Histoire vécue Famille - Enfants > Education > Autres      (2042 témoignages)

Préc.

Suiv.

quelle place pour le père?

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman
Mail  
| 754 lectures | ratingStar_30121_1ratingStar_30121_2ratingStar_30121_3ratingStar_30121_4

La question sur la place du père, je me la pause depuis tellement longtemps, que je ne sais même plus quand je me la suis posé la première fois ! Et c'est bien pire depuis la séparation.

Ce genre de question n'effleure qu'assez rarement les femmes (mais de plus en plus cependant, et c'est trés bien). Dans leur statut de mère, du haut de leur certitude de voir les choses clairement et nous autres non, elles ne se rendent pas toutes comptes que personne ne leur discute ce statut, que l'on nous conteste, à nous, cependant.

Ta situation, la mienne, 80% des pères divorcés ou séparés la vivent. On nous prive, purement et simplement de notre vie de père.

La réponse est toujours la même : "Mais tu restes son père."

Oui. Génétiquement, administrativement, c'est indubitable. Mais aprés ?

Aprés, c'est le début de ton sujet. Fait-on, nous, les hommes d'aujourd'hui, des enfants pour le simple fait d'en faire ? N'est-ce que la conséquence d'une partie de jambes en l'air ? Ne sommes nous que des géniteurs ?

Si cela pouvait être vrai ! Combien de dépréssions nerveuses seraient évités !

Non, nous ne faisons pas des enfants juste pour dire que nous en avons. Ce ne sont pas des pin's que l'on s'accroche au revers d'une veste pour faire "partis du club". Ils sont Nous, Notre continuation, Notre fierté, Notre orgueil, Notre passé et Notre avenir, Nos meilleurs moments, Nos plus beaux espoirs, Ils sont de Nous, Ils sont en Nous.

Comment peut-on s'imaginer que ne les voirs que 48h tout les 15 jours, en tout moins de 3 mois/ans peut nous suffire ?

Comment comptons nous ? Qui sommes nous ?

Jadis était le Pater Familias. Celui qui tronait en bout de table. Figure semi-divine, inaccessible, celui qui décidait de tout, dont on ne discutait pas l'autorité. Il nous vient de l'antiquité romaine. Il était le Citoyen, celui qui, dans la Rome impériale, avait droit de vie et de mort sur tout ce qui vivait sous son toit.

Cet archéptype est resté longtemps. Trés longtemps. Il était celui qui dirigait, celui qui travaillait pour nourrir les siens. A ce titre, on lui devait le respect, le service. Il avait droit au meilleur morceau de viande, de pain. Le repas commencait avec lui et se finissait lorsqu'il refermait son couteau.

J'ai connu cela étant enfant. Pas dans ma famille d'origine citadine, mais dans les campagnes. La mere avait la maitrise du domicile, c'était son domaine et son bagne. L'Homme avait l'exterieur et tout les droits, parcequ'il travaillait, lui…

O tempora, O mores…

Puis les guerres sont passées. La Première, la Grande. Puis la Seconde, la Sordide. Avec elles, les femmes ont pris leur place. Repris leur place, devrais-je dire. Celles qui étaient les leur avant la conquete romaine, avant la Renaissance, avant les Bonapartes (je préciserais pour ceux que cela interesse).

Aujourd'hui, qu'ais-je à faire d'un statut de tyran domestique inaccéssible ? Quelle fierté en tirerais-je ? Aucune.

Pour moi, il s'agit avant tout de faire de mon fils un homme libre (Avoir un fils, c'est bien, en faire un homme, c'est mieux). Je me suis occupé de lui dés la naissance. Couche, bain, calins (hormis le sein, de fait) , je prenais ma place auprés de lui au même titre que ça mère. Je n'y voyais aucune différence. Je ne l'avais pas fait pour satisfaire un besoin de reconnaissance sociale, mais parce que je voulais un enfant, de moi, d'elle, de nous. Parce que je voulais assumer ce trop plein d'amour que j'avais en moi.

