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J'avais prévu un accouchement à domicile mais la vie en a décidé autrement

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Vendredi soir, 17 novembre 2006, nous allons à une conférence sur l'accouchement à domicile. Nous sommes à J-4... Nous nous disons que ça va bientôt arriver, que nous tiendrons notre bébé dans nos bras... Durant la conférence, j'ai des contractions, un peu pénibles mais tout à fait gérables. Nous finissons et saluons notre sage-femme qui est présente, elle me dit : "couche-toi dès que tu arrives, ce sera ça de pris!" puis "bon ben, à tout à l'heure!", pensant que c'est cette nuit que je vais l'appeler.

 

Ce samedi, nous avions prévu d'aller à une l'inauguration du nom d'une place, à environ 80 kilomètres. A 4h20 mon mari se lève, part au travail... A 6h une contraction plus forte me réveille. Je me dis que nous ne partirons pas comme prévu. Que ce sera aujourd'hui, c'est sûr.... Je dors, me réveille lors de quelques contractions et me rendors à chaque fois. 8h08, je me réveille à nouveau, contraction plus forte et liquide qui coule : je me demande quid du liquide amniotique ou du bouchon muqueux... Le temps de me lever, et là floc, c'est les grandes eaux qui commencent! Mais stupeur, le liquide est jaune, un peu teinté donc.

 

Ca m'affole un peu, je me mets à trembler, je me change, je prends le téléphone et appele notre sage-femme (G.), elle me dit j'arrive, je pars maintenant (30 mn de route). J'appelle mon mari au travail, je lui dis juste "Tu peux venir" il dit "j'arrive" sans poser d'autre question et raccroche. Ouf, car une grosse envie de pleurer me prend, trop-plein d'émotion, peur aussi, à cause de la couleur du liquide. Puis je vais voir mes grands, ils se réveillent en douceur, je leur dis que leur petit frère va venir aujourd'hui. Ils sont contents, Clément veut partir et Sacha pas tellement... J'appelle mes amis avec lesquels on avait convenu qu'ils iraient ce jour J. Ils peuvent les garder le matin mais pas l'après-midi, mais me disent qu'ils s'occuperont eux-mêmes de les caser chez quelqu'un. Ali arrive, emmène Clément chez eux. Sacha veut aller chez un autre copain, il le contacte, c'est OK. Mais je ne sais pas s'il pourra y rester longtemps. Il part à pieds chez lui, ce n'est pas loin. G. arrive, elle me demande si ça va, je lui dis que oui. Elle m'examine, j'en suis à 4, c'est drôlement bien compte tenu que je ne souffre pas des contractions. Il est alors 9h. On discute un peu, on attend, puis on décide d'aller marcher un peu car les contractions sont rares et sans douleur réelle. On va marcher à peine 1/2h, les contractions sont toujours aussi rares. Au retour je retrouve Sacha avec son copain à proximité de la maison : visiblement il n'arrive pas à s'éloigner vraiment, il est inquiet, impatient aussi. Le départ pour la ballade : A 11h30 G. me réexamine, j'en suis à 4-5, pas d'évolution donc. Elle me conseille de manger pour me donner des forces. Ca tombe bien j'ai très faim! Je mange un reste de gratin dauphinois.

 

Ensuite elle prépare un bain avec des feuilles de sauge, elle envoie Ali acheter des granules homéopatiques pour déclencher des contractions plus efficaces... Je me mets dans le bain, Ali et G. vont manger, de façon à me laisser seule pour que j'arrive mieux à me concentrer, me recentrer sur mon bébé, mon accouchement.... Je suis bien, je les entends parler tranquillement dans la cuisine, mais je n'ai pas vraiment de contractions, ou si peu... J'aimerais que ça démarre, je me dis que peut-être le bain me permet de moins les sentir mais qu'elles sont bien là. Je sors du bain. G. me réexamine vers 14h. Toujours à 4-5! Elle nous dit qu'il faudrait que ça démarre, que si ça ne bouge pas au prochain examen, il faudra penser au transfert, à cause du liquide teinté, il ne faudra pas trop attendre.

