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Accouchement à domicile

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Après de nombreux faux travail, c'est-à-dire contractions toutes les deux minutes, pendant 1 h voire 2 puis plus rien : arrive le jeudi 29 janvier 2004 au soir. Commence alors des séries de contractions irrégulières qui vont me maintenir en éveil toute la nuit. Elles varient : Une fois tous les ¼ d'heure, une fois toutes les 30 minutes, puis toutes les 5, puis toutes les 20 etc….

Elles ne sont pas très douloureuses mais bien présentes tout de même et suffisamment intenses pour m'empêcher de dormir !

Le vendredi 30 janvier 2004 au matin, je téléphone à C. (ma sf) Elle me dit de ne l'appeler (pour qu'elle arrive) que quand cela se sera régularisé, à moins bien sûr, que j'en éprouve le besoin avant, car cela ne se mettrait pas en place, sans régularisation !

Mon homme part donc au travail, mais pas rassuré. Durant la matinée, on s'appelle souvent, un coup lui, un coup moi ! Les conversations ressemblent à cela : et là ? Oui j'en ai encore eu, ben tiens une arrive … etc… Si bien que mon homme part de son boulot à 12h, en précisant, qu'il ne reviendrait pas !

Il veut m'aider et être là pour s'occuper des deux loulous, ou tout simplement si cela se mettait en place dans l'après midi, pour être là, m'épauler !

On mange et cela se tasse un peu, puis les loulous partent à la sieste ! Jo stresse et me demande de lui dire quand j'en ai ! Dans l'après midi C. Appelle, il décroche au moment où une contraction arrive. Il doit être aux environs de 16h et quelques. La contraction est forte, il lui dit : ben oui elle en a depuis un bout et là vu comment elle se recroqueville (ma pose préférée, si je ne m'appuie pas sur lui, pour me soulager) , elle les sent vraiment ! C. Lui dit : surtout tenez moi bien au courant, dès que cela se régularise, n'attendez pas !

On la re-contacte une fois je crois, après cela, je ne suis même plus très sûre, bref !

Les tits bouts se lèvent et il s'occupe d'eux : le goûter, les jeux …. Puis de moi en même temps (qui squatte le canapé ou vaque à mes occupations) , il assure zhom !

Moi ça va, j'ai pas à me plaindre ! C'est passé à toutes les 30 min, ça c'est radouci. Certaines sont fortes, il m'épaule et d'autres sont plutôt cool, il le voit ! Bon…

Ca s'éloigne, j'y crois plus, j'ai eu tellement de faux travails ! La fin d'aprèm suit son cours : 19h les biboux mangent, puis 20h il va les coucher. Depuis 19h j'ai du en avoir 3, mais fortes et intenses ! J'ai mangé cependant hihih ! Bisous aux loulous, je les regarde avec énormément de bonheur, bientôt nous serons 5. Même si je doute, au fond je sais bien que c'est pour aujourd'hui !

20h00 et des poussières, d'un coup et sans prévenir, les contractions se succèdent. Plus besoin de montre, à peine le temps de dire : j'en ai eu une, et hop une autre arrive. D'ailleurs je ne dis plus que j'en ai, ça se voit ! Il me dit : quoi encore, la faudrait appeler. Moi : non attends encore 2 ou 3 pour être sûre. 5 min après les 3 sont largement là ! Il me dit : tu veux appeler, moi : non vas y ! Il l'appelle, elle dit : c'est bon, lui : oui, là c'est sûre, elles sont très fortes et très très rapprochées ! C. Dit qu'elle arrive de suite !

Effectivement en logique 30 bonnes minutes nous séparent, si ce n'est pas plus… et bien 20 minutes après, à peine, elle est là.

En attendant son arrivée, mon homme m'a raconté plein de sottises.

J'avoue avoir ri plus d'une fois. Il me soutenait, en m'appuyant sur lui, j'étais si bien. Des moments d'accalmie arrivèrent, non sans contraction, mais disons qu'elles se faisaient oublier, tant l'amour débordait de chaque instant !

