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Léonie est parmi nous !

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Convaincue. Archi-sûre. Ce bébé n'attendra pas la fin de l'année. Noël ? Réveillon de la St Sylvestre ? Le jour se lève sur cette nouvelle année et je suis toujours aussi ronde. J'attends. Avec ferveur, angoisse et parfois colère. Louis tousse et l'épidémie de gastro semble bien avoir franchi nos portes. Lyla et moi toussons aussi de concert. Chaque toux me déchire la poitrine et me lacère le ventre. Nous nous soignons tous dans notre cocon. Antoine veille. Il est trop tôt. Trop de fatigue, de miasmes et d'agacement lié au confinement. Je ne peux pas laisser venir ce petit même si je sens bien qu'il est plus que prêt. Mon ventre n'a jamais été aussi lourd, aussi imposant, mon dos aussi douloureux ? Et puis un matin, je me réveille et je décide de sortir. Renouveau. Une semaine de ballades, petites courses et papotages. Puis à nouveau je ressens le besoin impérieux de m'enfermer. Je ne veux voir personne. J'annule le RDV du 9e mois a la clinique de "repli" , la dernière s séance d ? Haptonomie passe a l'as et même le laboratoire pour une dernière prise de sang me paraît inenvisageable. Juste ma maison, mes odeurs et mes couleurs. L'attente a laissé place à la paix. Il peut venir. Bientôt. Samedi 22 janvier, je me lève lourdement. Nausées. Mal au dos. Désespoir, la paix s'en est allée. Journée grise et morne. Je reste "à coté" . Je suis incapable de m'occuper des enfants, de manger à table en famille. Je reste prostrée dans mon lit. J'ai sommeil. Immensément. Alors je dors beaucoup. Je me réveille et je n'ai qu'une envie : aller nager. J'appelle aussitôt une amie (Elise) , elle est disponible, elle passe me chercher. Nous nagerons une heure. Je rentre et m'allonge de nouveau dans mon lit. Dans un ultime effort, je descends dans le salon, une fois que la maison est dans la pénombre et le calme. Antoine est en bas. Il se repose de ces derniers jours où il n'a pas cessé de courir : boulot, maison, crèche, école, repas, linge, enfants ? .Il s'allonge et s'endort profondément. 21h. Je me dis que c'est drôle que nous ayons besoin a ce point, aujourd ? Hui, de dormir beaucoup, Antoine et moi ? Comme si nous prenions des forces ? Au cas où ? Mais je n'espère plus. Immensité grandiose 00h, je me couche. Je somnole. Mon ventre se durcit. Tiens. Etrange. Est-ce qu'à renoncer totalement, j'aurai enfin accepté de laisser venir cet enfant ? Je n'ose y croire. Et puis je n'ai pas mal. Alors je dors. Je suis bercée par les vagues, c'est doux. 3h13, mal. Antoine est toujours sur le canapé en bas et dort profondément. Il est temps de me lever. Calme et ordonnée je m'affaire avec Antoine a tout préparer : ballon, écharpe de suspension, déplacer la lourde table, gonfler la piscine, la remplir, protéger le canapé ? Et allumer les bougies. 4h et des poussières, j'entre dans l'eau chaude. Antoine a géré à la perfection 37/38° ; . La douleur est présente mais appréciable dans l'eau chaude. Je sens l'euphorie monter, nous allons rencontrer notre bébé. Je souris entre les contractions, Antoine m'enlace tout le temps, nous nous embrassons, a pleine bouche. J'ai besoin de ce contact charnel pour qu'il touche du doigt tout ce qui se passe dans mon corps. S'il savait ! Déjà, le ballet se met en place. Antoine m'entoure et m'embrasse. C'est une jolie danse. La lueur des bougies, les clapotis de l'eau et les sons un peu sourds que je commence à faire. Images Antoine est là, présent, de toute son âme. C'est bon. Je mange des gâteaux, bois un sirop. Louis se réveille. Il est intrigué, intéressé et excité. Durant une demi-heure, il sera présent parmi nous. Mais très vite je me rends compte que ce ne sera pas possible. Je n'aime pas envisager ça mais il doit partir. Lyla, elle, dort. Nous appelons Cerise, une amie qui s'est proposé de garder les enfants chez elles si nous le souhaitions. A son arrivée, Lyla est réveillée par son papa pour partir avec son frère. L'idée fugace de laisser Lyla dormir et de ne laisser partir que Louis, me traverse l'esprit. Et je me dis que ce ne serait pas juste. Pour qui ou quoi, je ne sais pas, mais toujours est-il que je dois dire au revoir à mes deux enfants. Je les serre fort contre moi. La douleur des contractions devient franchement terrifiante, tout comme l'idée de me séparer d'eux. Lyla, ma toute petite. Je suis déchirée à l'idée de la laisser. J'ai mal dans mon c'ur de maman. C'est en la serrant contre moi que je sens la désespérance arriver. Je le sais. Les laisser partir va me permettre d'entrer dans une nouvelle phase du travail. Je commence à pleurer doucement. Puis les sanglots m'étouffent, ils sont francs et bruyants. Je pleure sur mes petits que je laisse partir, cet autre que je dois laisser venir, sur cette douleur lancinante qui tire dans mon ventre. Lovée dans le cou d'Antoine je crie mon ras