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L'histoire de ma famille est douloureuse

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J'ai eu une petite enfance (0-6 ans) assez heureuse, j'ai un frêre ainé âgé de 10 ans de plus, une petite soeur qui a trois ans de moins, et un petit frêre qui a 6 ans de moins que moi.

A la naissance de mon petit frêre, et mon entrée en CP, la situation a rapidement changé, ma mère m'enfermait chaque soir en rentrant de l'école à 16h30 dans la cuisine (à clef) avec des dizaines de devoirs supplémentaires pour me rendre "meilleure" à l'école. Elle me relachait vers 8h je mangeais et filais me coucher.

Comme elle travaillait jusqu'à 19 h (quasiment à son domicile, elle est gardienne et sa loge est accollée à son logement) elle allait et venait à me punir pour mes fautes et retourner à son travail. Elle ouvrait brusquement la porte pour vérifier si je ne me laissais pas "aller" entre deux venues, et ses corrections pouvaient durer plusieurs heures dans ses plus mauvais jours. Les coups étaient avant tout les mains, des gifles, mais aussi tout ce qui lui passait sous la main, ma règle, mes livres, la poêle quand elle préparait ou le couteau.

Un jour elle a mal maitrisé son geste et le couteau m'a écorché la joue, je n'en garde aucune séquelle physique mais je n'arrive plus à approcher les couteaux "coupants" et toute personne en tenant un.

Elle a réussi en partie sa mission, je suis devenue une excellente élève, très effacée, soumise, et timide alors que j'étais d'une nature assez allante.

Mon père ignorait tout ce que ma mère faisait, il préférait s'absenter tant que possible ou s'enfermer dans la pièce à côté pour ne pas avoir à intervenir.

Mais sa violence ne s'arrêtait pas à ces gestes, c'était une sorte de maîtrise de toutes mes pensées, actions qu'elle désirait. Elle choisissait pour moi qu'elles seraient mes amies, et j'avais intérêt à m'y tenir. Je n'ai connu les activités extra-scolaires qu'à mes 10 ans après avoir longtemps insisté auprès de mon père.

Elle travaillait mais refusait de nous laisser à la cantine (ce sont les mauvaises mères qui font cela pour elle) alors qu'elle n'avait absolument pas le temps de s'occuper de ses 4 enfants le midi.

Elle finissait le travail à 11h30, donc arrivait toujours à la sortie de l'école vers 12h, elle nous interdisait de rentrer à pied et nous obligeait à rester à l'intérieur de la cour, alors que l'école l'interdisait, les femmes s'occupant de la cantine étant obligées de nous mettre à l'extérieur des grilles et ma mère me punissait en arrivant de ne pas m'être imposée pour rester à l'intérieur.

Comme elle ne préparait pas à l'avance, en rentrant elle courrait entre des courses, le repas à préparer, et nous avalions généralement notre repas 10 mins avant de retourner en classe.

J'ai essayé de lui faire comprendre une fois arrivée à la fin de la primaire que je ne pourrais jamais suivre ce rythme une fois au collège où je n'aurais que 50 mins pour rentrer, manger et repartir. Il était plus raisonnable à mes yeux de manger à la cantine, et que ça la soulagerait.

Je me suis prise une violente raclée et des remontrances pendant des mois, à m'accuser de renier ma famille en souhaitant manger à l'extérieur de la maison, elle prenait ma petite soeur et lui disait "regarde ta soeur ne t'aime plus, elle veut nous quitter", ma petite soeur finissait en pleurs, refusait de me parler, et moi aussi j'éclatais en sanglots en subissant les raclées suivantes.

Pour avoir discuté par la suite avec mon frêre ainé (qui a quitté le domicile parental vers mes 10 ans) , il a subi le même type de traitements pour les devoirs, par contre ma mère n'a pour ainsi dire jamais levé la main sur ma soeur, et plus rarement sur mon petit frêre en partie parce que dès que j'étais là je m'interposais.

Elle a "épargné" ma soeur, parce qu'elle se voit elle en ma soeur, tout ce que ma soeur faisait, disait, était la perfection même à ses yeux, elle me répétait que je ne devais pas me plaindre que ma soeur avait une vie bien plus difficile que moi, que je ne valais rien. Petit à petit cela a envenimé les relations avec ma soeur, étant assez fusionnelles toutes petites, les rancoeurs sont nés de ces traitements. Ma petite soeur, très gatée et cédée a vite compris qu'elle pouvait tout obtenir de ma mère, si nous nous disputions aussitôt ma mère déclarait que moi je lui mentais et que ma soeur avait raison, que c'était une "bien malheureuse enfant ainsi maltraitée par sa soeur ainée". Et je me prenais des leçons de morales sur mon comportement, "qu'une soeur on doit l'aimer, la chérir, que c'est précieux, qu'elle elle avait toujours tout donné à sa propre soeur qui la dénigre etc… "

Ma soeur et moi nous sommes éloignées l'une de l'autre, je voyais ses amis défiler à la maison, je la voyais avoir une vie sociale, des libertés, et moi j'étais cloitrée dans ma chambre, à étudier et à pleurer.

Quoique le droit de "pleurer" m'a également été retiré. Pour ma mère si je pleurais je contestais son autorité, je ne devais pas pleurer car c'était m'opposer à ce qu'elle me disait, ainsi à la moindre larme je prenais une claque de plus pour "cesser ça".

Le plus vicieux dans le comportement de ma mère, c'est qu'elle ne pouvait s'empêcher de faire "plus que tout le monde", dès que des amis étaient à la maison, elle cherchait tellement à leur faire plaisir, à combler le moindre de leur désir, que quelque soit la personne à qui je pouvais confier ce que je vivais, personne ne me croyait devant une mère aussi "dévouée", on se disait juste que j'étais une fille ingrate.

Je n'ai jamais eu droit à la moindre intimité, avec elle il ne fallait fermer aucune porte, si je fermais une porte c'est que j'avais quelque chose à me reprocher, à lui cacher, que ce soit la porte des toilettes (j'ai obtenu ce droit vers mes 12 ans) ou la porte de ma chambre (obtenu vers 16 ans).
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125712
b
Moi aussi !
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