Nous ne savions pas si j'étais enceinte d'une fille ou d'un gars, nous avions déjà les deux et cela nous importait peu (enfin que je croyais). Mon homme me dit, en plein travail : si c'est un gas, on verra pour adopter une fille ? (nous avions comme projet de base 3 enfants de nous et 2 adoptés). Ben oui mais on pourra pas l'appeler Elvira… arfff, qu'il dit !

Il m'a fait rire avec ses réflexions à haute voix ! Bref je lui dis : attention, et lui : oui bah je serai heureux quand même, Moi : ben oui heureusement, je suis quand même en plein travail !

Bon il le pensait peut être un peu, mais voulait surtout me parler, il sait que chez moi ça marche : me changer les idées, me parler, me faire rire, rien de mieux !

Puis il me dit : je sais pas si c'est bien de te le dire, mais là je stresse, tu le sens bien toi ? Moi : oui vraiment bien ! Je pense que ces mots le rassurent, il me croit ! Il a confiance en moi et grâce à lui : j'ai confiance en moi et en mon pouvoir d'enfantement, moi aussi. Pour la 1ère fois, il me dit ce qu'il ressent, au moment M, j'apprécie beaucoup ce partage.

Nous avions allumé la télé car il y avait une émission avec des musiques, et j'aime la musique (la chaîne hifi, euh on y a pas pensé hihi). Enfin de toute façon, on était liés dans l'âme et la télé faisait juste office de fond sonore agréable.

C. Appelle, elle est en bas et hésite entre deux portes (Ps : nous avions déménagé 5 jours plus tôt). Jo lui propose de venir l'aider à transporter son matériel (qu'elle n'utilise pas en logique, car uniquement là en cas de pépin, pour premières interventions) ! Elle lui dit : Evenelle peut rester seule ou non ? Lui me regarde (nous avions mis le haut parleur) , je dis : oui !

Il part. Passe alors dans ma tête : étoile de neiiiige, pays merveilleux, ai pris au piège heuuuu de tes grands yeuxxxxx ! Une contraction arrive, je chante, puis deux, je rechante, ça fait du bien, ça me change les idées, bon sang ce qu'elles sont fortes ! Il part peu et voilà que je gère moins. En 2 min chrono, ils sont déjà là tous les deux ? Là, je pige pas ? Mais bon… je m'habitue à ce que mon homme soit speed dans ces moments hihihi. Il n'aime pas me laisser et j'avoue que je n'aime pas être sans lui.

Après ma sf m'a conseillé de m'installer dans un bon bain. Elle voit bien que ce n'est pas évident, mais bon, ça va encore. C'est différent des autres accouchements et je le sais, mais à ce moment, je ne peux définir ! Je lui dis : ça fait vraiment quelque chose le bain ? Suis pas motivée …. Elle me dit : teste, si ça te plaît pas, tu sors ! Mon homme dit : comment je lui fais le bain ? C. : comme elle aime, et lui : oui mais, elle, c'est brûlant alors euh… C. : ben vas y alors ! Bon, du coup, mon homme m'en a fait couler un, bien chaud, comme j'aime !

Pendant ce temps, elle voit où j'en suis, 5 !

L'eau m'a fait du bien, car j'avoue que pour cet accouchement, j'ai beaucoup plus ressenti les contractions…enfin…plus autre chose que je ressens et comprends plus tard… (du à la fatigue sûrement, déménagement le 24 janv et tout ranger et laver niquel le 26 (très fortement aidée de mon homme qui me disait : arrête quoi, dis moi et je fais, ou encore : lâche cet aspi.) Mais c'est plus fort que moi, bébé naîtra bientôt, faut que ce soit au top). Deux jours après l'emménagement, on aurait dit qu'on avait toujours vécu là. Jusqu'aux peintures que nous avions faites la semaine passée, enfin je faisais pompom girl hihih. Quoique, parfois assise, je faisais les plinthes et j'ai de supers souvenirs. Les biboux couchés dans le lit parapluie (car nous faisions cela le soir tard) , nous commandant une pizza, avec notre lampe branchée et nos pinceaux qui nous regardent (mort de rire, c'est si bon de se rappeler). Puis beaucoup de nuits à 5h de sommeil, sans compter la veille de l'accouchement avec nuit blanche, due à des contractions en vrac, bref !

