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Rpm à 19sa - img à 20sa - ma noélie

Témoignage d'internaute trouvé sur mamandco - 06/12/11 | Mis en ligne le 14/04/12
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Bonjour, Depuis dimanche 00h39 ma fille est partie. Elle me manque terriblement, elle est tellement belle, elle méritait de vivre. Je vais vous raconter ce qu'il s'est passé. Peut-être avez vous vécu ce drame comme nous, et que vous me comprendrez. Comment avez vous fait pour aller mieux ? Pour affronter une nouvelle grossesse ? Mardi 8 novembre : perte rose glaireuse direction les urgences, tout va bien pas d'explication pour mes pertes mais une infection urinaire. Notre bébé est beau comme tout. Vendredi 18 novembre : les saignements ne se sont pas arreté, rendez-vous chez ma gygy qui pense que mon placenta est trop bas. Elle me fait une ordonnance pour faire une écho de contrôle. Mais ne parait pas trop inquiète je saigne peu. Mardi 22 novembre : en arrivant au centre d'échographie grosse perte de sang j'en informe l'échographe qui trouve un décollement placentaire de 3cm sur 1cm. Elle me dit de me reposer et c'est tout. Le soir les saignements ne se sont pas arrété et sont aussi abondant que des règles depuis la grosse perte. En plus j'ai 38,8 de fièvre. Direction les urgences, arrivée sur place on m'examine mon col s'est légèrement modifié et j'ai surement une infection. Je suis donc hospitalisée et mise sous perf d'antibio. Ma grossesse est devenue une grossesse à risque. Jeudi 24 novembre : petite écho tout va bien pour notre fille. Le décollement à l'air de s'être résorbé. Reste plus qu'à soigner cette maudite infection et se reposer ! Vendredi 25 novembre : le cauchemar commence, j'ai des pertes de sang importante, j'en informe les sage femmes elles ne peuvent malheureusement rien faire. Le pire vient peu après les pertes se calment mais à un moment j'en sent une qui est différente tellement fluide… La sage femme me fait un test pour savoir si c'est du liquide amniotique, quelques minutes plus tard le verdict tombe : j'ai rompu. A voir les sages femmes on a vite compris que c'était très grave. Lundi 28 novembre : échographie, il n'y a plus de liquides amniotiques. Des pédiatres viennent nous voir, sans liquide les poumons de notre fille ne pourront pas ou mal se développer. De leur expérience ils n'ont jamais vu un bébé s'en sortir. On est triste, il faudra faire un choix c'est tellement horrible de devoir choisir le destin de notre fille. Mardi 29 novembre : On rencontre une psychologue, c'était vraiment bien de parler avec elle. De l'entendre nous dire que cet enfant est baigné d'amour et que ce choix est difficile parce qu'on l'aime, que nous sommes de bons parents. Qu'on a tout fait pour la protéger, et qu'on ne doit pas se sentir coupable. Jeudi 1er décembre : échographie de l'ultime chance, si jamais il y a plus de liquide que le lundi on pourrait espérer bien finir la grossesse. Notre petite aurait des chances. On espère tous les deux que par miracle notre fille est refait du liquide et qu'il ai pu rester dans la poche. Mais non, c'est pire il y en a encore moins que le lundi. Notre petite est toute recroquevillée sur elle même. C'était tellement douloureux de la voir comme ça sans bouger alors que je la sent bouger dans mon ventre. J'avais bien remarqué qu'elle bougeait moins mais je la sentait toujours et c'était le principal. Maintenant on en est certain, elle ne pourrait jamais respirer et en plus elle serait mal à ne pouvoir bouger. Cette écho était la dernière rencontre avec notre fille vivante. Vendredi 2 décembre : Première prise de comprimé (myfégine) , c'était tellement dur. Je voyais ces petits comprimés dans ma main mais je ne pouvais pas les mettre à ma bouche. Mon coeur criait non, je ne pouvais pas faire. J'allais me réveiller, ce n'était pas possible on ne pouvait pas me demander de faire ça. Ma fille, ma petite fille, je savais que je faisais pour elle pour pas qu'elle souffre mais quelle horreur. Le soir on a pu rentrer à la maison, il fallait juste que je revienne le lendemain matin pour une deuxième prise de comprimés. Sur le chemin de la maison j'ai vomi tous mon repas de midi. Comme si mon corps rejetait ces cachets, cette décision, comme si ma fille appelait au secours. Le soir j'ai encore vomi mon repas, mais ça représentait bien mon état d'esprit. Ce qu'il nous arrivait était horrible à en vomir. La nuit à été dur, être à la maison pour la dernière fois avec elle, savoir que bientôt je ne la sentirais plus. Samedi 3 décembre : Je me sens mal, je suis fatiguée, j'ai des vertiges. On va a l'hôpital dans la matinée pour reprendre des comprimés de myfégine. J'aurais pu rentrer chez moi, mais j'aurais été encore plus mal chez moi. Je suis restée avec mon homme et ma mère dans ma chambre en sachant que chaque minute qui passait me rapprochait de la séparation d'avec ma fille. 