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la naissance de Batpiste, à domicile, avec l'intégrale de Jacques Brel

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J'ai rédigé le récit des heures qui ont précédé la naissance de Baptiste. C'est assez long.

Bon, tout a commencé le 9 septembre, je pense… Sans doute avant, je me souviens avoir accéléré les préparatifs pour accueillir mon bonhomme.Mon nid était prêt.

Vendredi, nous sommes allés au restaurant avec les collègues de zhom. Pour la première fois, je prends dans la voiture une valise pour "urgence maternité". Sur un forum (on se demande lequel) , une copine me demande "et le projet aad ? " oui, il tient toujours. Mais nous partons assez loin, à deux voitures, et je ne suis pas sûre…

Arrivée chez belle-maman, je dis à Stéphan que je ne pense pas passer le w-e en une pièce. Pourtant, pas de contractions. Belle-maman n'y croit pas trop, mais je vois bien qu'elle se tracasse un peu.

Arrivés au resto, tout va bien. On plaisante sur le fait que je suis presqu'à terme, et que c'est pour très bientôt. Et quand je réponds que la valise est dans la voiture…

Au fil du repas, mon visage se décompose. J'ai pas faim, du tout. Les contractions sont là, bien là. Tout le monde le voit, d'ailleurs. Je dois aller aux toilettes. Je sais que ce n'est pas une gastro (ça y ressemble) , je sais que je me vide. Et que c'est le moment.

On repart vite. Stéphan a engouffré mon repas. Dans la voiture, ça fait mal. Je contracte toutes les 5mn. On prend le parti de ne rien dire à mes beaux-parents, mais de ne pas reprendre ma voiture trop risqué. J'explique simplement que je suis malade.

Toute la nuit, les contractions se succèdent. Je prends un bain très chaud, elles sont toujours là. Heureusement, j'ai mon ballon. Ça calme, un peu Et le zhom dort. Je suis contente, il peut se reposer.

A 8h samedi, je décide d'appeler Brigitte. Je lève les enfants, on les prépare à partir. C'est calme, tout va bien.

Brigitte arrive vers 9h, je pense. On prend un petit-déjeuner. Examen : le col s'ouvre doucement. C'est toujours comme ça, chez moi. Doucement.

Les enfants partis, je prends un bain. Brigitte part aussi et me laisse les granules homéopathiques à prendre, pour régulariser le travail. Ça fonctionne bien. Pas l'express, mais tant pis.

On se fait un petit repas sur place. Des pâtes au fromage/jambon. Ça fait du bien de manger pendant le travail je n'avais jamais connu ça… On s'occupe, on met pendre des lessives dehors, on finit les adresses des faire-parts, on discute… la maison est très calme.

14h30Retour de brigitte. Le travail se ralentit. S'arrête presque. Dehors, le temps est pas terrible. On rentre le linge à trois. Puis vaisselle-nettoyage-rangement.

17h. Une amie passe à la maison. Des papiers à signer (ah, l'administration) , je récupère en même temps des porte-bébés, on papote un peu, ils s'en vont. Elle connaît nien les aad.

18h30, ma sage-femme rentre chez elle pour souper, dormir un peu. Elle reviendra vers 21h, en espérant que ça aura bougé. Sinon, elle pourra rompre la poche, peut-être.

Avec Stéphan, on décide de manger, nous aussi. Puis de faire l'amour, tout doucement. C'est un moment magique d'intimité.

Les contractions sont toujours aussi peu présentes. J'en ai marre, maintenant. J'entreprends la pile de repassage par la face nord. Puis l'aspirateur dans la cuisine. Le nettoyage des chambres. Rien ne fait.

La dilatation stagne à 6cm, et à chaque accouchement précédent, on me met une dose de syntho à ce stade. Je m'en souviens. Stéphan m'apporte un cd que je lui ai demandé. Pas très romantique, c'est le best-of de M. Jackson, mais ça me détend.

Au retour de Brigitte, je suis vraiment malheureuse. Elle m'annonce qu'elle doit prendre une décision, et qu'on va devoir partir à la maternité sous peine de stagner à ce stade et que je m'épuise. Je m'effondre. Tout ça, toute cette préparation, tout ce chemin fait, pour en arriver à partir. Quand même.

