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Enfant diagnostiqué et traité pour un trouble de l'attention et une hyperactivité

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Je suis également mère d'un enfant diagnostiqué et traité pour un trouble de l'attention et une hyperactivité. Mon fils présentait des différences de comportement dès la naissance : les premières 24 h de sa vie, il est resté totalement éveillé, yeux grands ouverts très très tonique. Plus tard, toujours très tonique, il dormait très peu et a fait des nuit de plus de 3 heures seulement à partir de 9 mois. Il était beaucoup plus réactif et colérique que la moyenne. L'habiller, le changer etc. Étaient des moments difficiles tant il ne se laissait pas faire. Dès qu'il a su marcher, il a su courir (d'après mes notes 5 jours après ses premiers pas). Jamais il n'a su donner la main pour marcher dans la rue. Jamais il n'a été capable de se concentrer sur des jeux, de jouer seul ou même faire un puzzle. Quant à instaurer un dialogue pour lui expliquer les choses… Comment expliquer quoi que ce soit à un enfant qui n'arrive pas à rester à l'écoute plus de 10 secondes, qui papillonne sans cesse. Canaliser son attention le temps d'un phrase était une véritable épreuve. Ces comportements n'étaient pas seulement présents à la maison mais avec tous les adultes qui l'ont eu en charge (nounou, grands-parents, enseignants,…)  

J'ai d'abord beaucoup culpabilisé, c'était mon premier enfant et à force qu'on me dise tour à tour que s'il avait ce comportement c'était :

Selon les personnes parce que j'était trop laxiste, parce que j'étais trop autoritaire, parce que je ne m'occupais pas assez de lui, parce que je m'occupais trop de lui… et toute une kyrielle de contradictions dans lesquelles je me suis bien perdue. Lorsqu'on a commencé à me parler d'hyperactivité, j'ai freiné des 4 fers ! Pour moi c'était impensable ! Le peu que je connaissais sur le sujet est ce que j'en avais entendu dans une émission tapajeuse sur les abus américains. Autant dire que j'étais morte de trouille à l'idée de devoir lui donner un médicament. Ignorant le diagnostic pendant des années, j'ai préféré demander de l'aide dans un CMP dans lequel il a été suivi pendant quelques années sans la moindre amélioration et avec force culpabilisation pour moi. Et puis j'ai eu d'autres enfants. Leur développement était tellement différent de ce que j'avais connu avec l'ainé que j'ai recommencé à me renseigner sur ce fameux syndrôme, j'ai commencé à déculpabiliser. En outre le CMP voulait que je sorte mon fils du circuit scolaire pour le placer en institut de rééducation, ce qui ne m'enchantait guère. Après avoir refait la démarche de diagnostic, j'ai accepté d'essayer la mise en place d'une médication. Ça a été vraiment bénéfique pour lui, il arrive à jouer, à utiliser son imagination pour des jeux, à dialoguer normalement, à entrer en relation avec les autres, il est plus heureux, accessoirement il arrive à se concentrer à l'école mais c'était franchement le cadet de mes soucis vus par quoi on est passé.  

Pour ce qui est de l'amalgame fait entre enfant turbulent et enfant hyperactif, je tiens à dire qu'avec le médicament mon fils est turbulent, ce qui me semble normal, rassurant, une bonne chose. Il y a un monde de différence entre un enfant turbulent et un enfant hyperactif.

Mon fils est maintenant au collège, et même si ses relations aux autres sont toujours plus difficiles que la moyenne, ça se passe plutôt bien comparé à ce qu'il a vécu. Lorsqu'il oublie son médicament il n'est absolument pas gérable en groupe. Les enseignants qu'il a cette année sont très tolérants et très ouverts au dialogue tant avec mon fils qu'avec nous mais reconnaissent que sans la médication c'est tout simplement impossible de le gérer.

 

Pour ce qui est des éventuelles causes psys, toute difficulté psychologique constitue en soit un facteur aggravant du trouble mais n'en est pas la cause. On retrouve souvent ce syndrôme dans les cas de grande prématurité qui occasionnent des dommages cérébraux plus ou moins importants. A t'on idée d'aller voir un psychanalyste pour un dommage cérébral ? Et pourquoi pas pour une myopie ou un pied-bot ?

A t'on idée de laisser des psychanalystes s'exprimer publiquement sur un trouble dont on sait qu'il a plus de composantes biologiques que psychologique ? Et pourquoi pas un boucher pour parler du diabète ou un plombier pour la gynécologie ? Nous avons sûrement besoin des psys pour aider à surmonter les difficultés psychologiques qui découlent du trouble. A condition de trouver un psy qui comprennent que le profil psychologique de ces enfants est fondamentalement différent et que ces différences de fonctionnement occasionnent des souffrances psychologiques et non pas l'inverse… et ce n'est évident malheureusement.  

 

 

Les parents ne sont pas toujours les fautifs de tout. D'ailleurs, il existe des enfants qui vivent dans des environnements particulièrement défavorables, ou font face à des situations particulièrement dramatiques et qui ne présentent aucun signe de troubles mentaux ni comportementaux. Nous ne sommes pas tous égaux dans notre manière de prendre les évènements de la vie pour des raisons d'abord physiologiques.

 

Pour terminer, l'héritabilité de ce trouble est presque aussi importante que pour l'autisme dont il est aujourd'hui parfaitement admis qu'il n'a AUCUNE origine psychologique.
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b
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