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J'ai vécu toutes les étapes de mon accouchement à la maison !

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Il est minuit, on est le 6 juin. Les contractions douloureuses commencent, mais comme toutes les nuits précédentes, toutes les 10 minutes. La douleur est vive mais très supportable. Je pense donc à un faux travail, comme les autres soirs. Je descends tout de même rejoindre J* qui travaille en bas sur l'ordinateur. Je passe sur docti, ouvrir le post du 6 juin, et chercher si quelqu'un veut papoter ? Je suis tranquille. A chaque contraction, je me penche en avant, car j'ai mal dans les reins et j'ai lu qu'il fallait favoriser la position du bébé en antérieur. Je me fais une tisane de feuilles de framboisier, et je prends de l ? Homéo. Vers 2h, les contractions sont plus douloureuses. Je commence à me poser des questions. Est-ce que cette fois, c'est la bonne ? Un petit peu d'excitation me gagne. Je prends du Spasfon, qui est complètement inefficace. La douleur est forte. Je commence à me concentrer sur ma respiration et à pratiquer "l'entraînement" sophro à chaque contraction. A 3h, je constate qu'elles reviennent toutes les 5 minutes ? Mais j'ai encore du mal à y croire. Mon gynéco m'a bien dit le matin que je n'accoucherais pas avant 3 jours, et que mon col est long postérieur ferméallume quand même des bougies et le diffuseur d ? Huiles essentielles pour créer une ambiance zen dans le salon. A 3h30, je comprends que je vais accoucher aujourd ? Hui. J* est toujours en train de travailler. Je lui dis qu'il devrait aller se reposer, car la nuit va être courte. Il monte. Je me fais couler un bain très chaud. Enéa dort à côté. Les contractions deviennent très fortes. J'ai mal, très mal. Je commence à paniquer. Je n'y arriverais jamais ! A 4h15, je réveille J*. Il faut qu'il amène Enéa chez la nounou. Il la réveille tranquillement. Elle est de bonne humeur, en forme, elle vient me faire un bisou dans le bain, mais c'est dur pour moi. Je veux rester dans ma bulle. C'est la seule façon pour moi de supporter la douleur. Je lui fais quand même un câlin rapide, et ils partent. Je suis seule. La douleur me transperce. M'emporte. J'essaie de la suivre, de m'en imprégner, de ne pas essayer de la maîtriser. Mais c'est difficile. A ce moment là, je me sens faillible. Je perds un peu pied. Il faut que je me reconnecte avec mon bébé. Je sens qu'elle descend à chaque contraction. On va y arriver semble t'elle me dire. Oui, mais je ne pourrais pas souffrir comme ça encore des heures. C'est trop fort, ça s'enchaîne trop vite, j'ai juste le temps de reprendre mon souffle entre deux vagues. A 5h, J* revient. Je lui dis de vite terminer les sacs et de les mettre dans la voiture. Déjà, je me demande comment je vais faire pour sortir de ce bain et monter dans la voiture. J'essaie de ne pas y penser. Il monte se préparer. Encore ce sentiment de solitude, même si je sais qu'il n'est pas loin. Je l'appelle, je panique "descends bordel !!! " . Il vient mais il faut qu'il reparte, ce n'est pas prêt ? Alors, je pense à tous les récits d'AAD que j'ai lu. Je me connecte avec ces femmes, ces mères qui ont mis au monde leurs bébés naturellement. Elles sont là avec moi dans la salle de bain. Je ne suis plus seule. La panique s'éloigne, et petit à petit, la sérénité m'envahit à nouveau. Je vais mettre mon bébé au monde, ici peut-être, comme je le rêvais depuis des mois. Je réussirais. Ma puce est bien engagée maintenant, et je sens qu'elle va bien. Il faut que je lâche, que je m'ouvre à cette naissance. En même temps, les contractions s'espacent et se transforment. La douleur n'est plus si vive. En