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Mon ange, tu vivra à jamais dans nos coeurs

Témoignage d'internaute trouvé sur enceinte - 09/05/11 | Mis en ligne le 12/04/12
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Parceque j'ai besoin que l'histoire de mon ange reste gravée quelque part d'autre que dans mon coeur : Camille, mon ange. J'ai rencontré ton papa le 04/10/2004, lors de notre rentrée en DECF. Nous avons attendu la dernière soirée de l'année, le dernier jour pour notre premier bisou : le 30/06/2005. L'été passe, on se voit de temps en temps puis à la rentré suivante on ne se quitte presque plus. Quand on est en cours, je passe la semaine avec lui, et quand on travail, je vais le voir 2 fois par semaine à 50 km de chez moi. L'année suivante on s'installe ensemble à Lorient, à mi-temps au départ car je travaille loin et les moyens de transports ne sont pas très appropriés. En Février 2008, nous nous installons à Rennes, notre vie d'adulte commence vraiment : un CDI chacun, un appartement convenable. J'émets alors l'idée de fonder une famille. Ton papa n'est pas prêt mais je ne lâche pas l'affaire, j'attends qu'il se décide, en évoquant le sujet de temps en temps. Au printemps 2009, je lui dis "je fini ma boite de pilule et j'arrête…" Il me répond d'accord… D'accord ! T'es sûr ! Je suis trop contente, on va faire un p'tit bébé !!! En septembre 2009, j'arrête donc la pilule. On se dit alors, on va laisser faire les choses, ce petit bout arrivera quand il arrivera… Au bout de 6 mois, on apprend qu'un couple d'amis attend un bébé, que ça a marché tout de suite. Là je dois avouer que je suis jalouse, il est temps que ça marche pour nous aussi !!! C'est décidé, le mois prochain je fais une courbe de température ! Je n'en aurai pas besoin, le 27/04/2010, après un retard d'environ une semaine, le verdict tombe, JE SUIS ENCEINTE !!! Je n'y crois pas, c'est pas possible ! Je suis tellement heureuse ! J'appréhende un peu de le dire à ton papa, comment va-t-il réagir devant la réalité ? Et bien il est très content ! Le lendemain je suis hospitalisé car je fais une crise de paralysie, rien de grave, mais cela me permet d'avoir une échographie, et de voir que tu es bien dans mon bidou. Tout le monde est très content de ton arrivée future ! Tout ce passe bien, le 01/06/10, premier RDV à l'hôpital j'entends ton petit coeur battre, c'est magique. Le 10/06/10, première échographie, ton papa est là. Encore un moment magique, où on réalise tous les deux que tu grandis en moi, tout va bien, nous sommes ravis. La grossesse se déroule parfaitement, une tension un peu haute au RDV de début août, à contrôler sous 15 jours par le médecin traitant. Le 23/08/10, la deuxième échographie, nous allons enfin savoir si tu es une fille ou un garçon ! Là encore un moment magnifique, on ne te voit plus en entier sur l'écran, tu as trop grandi, mais pas assez apparemment… L'échographe nous dit que tu es un petit bébé, tes mesures correspondent à terme de 20 semaines alors que nous sommes à 22. On nous dit de ne pas nous inquiéter, comme j'étais un petit bébé, ça peut jouer, il faut juste contrôler. Du coup, on aura une autre échographie 3 semaines plus tard, merveilleux, nous allons revoir notre petite puce !!! Et oui, nous allons avoir une fille !!! Quelle merveilleuse nouvelle, j'ai toujours rêvé d'une petite fille ! Deux jours plus tard, contrôle de la tension, effectivement un peu élevée. On re-contrôle 2 jours plus tard, devant la tension toujours trop haute, on met en place un traitement. Avec le traitement, la tension baisse mais reste un peu élevée. J'ai RDV avec la gynéco en fin de semaine donc on verra à ce moment là. Le vendredi 03/09/2010, RDV gynéco du 6ème mois : le jour où mon cauchemar commence. J'explique au médecin que ma tension est haute et qu'on doit refaire une échographie de contrôle 13 jours plus tard… elle m'examine, le