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J'ai vécu deux accouchements extraordinaires

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Récit (très long) de la naissance de notre deuxième fille, GEMMA, née à la maison mais sans l’avoir voulu. Tout a commencé avec la naissance de notre première fille AURYNE, née le 29/12/2006. Le 29/12 est une date importante pour moi parce qu’elle marque l’anniversaire du décès de ma maman. C’était il y a plus de 10 ans maintenant mais toujours une journée particulière à vivre. Donc, au fur et à mesure que je voyais cette date arriver, j’avais le pressentiment que ce serait ce jour là que notre bébé viendrait au monde. La veille, le 28/12, nous constatons avec mon mari que mon ventre, que je portais bien haut jusque là, était descendu. Et moi, étant donné la signification de la journée du 29/12, j’étais de plus en plus persuadée que cela aurait lieu le lendemain. Dans la nuit, vers 3h30, je commence à être « bizarre » avec une envie très fréquente d’aller aux toilettes. Je perds des sécrétions blanches teintées de rose et de marron. Je ne sais pas trop ce que c’est, je crois que c’est la suite du bouchon muqueux. On m’expliquera par la suite que c’est le col qui se désagrégeait. Bref, entre allers et retours entre les toilettes et la chambre, je suis un peu perdue. Je ressens bien une tension dans le ventre mais ce n’est pas vraiment douloureux. Pour moi, ce ne sont donc pas des contractions. (Il faut dire qu’avec le recul les cours de préparation à la naissance ne m’ont servi à rien puisqu’ils ne m’ont pas permis d’identifier des contractions.) Cela dure comme cela jusqu’à ce que, avec mon mari, on se lève vers 8h00. J’ai froid, je m’assieds devant notre poêle. Je n’ai pas faim, mon mari prend son petit déjeuner. Vers 8h30, il a terminé et me demande s’il a le temps d’aller soigner les moutons (il est agriculteur). Je lui dit que « oui, pour l’instant ce n’est pas douloureux ». A peine ai-je dit cela que je perds les eaux. Là, plus de doute à avoir, on décide de partir à la maternité. Je lui dit qu’il peut quand même aller soigner les moutons, le temps que je prenne une douche et que je m’habille. La douche a duré une éternité, entrecoupée de contractions de plus en plus fortes (mais toujours gérables). Nous partons aux alentours de 9h00. Mon mari se gare – forcément – à l’autre bout du parking « de toutes façons, ils vont te faire marcher ». Bonnant, malant, nous arrivons au pôle Femmes-Enfants. Mon mari tient absolument à passer par l’accueil où 2 personnes nous précèdent. Appuyée contre le mur, jambes écartées, je lui dis que lors de la visite on nous a bien dit de monter directement. Mon mari insiste. C’est enfin notre tour. La personne de l’accueil confirme ce que j’avais retenu. Direction donc le service des naissances. Je sonne et m’appuie encore au mur. Une contraction vient de me saisir. Une sage femme sort, j’attend que la contraction soit passé pour lui dire « Je crois que j’accouche ». Elle nous fait entrer en salle d’examen et me demande un échantillon d’urine avant de nous laissés seuls. Je retrouve avec soulagement des toilettes, seul endroit où j’arrive à avoir une position confortable, il est 9h35. Tout d’un coup, je ressens quelque chose de différent. « Je crois que ça pousse, il faut que tu trouve quelqu’un » Je précise que nous ne savions pas s’il s’agissait d’un garçon ou d’une fille, d’où le « ça ». Mon mari part donc chercher quelqu’un mais revient… bredouille. Une nouvelle fois, cette sensation étrange qui me prend à la gorge et me fait pousser un râle. « Ca pousse, tu me trouve quelqu’un ! ». Mon mari ressort et revient finalement avec une sage femme. Il est 9h55. La sage femme s’assied tranquillement, me demande mon échantillon et me dit de venir m’installer pour qu’elle puisse m’examiner. Mon mari m’aide car il m’est impossible de bouger. Une fois installée, la sage femme m’examine. Elle n’a pas grand chose à faire car elle dit alors « on voit les cheveux, c’est pour tout de suite » En fait je me souviens juste qu’elle ait dit qu’on voyait les cheveux. Moi, j’étais