fait, je sens le besoin de pousser ! Il doit être 6h à peu prés. Je dis à J* qu'il faut qu'il m'aide à sortir du bain, qu'on parte tout de suite. Mais au fond de moi, je sais que je vais accoucher ici. Je sors du bain entre deux contractions et la poche des eaux se rompt. Je regarde. Le liquide est clair, tout va bien. Je me mets instinctivement à 4 pattes à la contraction suivante. Je sens le besoin de pousser et je ne lutte pas. Mais je glisse sur le carrelage mouillé. Je crois que J* comprend à ce moment là. On va rester là ! Je lui dis d'appeler Florence, ma sage-femme. Elle ne répond pas sur son portable, mais elle m'a donné son numéro personnel. Elle habite à 1km. Personne ne répond. Il ne se démonte pas, et reessaie une fois, deux fois, 10 fois !! En même temps, il part déplier le clic clac dans le salon et me propose de m'y accompagner. Je m'installe à nouveau à 4 pattes sur le canapé. Je regarde le jardin. C'est le petit matin. Je suis excitée mais sereine. Je sais que dans quelques minutes ma puce sera là. A chaque contraction, je sens sa tête qui progresse. La sensation de brûlure est de plus en plus vive au niveau du vagin. Je n'ai pas peur, mais j'ai vraiment besoin que Florence soit là. Elle ne répond toujours pas. Alors, je dis à J* qu'il faut qu'il appelle le 15. Je lutte pour lui dire ça, car je ne veux pas que tout soit gâché maintenant. J'ai peur d'un transfert qui ne servirait à rien sauf à ce que j'accouche dans le camionai peur que les équipes médicales me paniquent alors que je suis si bien. J'ai peur d'être séparée de ma puce ? Je le crie à J*. Je crie que je veux Florence. Elle connaît mon projet d'accouchement, et je sais qu'elle saura le "protéger" . J* me dit que les pompiers seront là dans 5 minutes et le SAMU ensuite. Il m'encourage à pousser, car il sait que je ne veux pas d'un transfert. Il a compris que je préférais accoucher avant, seule peut-être. D'ailleurs, il ne sort pas pour aider les pompiers à trouver la maison. Il continue à appeler au domicile de Florence. Moi, je pousse, la tête dans les coussins, j'accompagne les contractions. Je mets la main et je sens bien la tête de ma puce, elle est toute proche. Florence répond enfin au téléphone. Elle va venir. Mais ce sont les pompiers qui arrivent à ce moment là. Ils sont trois. Il y en a un qui s'assoit à côté de moi. Il me demande mon age, depuis quand je contracte, combien de contraction par minute, "ne poussez pas madame ! " . Je ferais ce que je veux ! Et TAISEZ-VOUS ! Je sais qu'il ne fait que son boulot, mais c'est insupportable, je veux rester dans ma bulle. J* l'a compris et tente de faire écran entre le pompier et moi. Je veux Florence !! Elle arrive enfin en même temps que le SAMU. Les pompiers se mettent en retrait. J'ai encore plus peur car j'ai côtoyé des équipes SAMU pendant ma formation ? Je m'attends à voir débarquer des cowboys qui vont brancher la perf ? Tout de suite ! … Mais le médecin me parle doucement. Vous voulez un accouchement naturel ? On va baisser les lumières alors ? Est-ce que je rêve ? Je n'ose pas y croire ? Et pourtant si ! Il m'explique qu'il n'y a pas de problème pour lui, je vais accoucher ici, tout va bien. Il n'a jamais fait d'accouchement à 4 pattes, donc me propose de me mettre sur le côté, mais je ne peux pas, je ne veux pas bouger. Il comprend ? Et propose à Florence de la laisser faire. Elle non plus n'est pas très à l'aise ainsi, mais ils m'encouragent. On ne peut pas surveiller la puce, donc il veut que ça ne traine pas trop. Je lui dis que je ne veux pas d'épisio. Ok, mais allez y plus fort, sinon, je n'aurais pas le choix, on ne va pas prendre de risque quand même. Il a raison. Je laisse passer