Le bain est prêt ! C. Lui dit de mettre du sel, elle me dit : ça porte tu verras ! Je m'installe, au début l'entrée me fait du bien, puis j'essaye de me placer, arf ça va pas, la non plus humfff ! A chaque contraction, je suis pas bien. Je sais pas comment me mettre, accroupie, assise. Je bouge, elle me dit : allonge toi, peut être que ? Moi : non, elle : essaye, elle voit ma fatigue sûrement ! Bon, je m'allonge, ouh je n'aime pas du tout cette contraction, qui du coup, descend dans le dos. Je me relève. Elle nous laisse ensemble dans nos émotions et notre amour, pour me permettre de trouver seule ! Je m'allonge sur le coté, ah la, enfin, je suis bien. Je m'endors entre chaque contraction, mon ventre baigne complètement. Pendant ces dernières soit je reste ainsi, soit je m'assoie !

Mon pauv zhom avait fait l'erreur de laisser traîner sa main près de la baignoire. Enfin pour être plus précise il me dit : serre quand tu as besoin mais s'il te plaît griffe pas, hein ? Quand j'y repense…. Un amour. Entre les contractions on s'endormait à deux je dirais, (car la nuit blanche, il l'a faite avec moi, la veille) et pendant REVEIL. Là, je comprends un peu plus les sensations, ce n'est pas tant les contractions le pire, bien que très intenses, douloureuses et envahissantes, ça je connais bien et je gère (enfin je tolère et me dit qu'à chaque vague de violence j'approche de mon bébé). J'ai une sensation inconnue que je décortique (due aux nombreux faux travail je pense) et peut être autre chose (Le placenta est sorti si vite après sa naissance ? Y aurait il un rapport ? Je sais pas ! ). C'est une sensation de peau à vif à l'intérieur, qui fait que dès que bébé bouge, ça me fait comme si on m'appuyait et on frottait sur une plaie à vif, comme si on essayait de m'arracher la peau interne avec des griffes par moment ! Oui, oui, je sais ! Mais bon ! Les contractions s'ajoutent par-dessus cela, mais l'émotion est si intense. Je m'apprête à donner la vie et RIEN, mise à part un gros danger pour bébé, ne pourra me faire bouger de chez moi ! Jo voit bien que c'est dur, il me demande quoi faire pour m'aider, j'ai l'odieuse réponse qui lui fait comprendre que là, rien ne peut être fait. Je lui réponds : suicide-moi. Puis je souris de ma bêtise, je l'ai dit et ça me soulage. Il sourit et me serre. Allez bientôt tout cela sera dans la case des souvenirs et ne me restera que le bonheur et les émotions.

C. Fut super et nous a laissés ensemble le plus possible ! Jusqu'à ce qu'elle entende : arggg bordel, ouh lalalala. Mon homme : ça va puce, qu'est ce que t'as ? Moi : une crampe à la jambe heuuuuu ! C. Arrive, quoi ? Et lui tout zen du coup : ben une crampe. Puis cela nous a fait sourire, oui la crampe m'a fait bien plus râler, même gémir que le travail, car pendant le travail bizarrement je suis silencieuse, ou alors je parle, même si c'est pour dire que c'est dur, trop de sentiments m'envahissent en ces moments. Disons que une crampe, ne mène pas bébé à la vie, et les trucs inutiles moi, hein, je m'en passe ! Du coup, elle dit : je t'emmène du magné B6 pour éviter que ça te le refasse, ce à quoi je réponds avec plaisir : oui ! Je le prends et je n'en aurai plus, c'est vrai !

Elle se met prêt de moi, elle voit que, là, j'ai une passe où je gère moins. Je serre plusss la main de mon homme, son corps, je me recroqueville plussss, je souffle plus fort. Mon homme recule, il lui fait place. Elle pose sa main sur mon ventre et me dis : prend la contraction comme une vague, respire, accompagne doucement, ne lutte pas… et là… incroyable, sa voix me guide, telle une lumière dans le noir. La contraction me traverse mais ne me fait pas souffrir. Une seconde se suspend et je suis bien. Puis elle nous relaisse (j'ai aussi besoin de ces solitudes, à deux, avec mon homme et elle le sait) mais pas longtemps. Peu après, elle revient en disant, alors tu en penses quoi là… et moi : ça pouuuuuuuuuuuuuuusse heuuuuuuuuu. J'ai l'impression maintenant d'une contraction continue. Je sens les moindres de ses mouvements (toujours avec cette sensation de peau à vif, pendant et entre deux, c'est très distinct et intense). C. Me dit : faudrait sortir (on peut accoucher dans l'eau avec elle, mais je veux pas) , ça fais 1h15 déjà que tu es dans l'eau, ça devrait pas tarder si ça pousse, et nous : hein ? 1h15, on croyait que cela faisait 10 minutes. La notion du temps est incroyable ! Elle touche l'eau et me dit : elle est toute froide et moi : ah bon ? Ben j'ai si chaud qu'elle me paraît chaude !

