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Moi, j'ai du accoucher il y a deux semaines de mon petit garçon mort-né. Je lui ai dédié ce texte : Bonjour à toi mon petit Être, Quel dommage d'ouvrir un livre censé contenir un si joli roman, mais qu'on est obligés de refermer si vite avec tant de regrets… Il était une fois ton Histoire, mon Bébé, toi que nous avions tant désiré et attendu de tout notre coeur. Nous avions longuement discuté avec Papa et avions convenu que nous étions prêts à t'accueillir et à vivre pour la deuxième fois de notre vie le plus grand et le plus beau bonheur du monde. Le 21/12/08, j'ai fait mon t'est de grossesse et quelle magnifique surprise quand le petit plus bleu est apparu. Ce petit plus qui signifiait que oui, pour la deuxième fois, on m'offrait ce merveilleux cadeau de la vie, cette chance de pouvoir agrandir notre famille et de vivre pleinement toutes nos joies à quatre désormais !!!! Ce petit plus que tu devenais dans notre vie… Je me souviens encore de mon coeur qui palpite, de cette chaleur que j'ai ressentie, de ce besoin que j'ai eu de caresser mon ventre et de te câliner pour la première fois ! Le début de grossesse s'est très bien déroulé. Aucune nausée, pas vraiment de fatigue, un vrai bonheur ! Comme une harmonie naturelle, une symphonie qu'on joue à deux, un petit bijou pour lequel mon corps se faisait l'écrin. Merci mon Amour, pour tous ces sentiments. Lors de la deuxième échographie, le médecin nous a annoncé un "retard de croissance" . Ces mots m'ont tout de suite fait très peur et je suis rentrée à la maison en larmes. Mon médecin m'a rassurée par la suite en me disant que ton grand frère, Noam, était aussi tout petit durant la grossesse et qu'il avait toujours été en parfaite santé… Je me suis donc forcée à vaincre mes doutes mais chaque fois, que je regardais la photo de l'écho, je ne pouvais m'empêcher d'y voir un petit cadavre… Quelle horreur de penser ça de son petit bébé, je te demande pardon ! … J'ai donc fait beaucoup d'efforts pour que tu ailles mieux et que tu grossisses et que tu grandisses dans les meilleures conditions : beaucoup de repos et de nourriture !!! Mais avant chaque écho, cette angoisse revenait irrémédiablement : son petit coeur bat-il toujours ? On me disait que oui, j'étais rassurée… Pourtant, jeudi 02/04/09, on nous a annoncé que tu ne viendrais pas au monde, que tu avais cessé de vivre. J'ai cru que le monde s'arrêtait de tourner, que la terre se dérobait sous mes pieds, que je vivais un cauchemar et que j'allais me réveiller… Mais il a fallu très vite affronter cette terrible réalité, essayer de garder le goût de la vie, avoir la force d'avancer malgré une vague de doutes qui m'envahissait. Pourquoi avais-je eu de telles pensées au cours de cette grossesse ? Aurais-je dû davantage te parler, te chanter des chansons, te faire sentir que maman était là pour toi ? Je me souviens que j'avais ressenti des sensations désagréables quand Papa posait sa main sur mon ventre, une gêne inexplicable, presque une sensation de douleur. Était-ce le sixième sens d'une maman qui me chuchotait de ne pas nous attacher à ce petit bout qui ne survivrait pas ? Étaient-ce mes vilaines pensées qui avaient influencé le cours de. Ta vie ? Je demeurais sans souffle, inerte, sous ce flot de questions restant sans réponses, qui m'envahissait et m'inondait de toutes parts. Je n'ai pas compris pourquoi je n'avais pas réussi à te retenir, à te protéger comme je l'avais fait pour ton grand frère. Ah ton grand frère ! Il t'attendait, tu sais, lui aussi, avec beaucoup d'impatience ! Dès le départ, il faisait toutes sortes de projets avec toi : il t'emmènerait à la crèche dans son sac à dos (!) , il jouerait avec toi, il te ferait découvrir son univers, qui allait devenir le tien… Il faisait déjà connaissance avec toi en observant avec grand intérêt les changements qui se faisaient dans et sur mon corps et posait beaucoup de questions. Il voulait poser sa main sur mon ventre pour te dire bonjour… Il a fallu lui annoncer que, malheureusement, tu n'arriverais jamais. Il m'a dit : "Mais Maman, je peux le réparer." J'ai dû lui répondre avec désespoir que. Personne ne le pouvait et il t'a fait un câlin… Nous avons dû briser son petit rêve avec le plus de douceur possible et lui reconstruire un quotidien pour lui tout seul… Suite à l'annonce de ton décès, j'ai tout de suite ressenti (non sans honte) une impression de dégoût, une impression de pourriture dans mon ventre (en repassant le film à l'envers, je me suis aperçue que tu devais être mort un mois auparavant : perte de liquide, un stagiaire qui ne trouve pas le battement de ton coeur lors du doppler…). Il fallait qu'on t'enlève et je ne pouvais supporter ces impressions atroces, totalement indignes d'une maman. Mais n'était-ce pas aussi l'expression d'une certaine haine envers moi-même ? De ne pas avoir accompli mon rôle de maman ? D'enlever au plus vite cette preuve si évidente de mon échec cuisant ? … J'ai été admise à l'hôpital le samedi 04/04/09 avec beaucoup d'appréhension et un sentiment d'injustice : devoir souffrir sans récompense à la clé ! … J'essayais de rassurer ma famille qui s'inquiétait beaucoup en leur disant que c'était mon rôle de maman de t'accompagner jusqu'au bout, même si le bout du chemin me terrifiait… Aller jusqu'au bout du chemin avec toi, mon Amour, que de douleurs et physiques et morales ! La pose des dilapants pour élargir mon col le samedi soir, une épreuve horrible, une souffrance atroce qui m'a fait verser toutes les larmes de mon corps. Une épreuve à traverser seule car Papa n'avait pas le droit d'être présent à mes côtés, un pas de plus vers notre séparation inéluctable, insupportable… Le lendemain matin, ils m'ont donné des cachets pour déclencher l'accouchement et 10 minutes après, les premières contractions arrivaient déjà et ils m'ont descendue au bloc… Au moment où l'infirmière s'apprêtait à nettoyer mon dos pour que l'anesthésiste puisse venir me faire la péridurale, j'ai senti une immense fatigue emplir mon corps et une terrible douleur qui me broyait le ventre. Je suis tombée en syncope, j'ai convulsé, comme pour sortir de mon corps pour m'éviter d'avoir à vivre un moment pareil : une déchirure sans nom, une souffrance indescriptible… Et tu es sorti tout seul, comme un grand. Papa a eu très peur tu sais, il a cru que non seulement il te perdait toi, mais qu'il me perdait moi aussi. Je pense qu'il a été très marqué par toute cette épreuve, de devoir assister à ma douleur, à notre douleur, sans d'autre choix que de rester passif malgré lui. Je me suis ensuite réveillée et je t'ai senti entre mes jambes, avec ce petit cordon qui nous reliait et qui prenait, malgré tout, tout son sens. Ils nous ont ensuite laissés seuls ton papa et moi et nous avons décidé que nous voulions voir ton petit corps, pour te dire au revoir. Un besoin qui m'a submergée de connaître ce petit être qui avait partagé mon existence pendant quatre mois et demi. Je voulais quand même te dire que je l'ai eue ma récompense : je t'ai vu et tu m'as apaisée. Tu m'as apporté les réponses aux doutes et aux angoisses que je pouvais avoir : - Toi, tu étais un petit garçon, tu t'appelais Mylan, tu es parti beaucoup trop vite et tu étais très beau. Ça m'a réconciliée avec moi-même, ça a corrigé les vilaines pensées que j'avais eues sur ce petit corps, sur TON petit corps sans vie qui habitait mon ventre. - Moi, je suis et je serai à jamais ta maman et je t'aime. Je te remercie maintenant d'avoir partagé tout ça avec toi, de m'avoir rassurée sur mon amour pour toi, d'être sorti tout seul de mon corps, sans que j'ai à te "pousser dehors" comme un misérable intrus, sans que je ne puisse associer un prochain accouchement à cette épreuve là… Là, je savais que j'avais rempli mon rôle de Maman. Papa a proposé que nous allions acheter un arbre que nous irions planter dans un endroit que nous aimons tous les deux. J'ai trouvé que c'était une très jolie idée pour que tu continues à vivre, quelque part au soleil, dans la nature, dans un endroit agréable, où nous pourrions venir te voir dès que nous en ressentirions l'envie, le besoin… Nous l'avons choisi tous les deux ton arbre le week-end suivant. Mon petit Prince, tu seras un MALUS ROYALTY, symbole éternel de notre amour pour toi : un pommier d'ornement avec des fleurs rouges qui éclosent début avril et qui sera planté dans le jardin de Mamie Françoise. Là, nous savions que cet arbre serait à l'abri et nous pourrions en prendre soin régulièrement et que nous pourrions "te" voir grandir et devenir majestueux, à jamais vivant ! On nous a ensuite expliqué que nous pourrions faire don de ton petit corps à la faculté de médecine qui organiserait l'incinération. Tu reposerais dans le "carré des Anges" au cimetière de l'Est et ton nom figurerait sur le registre du cimetière. Nous aurions ainsi deux endroits symboliques pour aller "communier" avec toi. Ce dimanche 5 avril était une très jolie journée pour accompagner cette séparation, avec beaucoup de soleil et du ciel bleu. Le lendemain fût beaucoup plus dur pour moi car je devais quitter la clinique et c'est à ce moment que j'ai vraiment compris que nos chemins se séparaient cruellement là : tu restais sans moi. Et je partais sans toi avec en tête plein de projets non réalisés et mon corps rempli d'un vide abyssal. Notre combat est maintenant d'apprendre à vivre chaque jour sans toi, en sachant qu'à chaque moment tu aurais pu être avec nous, si le destin en avait décidé autrement… Tu n'étais qu'un tout petit bout, et pourtant l'énorme partie d'un tout, tu nous manqueras à jamais, toi, le petit Être qu'on attendait. Les pensées tournent en rond dans ma tête quand je me dis que le rôle d'une maman est avant tout de donner la vie… Comment faire quand tout est fini alors que tu n'as même pas connu la vie ? Je te donne la vie par écrit, tu seras une magnifique histoire sans début ni fin. Je respire et vis pour toi. Vole mon petit Ange. Sur ces mots je finis cette lettre. Bonjour et Au Revoir mon petit Être.
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271959
b
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