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Nous confions la vie de nos petits à des assistantes maternelles

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Bonjour,

 

Nous sommes des parents qui avons vécu l'horreur : Notre petit Mathias qui a 16 mois à été maltraité par l'assistante maternelle agréée qui le gardait ce 3 Juillet 2007!

 

Nous souhaitons vous raconter notre histoire… Depuis le drame, je consulte régulièrement internet, je recherche des informations sur des situations semblables à la notre… Je réfléchis énormément. Cette réflexion me conduit, nous conduit mon mari et moi, à vouloir agir de manière à ce que de telles situations ne se reproduisent plus !!! Nous souhaitons donc plusieurs choses de par cette démarche :

-Alerter des parents et futurs parents sur ce qui pourrait advenir, mais surtout insister pour qu'ils soient toujours à l'écoute de leurs petits. Car s'ils ne parlent pas encore avec des mots nos bouts de chou, ils parlent avec le corps !!! Nous souhaiterions leurs dire que s'ils observent que leurs petits essaient de leur dire des choses, de penser à toutes les situations et même les plus improbables !!! Nous souhaiterions leur dire que même s'ils sont de jeunes parents, d'avoir confiance en leur jugement et aux signes que leur enfants leur envoient !

-  Ensuite nous voudrions alerter les pouvoirs publics sur ce qui se passe sur le terrain :

·Il manque des structures spécialisées dans l'accueil de la petite enfance !

·Les structures existantes ont des horaires qui ne correspondent pas à la réalité de beaucoup de professions et/ou aux parents qui ont un travail éloigné de leur lieu de résidence.

·Les assistantes maternelles sont esseulée dans leur quotidien professionnel : on admet aujourd'hui qu'il est difficile pour des parents (et les mères en particulier) , d'entendre continuellement les cris de leur bébé par exemple (on n'arrête pas de le dire lors de la préparation à l'accouchement, à la maternité…). Les nounous elles gardent un, deux, trois et des fois quatre enfants !!! Et donc c'est un, deux, trois ou quatre fois plus de cris la journée !!!! Et elles restent seules. Plus je consulte des informations sur internet et plus je me rends compte que le drame que nous avons vécu et que nous continuons à vivre n'est pas un cas isolé : il y a urgence et il faut agir !!!!!

·Les hôpitaux devraient être moins démunis également, et le personnel mieux formé pour pouvoir gérer correctement des situations traumatiques et post traumatiques. Et si ce n'est pas possible : est ce le lieu le plus pertinent pour une mise en placement provisoire (car il faut pouvoir rassurer l'enfant, l'entourer… et pour que cela soit possible il faudrait aussi que les parents soient en mesure de le faire…) ?

 

Nous souhaitons par notre démarche ouvrir un dialogue, susciter le débat, pour trouver des solutions : il ne faut plus que cela arrive !!!!

 

Je ne pourrais pas tout vous raconter car cela serait trop long… Avant d'arriver à cette assistante maternelle nous avons cheminé et le désir de travailler, le manque de place en crèche… nous a conduit à cette assistante maternelle agréee.

 

Nous étions au départ persuadés mon mari et moi qu'un agrément du conseil général restait un gage de sécurité. C'est donc confiants que nous avons effectué nos démarches…

 

Aussi, nos recherches d'assistantes maternelles nous ont conduit à demander la liste mise à jour par les services du département des assistantes maternelles agréées au relais parents/assistantes maternelles (qui lui est un service proposé par la mairie). Cette liste nous a conduite elle même à Mme X (nous n'avons pas envie de divulguer son nom car le procès n'a pas encore eu lieu) cette assistante maternelle que nous avons rencontré mon mari et moi et que nous avons choisit pour garder notre fils.

 

   Elle avait de l'expérience : un agrément du conseil général en poche depuis plus de 10 ans ; elle proposait aux enfants de multiples activités en collaboration avec des médiathèques/ludothèques, avec d'autres assistantes maternelles… ; elle avait elle même deux petites filles (une de deux ans et demi et l'autre de 7mois habitant le même immeuble qu'elle et qui venaient souvent chez elle) … Elle semblait parfaite…. Peut être trop parfaite ?!

