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Récit de naissance de Martin, 3kg360 : la délivrance fut le pire moment !

Témoignage d'internaute trouvé sur doctissimo
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Par où commencer le récit d'une naissance ? A cette première contraction douloureuse cette nuit-là ? Ou plutôt non, bien avant. Quand ce besoin viscéral de faire grandir en moi un petit d ? Homme s'est fait sentir. Ensuite les mois passent, le doute, l'espoir, la déception et un matin une fine ligne mauve sur une bandelette de papier ? L ? Histoire recommence, ces quelques instants magiques où l'on est seule à savoir, ces quelques instants qu'on retrouvera presque 9 mois plus tard quand on se rendra compte que "c'est le moment" , puis très vite quelques mots glissés à l'oreille de l ? Homme de ma vie. Joie. Nous partions en vacances ce jour là. Ensuite la valse des rendez-vous gynéco, l'ombre d'un hépatite, inquiétude, nausées. L'ombre s'envole, plénitude. Interrogations aussi, pourquoi pas une naissance à la maison, dans mon cocon ? Un évènement familial vécu où il doit être, la simplicité, le confort, la liberté. Juillet, le temps des moissons, un coup de téléphone passé en sortant du bureau, entre les pâtures et les champs de blé. Je fais la connaissance d'Isabelle, nous prenons rendez-vous cette semaine. En route pour l'aventure ! Ma grossesse se poursuit sereinement, puis à nouveau l'angoisse d'une naissance prématurée, j'avais espéré ne pas revivre ça. Mais rien ne m'empêche de me sentir bien, j'ai confiance. Et je fais bien, voilà que mes 40 semaines approchent et bébé ne s'est toujours pas décidé ! Mercredi 3 décembre, 40sa 2, toujours rien, je tourne en rond à la maison. Mon gynécologue me laisse jusqu'à dimanche soir avant de rentrer à la maternité pour un déclenchement lundi matin. J'en veux pas, je parle à mon bébé, je sais qu'il va bien pourquoi cette date arbitraire ? Aujourd ? Hui monitoring à la maternité, puis rendez-vous "post-terme" . Monito plat, col toujours long et fermé, désespérant ! J'avais pourtant cru ? Ca "chipote" depuis quelques jours, mais non rien de rien. L'après-midi se passe tranquillement, je contracte un peu, chouette. François-Xavier me demande combien de chance il a de ne pas aller travailler demain. D'ici lundi il y a 5 jours, je réponds 20%. Les travaux dans la maison ont bien avancé, les ouvriers ne viendront pas jeudi et vendredi, je me dit que c'est le moment ou jamais. Je traîne un peu sur internet avant de rejoindre mon fils et mon mari pour la nuit. 1h18, je gémis dans mon sommeil, mon homme me demande si ça va. J'émerge doucement. Oui ça va. Une contraction ? Oui. 1h26? 1h34? Je souris et je dis : finalement tu n'iras peut-être pas travailler aujourd ? Hui, en tout cas la probabilité vient de monter à 50%. Je tourne le dos au réveil, les chiffres rouges qui m'annoncent la prochaine contraction m'énervent. L'excitation monte, puis je m'apaise, je dis à mon homme de se rendormir, j'aurai besoin de lui plus tard. Les contractions sont espacées, elles me laissent beaucoup de répit. Je sens que ça travaille bien, ça n'avance pas vite mais ça me va. Je récupère dans un demi-sommeil entre les contractions. La nuit passe, j'ai besoin de me lever pour une contraction. Je ne veux pas réveiller mon fils et passe dans le salon. Je regarde par la fenêtre, ma voiture brille, il gèle. Il reste un peu de neige sur les toits. Dans le jardin, nos 3 pigeons blancs se sont regroupés pour se réchauffer sur le toit du pigeonnier. Je m'allonge dans le canapé, emmitouflée dans un plaid. A chaque contraction je me laisse glisser à 4 pattes en soufflant. J'ai essayé de relancer le poêle mais les flammes ne démarrent pas. J'augmente le thermostat. J'écoute un peu de musique, celle que j'ai préparée pour aujourd ? Hui. Je passe aux toilettes et je me vide, c'est bon signe. Mon fils se réveille, son papa s'en occupe. Nous déjeunons ensemble mais je n'ai pas faim, j'avale juste quelques quartiers de mandarine. Plusieurs fois je dois me mettre à 4 pattes, mon fils est intrigué mais ça n'a pas l'air de l'inquiéter. François-Xavier souffle sur le bois et le feu redémarre instantanément, il ne manquait pas grand-chose. Ensuite il part conduire Gaston chez la gardienne. Il est temps, j'ai besoin de vocaliser pendant la contraction. J'ai déplié le canapé-lit et je regarde le feu, c'est envoûtant. Les contractions se font plus longues et plus douloureuses mais toujours très espacées. François-Xavier revient. Dois-je appeler Isabelle ? Non pas encore, je sens bien que c'est pour aujourd ? Hui mais je ne peux m'empêcher de douter en même temps. Chaque contraction me ramène à la réalité : je dois me pencher en avant, vocaliser, François-Xavier me masse le bas du dos, ça fait du bien. Il va chercher du bois et je décide de prendre un bain. L'eau chaude me soulage, mais je ne sais comment me mettre pendant les contractions. J'ai mis trop d ? Huiles essentielles, ça me pique un peu la peau. Non décidément, je ne suis pas bien ici, je retourne dans le salon. Dehors il neige un peu. Je m'installe en bouddha sur mon canapé-lit, je somnole et quand vient la contraction, mon homme me masse, je gémis un peu, François-Xavier m'aide en poussant le son vers le bas, je me répète en boucle, comme un mantra "ouvre-toi" et je laisse glisser mon bébé vers le bas. Je suis bien, juste à côté du feu, dans les bras de mon amour ? Au loin, Louis Armstrong chante "what a wonderful world" . La neige se change en pluie.Vers 11h je téléphone à Isabelle : "je crois qu'il s'est décidé pour aujourd ? Hui" , elle me demande si elle doit venir de suite ou si elle peut terminer ce qu'elle fait. Non ce n'est pas urgent, ça avance lentement. Je raccroche et le travaille ralentit. 