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J'aurai voulu un accouchement à domicile, mais je ne regrette pas !

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Depuis 3 ans que ce bébé se faisait attendre, je pense avoir lu a peu près toutes les pages de ce forum. L'AAD a été successivement une découverte, puis une intention, un rêve inaccessible, un nouvel espoir (voir ma signature) , et finalement… ça ne s'est pas fait… Je tenais quand même à mettre mon récit ici, pour témoigner de ce parcours, et des issues auxquelles il faut se préparer… En avril, quand je tombe enceinte par le plus beau des miracles, je rencontre très vite notre Sf, B, un jeune homme installé depuis peu pas loin de chez nous. Le courant passe tout se suite, l'accompagnement qu'il nous propose est top, je me sens en confiance, mon homme aussi, les rendez-vous sont des moments agréables que j'attends presque avec impatience, ils me rapproche de mon bébé, me mettent dans la réalité après avoir tant attendu… La grossesse se passe super bien, je suis épanouie et heureuse, j'ai hâte de connaître la naissance, même si j'ai déjà cette appréhension que ce soit la seule et unique fois où je pourrais connaître ce bonheur. La dpa est prévue pour le 9 janvier, tout le monde me dit que j'irai jusque là, que ce sera pour 2010, j'y crois. A partir du 24 décembre je prends de l'homéo pour préparer le col… B. Nous préviens qu'il prend des vacances (5 jours) pour Noël et qu'il a plusieurs accouchement prévus pour janvier (il fait beaucoup de plateau technique). Les derniers rendez-vous se font à la maternité, " juste au cas où " . Je ne fais même pas la visite et repars le plus vite possible. C'est pas trop mal, mais rien n'est comparable à ce que je pourrais avoir à la maison. Et finalement, le 27 décembre, dimanche après le réveillon, je me réveille avec des petites contractions, et la perte du bouchon muqueux. Je regarde à nouveau les dates de congé de B. (que je connais pourtant par coeur ! ) il a dit qu'on pouvait l'appeler et que normalement, il serait en congé mais présent au cas où le lundi. La journée se passe avec des petites contractions pas très douloureuses mais relativement fréquentes, surtout dès que je mets le pied par terre. Alors je reste au calme, j'essaye de ne pas accélérer le mouvement. Zhom veut tout préparer dans la maison, mais je lui dis que non, je ne le sens pas encore. Le soir je me dis que je vais prendre un bon bain chaud pour calmer les choses avant de dormir, histoire de faire une bonne nuit. Mais dans le bain, en fait les choses prennent de l'ampleur, je commence à me dire que finalement s'est peut-être parti, je suis un peu inquiète mais j'essaye de me détendre. On part se coucher vers 23h, après avoir envoyé un texto à B. Le prévenant des événements de la journée. Zhom s'endort comme une masse, comme d'hab, moi je tournicote quelques temps, les contractions deviennent plus dures, je ne suis pas bien, je m'énerve parce que zhom n'est pas là pour moi. Texto en réponse de B. ,c'est peut-être un début de travail, mais il ne pourra pas être là avant le lendemain après-midi au mieux. Vers 12h30 je décide de descendre dans le salon pour bouger, je ne veux pas rester allongée si le travail est en route. Je me mets sur mon ballon, dans la maison silencieuse, à la lumière de la lune. Je bouge mon bassin, je commence à gémir un peu, les contractions sont fréquentes, moins de 5 minutes, mais très courtes, pas plus de 30 secondes. Elles resteront comme ça quasiment jusqu'à la fin. Rapidement je comprends qu'il va falloir qu'on parte à la mater. La fréquence des contractions m'incite à partir vers 1h30, nous avons 30 minutes de route, je ne veux pas être trop mal dans la voiture. Le temps de réveiller zhom, et de préparer les dernières affaires, je suis anxieuse et un peu triste, je ne veux pas y aller. Sur le trajet je commence à couiner un peu fort, je ne suis pas bien dans la voiture, les trous et dos d'ânes, sont horribles, nous manquons d'écraser des lapins (!) et arrivées à la mat' nous nous trompons de porte, la nuit il faut aller directement aux urgences mais nous ne le savons pas ! Nous sommes admis dans le service, on me pose un monito, une sage-femme va venir. Aussitôt je demande à pouvoir rester mobile pendant le monito, on me donne un ballon et nous