Histoire vécue Famille - Enfants > Enfants différents > Enfants handicapés      (122 témoignages)

Préc.

Suiv.

Tous ceux que l'on met de côté

Témoignage d'internaute trouvé sur aufeminin
Mail  
| 720 lectures | ratingStar_61275_1ratingStar_61275_2ratingStar_61275_3ratingStar_61275_4

Que dans notre société, on donne il y a quelques années un prix d'interprétation à un jeune homme trisomique avec la larme à l'oeil et des trémolos dans la voix alors que dans le même temps, on s'attelle à éliminer de la surface du globe tous ceux qui auraient le malheur de lui ressembler un peu trop. Quand on est parent, on n' "impose" pas un gros problème de santé à son enfant : il se trouve que l'enfant par un malheureux hasard, un caprice génétique, un aléas biologique qui lui est complètement étranger, nait avec un problème : ce n'est pas sa faute, ce n'est pas celle des parents, c'est comme ça ! Après la vraie question, c'est : "suis-je prêt en tant que parent à accepter mon enfant tel qu'il est, malade, moche, souffrant, idiot ? " ou "l'image qu'il me renvoit de moi-même ou de l'enfant parfait dont je rêvais est-elle tellement insupportable que je décide non pas de LE, mais de ME soulager en évitant de prendre en charge cet enfant "différent" toute ma vie ? ". Il y a quelques années - 50 environ - un groupe de gens a répondu à cette question en l'élargissant légèrement : eux leur enfant rêvé avait un nez bien droit, les yeux bleus et les cheveux blonds…

La vraie question, c'est de savoir si on regarde la vie en face ou non. Après, je suis d'accord avec toi sur le fait qu'on ne peut pas juger les parents qui ne se sentent pas ce courage particulier d'avoir un enfant différent des autres car c'est loin d'être rose tous les jours ! Je te joins une petite chanson de Lynda Lemay que je trouve exceptionnelle de délicatesse et de lucidité psychologique sur la question de l'enfant malade ou handicapé : elle résume bien toute la souffrance mais aussi l'amour exceptionnel qu'on retire d'une telle expérience. Peut-être que c'est ça qui gêne au fond dans une société hyper-matérialiste et égoïste : l'enfant handicapé t'oblige à sortir de toi-même, à tout donner et à dépasser au-delà de ce que tu penses possible tes capacités à aimer gratuitement…

"Ceux que l'on met au monde.

Ne nous appartiennent pas.

C'est ce que l'on nous montre.

Et c'est ce que l'on croit.

Ils ont une vie à vivre.

On n'peut pas dessiner.

Les chemins qu'ils vont suivre.

Ils devront décider.

C'est une belle histoire.

Que cette indépendance.

Une fois passés les boires.

Et la petite enfance.

Qu'il ne faille rien nouer.

Qu'on ne puisse pas défaire.

Que des noeuds pas serrés.

Des boucles, si l'on préfère.

Ceux que l'on aide à naître.

Ne nous appartiennent pas.

Ils sont ce qu'ils veulent être.

Qu'on en soit fier ou pas.

C'est ce que l'on nous dit.

C'est ce qui est écrit.

La bonne philosophie.

La grande psychologie…

Et voilà que tu nais.

Et que t'es pas normal.

T'es dodu, t'es parfait.

Le problème est mental.

Et voilà qu'c'est pas vrai.

Que tu vas faire ton chemin.

Car t'arrêteras jamais.

De n'être qu'un gamin.

Tu fais tes premiers pas.

On se laisse émouvoir.

Mais les pas que tu feras.

Ne te mèneront nulle part.

Qui es-tu si t'es pas un adulte en devenir.

Si c'est ma jupe à moi.

Pour toujours qui t'attire.

C'est pas c'q'on m'avait dit.

J'étais pas préparée.

T'es à moi pour la vie.

Le bon Dieu s'est trompé.

Et il y a l'diable qui rit.

Dans sa barbe de feu.

Et puis qui me punit.

