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Ma mère me demande de rembourser mes frais médicaux

Témoignage d'internaute trouvé sur psychologies
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Ce post risque peut-être d'être un peu long. Mais il me semble nécessaire d'être claire pour expliquer mon interrogation sur ce sujet. Cela fait effectivement quasiment 1 an que je suis en rupture avec ma mère. Et, je doute beaucoup sur le petit geste que je pourrais faire à cette occasion. Voilà: Suite à une séparation conjugale vécue dans la violence, j'ai tout plaqué pour me rapprocher de ma mère sur son insistance (elle arguait le fait qu'elle serait prés de moi). Mon ex s'est acharné sur moi. Ma mère est tombée dans le coma suite à un accident domestique et une opération qui a mal tourné. J'avais 26 ans, mon frère 16. Ma mère n'ayant pas pris soin de se pourvoir d'une mutuelle. J'ai tout assumé, y compris mon frère. Elle avait un souci pour son loyer: j'étais là. Bref, à force de me prendre pour ce que je n'étais pas (wonderwoman) et à ne pas vouloir tenir compte de mes propres souffrances (au regard de toutes les violences subies avec mon ex), j'ai pêté les plombs été 2002. Et, c'était plus qu'un pêtage de plombs puisque je ne maîtrisais plus ma tête (le mental m'hallucinait. Une sorte de psychose traumatique). J'étais donc gravement atteinte quelques mois avant le jugement de mon ex en correctionnel qui en a pris pour 8 ans. J'étais, comme d'habitude, seule à assumer cette audience tant attendue (ni ma mère, ni mon frère n'ont pris la peine de m'appeller ou de venir) avec le "diable" dans la tête qui m'en faisait voir de toutes les couleurs jours et nuits. Bien évidemment, wonderwoman ayant fait longtemps parti de moi, je me refusais à admeettre que je n'avais pas prise sur mon mental. Progressivement cette maladie est devenue le défi de ma vie en jonglant jours et nuits mentalment dans ma vie quotidienne avec une trentaine de voix et nombre incalculable d'hallucinations visuelles et autres destinées à me détourner de la vie (la mort dans l'âme) et à me distraire de mon quotidien. Bien entendu, n'étant pas wonderwoman avec duracelle en prime, l'épuisement mental et physique (pas de silence = pas de repos = pas de plaisirs) me faisait parfois pêter les plombs (surtout la nuit quand éreintée, je ne pouvais plus lutter et tapais dans mes murs). Ma mère m'a conseillé un psy dans le privé, qui à part encaisser les chèques, ne m'aidait en rien (ni en terme d'écoute = genre 10 mn, ni médicalement = un traitement inadapté). Bref, l'échapattoire à cet enfermement mental et physique (cela l'était aussi = violences physiques), c'était le boulot. Je jonglais toujours en entretien avec plusieurs dialogues, notamment celui qui me destinait à être recrutée. Bien évidemment, cela ne durait jamais trés longtemps cause santé mentale et épuisement. J'ai progressivement "bouffé" mes droits pendant cette période (cela passe trés vite quand on est malade!) et me suis retrouvée aux minimas sociaux. Cette fois, c'était la maladie, la misère ...et la solitude. Effectivement, ma mère n'ayant jamais véritablement cherché à comprendre ce que je vivais me tenait responsable de mes choix passés (mon ex) et de ma maladie (il va de soi que pour en arriver là, j'étais forcément une déséquilibrée). Bref, je culpabilisais encore plus. Cela me rendait encore plus malade jusqu'à tomber dans des délires mystiques en me disant que c'était la volonté de Dieu de me faire payer tous mes pêchés. J'étais une "mauvaise fille". Tout ça était normal. Je le payais. C'était ma dette, ma croix. Sauf que ma résistance face à l'épreuve n'a fait que diminuer quand je me suis retrouvée avec une voiture (rachetée à ma mère plus cher que l'argus) qui n'a tenu