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J'ai honte d'avoir haussé le ton avec mes enfants

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Je vais mal. Je suis lasse, irascible, j?ai les nerfs à fleur de peau. Lundi matin, j ai eu un comportement odieux avec ma puce (pas encore 9 ans). A cause d une banale histoire de p***** de paire de chaussures, parce qu on était à la bourre, parce que je n avais pas dormi, j ai été immonde avec elle. Je lui ai dit des atrocités que j?aurais trop honte d?écrire ici. Je l ai déposée devant chez ma soeur (c est elle qui l envoie à l école en même temps que mes nièces, parce que je commence avant l ouverture de l école). Elle est sortie de la voiture en larmes, je ne l ai même pas regardée, je ne lui ai pas dit "à ce soir, etc". Je ne me suis même pas excusée. Et ma puce est allée à l école complètement stressée, en larmes, avec, à la clé, un contrôle de conjugaison qui l angoissait déjà. Et moi, j avais à peine redémarré que je chialais comme une idiote. J ai même eu du mal à me retenir de pleurer au boulot pour finir par m'effondrer dans les bras d une collègue en début d après-midi. Avant d aller chercher ma puce le soir, je suis allée lui acheter des cadeaux... Et quand on s est retrouvées, je lui ai longuement parlé. Je lui ai expliqué que je n avais aucun droit de lui parler comme ça. Quand je lui ai offert tout ça, elle m a dit : "c était pas la peine, maman ! Je comprends, t es pas en forme, j t en veux pas, tu sais ! Je t aime..." Ma ravissante Sarah, tout juste 19 ans, est partie de la maison il y a 3 semaines. Notre complicité légendaire, qui étonnait un de mes collègues qui nous croisait souvent en voiture riant à gorge déployée comme des ados, a disparu. Un soir où nous nous étions pris la tête une fois de plus, parce qu elle essaie de me booster et que je ne le supporte pas, je lui ai dit "si tu n es pas contente de la vie que tu mènes ici, tu t en vas. Je n ai pas besoin que tu me juges comme ton père l a fait avant toi. Ce n est pas à toi de diriger ma vie". J ai osé dire ça à ma fille que j aime plus que tout et dont j ai toujours été tellement fière. Et qui, SURTOUT, a raison quand elle me dit : "mais qu est-ce que tu es en train de faire, maman ? Qu est-ce qui t arrive ?" Elle a passé 3 semaines chez ma mère, en lui disant qu elle avait conscience d abuser, qu elle s y prenait de la mauvais manière avec moi et qu elle était certaine que l on s entendrait mieux si on ne vivait plus ensemble. Elle a très rapidement obtenu un studio universitaire à quelques minutes de la maison. Notre relation est moins tendue. Je me rends compte que j ai autant de mal à vivre avec elle qu avec son père. Ils ont le même caractère, la même façon de voir les choses et la vie, à l opposé de la mienne. Ce n est pas une excuse, mais quand je "vois" Sarah, quelque part, je vois son père... Son père qui déprime, qui me fait culpabiliser et qui me harcèle depuis que je lui ai clairement dit que je ne l'aimais plus et qu'il n'y aurait plus jamais rien de possible entre nous. Comme s'il n'avait pas compris depuis plusieurs années que nous ne vivons plus ensemble... Ma brillante fille qui vient de finir ses partiels à la Fac et qui, en attendant les résultats qui la mèneront peut-être vers une entrée en 3ème année de Droit, révise déjà au cas où elle serait aux "repêchages" ; qui, sitôt ses partiels terminés, a demandé un 35h/semaine pour l'été à la boulangerie dans laquelle elle bosse le week-end depuis déjà 2 ans, et qui se lève à 5h du mat pour l ouverture. Ma fille, qui a très joliment et sobrement aménagé son studio, qui m a répondu l'autre matin quand je l'ai appelée : "j ai pas très bien dormi, y a pas notre odeur ! Il va falloir que je m adapte. En plus, j ai saigné du nez, j crois que j suis fatiguée, là. Et puis, ben, tu me manques !" "mon caractère ne doit pas te manquer beaucoup quand même !" "mais si, j?te jure ! ton caractère, tes sourcils froncés quand tu fais la tête, tes rires et tes imitations à la noix, tout ça me manque ! Tout ça, toi, quoi !". J'en aurais chialé... Ma fille, qui est venue me réveiller avec des croissants et un bouquet de roses le jour de la fête des mères, et qui, pendant que je prenais ma douche pour y aller avec elle, m?a expliqué avec forces détails l?importance d?aller voter alors que moi je n?y serais allée que pour accomplir mon devoir de citoyenne. On a mangé chez elle le soir, toutes les trois. Au moment de partir, je l?ai serrée dans mes bras, et elle s?est laissée faire, elle, peu démonstrative. On était très émues toutes les deux. Je n?avais aucune envie de la laisser. J'avais envie de lui dire que j'étais désolée. Tellement désolée... J?ai de la chance d?avoir une telle fille. Brillante, volontaire, ambitieuse, mature. Je le sais. Et je ne la mérite pas. Je risque de la perdre, tout comme sa petite s?ur, et c?est tout juste si je réagis. Je ne suis en colère qu?après une personne : moi-même. Et c?est à mes filles que je fais du mal. C?est contre elles que je dirige ma colère. Quelqu?un m?a dit en début de semaine dernière, le jour où Sarah a eu les clés de son appart et qu?elle y apportait quelques affaires avec une copine : "même si vous êtes un peu en froid, tu vas aller voir ta fille quand même ? La pauvre, elle va se retrouver toute seule dans son appart, elle va avoir le blues ce soir, etc..." Ce quelqu?un, c?est mon amant. S?il savait que c?est à cause de cette relation que j?en suis là aujourd?hui, avec cette impression de crever de jour en jour... J?ai souvent employé ce terme, mais plus que jamais, je le ressens au plus profond de mon bide : j?ai honte de celle que je suis devenue. Ce que j?éprouve pour cet homme me dépasse, est bien plus fort que ma raison.
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227056
b
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