30 minutes de pause et le doute m'envahit. Aurais-je appelé pour rien ? Une contraction arrive enfin, et le travail reprend, régulier. Je continue ma danse, assise ou couchée sur le côté pour me reposer, je me penche en avant et "chante" quand vient une contraction. Mon homme est formidable, un pilier pour me soutenir, tout en douceur. 12h30 je crois, Isabelle retéléphone, elle me demande si ça a changé. Non. "Bien, j'arrive" . François-Xavier dîne en vitesse, je n'ai toujours pas faim.Encore quelques contractions et voilà Isabelle. Elle installe son matériel, on sort la bâche (où alors plus tard, je ne sais plus). Tout est tranquille. Je m'installe confortablement pour un monitoring. Isabelle me demande comment s'est passé la naissance de Gaston, mon récit est entrecoupé par les contractions. Elle m'observe. François-Xavier continue de me masser le bas du dos, l ? Huile sent bon. Ca me rappelle l'Inde. "Tu veux que je regarde où tu en es ? " Oui, je veux bien.Sourire : 5cm, col très mince et prêt à lâcher, poche des eaux bombante à la contraction, bébé engagé. Waw ! Je ris aussi. J'ai jamais été aussi loin "toute seule" .Je marche un peu, je mange quelques quartiers de mandarine, je me rassied. On continue un peu comme ça, puis le travail s'accélère, ma mandarine ressort. Là, ça devient un peu chaotique, je ne me souviens plus trop de l'ordre des évènements, je ne suis plus que sensations et sentiments, plus rien de rationnel.Les contractions changent, elles enserrent maintenant mon dos, mon bassin s'écarte, elles sont plus bas aussi et surtout je n'ai presque plus de répit entre elles. Je quitte ce monde, autour de moi 2 ombres veillent. Mes gémissements se transforment en cris. Une contraction plus violente que les autres me jette à 4 pattes, à la douleur s'ajoute la peur. Je veux partir, j'ai peur, horriblement peur que cela soit au dessus de mes forces. Je ne suis plus moi-même, une corde se tend en moi, prête à se briser. Isabelle me regarde dans les yeux, pleine d'empathie. Je tente de rester avec mon bébé, mais je me perds plusieurs fois. Chaque contraction l'amène plus loin, plus bas. Isabelle me parle doucement, je dois changer de position, elle n'entend pas bien le c'ur de bébé. Je n'y arrive pas, je n'ai que quelques secondes entre les contractions. Enfin j'arrive à me coucher sur le côté, Isabelle me tend un masque avec un peu d'oxygène, je me calme un peu. En fait ce n'est pas pour moi, c'est mon bébé qui en a besoin, son c'ur baisse fort pendant les contractions, mais il remonte aussi vite, heureusement. Je repars dans mon monde, je suis à la fois si seule face à cette tempête, mais mes deux ombres continuent à veiller sur nous. Puis l'eau chaude coule entre mes jambes, Je sens mon bébé descendre dans mon bassin, je commence à avoir envie de pousser. Une ombre s'éloigne : "reviens" , ça me jette brusquement dans la réalité, je panique un peu. Isabelle revient. Et puis ça y est, je DOIS pousser, de toute mes forces, je pousse, mon corps pousse, à moitié couchée sur le côté, un pied sur la hanche d'Isabelle, l'autre sur son épaule, François-Xavier est juste derrière moi. Je ne pousserai qu'une fois. Martin naît coiffé, avec 2 tours de cordon autour du cou. Et de suite, le voilà sur mon ventre, chaud, mouillé, un peu collant. Nous nous observons tranquillement. Le cordon a directement cessé de battre, François-Xavier le coupe et nous regarde. Isabelle regarde l ? Heure : 16h18.Tout n'est pas fini, il reste le placenta. Les contractions reprennent, je n'en veux pas. J'en ai marre. Il lui faudra une heure pour se décoller, Isabelle voudrait me masser le ventre mais rien qu'à voir approcher sa main, j'ai mal. Finalement je le fais moi-même, ce serait bête d'être transférée pour ça ! Cette délivrance a vraiment été le pire moment de mon accouchement, j'en voulais plus, je voulais profiter de mon bébé mais la douleur m'en empêchait, François-Xavier a pris Martin contre lui.A la vitesse où il est sorti, Isabelle s'était déjà dit qu'elle pouvait préparer son matériel de couture, mais non, juste 3 petites éraillures, pas besoin de points. Martin pèse 3kg360, on le mesurera demain. Il tète un peu, pas beaucoup.Juste le temps de ranger un peu le matériel, Gaston arrive et découvre son petit frère. Nous voilà une nouvelle famille.
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