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J'ai lu: il n'y a pas de parent parfait d'Isabelle Filliozat

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Cela fait plusieurs jours que je vois une maman devant l'école avec son jeune bébé en écharpe et quand nous papotons, dès que son bébé émet le moindre son, elle lui dit "chut chut ne pleure pas, faut pas pleurer" et lui colle la tétine dans la bouche en la maintenant de sa main alors que son bébé tente de dire quelque chose, d'exprimer un besoin ou autre qu'elle ne cherche pas à comprendre. Du coup, ça m'a donné envie de prendre le temps de taper cet extrait de l'excellent livre d'Isabelle Filliozat "Il n'y a pas de parent parfait" (chapitre "question d'âges", thème "les pleurs du nourrisson") car il résume bien l'approche de Solter (réponse immédiate à tous les pleurs ; si ce n'est pas une demande, chercher autant que possible la cause, le besoin ; notion de décharge émotionnelle ; écoute et accompagnement du bébé dans ses moments-là ; le vécu des parents par rapport à leur propre histoire, la violence et le stress que cela peut engendre si on ne cherche pas à comprendre ce qui se cache derrière ces pleurs) "Ne pleure pas ! " Quel parent n'a prononcé ces mots. Et pourtant, pourquoi n'aurait-il pas le droit de pleurer ce bébé ? Les pleurs de nos tout-petits nous remuent jusqu'aux tréfonds de nous. Ils nous bouleversent tant que nous nous évertuons à les faire taire par tous les moyens. Que nous les interprétions comme des caprices ou comme l'expression d'une intolérable souffrance, l'effet reste le même : ils nous sont insupportables. (…) les pleurs sont essentiels à la survie ! Ils participent à une attitude d'attachement qui entretient la proximité entre la mère et son enfant (…). Quand un bébé a tété, est propre, n'a ni trop chaud ni trop froid, et pleure dans son berceau, certains parents interprètent ses cris comme des tentatives de contrôle et de manipulation. "Il veut qu'on le prenne dans les bras ! " disent-ils comme si c'était incongru. Bien sûr qu'il cherche à être porté ! C'est physiologique ! C'est inscrit biologiquement dans ses gènes : en cas de séparation, il pleure pour appeler maman, pour ne pas être abandonné. Il pleure pour survivre. (…) Dans de nombreuses sociétés, on ne laisse pas pleurer les enfants. Les femmes sont souvent effarées de voir comment nous traitons nos petits en Europe. Leurs bébés sont portés en permanence, sur le dos, sur la hanche. Ils sont portés par leur maman ou par une tante, un frère, une soeur. "Il faut le laisser pleurer un peu, ne pas répondre tout de suite", disent certains. Qu'en est-il réellement ? Que dit la science ? Les résultats sont sans ambiguïté : si sa mère intervient dans les quatre-vingt-dix secondes après que le bébé a commencé à pleurer, il se calme en cinq secondes. Au-delà de trois minutes, le bébé met cinquante secondes à se calmer. Quand on multiplie par deux le temps d'intervention, on multiplie par dix la durée des pleurs. Plus la mère attend avant d'intervenir, plus il lui est difficile d'aider son tout-petit à réorganiser ses émotions. Les pleurs des bébés sont très éprouvants pour les mamans, il serait temps de changer les croyances et d'inciter les mères à répondre à leurs petits au plus vite. Pour autant, s'il est important de répondre aux pleurs de demande, il est d'autres pleurs qu'il s'agit non pas de calmer, mais d'entendre : ce sont les pleurs de soulagement. De la même façon que nous, les adultes, pleurons pour expulser une souffrance et que nous nous sentons mieux et libérés après, le petit bébé pleure parfois pour se débarrasser d'une émotion restée en tension en lui. Lui aussi se soulage d'un poids par les pleurs. Est-ce que le parent peut entendre les larmes de son bébé quand il pleure une naissance difficile ? Quand il pleure d'avoir été laissé chez la nounou ? Quand il pleure une dispute entre ses parents ? Quand il pleure son jumeau disparu pendant la gestation ? Ecouter les pleurs est difficile. Le parent se sent démuni, impuissant. Son seul pouvoir, et il est immense, est de rester là, stable, solide, aimant et de donner au nourrisson l'espace pour libérer ses terreurs et ses rages. - Pleure mon bébé. Pleure, je suis là. Raconte-moi à quel point c'est dur. Tu peux me confier tes peurs et tes colères. Pleure, bébé ! Pas facile d'avoir cette sérénité quand nos propres pleurs d'enfant n'ont pas été entendus. Les cris de notre bébé réveillent le souvenir des nôtres et le désespoir qui y était associé. Nous projetons alors sur l'enfant nos propres blessures, interprétons ses hurlements comme l'expression d'un désespoir absolu (le nôtre). Ce n'est pas forcément le vécu de notre bébé. Mais c'est parfois si intolérable qu'il nous faut stopper cris et larmes au plus vite… Nous avons l'illusion de faire cesser sa douleur… En réalité, nous l'empêchons juste de s'en soulager. C'est notre propre souffrance que nous refusons d'entendre. Les pleurs irrépressibles des bébés sont des déclencheurs privilégiés de violence. "Tu vas te taire, à la fin ? " Les parents finissent par secouer, frapper… Ce ne sont pas de "mauvais parents". Ils ne maltraitent pas par plaisir, mais mus par une irrépressible impulsion visant à faire stopper les hurlements, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur d'eux. Une fois le geste posé, la culpabilité est là, et si le parent n'ose pas pleurer sa propre détresse, la relation peut en être entachée des années durant. Accueillir les décharges émotionnelles de son bébé n'est pas facile. Tout parent a besoin de soutien pour y arriver, et aussi, quand c'est trop douloureux, de faire un retour sur son propre passé"
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