Je sors avec leur aide. On prend notre temps, car dès que je suis debout, l'eau ne me porte plus, et là, tout s'accélère. Les contractions sont encore plus intenses, ben si… c'était possible ! Je reste longtemps, comme ça, debout, attendant que la contraction passe, mais… elle ne passera pas. Dès qu'elle s'en va, bébé bouge et cette impression de peau à vif surgit me foudroyant plus encore à chaque fois … J'arrive à lever une jambe, puis deux et me voilà hors de l'eau. Je me dis : humm finalement j'aurais du y rester. Chacun d'un coté, ils m'aident à mon rythme, un pas, puis un autre, à traverser le couloir pour aller sur le canapé : là ou je veux accoucher ! Jo dis : cela me rappelle la traversée du couloir à Pithiviers (oui c'est vrai cela y ressemble).

Le canapé est prêt avec alèzes dessus, cool plus qu'à m'installer : je m'accroupis et mon homme se met à côté. Il doit être environ 23h45. Je demande à C. Où j'en suis. J'ai hâte, cette impression, qui n'a rien à voir avec les contractions me pèse un peu plus à chaque fois. A ce moment la, j'ai besoin de savoir, si ça avance, au moins. Elle me dit : 7 et moi : quoi seulement ? Toute ma motivation s'effondre. Une contraction arrive accompagnée des mouvements de mon bébé et de cette sensation atroce. Je souffle fort, un bruit se laisse entendre, comme une flûte. Ma main écorche mon visage, je la passe fortement dessus, je m'en veux d'en vouloir à mon enfant, mais que ce bébé arrête de bouger bon sang. Mon homme me ramène alors sur terre, le fait de l'expression (mes bruits) ne le dérange pas, mais l'effraye je pense, ce n'est vraiment pas dans mon tempérament, puis, je suis en train de partir où je sais pas, mais…loin…dans un très mauvais loin fait de souffrances et de perte. Je perds totalement pied et raison, il le voit et réagit fort heureusement. Il me dit : calme toi, allez ma puce, calme toi, ça va aller. Je reviens parmi eux et les voir me rassure. Il me serre, un peu de cette force passe en lui, du moins c'est l'impression que j'en ai. J'aime qu'il me serre au moment où bébé bouge, au moment d'une contraction, bref au moment de douleur, cela la dirige plus vite, plus loin. Catherine me dit : accompagne quand bébé pousse et quand tu as une contraction, c'est bientôt fini, tu y es presque : courage.

Mon homme me serre toujours dans ses bras. Une contraction arrive, ça pousse, alors quitte à ce que je le sente, je pousse quand ma puce appuie et ça marche ! Quelques minutes plus tard, je la sens qui s'engage, je dis, j'hurle oui : BEBE S'ENGAGE. Quelle joie que cette sensation subtile et inimaginable. De suite après la poche des eaux se rompt : je dis c'est les eaux ? Ma sf euh … moui … en même temps, toi quand tu perds les eaux, tu perds rien alors …Effectivement cela fait à peine un petit cercle sur l'alèze. Je l'ai su uniquement, car j'ai senti un liquide chaud sortir de mon vagin, toutes les sensations sont démultipliées, mais c'est tout, aucune autre sensation, je perds trop peu pour cela ! Sinon, Ma sf me confirme que OUI suis à 10 et bébé s'est engagé. Ensuite je gère, je ressens et surtout je comprends tout. Au 3eme accouchement "libre" , je connais bien mon corps. J'emmène bébé jusque la sortie en 2 poussées a peine (bébé pousse de lui-même) , enfin, je sais plus exactement combien, mais ça va très vite. La c'est génial, c'est si agréable de pousser. Je n'ai aucune douleur pendant la descente, du moins je ne crois pas, je ne sais plus, mais si c'est le cas, cela ne m'a pas marquée. A coté de cette impression (durant le travail) c'est si fantastique. Ca va, je gère super bien, je la mets juste au bord de la sortie et en une poussée, je la sors de la tête au pied !