 

Elle me dit que c'est peut-être sa présence qui m'empêche de démarrer, décide de s'absenter 1h, en restant dans les parages. A partir de ce moment, les contractions s'intensifient. Je me tiens soit sur le ballon, soit sur le lit, accrochée au tissu que nous avons suspendu à une poutre, soit en traction sur la poignée de la porte. Ali me soutient tout au long des contractions, longues et fortes, et nous soufflons entre deux... Je suis contente que ce soit enfin là. Je perds énormément de liquide, sans arrêt depuis le matin. au retour de G. : je suis sur le ballon, on aperçoit le tissu accroché à la poutre pour me suspendre. 15h et G. est de retour. Verdict : Col à 5-6! Autrement dit, peu d'avancée. On parle de ce qu'on doit décider. La sonnette retentit. C'est Sacha, il veut rentrer, on lui dit que ce n'est pas possible, qu'il doit rester chez son copain. Ca sonne, encore! Ce sont les pompiers, qui pasent pour vendre le calendrier : je dis à Ali de prendre le billet de 10 ? qui est sur une étagère. Ouf, je m'en suis souvenue, expédié la question en quelques secondes! Ali revient près de nous. On décide du transfert, nous préparons les affaires et descendons. Nous sommes prêts à partir.

 

Encore la sonnette : Sacha... il s'entête, demande des choses... La sonnette me stresse, j'en ai marre, il n'obéit encore pas, même un jour comme celui-là. Il veut aller chez son père, celui-ci refuse de le garder, cool, le cauchemar. G. me dit que c'est aussi une des causes possible du blocage de la progression du travail. Que j'ai trop à gérer. Je dis à Ali d'appeler les parents du copain et de leur demander clairement s'ils peuvent le garder jusqu'au lendemain le cas échéant. Ouf, ils sont OK! Durant tout ce temps, G. a vu que j'ai changé d'expression, que ma respiration s'est modifiée. Elle me dit que dansle doute, on examine encore, si je suis d'accord, qu'elle pense que ça a pu avancer. En effet, le col est passé à 7 en l'espace d'1/2 heure! Je pense que cette situation de stress m'a "boostée", je travaille ainsi souvent dans l'urgence d'ailleurs...! G. dit : "Du coup, on reste!" On remonte dans la chambre, c'est là que je me sens le mieux.

 

Contrôle du coeur de bébé : tout va bien pour lui. Je me mets alternativement sur le ballon et sur le lit, tête dans une montagne de coussins et oreillers. G. m'aide énormément, là le papa n'y parvient plus... Elle me dit de laisser passer la douleur, l'accompagnant jusqu'au bout de mes pieds, je me concentre, elle me montre le "chemin" pour gérer mieux ma douleur, en faisant "hmmmm", je vais rester à le faire à chaque contraction, elles sont fortes et presque en continu, je n'ai pas de répit ou si peu. Ali et G. chuchotent de temps à autre, mais très peu. Je capte des morceaux de ce qu'ils disent, ça me rassure de les entendre à côté sans qu'ils n'interviennent. On reste comme ça de 16h à 17h.

 

