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Mon accouchement, une aventure extraordinaire

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Voici un mois que j'ai accouché, et je trouve enfin aujourd'hui le temps de venir vous raconter cette aventure extraordinaire. Ce n'est pas vraiment le temps qui m'a manqué, mais les moments où j'avais deux mains disponibles et un esprit pas trop embrumé...! On est le jeudi 5 avril, je me réveille à 6h avec une drôle de sensation : je crois avoir ressenti de légères contractions depuis une heure ou deux, dans mon sommeil. Comme depuis cinq jours j'ai eu plusieurs phases de faux travail, je décide de les ignorer pour ne pas encore me faire de faux espoir... Mon zhom part comme chaque matin faire sa tournée de ramassage scolaire, et moi, je me lève pour aller réveiller mon ainée, Madeleine, 11 ans, qui part au collège en bus. Pendant qu'elle prend son petit déj', je piste un peu la pendule, ça contracte toutes les 7 mn, mais c'est vraiment très léger. Madeleine me dit «je vais pas aller au collège si tu accouches aujourd'hui, je reste !» Mais je préfère qu'elle y aille, ça peut encore être une fausse alerte... Alors elle me fait promettre de venir la chercher si ça démarre! - «ben... c'est pas sûr... on verra!!» 8 heures.

 

Elles sont toujours là, à 7mn d'intervalle, toutes douces, mais bien régulières. Je décide de ne pas réveiller ma deuxième, Jeanne, 7 ans. Fabienne (une amie arrivée hier soir avec sa fille Alice de 2 ans et demi, pour passer la journée ici) se réveille et ouvre des yeux ronds quand je lui dis que je pense accoucher ce matin. J'appelle Isabelle, ma SF, qui me conseille d'aller faire une promenade d'1/2 h, et de la rappeller ensuite pour confirmer que ce n'est pas un faux travail... Alors j'enfile un survet' et un gros pull par-dessus mon pyjama, j'appelle la compagnie de bus de mon chéri pour qu'on le prévienne, et je sors. Je m'arrête au passage chez Stephanie, une voisine qui normalement prend Jeanne pour l'emmener à l'école : «Jeanne fait l'école buissonière, aujourd'hui, parce que sa petite soeur va sans doute naître!» - «ah bon!! Si y'a quelque chose que je peux faire...» - «oui, si tu veux bien, il faudrait aller chercher Madeleine au collège..» Pratiques, les gentilles voisines! Alors me voilà partie pour ma promenade, premier moment magique... La campagne se réveille doucement sous un pale soleil qui perce difficilement la brume, les oiseaux gazouillent comme des fous dans les arbres, mes pas résonnent sur le goudron de la route, et puis je tourne sur un chemin, et là, de sentir la terre sous mes pieds, je ne sais pas, ça me donne une force incroyable... au point que je n'ai pas envie de faire demi-tour... allez, je me donne encore jusqu'à cet arbre, là-bas, et je rentre... Les contractions vont et viennent comme des vagues, je les laisse m'envahir en expirant profondément à chaque fois, je sens l'harmonie de la nature qui m'entoure pénétrer mon corps et mon esprit...

 

Au bout de 3/4 d'heure de marche, je rappelle Isabelle, qui se met en route, elle sera là dans une heure. Demi-tour. J'aperçois une silhouette dans la brume, c'est mon chéri qui vient à ma recherche, encore sous le coup de l'émotion qu'il vient d'avoir. (Au moment où les élèves descendaient de son bus, une collègue a frappé à sa vitre : «Jean Claude! Tu me laisses ton bus et tu prends ma voiture pour rentrer chez toi, vite! y'a ta femme qu'est en train d'accoucher!» Le pauvre a frôlé la mort ou au moins le retrait de permis en roulant comme un fou jusque chez nous!) On rentre, enlacés, à la maison, où Fabienne nous a préparé un petit déjeuner. Je dévore mes tartines grillées, tout en me levant de temps en temps pour me dandiner quand une contraction me prend. On rit de tout et de rien, l'ambiance est à l'euphorie. Madeleine rentre du collège, Jeanne et Alice se réveillent, et quand Isabelle arrive avec sa stagiaire Annabelle, la maison est au complet! Isabelle a aidé Fabienne à mettre Alice au monde, alors elles se connaissent délà, ce sont des retrouvailles pleines de joie. Petit monitoring et examen vaginal. Tout va bien, je suis dilatée à 5. Isabelle me propose d'aller faire une autre balade pour aider le travail. «oh, oui!! dans le chemin!!» Nous revoilà donc partis tous les 4, les deux SF, Jean Claude et moi, sur le chemin qui traverse la forêt. A chaque contraction, j'arrête de marcher pour m'accrocher au cou de JC, qui me berce et accompagne mes balancements, selon mon instinct, sous l'oeil attentif et les conseils d'Isabelle «laisse-la bien descendre, c'est bien, respire tranquillement...» ou «tiens! je note une petite évolution : tout à l'heure, vous nous faisiez une lambada, tous les deux, et là, ça devient plutôt slow....!!» Entre les contractions, on marche, on discute, de tout et de rien... soudain, il me prend une envie irresistible de chanter, et j'entame une chanson, qui parle de printemps et d'oiseaux dans les lilas, et que JC reprend en canon avec moi. Nous chantons à tue-tête pour finir en éclat de rire dans les bras l'un de l'autre quand une contraction plus forte vient me couper le souffle!!

