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Maman solo et précarité

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Maman solo et précarité, éléver un enfant, seule, totalement seule, relève de l'exploit… dans mon expérience personnelle, cela reste un échec cuisant.

Depuis cet échec, j'ai perdu quelque chose de moi-même et la garde de mon fils.

Après un divorce au motif de violence conjugale, je me suis retrouvée seule pour élever mon jeune enfant.

Au début de la séparation (qui fut brutale) , j'ai réunis les différentes aides sociales pour me reloger et subvenir à nos besoins.

J'ai fini par retrouver du travail et me suis rendue compte que, malgré un salaire correct j'étais plus dans la précarité et moins présente pour notre fils qu'en tant qu'assistée sociale au statut de parent isolé.

Avec un père défaillant et querelleur dans un premier temps (il m'acculait à des procédures judiciaires qui ne réglaient pas les problèmes et ne faisaient aucunement cesser les mauvais agissements d'un ex mari revanchard et utilisant notre enfant comme un instrument -quitte à le mettre en danger-, avait organisé son insolvabilité pour ne pas honorer la pension alimentaire… ne procurait que des embêtements, des complications terribles de conséquences) , j'ai alors entrepris une reconversion professionnelle avec l'obtention d'un master afin d'exercer un métier plus en adéquation avec des horaires de maman solo (je n'ai pas de mamie dépannage notamment, les frais de garde représentaient une énorme charge, je manquais crucialement de présence pour mon petit garçon et devant le total manque de responsabilité de son papa j'avais décidé d'assumer le quotidien et la préparation de l'avenir de notre fils) , moins physique également, car mon dos commençait à présenter des signes de faiblesses et me procurait des douleurs sciatiques si intenses que je devais parfois rester allitée pendant plus de quinze jours.

Le père de mon fils n'a jamais voulu prendre notre enfant en charge lorsque j'étais immobilisée alors qu'il vivait à 10 km de notre domicile et c'est avec ces conditions puis la disparition soudaine et imprévue de mon ex mari que je du gérer le quotidien avec notre fils.

Des problèmes avec une administration qui avait fait des erreurs m'ont acculés ensuite au R.M.I., avec des pensions alimentaires défaillantes, un abandon paternel, des problèmes de santé, le chômage, un jeune frère qui décède brutalement… une période sombre s'est installée.

De tempérament combatif, je n'ai pas baissé les bras et j'ai fini par trouver un emploi à la mesure de mes attentes et qui nous permettrait, enfin, d'avoir une stabilité sociale pouvant nous garantir une vie plus sereine.

Après la séparation, la reconstruction sociale et la reconversion professionnelle avaient en effet instaurées une situation instable avec une mobilté professionnelle (il fallait absolument assumer nos charges avec mon fils) et avaient chahutés des repères qui nous auraient bien satisfaits plutôt que la vie "nomade" qu'il nous fallut vivre alors, je me disais que tous ces efforts n'étaient pas vains et que le résultat, l'objectif, était avant tout de pouvoir enfin se poser correctement et ne plus avoir à être assitée sociale et dans la précarité.

Mais depuis les actes de violence de mon ex mari, son enlèvement de notre enfant, ses querelles, sa disparition de notre vie, notre fils développait des troubles du comportement.

Présentant des problèmes de comportement à l'école depuis sa première année de maternelle, je le faisais suivre ainsi que moi-même par un psychologue.

Je retiens de la relation enseignants/maman solo, des exigences de leur part qui sont impossibles à réaliser car de l'ordre de la vue d'esprit. Je retiens de toutes les années où mon fils étaient avec moi (de l'âge de deux ans à l'âge de sept ans) , des jugements innaproppriés et des demandes innaccessibles qui engendraient une pression telle que je culpabilisais de ne pas avoir les moyens de faire les choses irréalisables que l'ont me demandait même si j'ai fini par comprendre une évidence d'alors… j'étais terriblement trop seule.

Alors que je me démenais pour parvenir à assumer pendant que l'autre parent s'était arroger la liberté totale dans sa vie et que je m'efforcer de préparer des bases solides pour l'avenir de notre fils, j'en prenais plein les oreilles, me retrouver avec des signalements auprès des services sociaux, je me sentais comme prise dans un piège à rat, à ratée.

Puis j'ai enfin trouvé le poste de travail qui devait nous sauver de la précarité et nous permettre d'instaurer une réelle stabilité, une sécurité de l'avenir, et prendre en charge de façon continue les problèmes de comportement de notre fils.

Le poste de travail s'est avéré alors être un traquenard, et après des années d'épuisement et la situation compliquée qui se présentait, j'ai compris, car je n'avais pas les moyens de faire demi-tour (redéménager et re changer d'école aurait été la fois de trop pour notre fils et moi-même) que j'aurais beaucoup de mal à me sortir de ce guépier.

Au bout de dix mois, je perdis mon emploi, quinze jours après mon licenciement j'étais accusée de maltraitance physique et psychologique sur mon propre enfant, un grand sentiment d'injustice m'a alors envahi, je me suis plus débattue que battue face aux accusations, suis devenue une femme en colère face à des accusations et des jugements qui faisaient de moi une personne que je ne connaissais pas, notamment à la lecture du rapport de l'enquêteur social : tout ce que j'avais entrepris pour instaurer une situation sociale stable pour moi-même et notre fils, toutes ces années d'efforts et de travail, tous les moments merveilleux que j'avais partagé avec notre fils ont été souillés par des regards externes malsains, maladroits, précipités et erronés.