Au bout de cette heure de contractions si fortes, je commence à sentir que ça pousse, mais pas très fort. G. m'examine, elle me dit de ne pas pousser, que le col n'est qu'à 8 encore, je risque d'abîmer mon col en poussant avant la dilatation complète. Les contractions, à cette nouvelle, me deviennent insupportables. J'ai l'impression que je n'y arriverai jamais. Je dis "au secours" en regardant Ali et G., à une ou deux reprises... Je me dis réellement que je n'y arriverai pas, que ce bébé ne va pas sortir! 17h30 environ : G. me ré-examine. Grosse déception, le col est toujours à 8! G. nous dit qu'elle sent une bosse, que la tête doit être bloquée, ce qui empêche la fin du travail pour aller vers la sortie... On décide à nouveau du transfert. On se prépare très vite, tout étant déjà prêt au cas où ; je pense à éteindre les radiateurs, je voudrais prendre un livre pour les heures où je vais rester en observation à la maternité, Ali me dit non, tu n'y penses pas, ce n'est pas le moment... Je ne le prends pas. J'ai très peur du trajet en voiture, je crains que le bébé ne reprenne une bonne position avec les secousses et que, du coup, j'aie envie de pousser durant ce trajet (10 minutes), qu'on n'ait pas le temps, etc... J'ai peur parce que je sais qu'il faudrait l'aspirer, à cause de la couleur teintée du liquide amniotique. Finalement je m'installe siège totalement baissé, je ne suis pas si mal. J'appuie sur le bouton "pause", je me mets en état de latence... Pendant le trajet je n'aurai eu que 2 ou 3 contractions, gérables. G. nous dit qu'il est très important qu'elle nous suive, en cas d'urgence on s'arrête (disons si possible compte tenu de la route). Ali part, je lui demande si G. est bien derrière nous. Il me répond un "oui oui" expéditif, qui me laisse dubitative.... En effet, 2 minutes plus tard le portable sonne, il répond, je comprends que c'est G., car il lui indique où tourner...il raccroche, je lui demande : " C'était G. ?", il répond affirmativement je lui dis : "passe-moi le téléphone", j'appelle G., je lui indique comment faire pour qu'on se retrouve à se suivre, nous l'attendons en warning sur le côté à un endroit bien visible. Ouf on se suit maintenant, mais on ne peut guère s'arrêter en cas de souci, à ces endroits aucune possiblilité. Arrivée à l'hôpital : Ali ne tenant pas compte des indications que je lui ai données pour se garer, tourne direction urgences, se retrouve bloqué devant la barrière... Trois manoeuvres pour faire demi-tour! Je suis furax, je commence à avoir de nouveau des contractions, on est arrivés...

 

On prend l'ascenseur, mais par erreur je me dirige vers les chambres au lieu du bloc obstétrical! Demi-tour, les gens qui sont là me regardent, compatissants, je suis pliée en deux, soutenue à gauche par mon mari et à droite par ma sage-femme. Arrivée à la porte d'entre du couloir des chambres, il y a un grand hall avec puits de lumière, et de l'autre côté, l'entrée du bloc. Je dis "ah, c'est pas loin!!!". On arrive, une sage-femme nous accueille, nous demande si nous pouvons attendre 5 minutes. Vous vous doutez de ma réponse : un cri du coeur "Non!" et ma sage-femme confirme en expliquant en trois mots notre situation. Je suis accueillie dans la salle d'accouchement n° 1. Il doit être environ 18h. La sage-femme est douce, elle a des gestes lents, sort les draps, me dit que je peux me mettre comme j'ai envie, me fait apporter un tabouret d'accouchement! Malheureusement, je suis tellement épuisée que mon seul souhait est de m'allonger sur le côté droit, le seul que je supportais durant ma grossesse. Elle m'examine, elle dit que la bosse n'est pas la tête de bébé qui coince, mais une membrane non rompue. Je suis très étonnée, j'ai perdu des quantités d'eau phénoménales tout au long de la journée! Nous avons dit que j'avais rompu la poche des eaux vers midi, sachant que ce serait mal vu si on disait qu'on avait attendu tant de temps depuis 8 h du matin... étant donné la couleur. La SF m'explique qu'elle va percer la membrane récalcitrante, puis que le bébé arrivera tout de suite après. Le moment arrive, je sens couler le liquide, puis la tête qui appuie. Je vois la sage-femme qui éteint les lumières, il reste juste les veilleuses, je suis contente que ça se passe comme ça, ici. Il faut attendre une nouvelle contraction, ça me paraît long, puis elle arrive, il faut que je pousse, j'ai l'impression de ne pas faire mon maximum, ça me gêne, me culpabilise mais je crois que je manque réellement de forces à ce moment-là...

 