que 6 mois l'électroménager qui est tombé en rade en même temps. C'était la période 'guerre du feu" où je n'avais même pas de quoi me payer une bombonne de gaz et où je m'arrangeais pour manger des crudités midi et soir. A cette époque, mon frère venait de réussir son permis. Et pas une seule fois, il n'a pris l'initiative de venir me voir pour prendre des news. Quand à ma mère, elle était agent immobilier dans une agence à 2 pas de chez moi, et pas une seule fois, elle n'aurait pris l'initiative de m'amener un tuperware. Une fois, je le lui ai demandé: "Maman, tu bosses à côté. Le soir quand tu prépares à manger pour Damien et toi, ce serait possible que tu penses aussi à moi?". Elle me répondit: "Si tu veux venir manger, tu viens!". Je précise aussi que la moindre action était une épreuve puisque trés distraite par cette cohorte mentale, il m'arrivait de me "perdre". E puis, une fois elle a fait le nécessaire pour m'hospitaliser (c'était juste aprés le procés de mon ex). Quand au bout d'une semaine, elle a réalisé ce que j'étais "devenue" (un zombi tellement chouté car j'étais violente et déterminée à ne pas me laisser faire), incapable de prononcer un mot à part "sors-moi". Elle a été dans mon sens et n'a pas écouté les médecins qui lui disaient que j'étais en danger. Je ne lui en veux pas. Je peux comprendre qu'elle ait été désarmée en me voyant. Et puis, j'ai continué ma vie de malade pendant 3 ans encore, dans mon coin (elle avait honte de me présenter à son ami, je pense) pendant que les 3 (elle, son ami et mon frère) partaient en we, s'invitaient mutullement aux restos et ailleurs, ect, ect...jusqu'à prendre des vacances en famille). Ils ont fait une croisière. Puis l'année suivante, ils sont partis aux USA. Le pied quoi!! Pendant ce temps, je me tapais restos du coeur et autres associations caritatives pour 2 oigons et 1 carrotte. J'en étais même arrivée à faire la fin des services de cantines scolaires et les poubelles de magasins afin de récupérer 2/3 trucs à becqueter. Et, puis il s'est trouvé que confrontée à ma propre impuissance et surtout à l'épuisement, j'ai souhaité quitter cette vie. Sans préméditation, sans explications. Un soir où c'était trop, c'était parti. Un hasard qu'un copain passait ce soir là prendre de mes nouvelles et s'inquitétait de ne pas avoir de réponse. Cela faisait 15 jours que ma famille était renrée de vacances. Je n'étais donc pas heureuse ce jour où non seulement j'étais encore là mais aussi où j'ai vu leurs tronches (ma mère et mon frère) consternées (bizarre quand même!!). Un cri est monté en moi mais il n'a pu sortir car j'étais choutée. Je précise tout de même avec justesse que ma mère a eu la bonté de me prêter un peu d'argent à cette époque pour m'aider à m'insérer (je me dis aujourd'hui que ce n'était pas judicieux puisque de toutes façons j'étais sous terre point de vue santé). CAD, qu'elle m'a dépanné pour une voiture d'occase et un ordi). Sortie de cette tentative de suicide, j'ai repris mon petit bonhomme de chemin sans être hospitalisée. Retour vers l'enfer. Ma mère souhaitait que je déménage (via les voisins qu'elle accompagnait au comissariat pour porter plainte contre moi). Et, nous avons fait ensemble le nécessaire. Ayant réussi à trouver un job d'appoint, j'ai fait mes cartons seule le soir en rentrant du boulot sur une période d'un mois...et toujours avec les damnés dans la tête jours et nuits. C'est mon copain de "galères" qui s'est démerdé pour me touver un camion et quelques épaules pour le déménagement (car je n'avais pas une tune et le loyer était 2 x plus cher) (la famille toujours absente,...surtout fréro de 21 ans). Pas d'appel pour mes 31 ans (ni mater, ni fréro). Bref, re-épuisement et puis amer constat malgré les dires de ma mère ("ça ira