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J'ai manqué de l'amour

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E n'ai manqué de rien étant enfant sauf une chose essentielle : l'amour. Je me suis aperçue à 16 ans, quand je suis partie de la maison, combien mes parents m'influençaient de façon négative. Ils avaient planifié ma vie sans prendre en compte mes désirs. Pour mon père en particulier, un enfant nait propre, doit toujours être sage et ne surtout pas pleurer (je croyais être un bébé capricieuse et chi****, je m'aperçois que j'étais tout simplement normale) , doit avoir uniquement des bonnes notes (tout en dessous de 15 est mauvais) , doit manger correctement (ne jamais rechigner, rejeter) , et surtout, écouter son père et ne JAMAIS le contredire. J'ai donc grandi dans la peur de ne pas être à la hauteur, toujours à m'éfforcer de faire plaisir à mon père.

Je m'aperçois qu'il avait de drôles d'opinions en ce qui concerne l'éducation :

-il m'a enfermé à 12 mois dans les toilettes, je ne devais sortir que si j'étais propre. Pour lui, ça n'a rien de choquant puisque ça a marché.

-si, comme la plupart des enfants, je montrais le moindre signe de ne pas vouloir partager, j'étais punie. Je me souviens d'une fois, vers 3-4 ans, j'ai voulu garder un paquet de poissons pannés pour moi. Il a dit "ok" puis m'a forcé à tout manger en une fois (la boîte entière). Corrigez moi, mais avec ma fille il suffit que je lui démontre qu'elle aura assez d'un ou deux et l'histoire est réglé ?

-il ne m'offrait jamais de poupées "car ça abêtise les filles"

-il ne me gâtait pas "pour ne pas me pourrir"

-rire trop fort est interdit.

-on peut jouer jusqu'à un certain âge, après il faut être sérieux.

-il pense qu'un enfant doit apprendre par l'erreur s'endurcir donc il faut le confronter à des situations style, le laisser manipuler des ciseaux dès qu'il y montre de l'interêt (et si l'enfant utilise lesdits ciseaux pour découper du linge, il doit être puni). Autre exemple, à 6-7 ans, je me promenais seule dans une forêt connue pour ses araignées et serpents mortels ou encore je prenais un canot et je partais me balader en mer. Ni lui, ni ma mère ne voyent de problème, ben oui, il ne m'est rien arrivé. Je suis juste parano.

-il pensait que c'était mieux de me laisser m'en sortir seule quand j'ai sauté ma seconde pour la première. Rattraper un an sans aide, bien sûr, c'est si simple…

-il pense que je dois être indépendante, qu'il ne faut surtout pas me donner de l'argent. Aucun souci là dessus sauf quand on a des problème. Mes BP nous ont aidé et ont refusé qu'on les rembourse (perso, suis hyper génée) et lui n'a pas donné un centime. A un moment, il a quand même fallu que je lui demande. Là, il a donné sur la condition qu'on rembourse, c qu'on a fait, mais surtout il trouve que nous devons lui en être reconnaissant (exagérément) alors que nous, on trouve normal que des parents aident leurs enfants.

Ma mère, elle, approuvait certains points, pour les autres, elle préférait ne pas contredire mon père. Elle était traitée en esclave. Aujourd'hui, elle s'est rebellée ce qui est bien mais est devenue un brin égoïste et pense que je devrais l'être aussi. Elle trouve que m'occuper de ma famille n'est pas enviseageable, que je devrais sortir avec mes copines plutôt que de rester à la maison.

Nous habitions sur un bateau. Nous voyagions beaucoup et je n'ai pas connu mes cousins, mes grands parents, oncles et tantes. De toute façon mes parents n'en parlaient jamais, c'est comme si cette partie de la famille n'existait pas pour moi. Je n'ai pas non plus eu d'amis, juste des copains. Mes parents travaillaient beaucoup (mon père car il fait passer son travail qu'il adore avant nous et ma mère car le salaire de mon père était très insuffissant voire inexistant et fallait bien qu'on vive, elle faisait donc des ménages, des remplacements dans les magasins…) , j'étais donc souvent seule. D'après mes parents, ce n'est qu'un détail, je ne connais pas ma chance d'avoir connu une enfance comme ça.