La tête pousse fort, je me sens écartelée, j'ai ma sensation d'avoir non pas une, mais trois têtes de bébés à sortir à ce moment précis. Je demande à G., qui est restée, [et heureusement je n'imaginais pas qu'elle puisse partir avant l'arrivée de ce bébé qu'elle écoute depuis 5 mois avec nous], je lui demande ce que je dois faire, je n'arrive plus à me gérer, elle me dit : "Tu fais comme tu veux, comme tu le sens, tu peux pousser maintenant, ou attendre la contraction, ça donnera plus de forces à la poussée"", elle me ramène vers ma propre décision, me remet à mon appartenance à mon propre corps. Un petit homme hilare passe à ce moment dans le couloir, entre, souriant toujours, je me demande si c'est un gynéco, il repartira après avoir vu le bébé naître.... Toutes me disent que ce que je fais est très bien, c'est fou ce que ça encourage, je pousse sur la contraction et je hurle, je hurle que j'ai mal, je n'ai jamais hurlé avant pour mes autres accouchements, pas eu si mal pour mon premier bébé pourtant né sans anesthésie lui aussi. Mais tout en hurlant je pousse fort, et pousse encore, j'ai l'impression que ça dure si longtemps, je regarde Ali, il me fixe avec un regard si inquiet, je ne peux pas lui parler ou le rassurer, mais à ce moment le bébé a sorti sa tête, et on me demande quelque chose, je ne veux pas entendre, je dis "Non!!! Non!!!!" je pense qu'on me demande si je veux le toucher, mais mes mains sont aggrippées à la poignée sur ma droite (je suis toujours allongée sur le côté droit), je ne lâcherai pas cette poignée, comme une bouée à un naufrage.... Mais le corps de bébé suit tout de suite et là, on le porte vers moi, on me le pose et il regarde de tous ses yeux, ouverts grands grands, droite, gauche, droite, gauche, je caresse sa joue, je le sens heureux d'être là contre moi, un drap chauffé posé sur nous, en peau à peau. Je lui dis "J'ai cru que tu ne sortirais jamais" et puis on est restés là, à le regarder sans fin, Ali et moi, il est là, ça y est, avec nous.... La tempête est terminée, la douleur partie d'un coup...

 

C'est une des choses qui a le plus fasciné le papa, la douleur envolée, d'un coup! J'entends quelqu'un dire qu'il est 18h27. Il s'appelle Loumsi, on épelle le prénom, il n'a pas de bracelet, il est contre moi. Il ne veut pas téter de suite, pourtant il rampe sur moi. Il tètera au bout d'une demie-heure. La suite fut un peu difficile pour moi car le placenta n'a pas voulu sortir, j'ai dû souffrir de nouveau quand on m'appuyait sur le ventre, là où j'avais le plus mal. Je ne voulais plus de misères, pas qu'on me touche. Au bout de une heure et quart, la décision de faire une révision utérine était prise, je voulais l'anesthésie, plus avoir mal, au secours... Le bébé a été pris pour être habillé, pas de bain, pas de vitamine K (on m'a posé la question j'ai dit non), pas d'aspiration on plus, même à la sortie malgré la couleur du liquide, en fait il n'était pas assez teinté pour que ça le justifie). Et durant tout ce temps Ali ne m'a pas quittée une fois, pas tourné le dos. Même pas lui qui a habillé le bébé, il avait peur pour moi. L'anesthésiste est venu, un ours, me posant les questions réglementaires en consultant mon dossier, j'ai été endormie, mon mari a dû sortir, ça lui a permis d'aller téléphoner pour annoncer la naissance à la famille. Je me suis réveillée avec quatre points la sage-femme ayant profité de l'AG pour me recoudre les mini-déchirures (une interne et à droite à l'avant, externe au centre à l'arrière, 2 points chacune), et j'ai su que mon placenta était coincé très haut sous mes côtes, je n'aurais certainement pas pu le sortir avec les meilleurs poussées possibles...

 

Bébé dort dans son lit transparent, incliné, je regrette de ne pas ouvoir pris l'appareil photo, nous n'aurons rien de ses premières heures, de ses tout premiers instants. Ali va acheter à manger, il me prend une envie de zlabias, je n'en ai pas mangé depuis l'enfance, je sais qu'il peut en trouver pas loin, il part.... Ca sent le kebab dans toute la salle d'acocuchement quand il revient et s'installe pour le manger... Moi j'attends le plateau de l'hôpital, j'ai faim, puis je me régale de zlabias... Et puis on me garde dans une salle de travail pour la nuit (plus de chambres libres), je ne sortirai que le lendemain, et c'est tant mieux car il est déjà tard et l'anesthésie m'a fatiguée, j'ai mal aux voies respiratoires dès que je me mets debout. Je regrette mon livre, je m'ennuie un peu le lendemain matin, bébé dort bien, il tète bien aussi.... Nous sortirons à 11h30 le lendemain de sa naissance.
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219541
b
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