complètement paniquée. J’avais trop mal, j’ai demandé qu’elle me donne quelque chose contre la douleur mais elle m’a dit que c’était trop tard et j’étais en train d’accoucher. Je suis paniquée et donc un peu dans les vapes. Mon mari me racontera qu’elle a ensuite tiré sur une cordelette pour appeler ses collègues, elles m’ont déshabillée, mis la blouse, emmenée dans la salle d’accouchement. Il est 10h25. Quelques poussées inefficaces et une épisiotomie plus tard et notre premier enfant est né. Il est 10h35. Nous l’entendons pleurer. Il est en bonne santé. C’est tout ce qui compte. La sage femme nous demande alors si on veut savoir ce que c’est. Mon mari m’annonce avec émotion qu’il s’agit d’une fille. Nous l’appelons AURYNE, avec ARMELLE en deuxième prénom, du prénom de ma mère, fier hommage en ce jour si particulier. On la pose sur moi. Elle est toute gluante et chaude. Sensation étrange. L’après naissance fut très difficile puisqu’il a fallu recoudre l’épisiotomie. Sans péridurale et avec un semblant d’anesthésie locale absolument inefficace, j’ai senti tous les points. Je hurlais tellement j’avais mal. Je m’en voulais de faire peur à mon bébé que je portais toujours sur moi. Après 1 heure, la boucherie s’est arrêtée. J’étais complètement vidée, plus par la souffrance de la fermeture de l’épisiotomie que par la naissance en elle-même. Cette première naissance s’est donc faite entre 3h30 et 10h35, soit en près de 7 heures et sans péridurale. Ce que nous retiendrons, avec mon mari, c’est qu’il s’en était fallu de peu que j’accouche dans la voiture ou sur le parking. Heureusement que la poche des eaux s’est rompue, sinon, aurais-je su quand partir ? Je ne le sais pas. Pour ma deuxième grossesse (sexe du bébé toujours inconnu), j’ai opté pour des cours de préparation à la naissance en piscine. Et là, dès le premier cours, j’ai su ce qu’était une contraction. J’en avais bien eu pour ma première grossesse, ces contractions du ventre mais comme on ne m’avais pas vraiment expliqué (ou moi pas vraiment écouté), je ne savais pas les reconnaître. Ces cours correspondent à mes attentes. Comme le premier accouchement s’était passé rapidement, le fait de ne pas avoir le temps d’aller à la maternité était une possibilité que nous ne pouvions écarter. Aussi, à plusieurs reprises, je demanderai ce qu’on devait faire, si au cas où, je devais accoucher chez moi ou dans la voiture. La seule réponse que l’on m’a donné était de partir dès que les contractions devenaient régulières et espacées de 10 minutes. Les semaines passent. Mon mari vient avec moi, repose la question et obtient la même réponse. Nous ne cachons pas notre crainte d’un accouchement à domicile. Certaines personnes comprennent mal. Une fois on m’a même demandé si je voulais toujours accoucher chez moi. J’ai répondu que je ne voulais pas accoucher chez moi mais que c’était un risque qui pouvait se réaliser. A l’approche de ma DPA (07/06), je deviens fébrile. De peur d’accoucher chez moi, je guette les signes d’un accouchement proche : perte du bouchon muqueux, perte des eaux ou simple fissuration. Rien. La semaine précédant ma DPA, je reçois tout ce que j’ai commandé (la petite brassière vu à La Redoute, la table à langer, l’album photos préparé pour notre grande) et le 04/06, nous fêtons l’anniversaire de mon mari. Nous sommes tous les trois, tout se passe bien, nous échangeons les cadeaux, le soleil entre dans notre cuisine. Notre lecteur CD passe Jean Ferrat, offert pour l’occasion à mon mari « Pourtant, que la Montagne est belle… ». Je suis émue. Je me dis que c’est la dernière fois que nous sommes tous les trois. Je me dis que AURYNE est une belle petite fille (même si elle me fait tourner en bourrique ces derniers temps) et que j’espère que je continuerai à être là pour elle. J’essuie quelques larmes, discrètement. Je me dis que c’est la fin d’une époque. Je me dis que plus rien n’empêche cette naissance. Nous mangeons le gâteau, lavons AURYNE et la couchons. Il est 21h30. Je suis fatiguée, je me suis un peu dépensée aujourd’hui : un peu de repassage et de ménage, un peu de cuisine