une contraction pour me reposer, et je pousse. Il faut que ce soit la dernière fois. Alors je donne tout. J* me tire par les mains. Je pense à ma grand-mère, à toutes les femmes qui mettent au monde un enfant ? La brûlure est terrible, j'ai l'impression d'être écartelée, je sens Florence qui masse mon périnée en même temps, et tout d'un coup, comme un bouchon de champagne, je sens la tête de ma puce qui est sortie, très vite ! Et puis une épaule, ça coince un peu. Allez-y ! Oui, mais c'est dur ? Je n'ai plus trop de force. Je reprends mon souffle, et une dernière petite poussée, la deuxième épaule est sortie, et je sens tout son petit corps suivre le même chemin. C'est magique, je n'ai plus mal. Je lis du bonheur dans les yeux de J*. Je me remets sur le dos, et je vois mon bébé, plein de vernix, qui crache quelques glaires, puis qui prend son souffle pour un premier cri, pas très fort, juste un "je suis bien là maman ! " ? On me la met sur le ventre. Elle est magnifique. Je t'aime mon c'ur. On a réussi ! Je regarde alors autour de moi, les pompiers, le médecin, l'infirmier, l'ambulancier, Florence. Tous ont le sourire. Je suis si bien ? Le médecin me dit que ça serait dommage de se presser pour me transférer, qu'il pense qu'on peut rester tranquillement ici pour la délivrance. J'ai envie de l'embrasser ! Il a tout compris !! Il me demande l'autorisation de me poser une perfusion. Je lui dis bien sur ! J'ai peur de l ? Hémorragie. J'en ai fait une pour Enéa. On attend un peu. Il me met de l'ocytocine. J'essaie de mettre ma puce au sein, mais elle n'est pas pressée. Elle préfère regarder autour d'elle. Elle soulève déjà bien sa tête ! On est bien en peau à peau. Ils ne l'ont pas touché. C'est formidable. Et puis la peur me gagne. Je tremble comme une feuille. "Vous avez froid madame ? " . Non, j'ai peur. Si je fais une hémorragie, ça va tout gâcher. C'est tellement de bonheur là ! Je ne veux pas le perdre !! J'évacue un énorme caillot et je lis sur les visages de Florence et du médecin une expression que je connais bien. Celle du professionnel qui a pris un risque parce qu'il pensait que c'était mieux et qui ne veut pas avoir à le regretter. Ils ont hâte que ça se termine. Moi aussi. Florence appuie un peu sur mon ventre ? Ça fait mal. Je ne veux plus avoir mal. Le placenta n'est pas encore décollé. Les minutes me semblent des heures. Et puis les contractions reprennent un peu, pas très fortes. Allez, il faut pousser ! C'est dur. Enfin, il sort. Quelques secondes d'angoisse pendant qu'elle vérifie l'intégrité. OUF ! Tout va bien, il est entier. Je souffle vraiment. Les larmes montent. Je peux profiter de ce bonheur. J'ai eu l'accouchement dont je révais. C'était extraordinaire, parfaitai eu une chance inouïe de tomber sur ce médecin si compréhensif, et à l'écoute. Il me réconcilie avec tous mes confrères. Je le remercie 10 fois ? Et les mots me manquent ? Florence aussi a été formidable de venir. On a réveillé ses enfants et son mari ? Mais elle n'a pas hésité. Pourtant, ça fait 15 ans qu'elle n'a pas fait d'accouchement !! C'est avec elle que je rêvais de mettre mon bébé au monde, et ça c'est passé ainsi. J'ai l'impression d'exploser de bonheur. Je regarde J*. Il est si beau, ses yeux brillent, il est ému, heureux. Je l'aime. Notre fille est magnifique. Elle reste en peau à peau avec moi. Ils ne la toucheront pas. On prend quelques photos et vidéo, puis on nous installe dans le camion, toujours en peau à peau. Le trajet est un peu long mais se passe comme dans un rêve. Ma puce tête bien, je suis bien, on discute avec le médecin et l'infirmier. Ils ont fini leur garde en beauté ?
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