Au moment où la tête sort un peu, Catherine me dit : soulève toi, tu risques de l'écraser. Je suis accroupie (comme pour faire pipi) mes fesses touchent presque l'alèze. J'ai l'impression que tout en poussant, je me lève très facilement. En réalité c'est mon homme qui me serre et me soulève le haut du corps. Du coup, je suis accroupie mais mes fesses sont plus hautes (un peu genre chaise, mais moins tout de même) par rapport au canapé ! Bref ! Je ne sais trop comment dire. Ma sf me dit attrape le et moi : Non faut qu'elle sorte (pourquoi elle ? L'instinct des femmes est immense). Je pousse toujours et ma sf comprend que je vais la mettre au monde d'un coup. Elle me dit : fais doucement, pense à ton périnée, contrôle. Bon je me dis : suis pas à quelques secondes, je n'ai jamais eu de déchirures, ce serait bête de commencer. Du coup sur une seule poussée/contraction, je gère, ralentis, re-pousse etc… Puis très rapidement zouuuu, une impression de floupsssssssssss, suivie d'une accalmie et un vide (un vide superbe de sens) , plus de télé, ni de son, je ne vois, ni n'entends plus rien. Mes yeux se troublent devant ce tout petit être qui vient de "tomber" de moi (sa tête touchait déjà l'alèze quand mon homme m'avait relevée) là, comme ça ! Bébé est tout recroquevillé et je regarde ce tout tit bout, qu'il y a peu encore bougeait en moi, quelle merveille ! Le temps se fige et devient un allié du bonheur ! Je sens vaguement la main de mon homme dans mon dos qui se décale, mais qu'importe je suis si loin, dans un monde somptueux… Puis, mon regard ne peut se détourner, son visage, si …, un nuage dans ma tête, je ne réalise pas, je pense a rien, vide de sens …… Puis une voix me sort un peu de mon monde, mon homme qui s'exclame : ça a était vite, j'ai rien compris là et ensuite : C'est une FILLE, c'est une FILLE ! Moi je crois que je ne réagis pas, ma sf réponds : ah oui… J'y pensais plus qu'on ne savait pas ! Sur le moment j'entends des voix mais ne comprends pas, ce n'est qu'après que tout m'est revenu, leur conversations…Je réagis toujours pas, je ne peux me dé scotcher de son visage. J'entends leurs voix de si loin. Je sens un regard insistant sur moi, je lève les yeux. C'était C. Qui me dit : vas y attrape la ! Des larmes montent malgré elles, devant cet instant imminent, pour parcourir le fond de mes yeux. C'est vrai que je lui avais dit, je veux l'attraper, être la seule, à la toucher en 1er, , du coup elle ne l'a pas fait à ma place, j'ai adoré cette attention ! A la naissance, je ne l'ai pas attrapée car j'avais une main sur le canapé et une sur mon homme qui me tenait. Quand elle me l'a dit, je ne me voyais pas lâcher mes appuis. Alors à ces mots, je ne me fais pas prier et je lui saute littéralement dessus. LA, je réalise que je viens de lui donner vie. Je ne cesse de lui dire : viens ma puce, viens ma puce, tout en la collant contre moi, c'est si bon, c'est si fort, c'est si animalement formidable ! 2 minutes maximum se sont écoulées peut être, pas plus, mais cela m'a paru une éternité ! A 00h30 venait de Naître : Elvira !

Mon homme a pas eu le temps de comprendre, cela a été bien vite. Cela fut si riche en émotion, en ressentis, en amour, en partage ! Nos liens se forgent plusss à chaque fois et à chaque fois je me dis que non, pluss sera impossible.

Ce fut un moment complètement incroyable, j'étais là dans ses bras, c'est tellement fou de donner vie à son enfant, blottie, dans les bras de son homme !