 

Mathias notre petit a donc commencé à aller chez cette dame. Pour lui permettre une adaptation efficace, j'ai fait en sorte qu'il y aille progressivement (un jour par semaine, puis deux…… jusqu'à arriver trois mois après au temps plein).

 

Trois mois après effectivement, car j'étais recrutée entre temps suite à un entretien positif avec la mairie de Nîmes pour exercer en tant que conseillère en insertion professionnelle au sein d'un de leurs centres sociaux culturels au coeur d'un quartier défavorisé de Nîmes, le centre André Malraux. Je devais débuter deux mois après c'est à dire au mois de Juillet et donc je disposais de ce temps pour obtenir au moins mon code en vue de présenter mon permis de conduire, ce que j'ai fait : je l'ai présenté et validé le 15 Juin.

 

   Au départ, tout semblait bien se dérouler, d'après ce que je pouvais observer et également d'après ce que cette assistante maternelle me disait. Par exemple Mathias ne pleurait pas au départ lorsque je l'y amenais et s'il a pleuré un moment donné cela n'a guère continué. De même il m'arrivait de rentrer plus tôt que prévu et là je le retrouvais à jouer avec les petites filles de Mme X… Cette ambiance familiale était plutôt rassurante. Elle me disait qu'il mangeait correctement et qu'il participait volontiers à toutes les activités. Et deux semaines environ après son arrivée, elle m'a dit qu'il n'avait plus besoin des doudous (deux de ses peluches) que je lui donnais pour aller chez elle (afin de tenter de faire la transition entre l'ambiance familiale et la nounou) …

   Il y a un mois environ et donc trois semaines avant le drame, Mathias a commencé à vomir. Cela a commencé chez la nounou lors des biberons de seize heures trente… Au départ cela ne s'est produit qu'une seule fois, puis cela s'est étendu à plusieurs jours et à différents moments de la journée (toujours après les repas) et même si cela se passait principalement chez l'assistante maternelle agréée cela pouvait se passer également à la maison. Lorsque j'ai vu qu'il ne s'agissait pas d'un événement isolé j'en ai alerté son pédiatre. Ce dernier a procédé à un certain nombre d'analyses de sang et d'urine qui n'ont rien montré. Parallèlement en y réfléchissant, en discutant de cela avec mon entourage, en discutant de cela avec la nounou elle même, j'ai commencé à me remettre en question. J'ai essayé de voir ce qui n'allait peut être pas dans ma manière de faire avec mon fils ; j'ai commencé à me dire que le fait de le laisser là bas de plus en plus lui était préjudiciable, qu'il ne l'acceptait pas… Je n'ai jamais mis en doute cette nounou parce qu'elle possédait un agrément depuis plus de 10 ans, parce qu'elle s'était occupée de tellement d'enfants alors que Mathias est notre premier (et pour le moment seul) enfant…  

 

Et pourtant, ce mardi trois Juillet (je venais, la veille,  

De commencer mon nouveau travail pour la mairie de Nîmes) , je reviens du travail un peu plus tôt que prévu. En arrivant près de l'immeuble où habite cette assistante maternelle, je vois en bas de l'immeuble mon fils appuyé sur la poussette de M…, un autre petit de cinq mois, qu'elle garde, je vois la fille de l'assistante maternelle, et je vois l'assistante maternelle elle même.  

Lorsqu'elle me voit, elle dit à Mathias de relever la tête et lui montre ma direction. Il regarde dans ma direction, je lui tends les bras et lui viens péniblement jusqu'à moi tête baissée. Lorsque je le prends dans les bras je remarque qu'il a des bleus sur le visage (sur la face droite et sur la face gauche) , je remarque qu'il a une énorme bosse sur le front, je remarque également qu'il est haletant comme une personne qui vient de pleurer. Je regarde la nounou d'un oeil interrogateur et elle commence à me raconter qu'il a encore vomi, qu'elle a voulu le mettre au piquet et qu'il se serait projeté volontairement et violemment contre le crépis de son mûr. C'est comme cela qu'elle expliquait les traces sur les deux faces de son visage. Je lui ai demandé pour la bosse du front, elle m'a expliqué qu'ils revenaient tout juste d'une promenade et qu'il serait tombé par terre. Nous sommes alors remonté chez elle : je devais lui payer le mois de Juin et récupérer les affaires de Mathias. Elle a confié l'autre petit qu'elle garde à sa fille qui je vous le rappelle habite le même immeuble (je n'ai pas compris pourquoi, j'étais surtout préoccupée par l'état de mon fils). Je continuais à regarder mon fils et je me suis aperçue qu'il avait un bleu sur le cou : je lui demande ce que c'est et elle est incapable de me donner une explication.  Ensuite je suis repartie de chez elle. Sur le chemin qui mène à mon domicile j'essaie de chanter des chansons qu'il aime bien à mon fils je remarque qu'il est toujours grognon. Arrivés à la maison, je lui retire les sangles de sécurité de la poussette et le met pied à terre et je constate qu'il a des difficultés à marcher correctement et à relever sa tête. J'appelle mon mari pour lui demander où il en est de la route (puisqu'il fait les trajets domicile-travail/travail-domicile tous les jours) car il faut amener Mathias aux urgences. Il me dit fort heureusement qu'il se trouve à cinq minutes de la maison et lorsqu'il arrive nous fonçons aux urgences de l'hôpital public d'Avignon.