D'l'avoir prié un peu.

Pour que tu m'appartiennes.

A la vie, à la mort.

Il t'a changé en teigne.

Il t'a jeté un sort.

T'es mon enfant d'amour.

T'es mon enfant spécial.

Un enfant pour toujours.

Un cadeau des étoiles.

Un enfant à jamais.

Un enfant anormal.

C'est ce que j'espérais.

Alors, pourquoi j'ai mal ?

J'aurais pas réussi.

À me détacher d'toi.

Le destin est gentil.

Tu ne t'en iras pas.

T'auras pas dix-huit ans.

De la même façon.

Que ceux que le temps rend.

Plus hommes que garçons.

T'auras besoin de moi.

Mon éternel enfant.

Qui ne t'en iras pas.

Vivre en appartement.

Ta jeunesse me suivra.

Jusque dans ma vieillesse.

Ton docteur a dit ça.

C'était comme une promesse.

Moi qui avais tellement peur.

De te voir m'échapper.

Voilà que ton petit coeur.

Me jure fidélité.

Tout ma vie durant.

J'conserverais mes droit.

Mes tâches de maman.

Et tu m'appartiendras.

Ceux que l'on met au monde.

Ne nous appartiennent pas.

C'est ce que l'on nous montre.

Et c'est ce que l'on croit.

C'est une belle Histoire.

Que cette histoire-là !

Mais voilà que, surprise !

Mon enfant m'appartient.

Tu t'fous de ce que disent.

Les auteurs des bouquins.

T'arrives et tu m'adores.

Et tu me fais confiance.

De tout ton petit corps.

De toute ta différence.

J'serai pas là de passage.

Comme les autres parents.

Qui font dans un mariage.

Le deuil de leur enfant.

J'aurai le privilège.

De te border chaque soir.

Et certain jour de neige.

De mettre ton foulard.

À l'âge où d'autres n'ont.

Que cette visite rare.

Qui vient et qui repart.

Par soirs de réveillon.

Tu seras le bâton.

D'ma vieillesse précoce.

En même temps qu'le boulet.

Qui drainera mes forces.

Tu ne connais que moi.

Et ton ami Pierrot.

Que j'te décris tout bas.

Quand tu vas faire dodo.

Et tu prends pour acquis.

Que je serai toujours là.

Pour t'apprendre cette vie.

Que tu n'apprendras pas.

Car ta vie s'est figée.

Mais la mienne passera.

J'me surprends à souhaiter.

Qu'tu trépasses avant moi.

On n'peut pas t'admirer.

Autant que je t'admire.

Moi qui ai la fierté.

De t'voir m'appartenir.

J'voudrais pas qu'on t'insulte.

Et qu'on s'adresse à toi.

Comme à un pauvre adulte.

Parce qu'on t'connaîtrait pas.

Si le diable s'arrange.

Pour que tu me survives.

Que Dieu me change en ange.

Que je puisse te suivre !

Ceux que l'on aide à naître.

Ne nous appartiennent pas.

À moins d'aider à naître.

Un enfant comme toi.

C'est une belle histoire.

Que celle qui est la nôtre.

Pourtant, je donnerais ma vie.

Pour qu'tu sois comme les autres ! "
  Lire la suite de la discussion sur aufeminin.com


61275
b
Moi aussi !
Vous avez peut-être vécu la même histoire ?

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Débat de société : infanticide assisté ?

image

Sujet délicat… on a tous dans nos histoires personnelles des exemples de handicap légers où lourds… (mon mari a un cousin qui avait un léger handicap moteur et qui a très bien vécu jusqu'à 22 ans ainsi que sa famille… moi, j'ai une...Lire la suite

Recherche parents d'un enfant ayant une maladie génétique

image

Bonjour à touts et toutes . Voila, je débarque sur ce forum dans l'espoir de discuter avec des parents ayant un enfant qui souffre d'une maladie génétique . Je suis maman d'un petit bout de 5 ans, diagnostiqué il y a 1an. L'anomalie génétique...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages