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La fusion est gravée en nous

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La fusion... C'est le premier état que nous vivons en arrivant ici : fusion avec notre mère. Fusion physique d'abord, quand le foetus est dans la matrice, fusion physique encore même après sa naissance, fusion psychologique jusqu'à environ 9 mois, âge où le bébé comprend qu'il n'est pas sa mère mais un individu séparé d'elle. Fusion spirituelle? Je ne sais pas : je n'y ai jamais réfléchi. Nous passons tous par ce chemin, et le vivons tous de manière unique. C'est gravé en nous. Selon la manière dont on a vécu cet état, on cherche par la suite soit à le retrouver, soit à réparer, soit à innover. Pour l'avoir vécu personnellement, l'avoir observé chez les autres et l'avoir entendu de mon prof de psycho, je pense que la relation amoureuse est le terrain idéal sur lequel notre exploration de la fusion se joue. Que nous soyons homme ou femme d'ailleurs. J'aime la fusion. Comme tout bébé, j'ai fusionné avec ma mère physiquement. Une mère plutôt froide, jeune et embrouillée dans des histoires de famille troubles et douloureuses la fragilisant au plan de son identité. Je ressens que cette période très précoce de fusion physique a été pour moi très douce, mais très brève, avec tout de même une grande fracture très très tôt. C'est un ressenti très profond en moi, comme si au moment de mon incarnation dans ce corps, "mon âme avait hésité". A ce sujet, je ne vous demande pas d'approuver ou désapprouver quoi que ce soit : c'est un ressenti fondateur pour moi. J'ai grandi par la suite dans le rêve de fusion avec ma mère qui m'a toujours tenue à distance : j'avais envie qu'elle me prenne dans ses bras; elle travaillait pour m'offrir à manger, des beaux habits, l'école privée et des cours de danse. On ne s'est jamais plus rencontrée. Plus tard, devenant mère, j'expérimentais à mon tour la fusion "de l'autre côté". Avec beaucoup de plaisir. J'ai été une vraie maman poule, très caline, très sensuelle avec mes mômes. En revanche, je les ai très tôt poussé vers l'extérieur : dans les relations avec leur papa, les envoyant dès 6 mois en vacances (brèves) chez les grands-parents, en leur apprenant à manger seul, à se laver seuls, etc. Je sentais que l'état de fusion était dangeureux s'il était trop important. J'ai même pris conscience de cela à retardement par rapport à la naissance de mon fils : j'étais en état pré-éclamptique et il est né en urgence par césarienne (à 29 semaines de grossesse) car nous étions en train de nous empoisonner tous les deux. Cet exemple montre bien que la continuité de la fusion est mortelle et la nécessité vitale d'y mettre un terme, même brutalement. Lorsqu'il a eu 12 ans, il a demandé à partir vivre dans une famille d'accueil à 1000km de chez nous pour apprendre l'allemand (pays où il est né). Je n'ai pas ressenti son départ comme une rupture de la fusion mais plutôt comme la confirmation de l'exitence d'un lien solide, nous permettant de l'étirer pour aller chacun dans nos vies. Côté amoureux, j'expérimente aussi. Pendant ces 3 dernières années où j'ai eu de nombreux partenaires, je me suis observée côté "fusion". J'aime toujours la fusion. Quand je retrouve Chéri, le temps ralentit, c'est comme si nous nous métions à vivre au ralenti pour aller au profond de nous-même et de l'autre, dans la rencontre. Et quand on se quitte, la sensation de fusion reste. Plusieurs jours. Je cherche cet état car il me nourrit, me remplit. En marge de cette recherche me procurant énormément de plaisir, je suis autonome. Avec les parents froids que j'ai eu, j'ai bien du apprendre à me débrouiller sinon, cela ferait belle lurette que je serai morte. Donc, en parallèle d'un rêve de fusion, j'ai développé une grande autonomie dans un éventail très large : manière de penser, d'appréhender les événements, de vivre au quotidien, de travailler, d'aller et venir. Contrairement à certaines idées reçues, je pense que fusion et autonomie sont étroitement liées et non antinomiques comme on pourrait le penser à première vue. Je "soigne" mon désir de fusion par une autonomie exacerbée. Ce n'est pas pour m'empêcher de la vivre, mais au contraire, la vivre pleinement puisque consciente du danger qu'elle porte en elle. J'apprends à passer des états de fusion à ceux d'autonomie pour aller de l'un à l'autre au gré de mes envies, sans devenir l'objet de l'une ou l'autre Comme la vie est généreuse avec moi, elle "m'offre" ce dont j'ai besoin. Un Chéri qui comme moi aime la fusion, comme moi en connaît les dangers et comme moi, souhaite pouvoir passer de la fusion à l'autonomie en toute sécurité et dans la construction joyeuse et légère. Alors la Vie nous met un exercice sous le nez : en période de relation naissante où la fusion est à son comble (cf "Maman" ), les circonstances font que nous n'avons matériellement que peu de temps pour se rencontrer. On expérimente alors des périodes de fusion très brèves alternées avec des périodes d'autonomie très longues. Je constate que je le vis maintenant sans souffrance (ce qui n'a pas été le cas au début), avec beaucoup de facilité pour passer de l'un à l'autre et je découvre la disponibilité à l'autre : si je veux le rencontrer dans le temps qui m'est donné, je n'ai pas d'autre choix que d'être totalement ouverte et disponible à l'autre. C'est en fait de cette manière que toute relation devrait être abordée. Et cela se prépare : je me mets en condition de recevoir l'autre pour fusionner avec lui. Pour conclure, je trouve que les connaissances occidentales de la psychologie ont d'énormes avantages, comme celui de nous aider à sortir de l'ignorance; elles ont un énorme inconvénient qui est qu'on se fait un jugement sans avoir expérimenté et qui dit jugment, dit "c'est bien; c'est mal". Et bien sûr, quand c'est mal, on le rejette, on l'oublie, on le dénigre mais on s'empêche d'en faire l'expérience et d'en tirer un enseignement. Je reste convaincu qu'on ne peut cheminer dans sa vie qu'en la vivant : on pourra lire tous les bouquins du monde, avoir le meilleur psy, tant qu'on n'est pas acteur dans sa vie, rien ne change.
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221929
b
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