18h, des contractions commencent. Une sage femme me donne du spasfon. Mais ça ne change rien. 22h, les sages femmes me descendent en salle d'accouchement le travail à du commencer. On attends l'anesthésiste pour la péridurale, les douleurs sont de plus en plus intense. La sage femme me pose une perf, me donne le cytotec… L'anesthésiste arrive, une brutale en plus. Elle me met en position, me prépare, se prépare en prenant tous son temps et moi j'ai mal ! Et puis elle pique AIE ! Mais peu de temps après tout va mieux, je ne sent plus rien, même plus mes jambes ! Mon homme me passe un magazine, j'essaye de lire mais m'endort… 00h00 j'ai de nouveau mal, j'appelle la sage femme… elle arrive… elle repart… l'anesthésiste arrive, prends tout son temps ! Et quand on a mal les minutes sont longue, je me tortille, serre le pouce de mon homme "vas y, serre il me sert à rien celui là" qu'il me dit (sérieusement en plus) , je crois qu'il aurait aimé avoir mal à ma place pour m'éviter ça. L'anesthésiste m'en remet une dose, et maintenant il faut attendre que ça fasse effet. En regardant mon ventre, j'ai une énorme bosse au niveau du pubis, c'est ma fille, elle arrive. La sage femme et l'anesthésiste m'aide à me mettre plus haut dans le lit, à force de me tortiller j'avais glissé et là c'est l'expulsion… c'est la fin. Ma fille est née, notre fille est née, mais la notre ne crie pas. Dans les chambres voisines ont pouvait entendre les bébés pleurer, et dans notre chambre on pouvait juste m'entendre pleurer. On attends encore et encore, la sage femme s'occupe de moi pendant qu'une autre part avec notre fille. Le temps est long, on a du attendre presque 2h avant de voir notre fille. Mais quand je l'ai vue, qu'elle beauté c'est vrai qu'elle est petite toute petite, 28cm et 280g mais tellement belle. Nous l'appelleront Noélie, un jolie prénom pour une jolie fille. Elle est parfaite, un bébé miniature, elle me ressemble elle a mon nez. On est tellement fière d'avoir une fille aussi belle mais tellement triste de la voir si petite. On la prends dans nos bras, la câline, l'embrasse, la prends en photo. Sur le coup je me sent soulagée, tout est finie, l'accouchement est finie on va enfin pouvoir dormir. A la voir si belle je savait qu'on avait pris la bonne décision. La petite est arrivée à 00h39, 4h du matin on remontait dormir. Dimanche 4 décembre : J'ai qu'une envie revoir ma fille. J'attends avec impatience que le service mortuaire nous appel. On pourra la voir dans l'après midi. Je n'ai jamais autant pleuré que ce dimanche. Je ne pensais pas être aussi malheureuse un jour. Mon homme ne pleure pas, il me console. Il est malheureux lui aussi mais me voir malheureuse le rend encore plus malheureux. Lundi 5 décembre : On est allé revoir notre fille, je me sent tellement bien à ses côtés, je peux lui parler, la toucher. Je l'aime tellement. Elle me manque, et me manquera toujours, je dois apprendre à vivre sans elle. J'ai envie d'être de nouveau enceinte, je me sent tellement vide et seule. Mais paradoxalement une deuxième grossesse me fait peur, j'en ai envie très envie mais j'ai peur que ça recommence peur de moins aimer ce deuxième enfant que ma Noélie. Je crois que je vais retourner voir la psy de l'hopital. Il faut avance maintenant, si je ne le fait pas pour moi il faut au moins que j'avance pour mon homme il est tellement triste, il se fait beaucoup de souci pour moi. Merci d'avoir eu la patience de lire mon histoire, je ne l'ai pas fait courte. Je crois qu'écrire mon vécu même si tout ceci est récent me fait du bien. Laisser une trace de notre histoire, j'ai peur d'oublier les détails. Avant je ne comprenais pas les mamanges, celles qui pleurait un bébé disparu pendant des années. Aujourd'hui je vous comprends. Avant je me disait que c'était pas si dramatique, qu'elle pouvait toujours en faire un autre. Grave erreur, un autre enfant ne remplace pas cet enfant disparu. L'amour d'une mère ne grandit pas avec le temps, il est toujours grand. Noélie, mon bébé, ma fille, mon amour.
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241345
b
Moi aussi !
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