Je cogitais enfin que mon rêve venait de se réaliser : mes enfants, là, si proches.

Ma fille venait d'avoir 2 ans, mon fils 1 an et cette naissance emplie de merveille !

La réalité nous rattrape. J'ai ma fille contre moi, puis je dis à C. : j'ai mal, elle : ben c'est normal tu viens d'accoucher, moi : non j'ai jamais eu mal, le placenta ? Ça doit être ça ! Elle : ben non, elle est à peine née, moi : si si le placenta. Elle emmène donc un, je ne sais pas le nom, comme une coupelle en plastique, et je pousse zou le placenta sort. Elle aide un peu en "tirant" très délicatement sur la poche des eaux qui ne suit pas, enfin façon de parler, elle est à moitié dehors ! Me voila libérée, mon bébé contre moi, plus de placenta, plus de poussées, plus de cette sensation terrassante. Juste nous : notre amour, notre bonheur et notre chez nous ! J'ai coupé le cordon, car je voulais savoir ce que cela faisait. C'est particulier comme sensation, c'est mou sous le ciseau, mais c'est agréable au fond. Mon homme l'avait déjà fait lui ! Puis j'ai envie de connaître le placenta, plus encore. Mon homme prend donc la puce emmitouflée dans une serviette ! J'ai touché le placenta, c'est douxxx et c'est mystérieux. Elle me l'a expliqué, c'est quand même ce qui a nourri mon bébé. C'est incroyable et pas sale du tout. Le côté où il y a le cordon et la poche des eaux attachée, fait penser à une peau translucide avec beaucoup de veines ! Pendant ce temps j'entends mon homme dire : je me suis pas trompé au moins ? Ah oui t'es bien une fille (je suis morte de rire, il l'aura eue sa 2eme nana).

Puis j'abandonne le placenta, pour reprendre ma merveille et la coller tout contre ma peau.

Bref. Vers 00h40, soit 10 min après environ, on a réveillé nos anges, qui se couchent à 20h 20h30, et on a fait nos 1ere photos à 5. Je leur avais promis que dès que bébé serait là, je les préviendrai. De les voir réunis, si vous saviez…

C. A fait de belles photos de notre famille ! Puis on les a recouchés, enfin mon homme les a recouchés.

C. Est partie vers 2h et nous sommes allés nous coucher. Toute la maisonnée, y compris Elvira, a dormi jusque 9h !

Et le lendemain matin, ma puce qui dit, il est où bébé ? Non, elle n'avait pas oublié et savait bien que c'était la réalité… Il est à peine 9h et je pleure encore de bonheur.

La puce à sa naissance n'a pas été lavée, ni même mesurée (ce fut fait 4 jours après) , ni RIEN. Juste son poids peu de temps avant le départ de ma sf. L'odeur de mon bébé contre moi, s'endormir en la humant, c'est tellement indescriptible, tout ces instants, toute cette merveille, ces mondes fantastiques, c'est bien plus mystérieux que la vie elle-même. Les femmes qui ont vécu des accouchements libres, pleins et entiers, des accouchements animal (dans l'instinct, la force, la rage et la protection du bébé) et humain je dirais, enfin quand on dit qu'un homme est humain cela veut dire bon, mais dans la naissance, je me demande si animal ne veut pas dire sain. (Humain, si l'on garde le sens premier : de bon, car sans rajout de douleur, sans humiliation, sans … avec tant d'amour et de joie) me comprendront et sauront ; pour les autres je ne pourrais jamais arriver à mieux expliquer, aucun mot n'existe sur ce moment de semi coma où nous passons comme dans l'au-delà chercher notre enfant et le guider à la vie. Aucun mot sur ces instants d'avant, d'après ou sur ce moment précis que certaines appellent plus communément : aller sur mars.

Je me remplis de ces moments et deviens plus forte et plus belle à chaque fois.

Qu'il est bon de vivre la naissance : Réclamez la femmes : elle vous appartient !

Depuis lors mes yeux brillent et la flamme grandissante en ces moments, je le sais, brûlera à jamais….

Elvira est née à 00h30 le 31.01.2004 sur le canapé dans notre salon. Elle faisait 49 cm pour 3k300 ! Périmètre crânien : 33.
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100131
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