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J'ai eu des problèmes pour expulser le pacenta !

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Mercredi soir. Deux jours déjà que j'ai eu ces contractions, que j'ai perdu le bouchon et que Dominique, la sf, et Valérie, la doula m'ont dit que c'était pour bientôt. Deux jours que je sens mon corps travailler de façon souterraine, cette douleur de règles sourde et persistante. Loïc et moi faisons l'amour, je me dis avec regret et excitation que c'est peut être la dernière fois avant un moment. Il s'endort doucement dans mes bras. J'essaye désespérement de faire pareil, je voudrais être en forme lorsque le moment viendra, ça peut durer toute une journée et il n'y aura rien ni personne pour m'aider. J'ai un peu peur de ne pas être à la hauteur, de m'être engagée dans une aventure trop grande pour moi. La confiance que Loïc, Dominique et Valérie avaient en moi me confortait mais à cet instant j'ai peur de décevoir tout le monde. Je vide mon esprit, me blottis contre Loïc et une terreur immense s'empare de moi. Bien pire que ça encore, une crise d'angoisse comme je n'en avais jamais eue. J'ai la certitude que je vais mourir, je ne sens plus mon coeur battre, il va s'arrêter d'un moment à l'autre, ou alors c'est une artère de mon cerveau qui va lâcher. Je regarde l ? Heure, il est trois heures du matin, je m'agite dans tous les sens, je vais finir par réveiller Loïc et le noir de la chambre devient insupportable alors je me lève et je vais dans le salon. Il n'y a rien à la télé, bien-sûr, aucun nouveau post sur docti, je lirais bien mais j'en suis incapable. Je ne sais pas quoi faire de moi. Je tente un peu de yoga, le grand nuage bleu, je n'y parviens pas. La terreur est insoutenable, je voudrais me terrer quelque part. Je finis par regarder les images du livre de Brabant, pour une naissance heureuse, et je me dis que je ne verrai jamais naître ma fille puisque je vais mourir avant. Je me demande si elle pourrait être sauvée, si moi je mourai maintenant. Je me souviens de ce remplacement aux urgences, une maman enceinte de sept mois est morte, ils ont refermé le sac plastique sur son gros ventre. Mais moi je ne veux pas que ma fille meure en même temps que moi, elle est là bien vivante dans mon ventre, je la sens bouger, elle doit sentir mon angoisse, je m'en veux de lui faire vivre ça. J'ai envie d'aller réveiller Loïc pour lui dire que je vais mourir, qu'il faut qu'il la sauve.Et lentement du fond de mon esprit émergent ces paroles de Natacha, cette femme qui a accouché seule à la maison d'un bébé en siège : ?Avant chacun de mes accouchements j'ai été envahie d'une angoisse immense, une véritable terreur. La première fois ça m'a surprise mais pour les suivantes, je savais que ça m'annonçait l'accouchement dans les heures qui suivent ? . Je comprends que ma fille va naître aujourd ? Hui, le 19 mai, et toute l'angoisse s'évanouit. Les mots sont posés et me soulagent. Il est cinq heures du matin et il faudrait vraiment que je dorme. Rassénérée je retourne rejoindre Loïc et je m'endors dans le bonheur de ce secret, aujourd ? Hui nous allons voir notre fille. Je suis rapidement réveillée par des contractions, très très rapprochées, j'ai tellement mal que je ne parviens pas à les chronométrer, et cela m'indiffère un peu. Je sais que c'est pour bientôt, je n'ai pas besoin de trouver le bon moment pour aller à l ? Hôpital puisque tout se fera ici. Je ne réveille pas Loïc, je vais me faire couler un bain avec un bouchon d'alcool à 70 et du gros sel, la recette de Dominique. Cela me fait tellement mal ! Rien à voir avec cette alerte de lundi où c'était pourtant déjà douloureux. Cette fois je pleure de douleur, je parviens très difficilement à faire quelques pas, envie de vomir. Bientôt ma fille sera là ! Cette phrase tourne en boucle et m'aide à supporter un peu. Je me caresse le ventre, je lui parle, je lui dis qu'il ne faut pas qu'elle ait peur, que toutes les deux nous allons faire un grand voyage et qu'ensuite nous pourrons enfin faire connaissance. Que je l'aime plus que tout. Elle bouge un peu, elle me répond, je suis un peu triste de me dire que ce sont nos derniers moments ensemble de cette façon, je les savoure autant que je peux. La tête me tourne, je vomis, ça fait mal, si mal. Dans le bain j'essaye de m'ouvrir, de laisser les contractions faire leur travail, de ne pas résister, surtout pas. Je gémis sans faire trop de bruit pour ne