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Les non-dits

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Ta phrase "J'ai encore mal à mes parents" évoque tout ce qui te lie inconsciemment à eux. Tu es encore dans leur désir, tu ne veux pas les contrarier, tu essaies tant bien que mal de leur démontrer qu'il y a une autre voie que la leur. Mais ils sont hermétiques, ils sont comme ils ont été élevés, dans un moule et ils voudraient que tu perpétues cette forme de tradition du non-dit, du non-ressenti. Quelque part tu es encore attachée à ton cordon, à ton passé généalogique, à cette histoire qui traverse les générations et met souvent un fil à la patte de la personne qui souhaite s'émanciper. Le non-dit est la pire des choses. Il y a des violences silencieuses qui sont parfois pires que celles qu'on hurle. Tu ne fais rien de ce que tu as envie. Ils sont en permanence ton miroir. Tu retournes avec ton mari pour leur faire plaisir ou pour ne pas les blesser mais tu ne t'autorises pas à vivre ce que tu es au fond de toi, ce que tu aimes, ce qui te fait vibrer. D'ailleurs sais-tu vraiment ce qui te rend heureuse ? T'es-tu posé la question ? Mon témoignage pourra peut-être éclairer ta lanterne. J'ai été adoptée à l'âge de quatre ans et demi et toute mon enfance, mon adolescence et une grande partie de ma vie d'adulte, j'ai calqué mes goûts sur les leurs, mes désirs sur leur acceptation. Certes ce n'était pas mes parents biologiques mais le report et le besoin de leur plaire, de ne pas les contrarier, de ne pas déclencher un conflit surtout, était le plus fort. Et puis un jour, j'ai découvert ma famille biologique et j'ai compris que toute ma vie inconsciente était basée sur des répétitions, sur ces non-dits cachés par ma famille adoptive et surtout remplacée par des interprétations qu'ils avaient faites. Le résultat de cette superpositions de familles (bio et adoptive) a été de m'inhiber complètement dans une vision unique d'être telle qu'on voulait que je sois. Et je ne me permettais à aucun moment de dévier car si jamais je le faisais malencontreusement, je m'exposais au courroux. Il y a seulement quelques mois, j'ai "terminé" un travail de longue haleine qui m'a permis de découvrir que j'étais une personne à part entière avec des envies, des besoins qui m'étaient propres. Du même coup, j'ai balayé tout le paraître que l'on m'avait imposé et j'ai pris la liberté d'être moi. Les parents nous transmettent des valeurs qu'ils ont eux-mêmes héritées de leurs ancêtres mais ils nous transmettent tout un univers inconscient. Leurs peurs, leurs manques sans doute transmis de leurs parents et ces caractéristiques nous collent à la peau jusqu'à ce qu'on en prenne conscience, qu'on en découvre l'origine et qu'on dise STOP. Cela ne passera pas à la génération d'après. Je refuse de continuer ce schéma qui ne me correspond pas. Ainsi des enfants d'alcooliques par exemple, qui sont souvent assimilés à de futures victimes, ne boivent pas car ils ont décidé que s'ils étaient dans un sondage, ils feraient partie des 50% de chances de ne pas boire en ayant des parents alcooliques. Des enfants maltraités peuvent ne pas maltraiter les leurs. Parce que rien n'est fatalité et que prise à temps, la problématique mise à jour, s'inverse. Il suffit juste de comprendre la cause du mal. Je dis "juste" mais c'est souvent un long travail… qui mérite de s'y pencher !
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b
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