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Je ne supporte plus le rejet de ma fille

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Je vis quelque chose de très douloureux en ce moment et je n'arrive pas à prendre du recul.

Je ne suis pas de nature déprimée et j'ai souvent beaucoup de mal à avouer que les choses vont mal. Je suis plutôt du genre enjouée et dynamique et les gens me voient comme quelqu'un de "fort" mentalement. Ce n'est qu'une apparence. Oui je vais mal, mais j'ai espoir que certaines se reconnaissent dans mon récit et qu'elles aies un avis éclairé sur "la question"…

Je vais faire court pour le chapitre "enfance" mais je dois y passer quand même ! J'ai été élevée dans un contexte très paradoxal de famille "bien sous tout rapport", une certaine aisance, des parents disponibles et prêts à rendre service, impliqués dans l'éducation de leurs enfants…

Mais dans cette famille il y a aussi un très sombre secret de famille, et puis des souvenirs de fessées, de giffles, d'humiliations ("petite merdeuse, tu crois que tu peux donner ton avis alors que t'as pas encore de poils sous les bras ?!! ") , d'une préférence avouée de mes parents pour ma grande soeur ("pourquoi nous n'avons pas eu 2 enfants comme ta soeur ?!! "; "j'aurai du me faire avorter ! ") … et autres phrases assassines de ma mère telles qu'à mes 15 ans "si t'es pas d'accord avec les règles de la maison, t'as qu'à te casser et aller faire la put* pour t'en sortir !! "

Mon père est quelqu'un de très colérique qui était violent il y a quelques années, et dont j'avais une peur noire. Ma mère, elle, oscille toujours entre un amour débordant et hystérique ; et une attitude d'humiliation, de rejet. Je suis un jour "son petit génie" qu'elle embrasse frénétiquement et envahit complêtement ; et le lendemain je suis la dernière des dernières. A ce jour encore elle me dévalorise, critique sans cesse ma profession dans laquelle il n'y a que des "tordus" et je subis son tempéremment dépressif et extrêmement agressif.

Dois-je le préciser, j'ai eu une adolescence très "hard", avec des conduites à risques +++, sex, drug and rock n'roll… je passe les détails. Mais j'ai une volonté immense et je suis bien entourée par des amis fiables. J'ai donc passé le cap sans trop de dégats et je m'en tire avec un très bon diplôme, une situation plutôt sympa et surtout un mari absolument merveilleux !! Je me vois comme quelqu'un de très chanceux.

Dans cette vie très "parfaite" en apparence, j'entretiens aussi de bons rapports avec mes parents, en mettant de côté tout mon ressenti et mon amertume à leur égart.

Et puis j'ai voulu très très fort un enfant et c'est là où ça se corse pour moi. Je suis maintenant maman d'une petite fille de 2 ans et je dois à mon tour donner une éducation. Je suis très soucieuse de son bien être et des valeurs que je souhaite lui inculquer.

Il faut savoir que cette demoiselle est, apparemment, en plein oedipe ; et la préférence qu'elle affiche pour son papa me renvoit à des sentiments insupportables.

Mais le plus pénible se joue au quotidien. Je fais des efforts monumentaux pour me détacher de l'éducation que j'ai reçue et offrir des bases stables à ma fille : Je suis contre la fessée, je privilégie toujours le dialogue, j'explique, j'accompagne, je me montre à l'écoute et patiente. Les efforts que je fais me demandent une réflexion de tous les instants : j'ai l'impression de ne rien faire spontanément dans l'éducation de ma fille ; tout est réfléchi et c'est parfois épuisant ! J'ai peur de ne pas être la mère que je voudrais être.

Et alors les vieux démons ressurgissent et je me vois comme peut l'être ma mère : rejetante, inconstante, nerveuse. Je crie, je la brusque, elle pleure, ça m'agace. Tout ça c'est rare, hein, mais c'est horrible car je me suis jurée d'être une mère "merveilleuse", en qui elle aurait confiance, une sorte de point de repère, de cocon de douceur en ce monde de brutes ! Mais je n'y arrive pas. Ou du moins pas toujours.

Ma relation avec elle est assez houleuse. Elle me repousse tout le temps sans raison et je n'arrive pas à gérer le terrible sentiment d'échec que ça me renvoit. Quand je vais la chercher à la crèche, elle accourt dans mes bras en criant "mamannn !! " et la seconde d'après, elle me pousse, crie et se débat pour ne pas que je l'emmène comme si j'étais une mère monstrueuse ! Et de l'autre bout de la pièce elle me crie "aurevoir ! Aurevoir ! " devant les autres mamans et les nounous.

Idem chez les beaux-parents : quand nous la laissons exceptionellement à dormir, le lendemain matin elle saute au cou de son père et lui fait moultes calins ; mais hurle dès que j'essaie de l'embrasser. Ces réactions font naître chez moi des sentiments presque "haineux" tellement j'en souffre. Je tente de rester constante dans mon amour en dépis du fait qu'elle me rejette, mais parfois ça m'est insupportable, je lui crie "tu as raison, va voir papa, laisse moi tranquille ! "

Mon homme tente de rétablir l'équilibre, il lui dit "soit gentille, fait un bisou à maman", mais elle s'exécute uniquement pour lui faire plaisir à lui. Elle refuse si ça vient de moi.

Aujourd'hui pour la première fois j'ai pleuré de cette situation, j'ai pleuré toutes les larmes que je retenais depuis longtemps derrière des barrages comme "c'est normal c'est l'oedipe", ou "ça va passer, c'est une période". J'étais effondrée de tristesse et je regrette que ma fille ait assisté à "la crise" mais c'était trop dur.

Je hais mes parents pour m'avoir construite comme un gruyère, avec des vides si grands que je ne peux élever mon enfant que sur des bases bancales et incertaines.

Je souffre énormément et même avec toutes mes forces je ne peux plus supporter le rejet de ma fille.
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85745
b
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