pas réveiller Loïc, je veux être seule pour le moment, et lui laisser prendre un peu de forces, il va en avoir bien besoin lui aussi. Couchée sur le côté ça fait un peu moins mal.Je me tords dans tous les sens dans le bain, c'est insupportable. Je ne parviens plus à m'ouvrir, à laisser faire, je lutte et ça fait plus mal encore. Je voudrais tellement que ça s'arrête, je ne peux plus supporter tout ça, c'est au dessus de mes forces. Je tremble, je pleure, je voudrais hurler. Toute seule, je ne peux plus, j'ai besoin d'aide, il faut qu'on m'aide, rien qu'une présence. Je m'extirpe du bain comme je peux, je me dis qu'il faudrait le vider mais je n'en ai pas la force. J'avance comme je peux jusqu'à notre chambre et je réveille Loïc. Il est sept heures, déjà, je suis sur une autre planète où le cours du temps est différent. Je lui dis que c'est pour maintenant, qu'il n'ira pas travailler aujourd ? Hui. Une nouvelle contraction arrive et je m'autorise enfin à hurler. Il a l'air désamparé, il me prend dans ses bras, et je me sens déjà mieux. Je ne suis plus seule, il a de la force à me donner. Mais très vite je ne peux plus rester sans bouger dans ses bras, je ne peux plus rester là, je me lève, il me suit et me demande ce qu'il peut faire, je lui réponds de déjeuner et je retourne vomir. Il déjeune, je reste près de lui, je hurle toujours par moments, je croise même les jambes, tellement je refuse. Il me demande si je veux qu'il appelle Valérie, je dis que je ne sais pas, pas tout de suite peut être. Il me propose un bain, j'y retourne. Ca ne soulage plus, je ne suis pas très bien mais je ne sais pas où être mieux. Il me dit que cette fois il appelle Valérie. Elle va venir. Puis il me passe Dominique au téléphone, qui me demande ce que je ressens, tous les combien de temps j'ai des contractions, je ne sais pas, mais moins de cinq minutes, et pas beaucoup de répit entre chaque. Elle me calme, me dit que tout ça ce n'est pas pour rien, c'est mon bébé qui vient, elle s'en va dès que Valérie arrive et l'appelle. Je lui dis oui mais je pense qu'elle n'aura pas le temps d'arriver. Je reste encore un peu dans le bain et je n'en peux plus d'être là, Loïc m'aide à sortir et je m'installe sur notre canapé, à genoux les mains sur le dossier. Quand elles s'arrêtent, je m'assieds et me repose, c'est une véritable accalmie, un apaisement dont je tente de profiter sans penser à celle qui va suivre, plus violente encore. Je m'entends hurler à faire peur, je réclame Valérie, elle arrive quand ? Loïc la rappelle, elle est sur le chemin. Quand il raccroche, il me dit qu'il va m'aider à respirer, qu'il faut que j'arrête de lutter. Il souffle doucement quand elle me prend, je m'accroche à son cou et je tente de le suivre. Je souffle vers le bas, j'essaye de diriger ma respiration là où ça fait mal. C'est très difficile de se concentrer, mais tous les deux nous traversons ainsi chaque contraction. Quand je parviens à le faire, je ne souffre plus. Je ne sens plus cette tension entre la partie qui s'ouvre et celle qui ne veut pas, mais un grand souffle d'air frais dans le bas de mon corps, et ce souffle je sais qu'il aide Morgane aussi. Je la sens descendre. Je n'ai plus mal, tout va aller. A un moment, je le supplie de m'emmener à l ? Hôpital, pour qu'ils arrêtent ma souffrance. Il me répond que c'est à moi de décider. Le doute est vite dépassé, ce n'est pas ce que je veux. Valérie sonne enfin et Loïc me laisse à la fin d'une contraction pour aller lui ouvrir. Je les vois se dire bonjour, et la suivante arrive. Toute seule sans lui je ne peux pas, je cours me réfugier en hurlant dans les coussins du canapé. Valérie est près de moi, elle me dit, on laisse passer celle là et ensuite tu te lèves, je vais t'aider. Il ne faut plus que tu résistes. Je ne veux pas me lever, je lui dis que je ne peux pas, je vais mourir. Elle me dit que si, ils m'y aident tous les deux. Ils se mettent chacun d'un côté et respirent avec moi. Elle m'encourage à me caresser le ventre, Morgane me répond par un petit coup. Elle va bien, je n'ai plus peur, je n'ai plus mal. Cela dure peu de temps je crois, très vite je lui dis que ça pousse, ça poussait déjà avant qu'elle arrive, c'est pour ça que je luttais. Je ne voulais pas qu'on soit tous les deux, ça me faisait peur.Elle dit que ça va être le moment d'aller dans la chambre, dit à Loïc de préparer le lit. Il se précipite. Valérie me dit que si je veux je peux regarder où est ma fille, je rentre