laisse tranquille, au moins 40 minutes. Les contractions sont gérables, mais le monito m'ennuie, j'ai envie de bouger plus. Au bout d'un long moment, la SF de service S. Vient me voir pour faire le point, le contact est bon. Elle m'ausculte, je suis à 1cm seulement, presque 2, mais le bébé est bien descendu. Je suis un peu déçue, elle le comprends. Elle m'explique que mes contractions sont trop courtes pour être vraiment utiles, bien que presque trop fréquentes. On pourra me donner du nubain pour me décontracter, mais cela risque de ralentir le travail donc ensuite ocyto pour accélérer. Je l'arrête tout de suite, je veux faire au max sans produits ; après avoir posé un cathéter, elle me propose un bain que j'accepte avec joie. Je resterai longtemps dans le bain, avec de l'eau chaude sur le ventre, puis dans le dos. J'ai bien les contractions devant, mais mon dos semble tout bloqué à chaque fois, comme pris dans un étau, ça fait mal aussi à la longue. J'essaye de me détendre encore, et de faire avancer les choses, en bougeant comme je peux, à 4 pattes le plus souvent. Je mets zhom à contribution pour tenir le jet d'eau chaude, me mettre la main dans le bas du dos à chaque contraction, mais je sens bien qu'il n'est pas en forme, il manque de sommeil et il a du mal à tenir. J'essaye aussi les sons graves, mais je me rends compte que mes gémissements sont plus forts, j'ai peur de réveiller tout le monde (la salle de bain est dans le couloir des chambres) , et puis finalement je m'en fous ! C'est pas tous les jours que j'accouche ! Vers 4h30 je crois (le temps passe bizarrement, les minutes sont longues mais les heures passent vite, je sais pas trop comment dire…) je commence à moins bien me sentir, les contractions sont vraiment fortes, parfois j'ai l'impression que ça pousse un peu, j'en ai marre du bain… J'ai besoin de savoir où j'en suis, j'ai peur de craquer si ça doit être encore long. La SF mets du temps à venir, vers 5h elle m'ausculte dans le bain, et m'annonce, une ouverture à 3 ou 4, dilatable à 7. Je ne sais pas quoi penser j'entends surtout le 3 ou 4, et là ça me paraît impossible de tenir. Mais elle me dit qu'avec ce 7, on ne va pas tarder à me passer en salle de naissance. Les 15m du trajet se font en fauteuil, et on nous laisse dans la salle pendant un petit moment ; c'est le rush dans le service il y a 4 accouchements en même temps. Je reste debout, appuyée contre la table d'accouchement, mais les contractions sont tellement intenses que ça commence à me faire peur. La SF passe pour voir où j'en suis ; pendant le TV, elle parle avec ça collègue et lui dit " elle est a complète " , et là j'hallucine, je lui demande si c'est vrai, mais en fait, non, elle parlait d'une autre femme à côté !!! Pour moi, il y a toujours un bourrelet de col qui gêne, il faut attendre. Sur la fin de TV la poche se rompt. Je sens une poussée hyper violente, je perds pieds, je hurle, je suis terrorisée et je m'en rends compte. Pour calmer un peu les choses je me mets à 4 pattes, la SF repart. Au bout d'un moment, on me dit de monter sur la table, je regarde l'heure il est près de 6h. On me propose de me mettre sur le côté ce que j'accepte tout de suite. Là la douleur est vraiment forte, zhom est toujours près de moi, un peu déboussolé, je lui demande de s'asseoir près de ma tête pour que je puisse le regarder, j'ai besoin de lui. Je lui déchire les tympans et arrache le T-shirt à chaque contraction, il me brumise le visage et la bouche (je suis assoiffée par mes cris). J'ai commencé à accompagner la poussée pendant la contraction je ne sais pas comment faire autrement… L'autre accouchement à du se finir, tout d'un coup je me rends compte qu'il y a beaucoup de gens autours de moi, elles sont 4 SF et aides soignantes. Il y en a une qui m'énerve, me parle tout le temps en me disant que je ne pousse pas bien vers le bas, elle m'appuie aussi sur le ventre (j'apprendrai plus tard qu'elle demandait aussi à zhom de le faire mais qu'il lui a dit d'arrêter) je lui dit qu'elle me fait mal et lui demande (gentiment) de se taire. Je suis toujours sur le côté je pousse fort, je démonte le montant du lit en tirant dessus (!) c'est un peu long. On me fais beaucoup de TV mais ils ne me gênent pas, j'ai besoin de connaître l'évolution des choses. Je sens que ça s'énerve entre mes