Le père de notre fils a été contacté, celui là même qui m'avait fait la promesse de me pourrir la vie après notre divorce n'avait plus qu'à ceuillir la situation, rajouter aux accusations "sa véracité" sur les faits qui m'étaient reprochés… alors que cela faisait trois ans que je n'avais pas eu de ses nouvelles !

J'ai fini par obtenir la garde partagée, un médecin avait fini par faire comprendre à tous ses gens bien pensants que les troubles du comportement n'étaient pas de faits de mes prétendues maltraitances.

Pour obtenir cette grade alternée, au prix de devoir revivre les querelles avec mon ex mari, j'avais proposé de me rapprocher du domicile de mon ex mari dans un délai d'une année scolaire puisque mon fils entamer son année scolaire, parce qu'il y avait 800 kms qui nous séparaient à présent et qu'il me fallait retrouver un travail pour y parvenir.

Seulement, le JAF me donna deux mois pour y parvenir.

Je n'ai pas réussi à trouver un emploi dans le département de mon ex mari, un environnement rural que j'avais quitté quelques années plus tôt car il n'y a pas de travail là bas.

Mon automobile a complétement était détruite pendant les émeutes (pas les moyens d'en acquérir une dans un délai si court) , mon état de santé s'était également dégradé… mon fils est parti chez son père en octobre 2005, le juge avait posé comme un ultimatum un délai improbable au regard de ma situation et de mes moyens, passé ce délai de deux mois le papa avait la garde de notre fils et moi des droits de visistes pour la moitié des vacances scolaires…

Quelques semaines après le départ de notre fils chez son papa, ma santé s'est trés nettement dégradée encore, sujette à des paralysies des deux jambes je ferai un parcours hospitalier avec plusieurs interventions chirugicales, de longues périodes sous morphines, paralysée par les douleurs intenses je serais le plus souvent allitée, en fauteuil roulant et en rééducation.

Ma situation sociale s'est dans le même temps dégradée à tel point que je me suis retrouvée à la rue en fauteuil roulant et hébergée grâce au service du 115.

Aujourd'hui je suis à la recherche d'un emploi, j'ai une reconnaissance de travailleuse handicapée en milieu ordinaire, je gère mes souffrances au quotidien et je marche tous les jours.

J'ai perdue de mon autonomie physique, je ne suis pas guérie complètement mais je peux et veux aller travailler.

Je vis avec une homme handicapé et actif, je ne suis plus seule et je peux vraiment compter sur notre solidarité et notre générosité mutuelle.

Mais j'ai perdu quelque chose d'énorme dans cette histoire.

J'étais spontanée, dynamique, je riais de bon coeur, je n'avais pas peur de la vie.

Aujourd'hui je reconstruis une nouvelle vie… avec quelque chose en moins et quelque chose en trop.

Je vis une relation forte avec mon fils (il a neuf ans et demi actuellement) quand il vient pour les "demi vacances".

Je n'ai pas la liberté de lui parler régulièrement car son père nous empêche de cultiver notre lien en dehors des visites chez moi 'lintervention de la justice n'y a rien changé là encore).

Nous souffrons du manque de notre présence mutuelle et de l'absence de cohésion parental (le papa ne veut pas communiquer et raconte des inepties incroyables etc…).

J'ai toujours pensé que dans la vie, pour parvenir à ce dont nous avions besoin il fallait se donner les moyens d'y parvenir et les mettre en oeuvre.

Lorsque je me suis retrouvée maman solo, totalement solo, j'ai fonctionné selon mes valeurs du travail et du mérite avec lesquelles j'ai été élevée, et au lieu d'être fataliste, attentiste et assitée, je suis allé de l'avant pour moi-même et parce que j'étais pleinement investie dans ma responsabilité et mon rôle de mère, avec les complications de l'ex mari ou avec son "abandon de paternité".

L'enquête sociale, que je n'ai pas pu re faire faire malgré trois interventions auprès d'avocats (…) , a été la chose la plus difficile à découvrir. Son contenu m'a boulversé.

Encore aujourd'hui certaines phrases retentissent dans mon esprit.

Je n'ai pas eu une situation confortable et j'ai fait tout mon possible et ai mis toute mon énergie à assumer dignement les épreuves d'un parcours trop solitaire de fait, je n'ai pas réussie à offrir une stabilité sociale idéale à notre fils.

L'épreuve était difficile et l'enjeu était sensé mais j'ai été affublée de "carriériste que la présence de son enfant dérange", ou encore de "présentant le syndrôme de mère parfaite", ou encore, parce que je suis une mère ayant de l'autorité naturelle et de la douceur à l'égard de mon fils de "mère présentant des relations charnelles" et "des signes de maltraitances"… et d'autres arguments invraisemblables et sans fondement.

Visiblement macho et partial, l'enquêteur m'a fustigée.

L'accusation de maltraitance n'a abouti sur rien et ma non participation à ce délit a été dite par le JAF à l'audience mais les conséquences de cet avari de procédure suite à une accusation infondée a détruit ma vie, torturée mon intégrité de femme et de mère et n'a pu que me confirmer la triste constatation suivante : maman solo relève de l'exploit.

Certes mon histoire personnelle est compliquée, difficile et douloureuse mais je retiens aujourd'hui de tout ça que si, au lieu d'avoir des jugements et des demandes inappropriées à la situation de maman totalement solo j'avais eu des supports et des aides cohérentes (modes et structures de garde, fiscalité, emploi, emploi du temps et salaires, jugements de justice efficaces, milieu scolaire et services de la protection infantile) et de la cohésion sociale efficace… je ne me serai pas égaré dans une situation périlleuse pour assumer les intérêts de mon enfant et je ne souffrirais pas de la séparation d'avec mon enfant, au nom de ses intérêts… dixit la justice familiale.
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105299
b
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