Je sais que je peux y arriver chez moi, que je ne suis pas épuisée. C'est l'électrochoc ! Je me mets en mouvement, je me berce. On décide d'aller faire un tour dehors, il est très tard, mais tant pis. Et on nous donne jusque minuit pour réévaluer la situation.

Dans la rue, les contractions reviennent encore, et bien. On rentre plus rapidement que prévu, pas envie d'accoucher dehors. Plus question de partir non plus. Même plus envisagé.

Je me fait masser, installée sur mon ballon. Puis Stéphan s'installe derrière moi, il me chuchote des mots doux, me masse aussi, et les contractions se font vraiment douloureuses. On retrouve par hasard une bouillotte, ça fait du bien. J'ai envie de me suspendre, j'essaie d'attraper la corniche d'un meuble, mais j'ai peur de la casser. Mauvaise idée.

Puis LA révélation : un crochet qui nous avait emm**** quand on a aménagé le bureau. Il est toujours là. Juste au-dessus du lit. On y glisse une écharpe, et je peux m'y accrocher de toutes mes forces. J'y passe presque chaque contraction, hurlant, non pas de douleur, mais de soulagement. Pendant un répit, je parle avec mes deux partenaires. Musique entre autres. Et mon mari m'apporte le cd dont je rêvais pour cet accouchement, l'intégrale de J. Brel. Je voulais accoucher en écoutant "les ports d'Amsterdam". On chante "rosa rosa rosam". J'apprécie le rythme presque bestial de ces chansons. "Ne me quitte pas" prend toute sa valeur. Je suis dans les bras de mon mari, il est avec moi, je l'aime.

Vers 1h30, on décide de percer la poche des eaux. Je sais que ça va faire mal. Mais à quel point, je n'imaginais pas… le col est très sensible, c'est pour ça. Et mon vagin broie les doigts de la SF. Elle n'a jamais vu ça.

Le médecin arrive. Il franchit la porte, s'assied discrètement. Je dis à Stéphan que je dois vomir. Il sait ce que ça veut dire, moi aussi. On vient de passer à dilatation totale. Avec beaucoup de patience, il me tend un bol à chaque nausée, et à chaque fois, rien. La seule fois où je lui dis qu'il n'y aura rien non plus, erreur, je vomis sur mon coussin. Tant pis.

C'est le moment. Pas besoin de lui dire. On se regarde, il le voit dans mes yeux, je pense. Et prend place sur le lit, derrière moi. J'ai un peu honte d'être installée comme ça, à 4 pattes, devant tous ces gens. Je pousse, il prend son bébé dans les bras. C'est la première fois qu'il fait ça, il est ému. Et me tend le bébé, comme il peut. Il est beau, mon fils Le placenta sort, 5mn plus tard. Je peux couper le cordon. C'est fini, une nouvelle vie prend cours. De la plus belle manière. Mon ange est entre nous, dans les draps (changés, quand même).

Il est 2h10.

On parle encore un peu, on boit une tasse de café, on mange des biscuits, une belle nuit s'achève. 4h, Brigitte s'en va, le médecin aussi. Baptiste est là. Entouré d'amour.

C'est la première fois que nous vivons ce moment de la naissance de manière si intime et si douce. Il y a des instants violents, bien sûr, mais tout se passe dans le calme. Pour nous, cette expérience est aussi, surtout, une histoire de couple. Nous avons beaucoup cheminé dans le dialogue lors de cette grossesse. Dans l'intimité aussi. Et tout a abouti dans ce bureau-chambre, juste redécoré pour l'occasion. Cette naissance est une nouvelle étape très forte dans notre histoire.

En rédigeant ces lignes, j'ai des pensées pour ma grand-mère, qui nous a quittés en chemin. Si j'ai envisagé un aad, c'est grâce à sa mort, dans la douceur, en avril. Cette mort a été un passage plein de sens pour toute notre cellule familiale. J'ai voulu cette naissance comme elle a désiré son départ vers l'autre monde : dans l'intimité, entourée ceux qu'elle aime. Elle a veillé sur nous. Baptiste porte en deuxième prénom celui du mari qu'elle a rejoint, Gustave.
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8278
b
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