux déposés au pied du sapin, certains enfants, cette année, auront trouvé un grand livre rouge. En couverture, une fille au regard inquiet. En titre : Choses qui font peur… Et, de fait, la liste est longue ! Les fantômes, les rats, les vieux cimetières, mais aussi le vide, la guerre, "des tours qui s'effondrent" et "l'intérieur des choses"… Un album de Bruno Gibert et Pierre Mornet destiné aux plus de 6 ans, construit comme un étrange et oppressant inventaire, et devant lequel nombre d'adultes, sans doute, reculeront. Mais les enfants, gageons-le, y trouveront leur compte. Eux savent les vertus des histoires effrayantes, seules capables de les confronter à leurs propres angoisses tout en leur montrant qu'il est possible de les surmonter.

Pendant longtemps, tout fut simple. Pour se faire peur, il y avait les contes de Perrault, des frères Grimm, d'Andersen et d'autres. Des récits fondés sur des contes populaires dont l'origine se perd dans la nuit des temps, et dont les thèmes et les personnages - sorcières, fées, enfants perdus, ogres et loups affamés, méchants rois et princesses à marier - se retrouvent plus ou moins dans le monde entier. Une universalité qui signifie pour les psychanalystes que ces récits mobilisent des processus inconscients communs à tous les peuples, faits de pulsions, d'angoisses et de fantasmes.

Fantasmes de "dévoration" (Le Petit Chaperon rouge) , de castration (Hä ; nsel et Gretel) , d'abandon (Cendrillon, Le Petit Poucet) … "L'enfant est traversé par des angoisses, par des émotions et sentiments violents (la peur, la colère, la haine) qu'il ne sait pas encore maîtriser. Les contes lui permettent de s'identifier à des héros qui ont les mêmes problèmes et auxquels ils trouvent des solutions, puisque la fin est toujours heureuse", notait Bruno Bettelheim dans sa célèbre Psychanalyse des contes de fées. Si la peur d'être dévoré prend l'apparence d'une sorcière, "il est facile de s'en débarrasser en la faisant rôtir dans un four", écrivait-il.

Ainsi l'aspect effrayant des contes permet non seulement aux enfants de s'évader pour leur plaisir, mais aussi d'atténuer leurs problèmes psychologiques personnels. D'où l'intérêt que leur témoignent psychologues et éducateurs, nombreux à faire de ces récits des outils thérapeutiques et pédagogiques.

Mais que devient l'enfant lecteur ordinaire, à l'heure où les contes traditionnels perdent de leur impact ? Comment apprivoise-t-il ses peurs, de quelle manière développe-t-il son imaginaire ? A plonger dans le foisonnement actuel de la littérature enfantine, on se rend compte que les récits de nos grands-parents ont laissé place à des contes modernes tout aussi merveilleux, tout aussi inquiétants. Et que leur public en redemande, comme en témoigne le phénoménal succès de Harry Potter ou du Seigneur des anneaux, ou encore celui de la collection Chair de poule, forte de quelque 80 titres, aux éditions Bayard.

Sur ce plan, rien n'a donc changé : les enfants adorent toujours avoir peur "pour de faux", et continuent de trouver dans la lecture matière à assouvir cette délicieuse sensation. Mais les adultes, eux, sont souvent plus hésitants. Comme s'ils ne savaient plus ce qu'il convient de proposer à leur jeunesse en matière d'évasion. Comme s'ils avaient peur "pour de vrai".

"Chez les éditeurs comme chez les médias, il y a actuellement une tendance à édulcorer, à adoucir les récits", constate Abbi Patrix. Codirecteur de la Maison du conte de Chevilly-Larue (Val-de-Marne) , où il anime une équipe de jeunes conteurs, ce colporteur de parole en est pourtant convaincu : "Les enfants ont un vrai besoin d'être en lien avec leur peur intérieure et avec le monde de la mort que véhiculent tous les contes."

Dans une société que la mort, précisément, dérange de plus en plus, et qui cherche à l'oublier en la cachant, il est normal que les parents hésitent à offrir à leurs enfants des récits sombres ou morbides. Mais ils n'ont pas forcément raison. "Plus les adultes prennent conscience que les enfants sont des êtres sensibles, susceptibles d'être marqués toute leur vie par des événements survenus dans leurs premières années, plus ils ont tendance à refouler vis-à-vis d'eux ce qui a trait au sexuel et à l'angoisse", précise la psychanalyste Sophie de Mijolla-Mellor. Selon elle, c'est toutefois "une erreur de penser qu'il faut les préserver des livres et des spectacles qui font peur".

S'interrogeant sur ce qu'elle appelle "l'angoisse de fiction", Mme de Mijolla-Mellor remarque que celle-ci constitue "l'issue sublimatoire d'une autre angoisse, bien réelle celle-là, et permet du même coup d'en transformer le désagrément en plaisir". Se plonger dans l'effroi d'une bonne histoire peut donc avoir une réelle utilité. Mais, dans ce domaine où l'imaginaire est roi, aucune prescription n'est possible. "C'est l'enfant qui sait et doit savoir ce qui lui plaît ou non", précise la psychanalyste. C'est pourquoi "le vrai livre" est celui qu'il aura le sentiment d'avoir découvert seul. Celui avec lequel il conservera un rapport singulier, "fait de ses propres fantasmes un instant découverts sous l'alibi du récit".
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110459
b
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