le bol de tout ça. Mes yeux son fermés depuis longtemps. Les sanglots ne se calment pas et redoublent. Une nouvelle attente se dessine. Le ballet des mains dans mon dos, de l'eau et de compresses chaudes continue. Antoine est toujours bien présent, aimant et tendre. Je sors me vider aux toilettes une ou deux fois je crois. En dehors de l'eau, la douleur est insupportable. J'ai une pensée rapide pour ces femmes accrochées au monitoring qui supplient pour une péridurale ? Elles ont tellement raison, tellement besoin d être soulagées !! Mais vite je réalise que ce n'est pas (plus) mon histoire, que je suis là, ici et maintenant : je dois atteindre les toilettes. La première fois j'y vais seule. J'ai encore un soupçon de pudeur. La deuxième fois, je reste accrochée a Antoineil n'est pas là je perds pied. Cette vidange est un nouveau signe. Je le sais bien. Et là, la peur me prend. Viscérale, terrifiante. Je vais avoir bien plus mal. Je vais défaillir. Je ne peux pas, c'est au dessus de mes forces. Et puis je suis fatiguée. Je dis à haute voix qu'une sieste serait bienvenue. Et puis je m'allonge sur le canapé. Au chaud sous la couette, lovée dans les bras d'Antoine. Recroquevillée dans ma douleur je tente de l'apprivoiser, la voir comme une alliée mais je suis juste en colère contre elle. Et je voudrais tellement dormir ! Antoine promène sa main en bas de mon ventre entre les contractions pour faire descendre le bébé. Le contact de sa peau me ramène à l'essentiel. Il me calme. Les contractions sont très fortes mais je garde toute leur force à l'intérieur de moi. J'ai cessé de gémir ou produire des sons. Je ne fais que respirer. Depuis le début du travail, entre chaque vague, mon bébé bouge bien. Je le sens terriblement bien. Il a même le hoquet à cet instant, ça me fait sourire. Je sais donc qu'il va bien, c'est évident. Je sens mon col s'étirer. Je vais sentir avec ma main. Je touche la poche des eaux, fait le tour ? 7 ou 8 cm peut êtrey suis presque, c'est incroyable ! Ma stupeur me fait décrocher de mon intériorisation et je pousse à nouveau des râles. Je suis un peu perdue. Personne ne mettra au monde ce bébé à ma place. Il ne reste que moi, mon corps et ce tout petit qui se fraye un chemin. Je le sens qui pousse, tire et gigote, il est pressé, lui aussi, de nous rencontrer. Les râles fusent. Je me redresse, à quatre pattes, en prière musulmane. J'ai VRAIMENT mal. J'avais oublié. Les yeux brouillés, Antoine est déjà en face. Il m'enlace L'ordre des évènements est flou. Je me souviens d'avoir commencé à pousser sur le coté. Mes jambes sont endolories, Antoine continue l ? Haptonomie pour faire descendre le bébé. Je me souviens que par moment je chasse les mains de mon corps quand la douleur est trop forte. Je me souviens du SPLACH de la poche des eaux qui se rompt. Puis d'un coup je me retrouve à genoux a nouveau. Je retrouve cet état de grâce, instant où la douleur surpasse tout, où je me sens l'âme guerrière, forte et invincible, je vais mettre au monde mon enfant ! Mon sexe s'ouvre. Trop grand. J'ai encore une peur fugace "Ca ne passera pas" ! Je pousse cette tête entre mes cuisses, les yeux ancrés dans ceux d'Antoine. Il me communique sa force. Antoine s'éloigne, je ne comprends pas, l'air me manque. Il revient immédiatement. Je me fixe à nouveau dans son regard et je pousse, la tête sors. Je n'ai pas vraiment senti la "couronne de feu" mais ça brule. Le temps est suspendu. Je pousse pour sortir les épaules et je me dis que cet enfant est drôlement dodu. Je l'entends pleurer un peu et je sens encore à l'intérieur de moi ses petits pieds pousser. Je l'attrape maladroitement entre mes jambes, je déroule son cordon qu'il a autour de la poitrine et deux fois autour du cou. Le cordon cache encore le sexe. Mais a cet instant je l'admire juste, j'ai oublié que nous ne savons pas. Un regard avec Antoine et je le soulève : c'est une fille. Je n'en reviens pas ! Je l'espérais si fort ! Pourtant j'imaginais un garçon. Ma joie est immense, ma fierté, incroyable. Nous avons réussi. Léonie. Il est 10h, nous sommes le 23 janvier 2011. Elle est si belle, si parfaite. Je crois que je plane. Le reste est encore flou. Léonie tête vite et bien. Elle pleure fort. Elle est vigoureuse, toute rose, tout va bien. Tranchées, je grimace. Ca aussi j'avais oublié. Délivrance, je me redresse et pousse. Léonie est emballée et son papa la prend bien vite en peau a peau pour que je puisse me plonger a nouveau dans l'eau de la piscine qui aura été réchauffée. J'ai besoin de faire une toilette, je me sens en pleine forme. J'observe le placenta. Il a l'air complet. Je saigne peu. Tout est en place. Les draps son changés, un gros petit déjeuner m'attend. Je vais m'installer sur mon canapé, Léonie au sein. Royale et rayonnante, je trône. Tout est parfait.
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201119
b
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