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Personne n'est parfait, même ma mère !

Témoignage d'internaute trouvé sur forum-depression
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Ma mère et moi ça a été la cata pendant des années, elle ne s'occupait pas de moi, et quand elle le faisait je m'en serais bien passée (c'était pour me taper dessus, me traiter de "nulle" etc, bon je vais rester soft). A un tel point que cette affaire a fini devant un tribunal malgré moi, c'est juste que face à mes comportements à risque (drogues, alcools, sexe, TS etc) l'assistante sociale de mon lycée s'en est mêlée et j'ai fini dans un foyer.

J'étais jeune, 17 ans, et le juge dans son cabinet m'a dit, "écoutez votre mère, elle a XXX années on ne la changera pas contre son gré, je ne peux pas la forcer à suivre des soins comme vous le souhaiteriez" "en revanche, vous, vous êtes jeunes, avec un psy on peut vous aider, et puis bientôt vous serez adulte et majeure et vous pourrez voler de vos propres ailes"

C'est vrai que sur le coup j'ai pas aimé, moi me faire soigner chez un psi, mais la folle c'est elle !!!

Bien sûr avec l'âge, le temps etc on s'aperçoit que voir un psy ce n'est pas être fou.

Ensuite c'est vrai ça s'est passé comme il a dit, mon père m'a offert de belles études dans des belles villes de France, et j'allais beaucoup mieux. Je ne les voyais jamais (mes parents) à cause de ma mère avec qui j'avais décidé de ne plus jamais parler de ma vie.

Puis ma dépression est arrivée sans crier gare, et là j'ai compris que malheureusement dans une grande majorité des cas, les gens finnissaient chez un psy à cause de leurs parents. J'ai même fait rire ma psy en disant "mais alors pourquoi les psys font des gosses, ils sont inconscients !!!! "

Eh oui j'avais compris que à cause de ma maman et bien j'allais mal psychologiquement.

Première réaction : quelle salo… pourquoi m'avoir mise au monde alors ?

Responsable mais pas coupable, ce fut la première étape. Elle a fait comme elle a pu, avec ses propres difficultés à affronter.

Quand on comprend on ne juge pas fut la deuxième étape, j'ai commencé à creuser dans son passé, à parler à sa famille, ses amis, j'ai découvert qu'elle en avait vraiment bavé des trucs affreux franchement… Pire que ce que j'ai pu subir moi.

La troisième étape fut d'accepter la terrible phrase de Goethe "être adulte c'est d'avoir pardonné à ses parents" et c'est vrai.

Mais il ne faut pas voir de connotation judéo-chrétienne sur la notion de pardon.

C'est juste un être humain comme tout le monde avec ses forces ses faiblesses ses qualités ses défauts, et cette personne elle a fait un truc bien d'ailleurs : elle nous a fait nous. Elle a fait un truc moins bien : elle ne nous a pas fait parfaits. Et alors personne n'est parfait. Nos parents ils font ce qu'ils peuvent comme ils peuvent. Et ils en chient aussi.

Concernant le pardon, c'est comme ça qu'il faut l'aborder selon moi. C'est accepter l'idée que nos parents ne sont pas des dieux et qu'ils ont commis des erreurs, cela n'empêche pas qu'ils nous aimaient. Car ce lien là quoi qu'on en dise il est indestructible (surout celui de la mère, faut pas oublier qu'on sort de leur ventre quand même) et c'est aussi pour cela qu'il est dérangeant et souvent destructeur.

Pour en revenir à la dernière étape du pardon donc, c'est un peu ça le truc, moi j'ai juste essayé de la pardonner en la "désacralisant" je lui ai rendu son rôle d'être humain qui souffre et qui fait des erreurs, tout comme nous autres. C'est mieux que rien c'est ce quil reste à faire quand de toute façon la maman en question est décédée. Ce sera jamais vraiment un pardon à 100% car l'autre n'a pas pu demander pardon, mais si nous on l'accorde quand même on se libère déjà un peu d'un fardeau.

On ne peut vraiment pardonner que ceux qui le demandent, la justice pénale le prouve chaque jour, les peines infligées ne suffisent pas aux victimes, seul le "pardon" libérateur demandé par le coupable les apaise. Al'époque, si on remonte le temps des différents systèmes judiciaires même le pardon était plus important que la peine, si le coupable demandait pardon il échappait à la peine de mort ou en tout cas il pouvait en espérer une plus rapide. Parfois même des familles entières imploraient les rois de ne pas exécuter le coupable trop rapidement car elles espèraient qu'ils demanderaient pardon et ainsi les libèrerait.

Et c'est là que je veux en venir, car au fond de moi je sais que c'est possible. Je terminerais là-dessus.

Jamais je n'ai cru de ma vie qu'un jour ma mère viendrait demander pardon et pourtant. Face à ma dépression, elle s'est sentie impuissante, puis peu à peu coupable. Elle-même est tombée en dépression.

Elle est tombée en depression à cause de moi, parce que de me voir comme ça elle s'est sentie responsable (eh oui ce lien indestructible ce cordon ombilical invisible mais bien présent).

Elle a commencé à comprendre que si j'allais si mal c'était à cause d'elle, de son désinteret pour moi, de ses violences verbales, physiques…

Et en moins de deux minutes, j'avais ma mère en pleurs dans mes bras disant "je te demande pardon je t'aime tellement"

?Très triste.

Rien que d'y repenser j'ai des frissons.
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136762
b
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