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Mère au foyer de mère en fille!

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Ma maman étant mère au foyer, une de mes soeurs (mon modèle ! ) et moi nous étions toujours projetées dans ce même schéma.

Comme elle a entamé ce chemin il y a 12 ans avec grand succès, ce voeu n'a fait que se renforcer toutes les années où j'attendais impatiemment ce rôle.

Enfin ma pitchoune s'est annoncée et depuis 19 mois je savoure chaque jour avec elle.

Je me découvre aussi, surprend parfois un décalage entre mes idéaux et la réalité (et là quelle déception ! ) , et j'ai bien quelques journées qui me paraissent un peu plus longues parce que pitchoune n'est pas d'humeur des plus coopérantes mais c'est si vite passé !

Pour les mamans qui s'ennuient à la maison, il existe dans énormément de villes de France des structures d'accueil pour les enfants de 0 à 3 ans où ils doivent être accompagnés. En recherchant des infos sur “la maison verte” de F.Dolto on trouve les coordonnées de toutes les assos de ce modèle en France. Personnellement j'y vais très souvent avec ma fille qui me le réclame après chaque sieste et j'y trouve le compromis entre le fait de la mettre “en société” et le fait de pouvoir la voir évoluer et partager ces moments avec elle. De plus c'est un lieu de rencontre avec d'autres maman et en peu de temps dans cette ville nouvelle pour moi que de contacts établis !

Par ailleurs je voulais tenter d'apporter une petite pierre à l'édifice d'agrougirl avec le commentaire d'une maman qui a 2 ados (17 et 19 ans) et un benjamin (5 ans). Ma soeur lui disait son souhait de retravailler doucement lorsque son dernier serait en CP ou un peu plus. Son amie disait que c'est ce qu'elle avait fait pour les aînés, puis avait à nouveau arrêté de travailler pour le dernier… et se rend compte qu'aujourd'hui ce sont les ados qui ont bien plus besoin d'elle, et que son boulot de mère au foyer se justifie encore plus que dans leur petite enfance ; elle sent que sa présence à la maison au retour des cours est capitale. Il y a un temps précieux, sorte de “sas”, entre la sortie du collège et les moments où ils se mettent à parler de leur journée qui est indispensable, parfois long, et qui n'aurait jamais le temps d'éclore si elle n'avait que la soirée à partager avec eux. Ainsi en tout début de soirée, une espèce de “confiance” ou “d'aise” a eu le temps de se former, et l'ado arrive peu à peu enfin à créer l'atmosphère qui lui convient pour “sortir” ce qu'il a besoin de partager, alors que c'est TRES difficile pour lui. Ma soeur arrivant dans la préado de l'aîné se rend de mieux en mieux compte de ce que voulait exprimer cette maman.

De mon côté je peux largement le comprendre aussi malgré le jeune âge de ma pitchoune ; c'est surtout moi qui profite d'elle aujourd'hui, consciente qu'à partir du moment où elle est nourrie, soignée et que l'on joue avec elle TOUT VA BIEN ; quelqu'un d'autre pourrait tout aussi bien s'en occuper !

Cependant je comprends tout à fait qu'on ne se supporte pas chez soi à longueur de journées, que l'on souhaite travailler et qu'une journée d'Areueueu paraisse rébarbative ! A mon avis il vaut mieux que bébé passe la journée dans une structure où l'on va s'occuper de lui et retrouver des parents qui ne seront qu'à lui lors des temps libres, qu'avec une maman frustrée et malheureuse. Pour ma part, il y a bien quelques matins où je me suis dit “j'aurais bien passé la journée au boulot aujourd'hui pour changer” mais pitchoune a très bien su faire envoler cette pensée, d'autant plus que chaque jour devient maintenant plus intéressant avec elle (vocabulaire, évolution moteur, caractère, éducation,…) et que son rôle de grande soeur devrait démarrer d'ici 3 semaines et je ne demande qu'à l'aider dans cette découverte !

Ma conclusion est à l'image de l'humeur du soir ; j'ai pu remarquer combien je suis contrariée quand dans sa journée je ne lui ai pas “laissé assez le temps”. Comment exprimer de sentiment ? J'essaie de faire en sorte lorsque nous faisons quelque chose qu'elle puisse avoir TOUT le temps dont elle a besoin pour aller au bout de cette “expérience”. Si elle souhaite par exemple marcher dans la rue et que je me décide à lui faire ce plaisir, ce ne sera que si jusqu'à l'arrivée j'envisage d'avoir le temps de la laisser monter chaque pas de porte (que c'est long, sale, et surtout cette position debout à attendre et enceinte ! ) , commenter chaque vitrine, regarder chaque bébé dans chaque poussette, etc… Sinon je tente de trouver une alternative ou une compensation “aujourd'hui on a trop de choses à faire en trop peu de temps, ce n'est pas possible mais on pourrait faire ci ou ça cet aprem”. Ainsi je peux déjà apprécier d'une part le peu de caprice par rapport à d'autres du même âge et d'autre part que les pas de porte deviennent de moins en moins intéressants, ou que le “piti bonhom errr” pour traverser commence à avoir un début de signification pour elle (alors que sa cousine de 4 ans pour qui l'on n'a JAMAIS de temps et par conséquent à qui l'on explique JAMAIS court telle une mouche dans les rues sans aucune conscience du danger, mais c'est de moi que l'on se moque puisque je “m'évertue à expliquer à un bébé des choses un peu trop compliquées pour elle”). Je reste persuadée que c'est comme au boulot quand il faut former quelqu'un en intérim qui vient pour vous aider mais toujours dans la précipitation : il faut savoir perdre du temps pour en gagner. Par contre je reconnais que je ne suis pas la reine des animatrices ; très peu pour moi les moments où il faut être à quatre-pattes ou inventer des jeux qui occupent les après-midi pluvieuses de bout'chou malade qu'il faut garder au chaud et loin des autres à contaminer !

Enfin pour mon expérience d'enfant de mère au foyer, je pense que ma maman a pu répondre aux besoins de chacun de ses enfants de façon ad'hoc grâce à sa présence à la maison. Ainsi l'une de mes soeurs a été une grande dépressive pendant 5 ans, et je pense que la disponibilité de maman les a aidées à sortir de cette impasse, tout en pouvant continuer à ce que la vie de famille existe et quà ce que personnellement je ne prenne conscience qu'aujourd'hui de la gravité du phénomène en en reparlant avec elles, et non pas lorsque nous étions tous sous le même toit pendant ces années finalement si noires pour elles. J'avais beau être en pleine adolescence elle a quand même su être présente quand il le fallait, répondre de la façon dont j'en avais besoin (je me souviens d'un “tu sais pour mentir, il faut avoir beaucoup de mémoire” qui a calmé les cachoteries dont j'étais coutumière depuis de longs mois et persuadée de maîtriser l'art) et préserver un beau morceau d'insoucience dont on a encore besoin à ces âges si fragiles ! N'allez pas penser que j'idéalise : sur quelques critères j'espère ne pas suivre ses pas (les tabous que c'est dur à vivre ! Les principes dur à supprimer ! ).
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1111
b
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