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Je suis atteinte de 2 maladies auto-immunes.

Témoignage d'internaute trouvé sur france5 - 30/09/10 | Mis en ligne le 12/07/12
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Bonjour Virtualvahine, Voici mon expérience, un vrai roman… J'ai malheureusement connu un parcours chaotique entre la naissance de mon aîné et mon second enfant. J'ai fait 3 fausses couches et une grossesse extra-utérine, suite à cela on m'a prescrit des examens. Je suis atteinte de 2 maladies auto-immunes. Sous prescription médicale, j'ai pris du levothyrox (que je prends toujours) et de l'aspégic nourrisson en début de grossesse. J'ai été arrêtée tôt (environ 6 mois de grossesse) en raison de contractions trop nombreuses. Le poids et la taille de mon bébé étaient en moyenne basse. Je me suis sentie très épanouie (contrairement à la grossesse de mon aîné) et heureuse. Je l'aurais probablement vécu différemment si j'avais su la vérité… A mon tour de te raconter mon accouchement… Arrivée vers à la maternité vers 12h, j'attends en salle de pré-travail, toutes les salles d'accouchement sont occupées (tout comme le personnel). Je perds du sang, on me dit que "c'est normal, le col travaille". Je souffre de plus en plus, mon col est dilaté seulement à 3. Je ne parviens pas à gérer la douleur qui augmente. Je ne comprends pas ce qui se passe. Mon premier accouchement a été si facile, j'ai géré la douleur jusqu'à la péridurale, avec un col dilaté à 6/7. Je demande donc une péridurale, je reçois une réponse négative, je dois attendre d'être en salle de travail. Je passe les heures les plus longues de ma vie. Le masque à oxygène me soulage pas… Je ne parviens plus à me contrôler, je hurle de douleur et perds du sang par caillot. Je me sens mal… Enfin, à 16h, je rentre en salle de travail en fauteuil roulant (impossible de marcher) , je suis dilatée à 5 et on me suis à la trace de sang à travers le couloir. Contre toute-attente, on m'annonce que la péridurale ne sera pas envisageable, les anesthésistes sont débordées (beaucoup de césariennes en même temps). Je me résigne, je crie toujours et broie les doigts de mon mari se sentant démuni. Une sage-femme me dit que ça ne sert à rien de crier. Je ne comprends pas ce qui se passe, la douleur est insupportable. Finalement, on consent à m'administrer une dose de morphine. Cela parvient à me calmer (surtout les nerfs) mais la souffrance est belle et bien présente. La morphine et le gaz hilarant me shootent. Je refoule mes cries et mes larmes, je perds toujours du sang, on tente de me rassurer. Je me sens vidée, la fatigue me gagne. A 16h40, revirement de situation, deux anesthésistes (un homme et une femme) arrivent enfin ! On m'installe rapidement, la péridurale est pratiquée. Je n'y crois plus. La femme me dit que maintenant je n'ai plus droit de me plaindre, est ce dit sur un ton humoristique ? La douleur s'estompe, je retrouve mes esprits et revis. Je vois le bout du tunnel, mais c'est juste une accalmie avant la tempête. Le pouls de mon bébé chute de plus en plus, il est en souffrance. L'accouchement commence, on me dit de pousser, ce que je fais, de toutes mes forces mais rien ne se passe. Mon bébé est trop fatigué pour faire des efforts. Toute l'équipe semble totalement paniqué, ils sont très pales. L' obstétricienne de garde arrive paniquée, j'entends "il faut césariser d'urgence". Et en une seconde, je me suis retrouvée dans un épisode d'urgence, quelques personnes tout en courant poussent mon lit à travers les couloirs et me voilà au beau milieu d'une salle d'opération. Je suis complètement anéantie, je ne comprends toujours pas comment nous avons pu en arriver là-bas. Je sens une tension et de l'angoisse dans les visages des personnes qui m'entourent. Mon mari ne peut me suivre. L'obstétricienne m'ausculte une dernière fois, je suis dilatée à 9,5 et elle m'opère à 17h07. Je vois passer mon bébé à travers la pièce, il ne pleure pas. On l'emmène dans un autre pièce juxtaposée, une ouverture type "passe plat" me permet de voir ce qui se passe. Paniquée, je