avec AURYNE pour préparer le repas d’anniversaire de son papa. Je m’allonge devant la télé pour regarder la fin d’un obscur téléfilm que j’avais enregistré. J’ai des contractions comme souvent le soir mais aussi des douleurs dans le bas du ventre. Je sens que c’est pour bientôt. Mon mari me dit qu’il ira traiter le lendemain matin, je lui dit que ça m’étonnerait. Par précaution, je demande ce qui est prévu pour AURYNE au cas où nous devrions partir à la maternité. Il faut dire que plusieurs solutions s’offrent à nous puisque sa mère et sa sœur habitent juste à côté de chez nous. Nous n’en avions pas vraiment parlé, je sentais que c’était le moment. Je me mets à plier du linge. Mon ventre se durcit. Au cas où, je décide d’aller aux toilettes. J’ai quelques pertes blanches mais elles ne sont pas teintées de rose ou de marron. Toujours pas de bouchon muqueux. Je reste aux toilettes, je constate que les contractions reviennent toutes les 15 minutes. Ce n’est pas toutes les 10 minutes mais je dis à mon mari que c’est pour bientôt et qu’il devrait emmener Auryne chez sa sœur maintenant (elle n’habite qu’à 5min) ; cela nous permettra d’être plus sereins si nous devons partir au milieu de la nuit. En plus, il est aux environs de 23h15/23h30, ils ne seront peut-être pas encore couchés. Mon mari me dit OK. A ce même moment, je constate que mes pertes blanches se sont teintées de rouge. Je confirme à mon mari que le travail a commencé et en moi-même, je me dis que j’ai trop mal et que même si j’arrive à 3 à la maternité, nous partirons dès qu’il reviendra. Au moment où il passe une derrière fois à côté de moi, je lui dis que je ne crois pas que j’y arriverai car j’ai trop mal ; je n’arriverais pas à m’habiller, descendre l’escalier, monter dans la voiture…. Le temps de sortir la voiture, préparer Auryne et ses affaires et voici mon mari parti. Toujours sur les toilettes, les contractions se font plus fortes. J’utilise le pluriel mais ce ne sont déjà plus des contractions. J’ai envie de pousser. J’ai mal. Une grosse araignée entre par la fenêtre et me fais bondir hors des toilettes. Une nouvelle envie de pousser, je me réfugie dans la salle de bain et m’assois dans le fond de la baignoire. La douleur m’irradie du bas du ventre jusqu’en haut, je me redresse et pousse un râle. Je passe ma main pour vérifier ce que je ressens du fond de mes tripes et je sens la tête. Je pense à mon mari et me dis qu’il faudra que je lui demande de vérifier qu’il s’agit bien de la tête (des fois que…). J’entend la voiture revenir. Une envie de pousser me reprend. Je pousse, c’est plus fort que moi et crie en même temps, bestialement. Cela me fait du bien. Mon mari monte quatre à quatre les marches de l’escalier. Quand il entre dans la pièce, il voit la tête (il me dira plus tard que la tête était enveloppée par la poche des eaux) et repart chercher un téléphone. Je pousse toujours. Le bébé sort et glisse sur le fond de la baignoire. Le cordon n’est pas autour du cou. Je le prends sur moi et me recroqueville pour qu’il n’ait pas froid. Je crie (enfin j’essaye de crier) à mon mari que le bébé est né mais il est déjà en train de descendre les escaliers, il ne m’entend pas . Il revient ensuite avec les pompiers au bout du fil. Il constate que le bébé est né. Il dit « J’étais même pas là », cela me fait mal pour lui car je sais qu’il y tenais plus que tout. La semaine qui a précédé, il était en déplacement à 2h de chez nous et sa hantise était que cela arrive pendant qu’il n’était pas là. Et là, il était là… et pas là à la fois. Il reprend le dessus et s’entretient avec les pompiers. D’un « la tête est sortie », il passe à « le bébé est né ». Nos voisins qui ont quatre enfants arrivent pour nous épauler. Une serviette pour nous couvrir pour ne pas avoir froid, un bonnet pour le bébé. Je tremble. Je n’en reviens pas. Mon mari n’en revient pas. Le bébé est né chez nous. En rigolant (jaune), on disait qu’on avait une table de cuisine et de l’eau chaude et là, il est né dans notre baignoire ! On entend finalement les pompiers arriver. Il n’y a pas les sirènes mais il n’y a aucun