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Une association sénégalaise répond à Thalassa

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Bonjour,

 

Ce message m'a été transmis par une association sénégalaise basée à Dakar, quartier de la Médina.

 

Empire des Enfants est un centre d'accueil temporaire pour des enfants en difficulté. Le centre propose aux enfants perdus, en difficulté… un accueil, des soins et si possible un avenir…

 

Cette association souhaitait réagir après avoir pu voir le reportage diffusé par Thalassa.

 

 

Faisant partie d'un des nombreux acteurs locaux qui travaillent dans le cadre de la prise en charge des mineurs en danger au Sénégal, nous nous permettons de réagir au reportage " Les enfants perdus de Mbour " diffusé lors de l'émission Thalassa du 20 février 2009 sur la chaîne France 3 du groupe France Télévision et au débat qui l'a suivi.

 

Notre association, Empire des Enfants (http://www.empiredesenfants.com) , existe depuis 2003 à Dakar. Ce centre est un lieu d'accueil d'urgence, de prise en charge et de réorientation pour les mineurs en danger. L'équipe pluridisciplinaire de la structure assure également des activités de prévention, sensibilisation et plaidoyer sur les droits des enfants.  

 

Comme vous, nous sommes donc convaincus que la sensibilisation du grand public est une activité pertinente pour la lutte contre la traite ou les pires formes de travail des enfants.  

Cependant, certains raccourcis utilisés dans ce reportage et lors du débat qui a suivi peuvent porter préjudice aux associations travaillant dans ce domaine ainsi qu'à la société sénégalaise dans son ensemble.

 

Des structures comme la nôtre luttent depuis de nombreuses années pour améliorer l'assistance aux enfants en danger et bénéficient du soutien d'acteurs internationaux et locaux. Nous déplorons que le reportage n'ait dévoilé qu'une facette de cette problématique et n'ait pas signalé les initiatives et activités visant à remédier à ce fléau.  

En cherchant à rectifier cette approche, l'émission a mis en avant une association uniquement dirigée par des personnes d'origine européenne sans évoquer l'action des personnes et organismes sénégalais. Il n'est évidemment pas question de contester la valeur de l'action de cette association. Cependant, le choix de ne pas présenter l'action de structures sénégalaises privées ou publiques risque de laisser entendre que seuls des étrangers aux pays réagissent à la maltraitance des enfants. Ainsi les deux émissions peuvent laisser entendre que la société sénégalaise accepte cette situation sans réagir. Or, des activités de lutte contre la maltraitance des enfants sont menées depuis de nombreuses années par la société civile et le gouvernement sénégalais.  

 

Enfin, les daaras sont un élément de la culture sénégalaise, voire une de ses valeurs fondatrice. Il existe ainsi ce que nous pouvons nommer des " bons " daaras, où l'enfant étudie le Coran dans de bonnes conditions (eau courante, habits décents, hygiène de vie) et des " mauvais "  daaras où les enfants sont maltraités, forcés à mendier et n'apprennent pas le Coran. Le reportage aurait donc pu signaler qu'il existe de " bons " daaras.  

 

Aujourd'hui, plusieurs initiatives nationales contribuent à la lutte contre la maltraitance des enfants. Les acteurs locaux ont mis en oeuvre différentes stratégies d'assistance aux enfants : tournées d'équipes mobiles dans la rue, centres d'accueil transitoires ou à long terme incluant des activités de formation professionnelle, etc. Notre association se concentre sur les axes suivants :

- accueil en urgence.

- prise en charge psychosociale et administrative.

- médiation entre l'enfant et sa famille.

- retour à domicile ou orientation  vers une structure spécialisée.

- animation socioculturelle.

- activités de prévention, sensibilisation et de plaidoyer sur les droits de l'enfant.

- activité Génératrice de Revenus (AGR) par la vente de produits de l'atelier récup.

 

Au niveau gouvernemental, la volonté politique du Sénégal de lutter contre la traite des personnes s'est exprimée à plusieurs reprises, notamment dans la ratification de conventions internationales (Convention des Nations unies sur les droits de l'enfant, Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, etc.). Le Ministère de la Famille en est l'un des principaux acteurs et pilote plusieurs projets, l'exécution étant confiée à la Brigade spéciale des mineurs.

 

Ce reportage aurait donc pu aborder la problématique dans son ensemble, en montrant le travail effectué par les associations et le gouvernement du Sénégal plutôt que de se limiter à une approche afro-pessimiste. Notre action est difficile, elle existe depuis des années et connait des succès et des échecs. Nous attendons de toutes les personnes sensibles à la maltraitance des enfants qu'elles soutiennent notre action. Ce qui suppose d'abord de rendre compte de notre existence.

 

Mme Anta MBOW.

Présidente de l'association.

 

17 Avenue Malick Sy – X 12.

Dakar – Sénégal.

Tél : 00221.33.842.21.55.

http://www.empiredesenfants.com
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61488
b
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