une phalange et je la sens, là, au bout de mon doigt. Elle est presque là déjà !!! Elle me laisse seule le temps d'appeler Dominique, je l'entends dire que mon bébé arrive, maintenant. Moi je suis calme, je n'ai plus mal, j'ai un bébé à mettre au monde. Je perçois la peur de Valérie, elle n'a jamais mis de bébé au monde sans Dominique. Je sais que je vais y arriver, je n'ai plus besoin de personne. Je vais m'installer sur le lit, à quattre pattes, la tête et les bras sur les coussins qu'ils ont disposé pour moi. Je ne sais plus qui est avec moi, je ne vois plus personne, je sens seulement mon bébé qui progresse dans mon corps ouvert pour lui. Je la sens descendre, doucement. C'est dur et c'est bon en même temps, je ne sais plus, les mots n'ont plus de sens, je me laisse emporter dans l'intensité de ce que nous vivons. Je crie encore, mais mes cris aident mon bébé à descendre, c'est une énergie qui l'accompagne. Valérie me passe le téléphone, elle veut que je parle à Dominique qui me dit qu'elle est en route. Je crois que je réponds qu'elle n'aura pas le temps, que j'y arrive bien puis je lui hurle à l'oreille et je ne veux plus parler. Morgane est presque là, elle prend toute la place. Je demande à Valérie si je dois pousser, elle me répond que je fais comme je veux. Pas tout de suite alors, je la laisse descendre encore un peu, je pousse un peu et la poche des eaux se rompt. Je l'avais oubliée celle là. Je hurle que c'est bon, c'est tellement bon, mon bébé, ça vient. Je suis au bord de l'orgasme, je sens que je peux pousser pour l'accompagner un peu. Je pousse, une fois, deux fois, je dis la tête arrive. J'appelle Loïc, qui courait chercher de l'eau chaude ou je ne sais quoi dont je n'ai pas besoin. ?Viens voir naître ta fille, la tête va sortir ? . Il accourt. La tête sort, c'est si bon, mon bébé est là ! Elle pleure déjà, alors que seule sa tête est dehors. Moi aussi je pleure, elle va bien. La fois suivante je lui dégage une épaule, et puis le reste du corps suit. Je l'attrape et je la pose sur le matelas, devant moi. Elle remue, elle pleure, elle va bien. Et elle est belle, tellement belle ! Ses yeux sont ouverts, elle me regarde. Je la prends dans mes bras, je l'embrasse partout et je la repose. Ca y est, tout est fini. Je me répète que tout est fini, je ne vois plus personne qu'elle, là, devant moi, qui me regarde et qui pleure. Valérie me demande si j'ai encore des contractions. Je réponds que non. Je repense au placenta qu'il faut expulser. Je pousse mais rien ne vient. Elle me dit que ce n'est pas grave, ça va venir. Je ne m'inquiète pas, pour moi tout est fini, je poussais seulement pour lui faire plaisir. Puis un liquide chaud coule entre mes jambes, ça sent le sang. Je regarde ma fille ? Tout est fini, tu es belle mon amour ? . Je sens que Valérie s'inquiète, elle dit à Dominique, toujours au téléphone, que je pisse le sang. Et à Loïc d'appeler le samu. Je dis non je ne veux pas aller à l ? Hôpital mais il le fait quand même. Ils sont tous inquiets. Moi je regarde le sang couler, ce n'est pas grave, j'ai rempli ma tâche, ma fille est là, je peux partir.Valérie me parle. Elle me dit ? Ta fille est née, mais son placenta est toujours en toi. Il faut que tu lui rendes. Il faut que tu arrêtes de saigner. Elle a besoin de ce placenta pour vivre complètement, pour que tu sois sa mère.? Ses mots résonnent. Ce rêve que je fais sur ma propre naissance, la placenta, seul souvenir de ma mère à moi. L ? Histoire ne se reproduira pas. Ce n'est pas la seule chose d'elle qu'il me restera, elle est bien là Je regarde ma fille. Je ne veux pas la laisser. Elle me fixe, elle a besoin de moi. Elle ne peut pas être seule au monde, séparée de cette partie d'elle même, tout ce qu'elle connaît. Séparée de moi, elle ne peut pas vivre ça elle aussi.Valérie me suggère de lui dire que je vais lui rendre son placenta. Je me mets à répéter ? Je te rends ton placenta, je te rends ton placenta ? , tout mon esprit est concentré sur ces mots, je regarde ma fille, je veux le lui rendre. Je le sens se décoller sous l'effet de ma volonté, je dis à Valérie que ça vient. Je pleure encore, c'est une seconde naissance. En une contraction il est explusé. Je suis maman, je prends ma fille, je m'allonge, Loïc vient près de nous.Nous sommes le jeudi 19 mai, il est 9h30 et c'est maintenant que tout commence.
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149143
b
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