Je ne supporte pas l'idée d'être privé de lui. Si ça mère est la fondation sur laquelle il se battira sa vie, je veux être la pierre angulaire qui lui permettra de définir son monde. Je veux être aussi naturel pour lui dans sa vie que le fait de respirer. Je ne veux pas être juste une idée abstraite, la demi-source de son patrimoine génétique.

Je veux qu'il soit mon prolongement, je veux être son élan, celui qui guide ses pas, qui le relève, qui sévit, qui conforte, qui soulage, qui soigne, qui éduque.

Etre père, c'est être un Homme. Un Homme responsable. C'est assumer sa vie jusqu'a ce qu'il l'assume de lui même, sans rien demander en contrepartie, c'est lui servir d'appuis, de refuge, c'est en faire son égal. C'est en faire un Citoyen apte à prendre sa place parmis les Hommes.

C'est un devoir. Cela peut être une chance, une rédemption, c'est un accomplissement. C'est prendre sa place dans le (si long) cortège de touts les Pères qui sont passés avant nous et qui nous suivrons. C'est accepter leurs talents et leur erreures, et tenter de faire mieux. Pas plus fort, ou plus loin, juste mieux. C'est à dire, faire que nos enfants soient heureux.

Nous ne serons sans doute jamais des pères parfaits, quoiqu'il arrive. Et sans doute n'est-il même pas souhaitable que nous le soyons. Mais au moins pouvons faire au mieux de nos moyens, avec les vicissitudes de la vie.

Mon père n'était pas parfait. Loin s'en faut. Et si je l'aime comme le père qu'il n'a jamais été, c'est parce que je le comprends mieux aujourd'hui, parceque je mesure mieux ce qu'il ressentait. Et pour toutes les erreures qu'il a commise, je lui dis merci. Parce qu'elle m'ont fait tel que je suis, elles m'ont fait homme, et j'espère me montrer digne de lui aujourd'hui.

Au final, il m'a montré la voie. Il m'a montrer, avec les maladresses des pères de son époque, ce que je devais être comme père moi, aujourd'hui. Je veux être proche de mon enfant. Je veux vivre avec lui. L'emmener au parc, au ciné… Mais aussi le doucher, le coucher, lui faire faire ses devoirs, soigner ses bobos et l'encourager encore. Je veux être présent pour lui à chaque instant de l'existence. Pas comme une corvée, un passage obligé, mais parce que je le souhaite. Parce que tel est mon role de père.

J'espère réussir. Du mieux que je pourrais. Et peut être un jour obtiendrais-je cette récompense ultime, cette reconnaissance universelle, ce titre qui se part de cheveux blancs, celui de grand-père. Et ainsi tout recommencer en voyant mon fils faire ses armes, et assumer, à son tour.

Et maintenant, qui va assumer cela auprés de mon fils ?

Un autre homme. Le pauvre. Il va avoir sur ses épaules tout le devoir que je ne peux assumer, sa responsabilité face à moi, et toute ma haine de le savoir prendre ma place.

Mais le pire, c'est qu'il m'arrivera sans doute la même chose ! De devoir prendre la place d'un autre, et de lui faire subir que je subis !

Comment est-on père quand quelqu'un d'autre s'occupe de votre enfant ? Le couche, le nourris, l'éduque ? A quoi servons-nous ?

Au final, la réponse est simple.

A rien.

Ou si peu.

Un père, c'est celui qui s'occupe de son enfant. Au dela de la génétique et des arrets de justice, un père, c'est celui qui est présent. Celui qui tient la main chaque jour pour traverser la rue, celui qui corrige les devoirs, gronde ou félicite. C'est celui qui est là au matin, qui est là au soir. C'est celui qui partage la vie de l'enfant.

Alors comment fait-on quand la vie fait que l'on ne peut plus être présent ? N'est-on plus là que pour les vacances ? Pour les cadeaux de noel envoyés par la poste ?