A 16 ans, alors que je me destinais à être une scientifique (influencée par mes parents) , j'ai décidé de m'inscrire dans une école qui allait me préparer à cette vie. Je suis donc partie de la maison. J'ai aussi rencontré mon futur mari qui lui avait des parents aimants et attentifs. C'est là que j'ai commencé à réaliser tout ça. J'ai abandonné mes études malgré la colère de mon père, j'ai trouvé un boulot qui ne me plaisait pas mais qui était dans mon domaine d'études, je me suis mariée et j'ai eu des enfants. A chaque étape, c'était reproche sur reproche "tu vas le regretter, tu verras". Puis ils se sont tus quand ils ont vu qu'on était heureux.

Mes parents ne m'ont jamais pris dans leurs bras, ne m'ont dit "je t'aime" qu'une fois et ce il y a un an pour mon père (par mail quand il était parti en voyage, j'ai cru qu'il disait adieu…) et il y a un mois pour ma mère (car je déprimais suite à des soucis). Et ils ont le culot de me reprocher de ne pas être caline avec eux. Ils me trouvent possessive d'embrasser mes filles et de leur dire très souvent "je t'aime". Ils trouvent que je leur monte la tête à les féliciter tout le temps ("ça se voit, regarde cet air supérieur quand elle marche, on dirait une reine").

Nous avons gardé des relations très régulières avec mes parents. Jusque là, à part quelques soucis (surtout à cause de mes relations avec mon BP que j'aime comme un père) et quelques phrases assassines, tout allait bien. Mais depuis quelques temps, mon père a des problème de santé et cela se ressent sur son humeur. Il part aussi prochainement à la retraite et a bien sûr des idées bien fixes dessus (on enverra les enfants dans leur nouvelle maison de camapgne…) On ne peut rien dire, il se fâche (oups pardon, il discute, t'as vu où qu'il se fâche ? ). De son côté, ma mère, encouragée par une période récente où nous avons dû lui laisser souvent les filles, est persuadée qu'elle va pouvoir en faire à sa tête et prendre les petites quand bon lui semble.

Malgré que parfois je leur reparle de tout ça, mes parents estiment qu'ils m'ont très bien élevé et qu'ils savent mieux s'occuper de mes enfants que moi. Ma mère prend mes filles pour des jouets et fait tout un cinéma si je refuse de les lui donner quand elle le veut. Elle dit que je suis trop possessive. Mon père me reproche de ne jamais les voir mais quand on est là il ne joue pas avec elles, ne leur parle même pas. Ils me parlent de leurs amis qui gardent leurs petits-enfants toute la journée, un week-end sur deux ou qui dorment toutes les vacances chez eux. Je leur dis que je n'y peux rien si les parents ne s'occupent pas de leurs gamins (je connais deux des couples et ils préfèrent faire la fête que de s'occuper de leurs gosses) , que les enfants en pâtiront plus tard. Non, j'ai tort, je suis trop possessive.

Après une énième remarque de la part de ma mère ("comment ça tu ne la laisse pas dormir à la maison, mais ce serait mieux, tu vas pouvoir te reposer et patati et patata" suivi de l'éternel "arrête d'être aussi possessive, ce n'est pas bon pour elles"). J'ai voulu mettre les choses au clair mais elle a rigolé.

Là, ma mère a proposé à mon BP qu'ils fêtent leurs anniv' en même temps. Mon BP n'a pas osé dire non car il aime bien ma mère (elle est gentille en générale, juste un peu ch****) mais ne supporte pas mon père qui a fait quelques scènes de jalousie aux précédents repas communs. Il est donc venu me voir pour que je règle ça. Parce qu'avec le caractère de mon père, je ne peux pas l'inviter en même temps que d'autres. C'est donc un vrai casse-tête à chaque occasion.

-Les anniversaires : à l'anniv de mon BP il y a quelques années, on avait offert un T-Shirt avec la photo de la puce et écrit "c'est ma petite-fille". On devait offrir le même à mon père mais il a fait un tel cinéma au resto (une énorme crise de jalousie, tout le monde est resté sur le cul.

A chaque aniversaire, il s'accroche avec quelqu'un.

-Les travaux : mon père est malade. On évite donc de lui demander de nous aider. Seulement monsieur est jaloux que BP nous aide et fait tout un plat si on lui demande pas. Alors on lui dit pas.

J'en ai par dessus la tête de tout ça. D'essayer de supporter, d'essayer d'arranger tout le monde. Je le fais pour mes filles, pour mes parents aussi quand même car ils restent mes parents mais bon sang je sature.

Bientôt, ils vont déménager à l'étranger. C'est malheureux, mais j'ai hâte.
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94535
b
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