Histoire vécue Grossesse - Bébé > Accouchement > Autres      (11760 témoignages)

Préc.

Suiv.

Exorciser mon premier accouchement

Témoignage d'internaute trouvé sur magicmaman
Mail  
| 1152 lectures | ratingStar_98513_1ratingStar_98513_2ratingStar_98513_3ratingStar_98513_4

J'ai besoin d'exorciser mon premier accouchement, c'était il y a presque un an. J'attends mon deuxième enfant, je vais rentrer dans le troisième trimestre, et autant dire qu'il n'était pas attendu tout de suite. Je pensais bien mettre quelques années avant de pouvoir me remettre du premier.

Bref j'en viens au faits. J'ai vécu une grossesse formidable, tout au plus quelques oedèmes les 15 derniers jours. Je n'étais pas effrayée du tout par l'accouchement, très zen, et je m'étonnais moi-même, car je suis plutôt trouillarde de nature. J'ai suivi la préparation classique, pas inquiète sauf au moment de visiter une salle de travail, ou la j'ai été surprise de tous ces appareils, cette technique etc. Certes c'est la pour notre bien, mais bon, pas très chaleureux quand même.

Ma date de terme était prévue pour le 22 Mai. Vers le 10, dernier RV avec ma sage-femme qui me dit que le bébé est bas est qu'il ne faudra pas trop attendre quand il fera signe de sortir, qu'il faudra que je me rende assez rapidement à la maternité. Je suis repartie épanouie ! Et puis le 22 arrive. Comme prévu je vais aux urgences pour un monitoring de contrôle. Et la on me dit, "Col long fermé et postérieur, le bébé est remonté, il est haut, ça n'est pas pour demain, revenez dans 2 jours. Si dans 2 jours, vous n'avez toujours pas accouché, vous reviendrez dans 4 jours, et si toujours rien, on déclenche au 5eme." Je trouve ça très rigide, mais dans cet hôpital "c'est la procédure". Et le coup qui m'achève le moral, c'est quand on me décrit le déclenchement pour un col pas mur comme le mien. D'abord, on essaie le ballon au niveau du col (que l'on fait gonfler en le remplissant d'eau pour décoller les membranes et provoquer les contractions). Si le vrai travail ne commence pas on essaie avec du gel de prostaglandine. 1 fois, 2 fois si nécessaire. Puis normalement le travail est lancé et on continue avec une perf d'ocytocine. Je suis repartie démoralisée. Je ne voulais plus parler a personne. Manque de pot c'était mon anniversaire, et c'est mon mari qui a du prendre tous les appels. Je me sentais à la fois effrayée par ce qui m'attendais, déçue et honteuse de ne pas pouvoir mettre mon enfant au monde toute seule. Je me sentais en même temps révoltée contre ses "procédure" rigides et contre-naturelles, surtout que le bébé était en forme, baignant dans suffisamment de liquide amniotique. J'ai même pensé ne pas aller aux RV de monitoring, mais j'avais trop peur de mettre en danger la santé de mon bébé. Mon mari était là heureusement, un formidable soutien mais bon ça n'était pas lui qui allait vivre tout ça. Et puis J+2, J+4, J+5, je suis rentrée en J+6 finalement pour le déclenchement. Le col n'avait pas bougé. Alors 19 h le soir, on me pose le ballon. 15 minutes après, premières contractions, ça va je supporte, mais bon ça m'empeche de dormir. A minuit on m'enlève le ballon, le col n'a pas bougé. J'ai encore des contractions pendant la nuit, mais le lendemain matin (J+7) , le col est toujours "long fermé et postérieur". Dans l'après midi, on me pose le gel. Contractions un peu plus fortes, mais le soir, le col n'a pas bougé. La nuit arrive, je ne peux pas ferme l'&oelig ; il à cause des contractions. Une fée-SF me donne un demi-somnifère. Moi qui suis très sensible à ces médications, je me mets à délirer, j'ai très peu de souvenirs, mais la SF et mon mari se sont bien marré de toutes les conneries que je pouvais sortir. Au moins, je m'endormais par bout de 4-5 minutes entre 2 contractions. Le lendemain (J+8) , toujours rien. Je suis déprimée, je ne comprends pas, et évidemment je culpabilise, parce que ça doit être "psychologique" tout ça. Je ne dois pas vouloir faire sortir le bébé ou un truc comme ça. On me remets une dose de gel. Début d'après midi, toujours rien, mais le col est moins dur. On me fais une piqure de calmant, et la je tombe comme une masse pendant 2 heures. Je dors !! A mon réveil, la SF me dit que je suis dilatée à 3 et que je descends en salle de travail. J'avais presque envie de dire "Quoi maintenant, déjà ?! " Et la, tremblante comme une feuille, je vais sur la table de travail. 19h. On me perce la poche des eaux, c'est chaud ! Je suis contente. On me pose rapidement la péridurale + la perf. Les contractions deviennent très fortes, mais je ne les sens pas, super ! Vers 23h : "Bouhh il me donne des coups de pieds dans les poumons ce bonhomme ! " "Non ce sont les contractions Madame." "Ah bon ? " Je me sens un peu bête. Minuit, le travail n'a pas avancé, toujours 3 cm. Bon ça fait quand même 4 heures que je suis la, le tracé fait des sacrés bonds, les contractions montent jusque dans la poitrine, mais elles sont inefficaces. Je commence a me fatiguer. Et puis vers 2 heures, la péridurale ne fait plus effet du coté gauche. Je suis dilatée à 5. Je perds le moral, je suis déjà épuisée par ces derniers jours. Je demande une césarienne, je ne pourrais jamais supporter la douleur 2 heures de plus. Non pas de césarienne. L'obstétricien passe de temps en temps, regarde mon col, les tracés et s'en va, sans répondre à nos questions (heureusement mon mari était la, épuisé lui aussi). La SF fait régulièrement des prélèvements de sang sur la tête de mon bébé, pour vérifier qu'il n'est pas en souffrance. 4h, je suis à 7-8. "Encore une heure ou deux, Madame". La pauvre essaie de me remonter le moral, mon mari n'y arrive plus. Je veux une césarienne !! Et vous allez faire quoi, attendre jusque midi pour me faire une césarienne quand même, qu'on me la fasse tout de suite !! Je fais une grosse poussée de fièvre, je ne maîtrise pas ma respiration pendant les contractions et je suis épuisée. Vers 6h, la sage femme me propose de pousser, le col n'est pas complètement dilaté, mais il faut vraiment aider le bébé. Je reprends espoir, retrouve ma bonne humeur, et nous rigolons entre deux poussées. Pendant que je pousse, je ne sens plus les contractions, et ça me redonne des forces. Mais je n'ai pas le droit de pousser plus d'1/2 heure, c'est pas bon parrait-il. Le bébé est coincé, il faut l'aider, épisio, spatules, la SF à 4 pattes sur mon ventre. 6h56 Notre petit garçon est finalement "extrait", il est tout bleu-gris, plein de sang, on dirait un animal mort, mon mari et moi sommes choqués. On le sort tout de suite pour les soins, et passés la porte, on entend ses premiers cris. Ouff quel soulagement ! Ca fait 12h que je suis sur la table, mais ça n'est pas encore fini pour moi. L'obstétricien appuie de toutes ces forces sur mon ventre pour expulser le placenta, je suis surprise, je hurle pendant au moins 3 secondes. Un peu de douleur, et parce que j'avais besoin d'évacuer. Je me fais engueuler : "Non mais ça va pas non ? " Mon mari veut lui casser la gueule (je dois préciser que c'est un pacifiste né ! ) , et si la SF ne l'avait pas poussé, il se serait pris son coude dans le nez !! Je commence a perdre connaissance, 5 de tension, je fais une hémorragie, le placenta n'est pas entier. Je ne sais pas ce qui s'est passé après. Je n'étais plus vraiment là. J'ai vu que tout le monde s'agitait, médecin, SF x 3, anesthésiste. Et tous les étudiants qui étaient la pour la leçon observaient sagement au fond de la salle. Je ne sais combien ils étaient, mais c'était l'animation du moment ! Finalement je suis revenue à moi, et l'obstétricien a commencé à me recoudre, ça a duré, l'épisio était bien méchante. Pour me réconcilier avec l'équipe, j'ai lancé des paris sur le poids du bébé. C'est moi qui ait gagné ! 3kg310, on nous a apporté notre petite chose une heure après sa naissance. Nous étions heureux et tout penauds devant cette merveille. C'est nous qui avons fait ça ? Quelle fierté.