RDV se passe comme d'habitude, la tension est toujours élevée, du coup je me dis, bon ben je vais être arrêtée plus tôt que prévu et tout va aller bien. A la fin du RDV, le médecin me demande de m'assoir pour m'expliquer… Là, elle m'annonce qu'elle va devoir m'hospitaliser car elle pense que je fais une prééclampsie, Qu'à ce terme de la grossesse ce n'est pas une bonne nouvelle. Je ne comprends pas bien ce qu'il m'arrive, hospitalisée, carrément ? Je suis sous le choc. J'appelle ton papa pour qu'il me rejoigne rapidement. On m'explique qu'on va prendre ma tension sur une période plus longue, au calme, que je vais faire une analyse d'urine sur 24h et si tout va bien je pourrais sortir… Ton papa arrive, je suis en pleurs, je ne sais pas pourquoi car je ne comprends pas du tout ce qu'il se passe… Plus tard dans la soirée, un médecin me fait une échographie pour vérifier ta croissance. Ça ne fait pas 15 jours donc se ne sera pas forcément significatif, mais tu as grandis un peu. Ensuite, on fait un doppler pour vérifier les échanges. Les médecins n'ont pas l'air satisfaits. On m'explique alors ce qu'est la prééclampsie et on prononce LA phrase que je ne voulais pas entendre : si votre état ne s'améliore pas, vous ne pourrez pas garder votre bébé ! Mon coeur se déchire, jamais cette éventualité ne m'avait traversée l'esprit, je n'avais même pas crains la fausse couche ! Les médecins m'expliquent que pour le moment, tu es trop petite pour survivre, que l'on commence à envisager une prise en charge à partir de 26 semaines, qu'on va donc tout faire pour m'amener jusque là. Je comprends bien vite à entendre les médecins qu'ils ne me voient pas aller bien au-delà. Je me dis mon dieu, mais 26 semaines c'est bien trop tôt, je ne veux pas que tu arrives si tôt, tu seras trop petite ! On change le traitement pour la tension. Celle-ci se maintient durant le week-end… Je me persuade que je peux tenir. Je comprends bien qu'on ne me laissera pas quitter l'hôpital, qu'à cela ne tienne, ce sera dur, je vais passer des mois à l'hôpital mais je vais tenir. Ton papa passe le weekend avec moi à l'hôpital. C'est comme si le ciel nous tombait sur la tête, on se dit qu'il faut garder espoir mais on se dit aussi qu'il faut se préparer à toutes les éventualités, tout en pensant très fort que ça ne se produira pas. Le dimanche soir, ton papa rentre dormir à la maison, il a une formation le lendemain et doit absolument y assister. La dernière prise de tension du soir n'est pas bonne du tout. On doit passer à un traitement par perfusion. Une mauvaise nouvelle mais lorsque l'on contrôle pendant la nuit, la tension est revenu à la normale. Le lundi matin, rien ne va, j'ai mal au ventre, mal au dos, j'ai froid. Les médecins me réexpliquent pour la millième fois la même chose. Je garde l'espoir mais j'y crois de moins en moins. On fait venir un anesthésiste pour parler de l'accouchement… L'accouchement, mais je n'avais même pas encore eu le temps ne serait-ce que d'y penser. Les analyses du matin ne sont pas bonnes, mon foie commence à dysfonctionner, rien d'alarmant pour le moment, à surveiller. On doit aussi augmenter la dose du traitement pour la tension. Comme je suis toujours très mal, on me refait immédiatement les analyses au lieu d'attendre le lendemain. Le soir, quand ton papa arrive, les médecins décident de me mettre au bloc maternité car ils ont besoin de me surveiller constamment. La tension continue d'augmenter, on est obligé de me donner un traitement de plus. Les résultats de la prise de sang reviennent dans la soirée et se sont encore détériorés par rapport au matin. Le médecin me dit alors qu'on va être obligé d'arrêter la grossesse. Je m'effondre mais je savais que ça allait arriver. J'ai encore beaucoup de mal à me l'admettre aujourd'hui mais ce jour là j'étais tellement mal que j'ai souhaité que tout s'arrête. Nous attendons que les médecins se prépare, tu bouges dans mon ventre, tellement que ça me déchire le coeur. On dirait que tu me dis au revoir. Je suis tellement malheureuse. L'anesthésiste arrive pour me faire la rachianesthésie. Les médecins arrivent par la suite, on met un drap entre mon ventre et ma tête pour que je ne vois pas se qu'il se passe. Je te sens toujours bouger… Les médecins font une première piqure pour t'endormir, je te sens une dernière fois puis plus rien, tu dors. La dernière piqure est destinée à arrêter ton petit coeur. Ça y est, tu ne vis plus en moi. J'éclate en sanglots. Ton papa m'a tenu la main tout le temps. Il est si malheureux lui aussi. Nous allons devoir être fort pour apprendre à vivre sans toi, notre premier enfant. Nous sommes le lundi soir, il est tard. Nous n'avons qu'une chose à faire, attendre que l'accouchement se déclenche. Le mardi matin, les analyses ne s'améliorent pas, je dois donc prendre des cachets pour accélérer les choses. On m'installe des baguettes pour que le col se dilate plus vite. Ce mardi 07/09/10 est probablement la journée la plus longue de ma vie. Je n'ai pas le droit de manger ni de boire, je ne te sens plus bouger et je ne peux rien faire qu'attendre. Les contractions commencent dans l'après midi. Je n'ai pas le droit à la péridurale car mes plaquettes sont encore trop basses, on m'installe donc une pompe à morphine, ce qui a pour effet de me rendre étonnement sereine. J'arrive à répondre au téléphone et expliquer la situation à ta mamie sans fondre en larme, je dois être un peu "ailleurs" elle ne me reconnait pas… Les contractions s'intensifient pendant la nuit, c'est le moment. Je réveille ton papa qui est à côté de moi, tu vas arriver. Le moment qui suit restera probablement la chose la plus dure qu'il me sera donné de vivre. Je te sens sortir de moi, mais pas de cri, je le savais mais c'est tellement dur. Je viens de mettre un enfant au monde mais je ne l'ai pas dans les bras, jamais je n'aurai imaginé vivre une telle chose. Je m'effondre dans les bras de ton papa. Tu es née sans vie le Mardi 08/09/10 à 1h42 du matin. Le médecin doit vérifier s'il ne reste pas de débris mais je n'en peux plus, j'ai trop mal, je n'ai plus la force. On fait donc sortir ton papa et on m'endort. Quand je me réveille tout est fini, je suis encore sous l'effet de l'anesthésie et me rendors avec ton papa à mes côté. Je me réveille le mardi matin, complètement dans le cirage, avec ce ventre vide que je ne peux pas regarder. Nous avons décidé de t'appeler Camille, tu apparaîtras sur notre livret de famille mais nous ne nous sentons pas la force de faire procéder nous même à tes funérailles. Aujourd'hui, je me dis parfois que nous t'avons abandonnée, que nous ne nous sommes pas occupé de toi. Mais ce qui est fait est fait, nous étions tellement malheureux que nous ne nous en sentions pas la force et puis tu seras à jamais dans nos coeurs. Nous allons te voir le lendemain matin. Tu es si petite et si belle. Tu à l'air tellement sereine. Nous avons une petite fille mais nous ne la verront jamais rire, jouer, grandir. J'ai tellement mal, j'ai envie de crier mais seules les larmes sortent. Nous retournerons te voir le lendemain, pour te dire un dernier au revoir. Je reste à l'hôpital encore une semaine, le temps que ma santé se remette. Une semaine sans fin dans un service maternité à entendre les bébés pleurer la nuit. Camille, tu es née le Mardi 08/09/2010 à 1h42 du matin. Tu mesurais 30 cm et pesait 419 g. Aujourd'hui tu es parmi les anges. A Noël 2010, tu nous as envoyé une petite soeur, la semaine où tu aurais du naître. Cela fait 8 mois que tu es parties rejoindre les anges et je continue de penser à toi tout les jours. Nous parlerons de toi à tes frères soeurs, tu vivras à jamais dans nos coeurs. Ta maman qui t'aime.
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240463
b
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