demande si tout va bien. Personne me répond, des larmes coulent le long de mes joues, je pleure en silence. Les minutes me semblent des heures. J'aperçois mon mari dans la salle d' à côté, j'entends les cris, il me fait signe que tout est ok. Rassurée, mes nerfs se relâchent, j'essaie de me détendre et d'apprécier cet instant. J'aimerai le prendre dans mes bras. Je me sens faible, dans le brouillard, endolorie. Je ne pense qu'à ma famille, rien d'autre ne compte. Je demande à voir mon petit, une sage-femme m'apporte mon bébé tout près de moi. Dès le premier regarde, je l'aime, il est magnifique. L'anesthésiste (l'homme) me dit qu' il est le plus beau bébé de la journée, je pense qu'il doit dire cela à toutes les mamans mais j'aime l'entendre. L'obstétricienne me parle, je me souviens de très peu de choses sauf "Madame, c'était moins une". Je continue de pleurer en silence, la pression redescend. Ce même anesthésiste essaie de me faire rire et de détendre l'atmosphère : "c'est rappé si vous comptiez faire du naturisme cet été ! ". Je rie, ces mots sont salvateurs et me rappellent les blagues de mon homme. On m'explique que je dois rester une heure en salle de réveil, loin de mes hommes. Personne ne veut de moi, il y a eu tellement d'accouchement en même temps, que toutes les places sont prises, on me place dans une petite salle. C'est interminable, je me repose pas et ne pense qu'aux retrouvailles. On m'amène enfin dans une chambre, je retrouve en peau à peau mon mari et notre bébé. Je suis apaisée mais il manque mon aîné. Quelques jours plus tard, l' obstétricienne, qui m'a opérée, est venue m'expliquer, avec émotion, les raisons de cette césarienne en urgence. J'ai pu enfin comprendre pourquoi j'avais eu si mal… Le décollement placentaire que j'ai eu en début de grossesse ne s'est pas résorbé. Une poche de sang s'est formée entre le placenta et l'utérus, sous l'effet des contractions, elle s'est rompue. Le sang s'est donc répandu dans le liquide amniotique provoquant une chute du rythme cardiaque du bébé. Dans le compte rendu transmis à ma gynécologue, j'y ai appris (3 mois plus tard) qu'il y avait également eu un problème de placenta bas. Rien n'avait été détecté aux échographies. Pourtant ma grossesse a été très surveillée, j'ai eu une échographie tous les mois. Un miracle que ma grossesse se soit passée sans encombre et un autre miracle que mon bébé soit parmi nous aujourd'hui. J'ai vécu cette césarienne comme une délivrance, une libération, sans elle mon bébé ne serait probablement pas avec nous. Cet accouchement m'a traumatisé, la frontière entre la mort et la vie est si fine. Aujourd'hui, j'angoisse pour mon petit, à chaque seconde. J'ai énormément souffert physiquement pendant l'accouchement. L'obstétricienne m'a dit que toute l'équipe a admiré la gestion de notre stress, que mon utérus était dur comme du béton et qu'elle préfère pas imaginer la souffrance physique que provoquaient les contractions. Pour ma part, la césarienne ne m'a pas empêché d'aimer mon enfant tout comme l' accouchement par voie basse de mon aîné. Je ne voulais pas me séparer de lui et l'amour était là dès le départ. Je regrette seulement de ne pas avoir pu le serrer dans mes bras et d'avoir été privé de lui. Comme toi, ma relation avec mon bébé est devenue fusionnelle au fil des jours. J'ai trouvé difficile ne pas pouvoir lui donner le biberon et lui pratiquer les soins sans l'aide du personnel (souffrance physique due à l'opération). Nous avons fait énormément de peau à peau, beaucoup de câlins. Il a une petite santé (varicelle à 2 semaines, surinfection de rhino avec 39°5 de fièvre à 1 mois, laryngite à 2 mois, gastro à 3 mois, son canal artériel ne s'est pas refermé…) j'ai tendance à le surprotéger. Je sais que je devrais couper le cordon mais je refuse d'y penser pour le moment… La phrase de l' obstétricienne "Il était moins une" résonne encore dans ma tête. Je mettrai certainement du temps à m'en remettre psychologiquement.
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274578
b
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