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J'ai peur de devenir comme mes parents

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo - 02/09/10 | Mis en ligne le 10/11/11
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Je suis une femme de 28 ans, avec un passé "éducatif" lourd. Je suis aujourd'hui quelqu'un d'assez équilibré je pense, même si ma construction a été extrêmement difficile. En ce moment, ma vie évolue. Mon mari et moi sommes sur le point de faire construire une maison, et surtout le sujet "bébé" commence à être abordé sérieusement. Et là je me pose des tas de questions ! Ca va être long sans doute, mais je vais tâcher de vous situer un peu mon histoire d’abord . Mon père : alcoolique depuis au moins 20 ans / dépressif / parieur Il était pompier, on le voyait donc très peu par rapport à son boulot. En plus de ça, il passait son temps libre dans des bars. Donc on le voyait jamais. Et quand il était là, non seulement il n'était pas "présent" mais en plus il était violent. Je ne me souviens pas avoir jamais joué avec lui ou avoir entendu de paroles gentilles venant de lui à part pour nous exhiber devant famille et amis comme de bons enfants si bien éduqués par le papa formidable qu’il était. Ca c’est sûr, on était sages comme des images. Autrement, c’était une « torgnole » comme il disait. On en a pris quelques unes…. Une de mes 5 sœurs en garde des séquelles aujourd’hui (œdèmes au cerveau et crises d’épilepsie). Moi je suis physiquement indemne, j’en culpabiliserais presque… Il était sexuellement déviant aussi. Je ne l’ai su que récemment, mais il y avait un trou dans un mur de la salle de bains par lequel il nous observait. Ca, ca m’a fait voir certaines situations sous un autre angle et en fin de compte, je crois bien qu’il était sur le fil et qu’on a eu bcp de chance (si on peut parler de chance) qu’il ne franchisse pas la ligne et n’abuse pas de nous. Evidemment son penchant pour l’alcool et les paris était un gouffre donc nous étions très pauvres. Pas de quoi se vêtir, mais on pouvait récupérer les habits de nos cousines. Nous ne mangions pas vraiment à notre faim (lui et ma mère oui, par contre. Combien de fois ils se sont fait un steak sous notre nez alors que nous nous partagions 2 tranches de jambon à 5…). Les derniers hivers où on a vécu ensemble, on avait ni chauffage, ni eau chaude parce qu’il buvait tout l’argent et n’en avait donc plus pour faire réparer la chaudière. Ma mère : Alcoolique et dépressive elle aussi. C’est venu plus tardivement. Je crois qu’elle était trop fragile pour vivre avec quelqu’un comme lui et trop faible pour partir. Alors elle s’est enfoncée. Et nous on a subi. Elle dormait toute la journée, criait en permanence, et avait la main leste également. Jamais de mos tendres évidemment. On devait faire ménage, linge… Si on manquait à nos obligations on était (aux choix) engueulées, frappées, trainées par les cheveux. Ben oui, elle travaillait pas mais comme elle ne vivait que pour dormir, elle avait pas le temps de gérer la maison. J’ai été humiliée un nombre incalculable de fois, comme cette fois où elle m’a déshabillée de force vers l’âge de 13 ans, pour constater que mes seins et mes poils poussaient. Ignoble. Ou quand on nous a rasé la tête ( 2 fois) car on avait des poux. Nos supplications et nos larmes n’ont rien changé. Ils étaient décidés. L’école et le collège ont été des calvaires à cette époque. Quand j’ai eu 15 ans, mon père a rencontré quelqu’un d’autre et a largué ma mère. Il lui a laissé la maison pendant 1 mois et lui a dit que si on était pas parties au bout de ce mois, il nous foutrait toutes les 6 dehors… Elle a eu un électrochoc, a essayé de se sevrer. Seule. Ca a fini en crise de delirium. Je l’ai vue. Ca fait flipper. Donc direction l’hôpital où elle a pu être suivie sérieusement et ca s’est amélioré. Elle a trouvé un boulot, un appart’ pour nous toutes et on a enfin eu une vie un peu plus douce. Moi j’avais 15 ans, le mal était fait. Pour les petites aussi, remarquez. J’ai voulu porter plainte, plusieurs fois. Mais on était 5 et je savais que si ca allait loin, on serait séparées. Et je crois qu’on préférait se faire taper dessus et être ensemble, plutôt que de se retrouver éparpillées. Et puis aussi, comme bcp d’enfants maltraités, on aimait nos parents quand même. Aujourd’hui, je n’aime plus mes parents. Mais ce sont mes parents quand même. Sentiment bizarre. Je côtoie ma mère, et je respecte le combat qu’elle a mené pour s’en sortir même si on a fait les frais de son comportement avant. On ne parle jamais du passé. Mon père lui est dans une spirale infernale. C’est une loque et il est en train de devenir SDF par sa faute. Je le sais et je ne lui tends pas la main, ce qui me vaut de me sentir coupable parfois. J’ai l’impression de faire du mal à quelqu’un alors que c’est lui qui s’en fait. Mais je tiens bon, et mon mari m’aide. Est-ce que je fais bien ? Suis-je inhumaine ? Je ne sais pas. Et me voilà aujourd’hui, avec mon mari à vouloir cet enfant que j’aime déjà. Mais comment savoir si je serai un bon parent pour lui ? J’ai peur de reproduire certaines actions de mes parents. C’est pour ca que j’en ai écrit une partie, je pourrai venir lire de temps en temps et me confronter avec moi-même. Mon mari n’est pas inquiet. Il voit en moi une personne « bonne » et équilibrée et ne voit pas en quoi je serais capable de nuire à un bout de chou. Mais je sais aussi que l’inconscient peut nous jouer des tours. Vous, enfants maltraités et parents à votre tour, comment avez-vous fait pour dépasser vos peurs ? Pour aimer votre enfant comme on ne vous a pas aimé vous ? Pour le guider ?
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Commentaires pour cette histoire  Ajouter un commentaire

Par vero31200 | le 07/01/12 à 08:00

tu sera une bonne mere des que tu aura le bebe rien que de le voire le sentire le toucher ca te rendra heureuse et tu dira voila j'ai souffert et bien voila ma recompence mon marie mon enfant vie pour eux et non pour ton pere tu ne peut rien pour lui,et c'est toi qui a souffert,ne te fait aucun reproche ,ne fait pas comme moi j'ai vecus 10 ans de coup et de maltraitance de la part de ma mere et de l'adass et j'aiquand meme eu pitier et elle etait a la rue je l'ai receuilli etelle vie chez moi de puit 3 ans et c'est l'enfere elle tappe mes enfants surtout le petit alor je l'ai mis dehort mais en maison de retraite .vie ta vie ,sois heureuse avec ton mari et tes future enfant essais d'oublier le passer ,c'est dure vue ce que tu a passer mais il faut essayer car le passer va te pourrire la vie . tu ne l'oublira pas tellement mais il faut penser a toi tu a eune famille pense a elle et a toi tu sera une tres bonne mere et une bonne epouse fait moi confiance

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