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Il m'a fallu l'aide d'une psychologue pour me libérer de ma mère

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies - 22/03/11 | Mis en ligne le 16/11/11
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En theorie elle les lit avant mon arrivee. En pratique, j'ai ecrit ces lettres en francais, et j'ai dû les lui traduire en norvegien lors de mon rendez-vous car elle ne comprend pas le francais.

Ce n'est pas ce qu'elle m'a dit qui m'a permis de resoudre le problème. Elle n'a ete qu'un instrument, une personne qui m'a mis les bons outils en main en me faisant faire cet exercice, mais elle n'est pas responsable de la reponse que j'ai trouve à ma question. Elle m'a aussi servi symboliquement parce que j'ai effectivement poste mes lettres -symbolique forte que de poster ces lettres, même si ce n'est pas au bon destinataire le geste est important- elle les a recu, ouvertes, et elle m'a ecoute les lire, c'était aussi très important que de savoir qu'au moins une personne au monde m'a ecoutee, entendue et repondu.

Mais le travail, c'est moi qui l'ai fait ! C'est la redaction des lettres qui m'a oblige à prendre conscience de ce qui se jouait entre ma mère et moi, et de ce que je ne voulais plus. Quand j'ai ecrit la première lettre c'est sorti tout seul, en 30 minutes dès mon retour de chez la psy. Pour la deuxième pareil, j'ai simplement utilise les mots de ma mère, ses expressions, les explications qu'elle m'avait dejà donne, je l'ai reellement fait parler.

Pour la troisième par contre j'ai seche pendant des jours. Que repondre ? Dans "sa" lettre, ma mère me repondait, comme d'habitude, que je devais me soumettre, m'adapter, qu'elle ne pouvait pas le faire parce que ci, parce que ça. Je n'avais rien à repondre, d'habitude je me soumettais pour que notre relation continue, et tant pis. Mais là j'etais obligee de repondre, et je n'avais jamais repondu à ses arguments sur ce terrain, c'est pourquoi on en etait là, moi soumise, elle malheureuse victime incapable de prendre sur elle donc moi bien gentille, je faisais le boulot à sa place.

Puis la veille de mon rendez-vous avec la psy, d'un coup c'est sorti, un declic, j'ai compris comment nous fonctonnions, comment je me niais systematiquement face aux arguments de ma mère, comment je la placais au dessus de moi à chaque fois, et j'ai dit non. Dans ma lettre j'ai ecrit que je valais autant qu'elle et que si elle refusait de faire un pas vers moi sous pretexte qu'elle avait sa sensibilite, son histoire, sa personalite, eh bien moi aussi j'avais une sensibilite, une histoire, une personalite et moi aussi je refusais de les contraindre dorenavant, car elles valaient autant que les siennes. J'ai aussi ecrit que je me sentais mieux quand j'etais loin d'elle, qu'elle ne me manquait pas, que c'était elle qui voulait garder le contact, aussi c'était à elle de le maintenir et de me donner envie d'être en contact avec elle.

La psy a ete sciee que j'ai evolue si loin et si vite en trois lettres. Quand je suis allee la voir la premiere fois, je sentais que j'etais presqu'au bout mais qu'il me manquait une aide exterieure pour avancer plus loin car j'avais le nez dedans, pas assez de recul pour le faire seule. Après ces 5 seances, j'ai change ma facon d'être envers ma mère et elle a ete obligee de changer aussi. Après avoir tente de m'intimider, puis de me seduire, elle a enfin commence à être vraie. Il y a eu une rechute quand je l'ai revue en face à face, je me croyais mieux preparee mais à la premiere occasion elle m'est retombee dessus. Elle jubilait et m'a assaillie de mails moqueurs et humiliants tout l'ete suivant. A l'automne je lui ai dit que si c'est tout ce qu'elle avait à me proposer, je preferais ne plus lui parler. J'ai garde le silence 15 jours, elle aussi, puis mon père m'a telephone pour "eclaircir ce malentendu"… Il m'a parle une heure, avec ma mère derrière, puis finalement elle a pris l'appareil et s'est lâchee. Pour la première fois elle arrêtait de nier tout ce qu'elle avait nie jusqu'alors, elle s'est presentee en egale, sincere, essayant de comprendre.

Entre temps j'etais enceinte et le conflit s'est arrête là. L'annee suivante on s'est revus et on a eu une longue conversation à coeur ouvert, et nos relations sont allees beaucoup mieux suite à ça. Cependant nous restons ce que nous sommes et je sais que je ne dois jamais ouvrir entièrement ma porte à ma mère car dès que j'entreouvre elle essaie de s'engouffrer. J'ai fait le deuil d'une relation complice et confiante, mais je n'en ai pas besoin et quand on se voit on se supporte sans problème (avant après 3 jours elle me sortait par les yeux !! ). S'il y a conflit on en parle (alors qu'avant elle boudait et je courbais le dos). Je n'ai plus aucune culpabilite à son endroit, je ne me laisse plus embobiner par ses manipulations, culpabilisations, sous entendus… Je suis libre.

Et dans tout ça, c'est MOI qui ai fait le boulot. Ma psy n'a fait que me fournir les allumettes pour allumer mon feu. Et c'est ce rôle que tout psy, therapeute ou coach devrait avoir.
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223687
b
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