jambes, j'entends que je devrais avoir un jambe tendue (laquelle ? ) on a du mal à placer les étriers pour que j'appuie correctement. Au bout d'un moment on me dit de me retourner sur le dos ; je sais que je ne veux pas, mais c'est vrai que ça n'avançait pas beaucoup, alors j'essaye. Je change d'appuis et je pousse en bloquant un peu la respiration, apparemment ça marche mieux. On me fait toucher le haut de la tête de mon bébé, c'est mou, fripé et chaud, et ça me reconnecte à lui. Maintenant je cris " viens bébééééééééééé…  " A un moment je comprends que la SF trouve que ça traine trop, et qu'elle risque de me faire une épisio ; je lui dis que je n'en veux pas, elle me dit de ne pas m'inquiéter. Je repète que je ne veux pas, zhom aussi, nous supplions presque. La SF s'énerve en nous disant qu'elle connait son boulot, qu'elle fera ce qu'il faut si le bébé va mal ; je demande s'il va bien, elle me réponds que je peux déchirer, je lui dis que je préfère déchirer… Le moment est désagréable. Elle appelle zhom pour qu'il vienne voir la tête qui passe (j'apprendrai aussi après qu'elle lui montrait la tension du périnée…) Finalement tout le monde se calme, sauf moi qui pousse comme un âne pour faire avancer cette tête ; on me refait toucher elle est à moitié sortie… On m'encourage… Et puis au bout d'un moment, sans que je comprenne vraiment ce qui se passe je sens qu'on pose ce bébé sur moi, il est là un peu violet, tout petit et tout beau. Je suis déboussolée, il est " déjà " et " enfin " là ; je suis heureuse, il va bien, zhom l'admire aussi, on a réussi… On nous laisse tranquille plusieurs minutes pendant lesquelles nous découvrons le sexe. C'est un p'tit gars, je ne suis pas étonnée, je le sentais, il s'appelle Titouan. Pendant ce temps le placenta sort tout seul, c'est doux et chaud. Je demande si la SF a coupé ; non, mais j'ai des éraillures qu'il faut recoudre, aïe. On emmène Titouan pour quelques soins tout près de son papa, on me le ramène rapidement et nous resterons ensuite tout le temps ensemble… Titouan ne veut pas téter le premier jour, mais il " goûte " et léchouille mon sein, il a besoin d'un peu de temps. Je passe 48h à la maternité, le minimum demandé, et je retourne à la maison, bichonnée par mon homme et suivie par mon SF qui est revenu de vacances. Il m'aide bien pour démarrer l'allaitement ; les premières tétées sont douloureuses, j'ai une peau claire et Titou tête fort, mais après quelques jours et une attention particulière, tout va mieux. Ce que je regrette pour cet accouchement : - ne pas avoir pu rester dans l'intimité de notre maison évidemment, et qu'il y ait eu tant de monde autours de moi pour l'expulsion- au contraire de ne pas avoir eu " mon " SF avec moi, pour me soutenir et me rassurer pendant les moments difficiles - d'avoir du batailler avec la SF pour ne pas avoir d'épisio- qu'une autre SF m'aie agacé à me parler, à m'appuyer sur le ventre… - que zhom ait été un peu " éteint " , j'aurai apprécié qu'il prenne un peu plus d'initiative, et qu'il fasse quelque chose du " projet de naissance " que je lui avais donné à la va-vite… - de ne pas avoir réussi à pousser autrement qu'en bloquant la respiration- de ne pas avoir pu sortir moi-même (ou zhom) mon bébé, et - de ne pas avoir avoir senti ce moment où il quitte mon corps- que le cordon ait été clampé dès la sortie- qu'on ne m'ai pas assisté pour la première tétée- et du coup, d'avoir l'impression d'avoir manqué quelque chose… je n'ai pas vraiment réussi à "vivre" complètement cet accouchement sans regrets Ce que j'ai apprécié : - d'avoir eu malgré tout un accouchement naturel et à peu près respecté- d'avoir pu faire le travail seule dans la baignoire (et plus, c'est l'hopital qui paiera les 50m3 d'eau chaude !!! ) - d'avoir pu crier à tue-tête sans qu'on me fasse de réflexion- d'avoir choisir ma position, à part à la toute fin- qu'on nous ai pas trop embêté avec les soins du bébé (même si ça aurait pu attendre encore plus…) - d'avoir tenu sans la péri, je n'étais pas sure du tout de moi, je suis plutôt chochotte… - d'être partie à J2 (encore que j'aurais aimé partir encore plus tôt) Aujourd'hui, 3 semaines après Titou va admirablement bien… Nous sommes heureux tous les 3…
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149173
b
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