La suite, classique dans les grandes structures au mois de Mai : il aura fallu attendre une demi-journée pour avoir une chambre, je suis tombée sur une aide-puéricultrice dragon qui ne comprenait pas que je ne veuille pas dormir a coté de mon bébé, j'étais épuisée, et réveil à 6 heures tous les matins. Mais le reste du personnel était super. Les suites de couche très supportables.

Voilà mon récit. J'avais besoin d'en parler, et je crois que finalement ma question derrière tout ça, c'est : rassurez moi, dites moi que le premier est toujours le plus difficile ! Ma mère a toujours accouché en post-terme, mais sans déclenchement (4 fois). J'ose croire que mon utérus sera encore suffisamment souple après 14 mois pour entendre les signaux naturels de l'accouchement. J'ai l'impression que mon accouchement a été volé, je n'ai rien maitrisé, tout était artificiel. En même temps, je remercie la technique qui nous a sauvé et soulagé.
  Lire la suite de la discussion sur magicmaman.com


98513
b
Moi aussi !
2 personnes ont déjà vécu la même histoire

Signaler un abus
Les titre et syntaxe du témoignage ont pu être modifiés pour faciliter la lecture.


Histoires vécues sur le même thème

Les canapettes/mapettes depassent les 32 sa! on pointe! - les novembrettes 2013 - futures mamans

image

Salut les filles, Ici voilà ce que m'a d dit la toubib : au dessus de 25 même le col n'est pas inquiétant passé 32 SA, c'est normal que ça s'efface petit à petit en fin de grossesse. Elle m'a dit aussi que c'était super dur à mesurer avec la...Lire la suite

Vos avis sur la maternite de l'hopital prive du blanc mesnil 93 svp - choisir sa maternite

image

J'ai accouche a la clinique de BM en 2010. Je suis enceinte de 4 mois et j'accoucherai la bas aussi pour BB2. Mon 1er accouchement c'est super bien passe. Je suis tombée sur un SF (homme ! ) qui a été au top : très présent, il venait a la...Lire la suite


 
Voir tous les  autres témoignages