 

   A l'hôpital, après une vingtaine de minutes, il est reçu. Nous racontons ce qui s'est passé et ce que la nounou m'a dit et ils procèdent à des analyses. Nous découvrons avec horreur un autre bleu sur le haut de la cuisse droite de Mathias en le déshabillant. On ne nous en dira pas plus, sauf une des infirmières qui nous dit que pour elle ce n'est pas le crépis du mûr et qu'il s'agirait plutôt de coups (de gifles selon elle) qu'il aurait reçus.

 

   Le soir à l'hôpital notre petit ne dort que 3 heures et les trois heures passées à dormir son corps décharge des tensions qu'il a accumulées : il a continuellement des soubresauts. Moi j'ai dormi une heure et j'ai eu de la chance d'être à côté de notre petit différemment de mon mari qui a dormi dans sa voiture sur le parking de l'hôpital car ils n'acceptaient pas que les deux parents soient présents la nuit.

 

   Le lendemain, en fin de matinée, le médecin de service vient, prend des nouvelles de la nuit, demande ce qui s'est passé. Nous lui réexpliquons comment je l'ai récupéré de chez sa nounou et ce qu'elle a expliqué le fait qu'il ait des marques et bleus sur le visage. Il nous a dit que pour lui ce n'est très certainement pas du crépis qui a pu faire cela à Mathias. Il examine alors Mathias d'une manière plus approfondie et nous découvrons avec lui des marques de griffures à l'intérieur des oreilles, des hématomes à l'intérieur de la bouche… L'horreur est à son comble ! Il préconise alors d'autres examens : Scanner, IRM, radiographie…. Pour voir s'il n'y avait pas de séquelles au cerveau, au squelette, aux yeux, à l'ouie…

 

   Face à cela je dis à mon mari qu'il faut que nous portions plainte. Aussi je m'en vais en taxi à la police nationale d'Avignon pour cela. Mon mari quant à lui est resté auprès de Mathias car avec tout cela il ne fallait pas qu'il reste seul. J'arrive à la police, les deux personnes chargées d'accueil ce 4 Juillet 2007 en fin de matinée m'expliquent qu'elles ne peuvent pas prendre ma plainte puisqu'il leur faut l'attestation du médecin où il est écrit clairement la cause des bleus… Je ressors déçue de cette entrevue et cinq minutes à peine par la suite mon mari m'appelle pour me dire qu'il a eu les premiers résultats d'analyse qui confirmaient tous nos doutes. J'ai senti que tout s'écroulait autour de moi : imaginer ce que mon petit, mon tout petit garçon avait vécu !!!! Me rendre compte que j'avais été incapable de le protéger ! Comprendre qu'il avait essayé de nous avertir par le langage du corps (ses vomissements) et que nous avons été incapable de donner une bonne définition à cela ! … C'est vraiment une expérience horrible ! Au cour de cette conversation mon mari m'apprend également que le médecin a transmis un état de la situation au procureur.  