bruit dehors. On peut donc entendre leur moteur. Avec tout ça, nous ne savons pas si c’est un garçon ou une fille. Je regarde. Je crois que c’est une fille. Je suis très surprise car, avec la forme de mon ventre, tout le monde ou presque me disait que c’était un garçon ! Je regarde une nouvelle fois. Apparemment c’est bien une fille. Je n’y crois toujours pas. Je montre à notre voisine qui me confirme que j’ai bien vu. Je n’en reviens pas. Moi qui avait travaillé sur moi pour accepter un garçon et là, c’est une fille. Je suis heureuse. Nous la prénommons GEMMA, clin d’œil au passé australien de mon mari, avec ELISEANE en deuxième prénom, contraction des prénoms de nos sœurs respectives. Je l’enveloppe avec mon corps et la serviette pour qu’elle n’ait pas froid. Pompiers puis médecins du SAMU arrivent. Ils ne nous brusquent pas. La délivrance se fera à la maison. Ils emmènent GEMMA pour s’en occuper sur notre lit, l’enveloppent dans une couverture de survie. Au bout d’un certain temps dont je n’ai aucune idée, je suis sortie de la baignoire, allongée dans le brancard des pompiers. Ils sont 4 à me descendre par l’escalier. Ils m’installent dans le camion, ce n’est pas très confortable. Ils me reposent GEMMA enveloppée de sa couverture de survie sur moi. Le trajet sera long : j’ai mal à cause des contractions qui continuent. Chaque trou ou ornière me fait souffrir. Pendant le trajet, le médecin du SAMU rédige le constat de naissance. Il déclare GEMMA née le 05/06/2010 à 00h45. Petite pensée à mon mari qui aurait bien voulu qu’elle naisse le 04/06, comme lui. Nous arrivons finalement à la maternité. Mon mari est déjà là. On nous installe dans une salle d’accouchement, c’est la même que pour Auryne, il y a ce fameux tableau accroché au mur, un paysage de désert. La suite est moins glorieuse. Alors que j’ai pu accoucher toute seule chez moi, l’annonce de la déchirure me fait paniquer. Je me souviens de la douleur lorsqu’ils avaient recousu l’épisiotomie lors de mon premier accouchement. Je tremble de tous mes membres. La sage femme me demande de me calmer. Je ne peux pas. Elle applique les produits anesthésiants. Si cela fait effet pour les deux premiers points, je sens les autres. Je pleure, je tremble, je broye la main de mon mari qui fait de son mieux pour me calmer. Le souvenir de la douleur est trop fort. L’anesthésie ne fait bientôt plus effet. « Respirez bien dans le masque, Madame ». « C’est bientôt fini ». Finalement, oui, cela s’arrête. Plus rapidement que la première fois. Je peux me détendre – un peu. Ils vont ensuite pouvoir s’occuper de GEMMA. Prises de mesures et examens traditionnels. Elle s’est trop refroidie et est donc emmenée en couveuse. Cela dure une éternité. Mon mari et moi sommes fatigués, l’absence de sommeil, la tension qui redescend. Au bout de je ne sais combien de temps, GEMMA revient. Elle est habillée. Son papa la prend un petit peu avant de me la donner pour la première tétée. Picotements étranges. J’avais oublié. Au bout de je ne sais combien de temps encore, on vient nous chercher pour nous installer dans notre chambre. Moment où nous restons tous les 3. Nous n’en revenons toujours pas de cette naissance. Crainte et pourtant inévitable. Avec le recul, je ne vois vraiment pas à quel moment on aurait pu/du partir. Après quelques jours pendant lesquels je me suis culpabilisée (le cordon aurait pu être autour du cou, j’aurais pu faire une hémorragie, j’aurai pu tuer notre bébé…), je me suis libérée lorsque différents membres du corps médical m’ont dit que les accouchement rapides sont généralement le signe que tout va bien. Mon mari est fier de dire que notre fille est née chez nous. Je préfèrerais être moins célèbre. J’aimerais que cette naissance n’appartienne qu’à nous. Deux filles. Deux naissances extraordinaires. Mon mari aimerait un troisième enfant. Moi, je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est qu’une nouvelle grossesse serait vécue avec la crainte de l’accouchement.
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224518
b
Moi aussi !
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