 

Cette promenade a été le deuxième moment magique, plein de poésie, de cet accouchement. Les oiseaux nous font toujours leur symphonie, la brume s'accroche aux arbres, et sur le bord du chemin, les buissons d'aubépines éclatent de fleurs blanches. Lors d'une contraction,dans les bras de mon chéri, je remarque leur beauté, et il me dit «oui, et en plus, c'est un joli nom, Aubépine, tu trouves pas?» «oh, oui! Et si on l'appelait comme ça?» Et voilà comment le nom de ce bébé, sur lequel on se disputait depuis des mois, a été décidé! Après une heure trente de promenade, il me tarde de rentrer. Je contracte toutes les deux minutes, et ça commence à être un peu plus difficile à supporter. A 100 m de la maison, moment surréaliste : une dame en voiture s'arrête à notre hauteur pour nous parler de son perroquet vert et jaune avec un bec rouge qu'elle a égaré, «alors si vous le voyez...et patati et patata...». Je n'écoute plus, j'ai envie de lui dire «si vous saviez comme je m'en fous, de votre perroquet!!» Quand une contraction me plie en deux, mes compagnons lui expliquent que je suis en train d'accoucher. La tête de la dame!! Elle a remballé dare dare son histoire de volatile évadé et nous a laissés finir notre route, un peu contrite... Onze heures 30 ou 45...Retour à la maison. Dilatation à 8. On a fait du bon travail! Isabelle me propose un bain chaud pour me détendre, parce que les contractions se rapprochent. Pendant que je m'y prélasse, JC me verse de l'eau sur le ventre avec un coquillage, et Jeanne chante «au clair de la lune» à deux voix avec moi. Madeleine a pris l'initiative de faire le tour du quartier à la recherche d'un gonfleur pour faire gonfler le ballon de gym que j'ai acheté hier soir! Les SF, elles, sont restées dans la cuisine et aident Fabienne à faire des lasagnes pour le déjeuner! Midi et quart, je ressens le besoin de sortir de ce bain, la position allongée ne me convient plus. JC m'aide à me sécher, et m'accompagne dans ma chambre où je m'accroupis devant mon ballon, m'y appuyant avec les bras, et je me laisse bercer en le faisant rouler doucement sous ma poitrine. JC, lui, s'est assis sur un siège brésilien suspendu à une poutre de la chambre, et me regarde, impuissant. Je n'ai pas très mal, mais je n'arrive plus à décider comment je veux me mettre.

 

Ce n'est pas encore la panique, mais ça s'approche! Je me mets à genoux devant lui et je l'enlace, il caresse mon dos, tout en me berçant... Soudain, une envie d'aller à la selle se fait sentir, alors je décide d'y aller tout de suite pour éviter que ça sorte plus tard... Mais une fois sur les toilettes, c'est la poche des eaux qui explose... Mayday! Mayday! «Isabelle!!! laisse tomber la béchamel, il vaudrait mieux que tu viennes par ici!!» Tant pis pour l'envie de faire ma selle avant... sortira ce qui sortira... Je ne contrôle plus mon besoin de pousser! Mes filles viennent discrètement se poser dans un fauteuil sur le côté; Isabelle s'installe dans le fauteuil brésilien, moi à genoux devant elle, on s'enlace mutuellement dans une position très maternelle, très rassurante. Elle me demande si je n'aurais pas une huile de massage... oui, y'a ce flacon, acheté en Inde y'a 5 ans... mais quand elle essaie d'en verser sur mon dos, rien à faire, ça sort pas, c'est bouché! Alors JC, avec sa délicatesse habituelle empoigne le flacon et le presse... explosion d'huile! La moitié du flacon se vide sur mon dos, y'en a partout! Isabelle s'écrit : «vite, les filles! tout le monde masse Maman!» Et je sens plein de petites mains se précipiter pour me masser le dos! Ca sent bon l'huile ayurvédique, qui déborde sur le plancher, et ça détend de rire aux éclats... mais la douleur me reprend, et les choses sérieuses commencent. JC et Annabelle se postent derrière moi, et sur les conseils d'Isabelle, je me mets à pousser. Mais le desespoir me prend soudain. J'ai l'impression que je ne vais pas avoir la force, je visualise un énorme pamplemousse qui doit passer par un trou de la taille d'un citron. Pourquoi cette image de fruits? Mais Isabelle m'encourage : «vas-y ma belle, tu y es presque, prends une grande inspiration, allez, ne la lâche pas, elle arrive, ta fille est presque là!» Elle pose une main sur le haut de mon ventre et dit «pousse sur ma main!

 

Allez, pousse!» un vrai coach! Je pousse et je pousse, je jette un oeil vers mes filles, enlacées sur le fauteuil. Madeleine parle à l'oreille de Jeanne. Elle m'a dit plus tard qu'elle lui expliquait que mes gémissements étaient comme une chanson pour faire naitre la petite soeur... (merci, les conseils d'Edwiina!) Moi, je m'accroche comme une noyée à Isabelle, le visage dans sa poitrine, les genoux par terre. Cette expulsion semble durer longtemps, longtemps, je m'inquiète : pour les autres, ça avait été si rapide, en deux poussées, elles étaient là... J'ai été trop gatée! En fait, ça n'a pas duré plus de quinze minutes, et selon Isabelle, c'était incroyable de douceur... Derrière moi, Annabelle s'affaire à récuperer quelques selles qui ne manquent pas de sortir, et m'encourage aussi. Soudain, j'entends JC qui crie «ça y est, elle arrive, elle arrive!» Il met ses mains en coupe sous ma vulve qui s'enfle, s'enfle comme un ballon et laisse passer une tête toute chevelue. Les filles ont dit ensuite avoir compris que c'était la tête en reconnaissant une petite oreille, ça a été leur moment d'émotion. Une poussée de plus, et je sens mon bébé glisser hors de moi dans les mains de son père, criant son indignation d'avoir été enlevée de son milieu aquatique.

 

Comme une femelle qui vient de mettre bas, je me retourne d'un seul coup, je m'assieds par terre sur la serviette et j'empoigne ma fille pour la mettre contre moi. Les SF parviennent à la sécher un peu avant, mais je ne vois rien d'autre, tout est confus autour de moi, j'entends vaguement les filles laisser éclater leur joie, JC m'enlace pour l'admirer; je ne la vois pas bien, parce que j'essaie de la garder au chaud dans sa serviette, mais je la sens prendre mon sein et se mettre à têter. Il est midi 45. JC et les SF m'aident à me relever pour m'installer sur mon lit, puis elles quittent la chambre et nous laissent faire connaissance tous les 5. La maison s'est emplie d'un seul coup d'une vague de bonheur et d'émotion!! Un peu plus tard, c'est Jeanne qui coupe le cordon, (tirant la langue pour bien s'appliquer!) puis Isabelle demande à JC d'enlever sa chemise pour prendre sa fille en peau à peau le temps qu'elle m'aide à m'accroupir par terre pour faire sortir le placenta. Une affaire de quelques secondes. Vérification du périné : intact; ni déchirure, ni éraillure. Tout va bien... Y'a plus qu'à ouvrir le champagne!! Fabienne, qui a mis les lasagnes au four, vient voir la petite Aubépine avec Alice, émerveillée, et on trinque tous ensemble, à la vie, à l'amour, au printemps... et à Aubépine qui est entrée dans notre vie par la grande porte de l'émotion et de la joie...
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219610
b
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