   Je me relève tout de même et je rentre chez moi afin de récupérer des vêtements pour mon fils, ses jouets… toutes ces petites choses qui l'aideraient à se sentir dans un environnement rassurant. Puis sur la route, alors que j'étais dans le taxi en direction de l'hôpital mon mari m'appelle pour me dire que je dois me rendre à la police pour être auditionnée. Je lui réexplique que le matin j'y suis allée et qu'ils ont refusé de prendre ma plainte. C'est alors qu'une dame, qui d'après ce que mon mari m'a dit par la suite écoutait la conversation me demande tout de même de venir. Je demande au taxi de changer sa direction et je me rends à la police nationale où j'attends cette dame un certain temps avant d'être auditionnée.

 

   Au cours de l'audition, elle me demande ce qui s'est passé, comment cela s'est passé… Je lui raconte toute l'histoire : de mon arrivée chez la nounou à notre séjour à l'hôpital…  J'étais décontenancée par toute cette situation avant l'audition mais je ressors de cette audition encore plus défaite. En effet elle me dit à un moment donné de l'audition "qu'il y a bien une personne qui a fait cela au bébé et que c'est soit vous, soit la nounou" ! Elle faisait son métier en disant ça, mais j'étais déjà dans un état de choc avant cette audition et entendre cela était pire que tout !

Je lui dis qu'elle m'a fait très mal en me disant cela et elle me dit qu'elle ne faisait que son travail, que c'était pour me déstabiliser. Elle me rassure tout de même à la fin de cette audition en me montrant les résultats d'analyses que je n'avais encore pas vu : il n'y avait apparemment pas de séquelles  au cerveau, aux yeux, au squelette, à l'ouïe… Et  rajoute que sur mon audition, mon attitude… qu'elle sentait bien que j'étais hors de cause… mais pour moi le mal était fait : elle m'avait par ces propos accusé d'avoir fait ces horribles choses à mon garçon et j'en étais très mal !

 

   Je retourne ainsi à l'hôpital et raconte ce qui m'est arrivé à mon mari, lui me raconte comment sa journée s'est déroulée… nous essayons du mieux que nous pouvons d'entourer Mathias et de nous consoler.

 

   Le lendemain, mon mari a une audition, puis la nounou passe une audition à l'issue de laquelle elle est maintenue en garde à vue. La fille de la nounou est également auditionnée. Au cours de sa garde à vue la nounou craque et avoue partiellement les faits.

 

   Nous pendant tout ce temps nous sommes maintenu à l'hôpital, épiés par l'équipe, jugé coupable par ces derniers (à la fin de notre séjour deux des infirmières me le confirment en disant que dans ces situations ils voient tellement de choses qu'ils ne peuvent pas savoir : Mais qui leur demande de savoir ? On ne leur demande pas de savoir on leur demande de faire leur travail de personnel soignant !!!! Et de s'arrêter là ! De même, la cadre du service nous fait des reproches que nous ne comprenons pas dans la mesure où à aucun moment on ne nous remet de charte du patient : elle nous reproche en regardant le lit où est couché notre fils d'encombrer les lieux. Nous avons effectivement amener ses jouets, son oreiller… et d'autres choses familières afin de recréer un environnement rassurant pour notre petit. Et ce d'autant plus que nous ne savions pas combien de temps nous allions rester dans cette chambre d'hôpital d'où nous avions l'interdiction de sortir…

 

     

Bonsoir,

 

Je consulte régulièrement le forum et je lis à l'instant votre témoignage.

Je suis horrifiée par ce que je lis, c'est monstrueux, comment cette femme a pu en arriver là !

J'ai moi-même 4 enfants, 4 garçons agés de 2 ans,3ans et demi, 11 ans et 14 ans.

Je ne sais pas trop quoi vous dire car c'est terrible et de toute façons c'est un choc et je ne pourrai pas vous consoler de votre peine.

Je veux simplement vous dire que je pense à vous et votre famille, et je sais, par experience, que vous allez vous en sortir et lutter car l'amour d'une mère est plus fort que tout.

Vous avez tout découvert et aujourd'hui votre petit est hors de danger.

Par chance (si on peut appeler cela de "la chance"…) , votre fils a 16 mois et certainement qu'il oubliera tout ce qui s'est passé, mais je pense que les médecins vous le diront peut-être l'ont-ils même déja fait.

Je vous souhaite beaucoup de courage et surtout restez forte pour Mattias et pour le 16 août prochain, pour dénnoncer ce qui n'aurait pas du arriver.

 

Claire.
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Moi aussi !
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