mieux ailleurs" ), l'enfer (mement) mental et physique me suit partout. Soit retentative de suicide quand je réalise que quoique je fasse, ma vie est la même (la maladie quoi). Cette fois, aprés avoir fait le nécessaire au moment où je me sens partir, je revois la tête de ma mère la première fois. Je pense à elle et l'appelle. C'était tard le soir. Elle arrive en colère: "J'en ai marre de toi!! J'étais avec X (son ami). En plus t'a appellé l'ambulance!!! Mais, c'est qui qui va payer?". Cette fois, je demande à me faire hospitaliser car je me rends bien compte que quelque soit le contexte, je suis toujours malade. Je reste pendant 1 mois et demi. Ma mère vient de temps en temps me voir sans jamais rencontrer le médecin avec moi (quoique je le lui demande). Et, rapidement au fil des semaines ma mère me dit: "Dépêches-toi de sortir. J'en ai ras le bol de m'occupper de ton chien et de tes papiers!!!". Si bien que je suis sortie encore malade mais sous traitement (et traitement adapté puisqu'il ne me restait plus que 3 voix dans la tête). Mon avocate m'a débloqué une petite provision qui m'a servi à rembourser en parti ma mère, à lui faire un trés beau cadeau d'anniversaire et à refaire mes murs. Puis comme les finances n'étaient toujours pas au beau fixe et que ma mère attendait également son remboursement, je me suis pris un colocataire. Virement mensuel pour maman. Bref, l'été dernier j'étais donc toujours en coloc quand ma mère s'est mise à débarquer régulièrement chez moi le we quand je n'y étais pas pour pianoter sur le net (elle avait mes clefs, je n'avais pas les siennes). Vlà la tête du coloc!! Puis, un soir que je rentrais, je la vois dans mon lit à me demander de rester là. Je lui demande pourquoi. Elle finit par m'expliquer en pleurant qu'elle avait eu un différent avec des jeunes du quartier à cause de leur musique à fond dans la voiture tard le soir et qu'en ayant fait part à mon frère (elle s'est fait insulté), celui-ci aurait pris la défense des jeunes en question (car aprés enquête, ce serait ma mère qui les aurait provoqué). Elle pleure et me dit que mon frère et sa copine lui font la "gueule" et qu'ils ne lui disent pas bonjour. Me dit-elle: "Elle était accroupie sous la table à carresser le chat, le "cul en l'air" sans se retourner ni même me dire bonjour. Ma mère lui a donc lancé une réflexion. Mon frère a pris la défense de sa douce. Suite à cela, elle retourne chez elle. Et 2 jours aprés, mon frère me lance un sos pour crécher chez moi avec sa copine (cela faisait en tout et pour tout une semaine qu'ils venaient d'arriver pour chercher un appart). Vu la situation, mon coloc sans trop le sou, profites de l'occase pour négocier avec moi une ristourne (compte tenu du couple dans le salon). Puisque mon frère est salarié et qu'il est suffisament prétentieux et vaniteux pour dire à qui veut qu'il vit "royalement", je lui demande de compenser le manque. Il le fait. 1 semaine aprés leur arrivée, je pars quelques jours en vacances avec mon copain. Et pendant mes vacances, j'apprends de la bouche de mon rère que ma mère a déposé chez moi toutes mes photos (de l'enfance à aujourd'hui) y compris les petits cadeaux d'enfants de fête des mères. Je soupçonne alors mon frère de jouer sur les 2 tableaux en lui demandant des explications. "Je ne sais pas, me dit-il". Il connaissait ma colère car je lui ai dit de se démerder sans moi et de retourner chez sa mère. A mon retour, qu'il ne s'attendait pas si tôt), il faisait une tête d'ado pris en faute. Ma colère est retombée et j'ai accepté qu'il finisse le mois. Il me demande de l'aide pour son déménagement (1 mois aprés, il avait trouvé son appart). OK. Et, suite à cela, puisqu'ils étaient chez eux, j'en profite pour tel à ma mère et lui demander des explications. Elle