Comment partager ce qui ne se partage pas ? La seule solution viable, dans ton cas, dans le mien, comme pour tout les hommes qui souffrent chaque soir de n'avoir leur enfants à bercer, ce serait la garde alternée. Alternée, partagée, peu importe le terme. Mais pouvoir passer avec ses enfants, autant de temps que peut en passer leur mère.

Dans le détails, chaque histoire est différente. Chaque solution aussi. Mais que l'on me dise comment je pourrais faire pour être père sans être présent ? Comment être un exemple pour lui ? Comment lui apprendre les Lois de la Cité ? Comment accepter qu'un autre endosse le vêtement de la figure masculine auprés de lui ? C'est au fond, me renier tout entier. Me prendre mon essence même. Me voler ce qui fait ma raison d'être.

Il n'y a qu'un partage équitable du temps qui puisse cicatriser un peu cette déchirure. Il n'y a que la reconnaissance de l'importance de notre role. Peut être est-ce un effet de mon imagination, mais il me semble qu'en france le droit, la justice part du principe qu'un père est au mieux un incapable, au pire, un coupable. Incapable de s'occuper d'un enfant (c'est bien connu, il n'y a qu'une femme pour savoir s'occuper d'un enfant, nous ne sommes bon qu'a mettre les pieds sous la table ! ) , ou coupable des pires forfaitures. Hors la mère, point de salut ! Elle seule compte.

Et nous ?

Dans 80% des cas de séparation, c'est la mère qui à la garde. Dans 15%, elle est partagée. Elle revient au père dans 5% des cas (chiffres 2005).

Comment nous trouver notre place dés lors que la societé dans laquelle nous vivons semble peu encline à nous la laisser ?

Les mères seraient-elles toutes parfaites dés le départ ? Par principe ?

(Vous ne connaissez pas la mienne ! ) Pourquoi est-ce si dure de faire comprendre au gens que je peux assumer mon enfant tout aussi bien que sa mère ?

Serions nous en avance sur notre temps ? La société serait-elle un si imposant monolithe qu'elle mette tant de temps à s'adapter à nous ?

Notre place ne nous est pas acquise. Même parmis les mères qui attendent de nous que nous assumions autant qu'elles, il y a souvent de la réticence.

Serait-ce que cela reviendrait (un peu) à leur voler leur image de Mère ? Serait-ce toucher à cette image inaltérable ? Car si nous partageons tout, à la seule nuance de nos sexes (et donc de nos roles) respectifs, qu'est-ce qui rend une mère plus importante qu'un père ?

Le sujet n'est pas clos. Il ne fait que commencer.

Voila, j'ai été trés long (trés lourd aussi sans doute) , et je n'ai surement pas contribué des masses à ton travail. Mais je te remercie de m'avoir donné l'opportunité de mettre par écrit une partie de ce que j'ai sur le coeur depuis longtemps. (désolé pour les fautes d'ailleurs).

Au final, j'ajoute que je n'ai aucune animosité envers les mères en général (quoique la mienne…). Si je devais désigner un coupable à la vindicte populaire, ce serait nous tous. Notre société.

A nous de la changer, de la rendre meilleure. Pas pour nous. Pour nos enfants.
  Lire la suite de la discussion sur magicmaman.com


30121
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Besoin d'aide dans l'education - mamans nature

image

Coucou Himi, On était septembrettes ensemble. Je suis aussi étudiante mais qu'avec une puce mais je peut te dire que je comprends ce que tu ressent. Les vacances, même si j'aime être avec ma fille, je les redoute un peu et là les grandes...Lire la suite

Besoin de conseils !!! - familles recomposees

image

Je suis d'accord, mais pour mon mari c'est compliqué ! J'ai compris et accepté très tard pourquoi il n'osait pas s'opposer aux choix de ses parents ! Ce que ses parents disent ou font, Dieu fait et pense pareil !!!! Tu vois !!! Il a eu une...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages