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Espoir, on peut s'en sortir

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies 20 ans
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Je fais un bilan sur le chemin parcouru, et ce que je vivais à l'époque où je parlais ici. Alors j'ai envie d'envoyer un grand message d'espoir à tous ceux et celles qui se battent avec un passé douloureux avec leurs parents. Je pense notamment à tous les anciens enfants maltraités ou abusés, dont je connais bien la souffrance. Oui, on peut s'en sortir !!! Oui, on peut retrouver goût à la vie, oui, on peut sortir d'une survie précaire, oui, on peut retrouver ses rêves, qu'on avait oubliés parce que la souffrance nous faisait perdre espoir. Oui, on peut sortir de la sprirale des moments dépressifs qui nous ramènent toujours en arrière, qui nous rattrapent sans cesse, malgré tous nos efforts et tout ce qu'on fait de beau dans nos vies. Oui, on peut dépasser le désespoir et l'envie de mourir ! Oui, on peut dépasser la dépendance à ces parents qui nous ont fait tant de mal et auxquels pourtant on reste accrochés malgré nous ! A tous ceux qui rament dans ces marécages, qui se demandent si ça vaut la peine, qui voit leurs progrés d'un jour effacés par la déprime du lendemain, je dis : c'est possible !! Je l'ai fait, et vous pouvez le faire aussi !!! COURAGE ! Pas courage pour tout encaisse en se blindant, hein, pas courage pour supporter avec résignation la douleur qui n'en finit pas, et les parents qui continuent à nous plomber et nous maltraiter même adultes. Non, courage pour se faire du bien, se faire aider, penser à soi, et affronter une par une les peurs et les conditionnements que nos parents nous ont faits : non, il ne va rien nous arriver de mal si on apprend à voir le monde par nos propres yeux. Non il ne va rien se produire de grave si on ne leur obéit plus. Non, ce n'est pas la fin du monde si on leur déplait. Oui, on a le droit de vivre nos vies, et oui, on peut y arriver, on n'est pas brisés à vie par la maltraitance. C'est l'un des pièges de la maltraitance, justement, de nous faire croire qu'on est mauvais et foutus, que rien de bon ne peut nous arriver. Mais c'est faux !! Oui, on peut démonter une à une ces croyances qu'on nous a mises dans la tête à coups de baffes, d'humiliations ou d'abus. Et c'est la clef pour s'en sortir ! Voilà, je commence à sortir vraiment d'une vie entière de déprime, de cafard, d'envies de vivre de suite rattrapées par les obsessions négatives. J'ai bientôt trente ans et 5 ans des psychothérapie derrière moi. Et ma vie a changé ! Bout par bout je l'ai réadaptée pour qu'elle me fasse du bien, pour apprendre à utiliser mes forces à me faire du bien et plus à me détruire. Parce que c'est ça que j'ai compris au fil du temps : la raison pour laquelle la maltraitance peut nous enfermer à vie, c'est parce qu'elle nous apprend à continuer le boulot contre nous : La maltraitance nous apprend à nous maltraiter nous-mêmes, et nous empêche de le voir et de le comprendre. C'est pour ça que même quand les vrais parents ne nous font plus de mal, on reste plombés… Et cela c'est affreux ! Mais on peut apprendre à se faire du bien, on peut démasquer et faire la peau à toutes ces croyances qui nous enferment, une par une… et se faire enfin une belle vie, qu'on aura envie de vivre ! Mais pour cela, une aide me semble indispensable. Au début, je ne voulais pas voir de psychothérapeute, j'avais la fierté de m'en sortir seule et de me faire une "auto-thérapie". Mais ça ne marchait pas, parce que la maltraitance nous met depuis l'enfance des réflexes auto-destructeurs. Et il faut le bon sens et l'étonnement, la gentillesse et le soutien d'un thérapeute compétent pour arriver à démonter le mécanisme et à avancer. En tous cas, j'ai eu besoin de cela. Puis je refusais aussi de voir un médecin, de prendre des médicaments. Je pensais que la thérapie suffirait, j'avais peur de tuer mes émotions à coup de médocs. Mais là encore, j'avais tort. A un moment, ma thérapie piétinait, j'avais beaucoup avancé mais les crises d'angoisse et les moments dépressifs me poursuivaient, malgré tous mes efforts, et ça m'épuisait et me faisait douter. Certains ici m'ont soutenu qu'il ne fallait pas avoir peur d'aller voir un psychiatre pour prendre des médicaments, et j'étais méfiante. Mais ils avaient raison. Ma psychothérapeute aussi m'a poussée petit à petit à aller consulter. J'ai réussi à me faire conseiller une très bonne psychiatre, qui ne donne de médocs que si c'est vraiment la peine, et qui prend le temps de choisir la bonne molécule. Par exemple, pour moi, elle n'a pas choisi un anti-dépresseur mais un médoc donné normalement aux épileptiques, et qui aide à maîtriser un peu l'instabilité des humeurs. Ça ne supprime pas les émotions, ça empêche juste de tomber trop bas dans la dépression, ou trop "haut" dans l'agitation de la crise d'angoisse ou la crise de fureur. Et après quelques mois de ce traitement, j'ai vu la différence : mes anciennes crises m'épuisaient tellement que j'étais dans une situation de survie permanente, ma seule préoccupation était de gratter autant que je pouvais des temps de repos pour me remettre de l'épuisement de ces crises… J'avais le nez dans le guidon et ça m'empêchait de prendre de la hauteur, de voir mes progrès… Ma psychiatre m'a expliqué que quand les états dépressifs sont très anciens (comme dans le cas de la maltraitance) et ont commencé dans l'enfance, il est presque impossible de s'en sortir sans médocs, parce que le cerveau a pris des habitudes, comme le lit d'une rivière qui se creuse à force que l'eau passe au même endroit. Et ce lit devient si marqué que passer par un autre chemin demande des efforts colossaux. Les médocs aident à cela. Ils nous soutiennent pour apprendre à notre cerveau une autre façon de fonctionner. A sortir du lit de la rivière de l'autoculpabilisation, de la vision noire de tout ce qui nous arrive, de la peur de remettre en question nos parents, de la peur qui paralyse si souvent dans nos vies, des crises d'angoisses qui nous rattrapent sans cesse. Mes médocs m'ont aidée dans tout cela. De manière très très visible ! Ma thérapie me faisait avancer mais chaque pas restait difficile, et je retombais régulièrement très bas, à chaque coup de fatigue. Avec les deux, psychothérapie et médicaments, je suis en train de m'en sortir vraiment. Je commence depuis près d'un an à me sentir vraiment bien dans ma vie, vraiment heureuse, vraiment capable de faire des projets, de me faire du bien… Et j'ai eu le courage, ce dont je suis très fière, d'écrire au procureur de la république pour signaler que ma famille était maltraitante, pour protéger mes petits frères encore sous le toit familial. Et je crois que ce geste a aidé mes petits frères, ils me semblent aller mieux. Et je suis très heureuse d'avoir osé faire cela. Voilà, tout ça je voulais le partager avec vous, avec tous ceux qui luttent pour aller mieux, tous ceux aussi qui ne savent pas s'ils peuvent espérer mieux. Oui, c'est possible, et je vous souhaite de tout mon coeur de vivre cela à votre tour.
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120613
b
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