me dit: "Ce n'était pas à toi de les reçevoir mais à moi. En plus, tu fais profiter les étrangers et tu demandes de l'argent à ton frère. Et, puis c'est toi qui a foutou la merde dans la famille car t'étais pas obligée de dire à sa copine ce que je t'avais dit (aveu et confidence qu'elle avait réussi à me soutirer aprés bien des tentatives et dans l'intimité d'une conversation: cette histoire ragique (haha!!) du "cul en l'air". Susceptibilité et vexation de 2 gamins vis-à-vis de ma mère. Culpabilité de celle-ci vis-à-vis d'eux. Et moi, dans l'histoire, je ne suis qu'une"pauvre fille" (je cite ma mère,...et j'en passe des pas mûres), que mon mec n'est qu'un minable et paumé lui aussi (d'ailleurs tous mes ex l'étaient pour s'être accrochés à une fille comme moi!!!). Quand à mon frère, il avait enfin son toit, et pour toutes explications il me balance par sms (il ne souhaitait pas décrocher pour s'expliquer) que de toutes façons je ne récolte que ce que j'ai semé, que lui c'est un mec droit et que c'est pour cela que cela roule pour lui (j'abrège). Enfin, ma mère commence à me harceler avec l'argent que je lui dois encore. Quand à cette époque, j'ai viré mon coloc (cause conflits), que je perds mon boulot, que je me retrouve avec les frais hospitaliers non réglés et passé par huissiers plus notre chère et tendre taxe d'habitation. Toutes les semaines, elle déposait dans ma boîte aux lettres un mot, une insulte et une liste comptable de ce que je lui dois (y compris un tuyeau de gaz!!). Et puis un jour, j'ai craqué. Je lui ai écris une lettre de plusieurs pages en lui rappellant que je n'avais jamais compté ni facturé quoi que ce soit ni pour elle ni pour mon frère (Ah, à l'époque, elle me disait: "C'est ton frère, c'est ton filleul, il veut, il a besoin" Ou encore, je suis ta mère!). Son estime est proportionnel au portefeuille. Aujourd'hui c'est celui de mon frère!! Et aujourd'hui, je n'ai aucun reproche à faire à mon frère (elle l'idéalise) et d'ailleurs: "Ce n'est que ton frère!". Au final, c'est comme cela l'arrange. Surtout qu'en vieillissant, je me rends compte que mon frère retrouve la mémoire: "Je me souviens, j'étais comme ton gosse..." devant ma mère. Qu'il le dise spontanément devant elle, cela m'a fait du bien. Car cela fait des années que ma mère cherche à me faire oublier le rôle que j'ai pu avor avec lui en essayant de récupérer le sien. Bref, c'est bientôt la fête des mères et je m'interroge encore si il me paraît important de lui témoigner mon affection ou pas. J'avoue que je vis mieux loin d'elle (fini les insultes, les dénigrements et la culpabilité), j'avoue aussi que son prêt m'a enlever un clou du pied, j'avoue aussi que quand je vois des témoignages d'amour dans des reportages ou dans ma vie entre parents et enfants, je m'interroge... Et, puis, je me dis aussi que j'ai toujours fait le premier pas (pas rancunière pour un sou) et que fianlement, elle s'est toujours retrouvée en position de force (comme si c'était lui donner raison), et ne s'est donc jamais remis en cause. Si j'ai eu l'occasion de le faire dans ma vie, elle jamais!! Et, perso, je pense que dans une relation, il faut être 2. Bientôt 1 an qu'on ne se voit plus. Pas un courrier, pas une lettre. Si, quand je lui ai envoyé ma lettre dans laquelle je vidais tout, elle a encaissé 2 chèques qui datait de plus de 2 ans sur un compte déjà vide (je lui ai soumis justificatifs d'encombrements momentanés). Ah, la puissance de l'argent et celle de la mère!!! Comme si non contente de m'avoir donné la vie, elle devait s'estimer eureuse également d'être maître de me faire plonger dans la merde, voire la déchéance!! Bizarre, non?
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231079
b
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