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Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 05/07/10 | Mis en ligne le 09/05/12
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Bonjour Lilama, J'avais bien compris ton message dans ce sens là La violence intra-familiale n'était pas interdite, justement ! Celle envers les femmes n'étaient pas reconnue, jusqu'à il y a peu, il fallait des maltraitances graves pour qu'elles soient écoutées… celle sur les hommes, il y a au moins autant de chemin à parcourir que le chemin qu'ont du parcourir les femmes. Les enfants, la violence sur eux était explicitement autorisée par une jurisprudence de Bordeaux, qui date de 82. Elle dit en substance que les parents ont le droit de corriger leur enfant dans la limite du raisonnable et que la justice ne saurait entraver leur droit de correction (qui date de matusalem ! ). Le problème, c'est que cette jurisprudence rend le châtiment raisonnable *très* flou. Dans la plupart des familles, corriger un enfant par un coup n'est pas maltraiter, ni même exercer une violence, c'est une habitude, quelque chose acceptée socialement. C'est dans les moeurs. Je suis convaincue pour ma part, que si on montrait une façon de faire différente aux parents, une façon qui assoie leur autorité auprès de leur enfant sans lever la main, les parents diraient oui et préféreraient sans doute n'avoir jamais à frapper. Je l'ai assez vu autour de moi, jusque dans ma propre famille. Un certain nombre ont renoncé à la violence sur leurs enfants parmi mes oncles/tantes/cousins et d'autres non… L'une de mes soeurs, c'est assez flagrant et je sais qu'elle ne sait pas faire autrement. J'ai discuté, il y a peu, avec elle, et la conversation est tombée sur les nouvelles de mes fistons. L'un d'eux venait justement de faire une bêtise très grave et je lui expliquais comment j'avais réagi sans le décoller du sol pour le mettre en orbite familiale De fil en aiguille, j'en suis arrivée à lui parler d'autres faits… au bout de la 3° anecdote, elle me dit : "attends, il va falloir que je vienne te voir avec un crayon et un papier, il faut que je prenne des notes ! Ça me servira pour plus tard, j'adore ta façon de punir". Le secret est là : je ne punis pas. Je me contente d'appuyer les conséquences de leurs actes de telle façon qu'ils s'en souviennent longtemps. Et c'est le cas, j'ai du recul avec des enfants de presque 10 et 14 ans. Le grand m'a dit, il y a peu de temps : "avec ta méthode, on se souvient longtemps de nos bêtises et on n'est pas près de les recommencer". Pas traumatisés pour deux sous avec une méthode douce qui fait appel à la logique, mais ils se sont sentis "con" pendant un moment… L'éducation d'un enfant repose beaucoup sur la prévention et quand la bêtise survient, quelque soit son degré, les conséquences même de la bêtise devraient suffire à leur enseigner pourquoi ne pas la faire. J'appuie ses conséquences, histoire de bien marquer l'esprit, car il ne suffit pas de leur dire que c'est mal ou qu'ils ne doivent pas recommencer, il faut, dans la mesure du possible, qu'ils réparent leur bêtise. Pour ce qui est des cas d'enfants qui subissent de façon habituelle et disproportionnée des violences et comme tu le précises, dans le secret… nous sommes dans les cas de maltraitance. Si la peur du gendarme suffira pour une partie, pour l'autre partie, elle sera plus facilement repérable par les médecins et les personnels s'occupant des enfants dans les écoles (ATSEM qui change les enfants ou aident à la toilette dans les maternelles, par exemple, médecin scolaire à la primaire etc…). Les coups, ça laisse des marques, un enfant qui ne va pas bien sera dirigé vers un corps pluridisciplinaire interne à l'école avant un signalement (comme c'est déjà le cas, par ailleurs). Il y aura, je pense, toujours des enfants qui passeront à travers les mailles du filet, mais d'autres enfants pourront aussi via les liens d'amitié signaler eux même à leurs parents ou à leur enseignant qu'un enfant est en souffrance. J'avais souvent des marques sur le corps, quand j'étais enfant que ma mère soignait autant que possible avec des crèmes pour que ça disparaisse au plus vite. Ça faisait désordre… Un enfant maltraité a des marques de coups, mais aussi un comportement bien particulier. Il est prévu pour accompagner cette loi, que les magistrats et les professionnels près des enfants fassent des formations ponctuelles pour réagir face aux cas de maltraitance mais aussi pour bien déterminer ceux là des autres où ce sont les parents qui ont besoin d'aide pour les diriger vers les services compétents à les aider. Ça devrait pouvoir se faire en douceur tout cela, d'autant que les moyens sont déjà en place, mais pas vraiment connu du public. Notamment, il y a dans les PMI un réseau de pro qui sont à l'écoute des parents en difficulté. Reste à trouver comment informer ces parents qu'ils peuvent aller confier leurs difficultés à ces professionnels, leur faire prendre conscience que demander de l'aide, c'est aussi assumer ses responsabilités vis à vis de leur enfant et pas une chose honteuse. Ce qui doit primer, c'est l'intérêt de l'enfant.
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b
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